Glycopeptides
DCI · Vancomycine, téicoplanine
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
Traiter des infections graves dues à des bactéries à Gram positif résistantes, en particulier le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) : bactériémie, endocardite, infection ostéo-articulaire, pneumonie sévère. La vancomycine a aussi un usage à part, par voie orale, pour traiter la colite à Clostridioides difficile de l'intestin. C'est un traitement hospitalier, presque toujours par perfusion. Ce sont des antibiotiques : ils n'agissent que sur une infection bactérienne, jamais virale.
Les glycopeptides sont des antibiotiques bactéricides qui empêchent la bactérie de construire sa paroi, par un mécanisme différent de celui des pénicillines. Leur spectre est limité aux bactéries à Gram positif, ce qui inclut le staphylocoque doré, y compris résistant à la méticilline (SARM), les entérocoques et le Clostridioides difficile. Par voie orale, la vancomycine n'est presque pas absorbée dans le sang : c'est justement ce qui la rend efficace localement dans l'intestin contre la colite à Clostridioides difficile.
Sur une infection grave à bactérie résistante, les glycopeptides agissent lentement mais efficacement, sous surveillance étroite du rein et des taux sanguins. Pour la colite à Clostridioides difficile, la vancomycine orale améliore la diarrhée en quelques jours. En cas d'anomalie (baisse de la diurèse, réaction pendant la perfusion) ou d'absence d'amélioration, l'IDE prévient le médecin, qui réévalue. L'IDE ne modifie jamais seul la prescription.
Classe thérapeutique
Formes disponibles
À retenir
Réflexe
La vancomycine intraveineuse ne dépasse jamais 10 mg par minute ET dure au moins une heure, la plus longue des deux l'emportant : pour 1 g, cela fait 100 minutes, pas 60. Une perfusion trop rapide provoque le syndrome de l'homme rouge (rougeur et démangeaisons du haut du corps, baisse de la tension). Ce signe impose de ralentir ou d'arrêter la perfusion et d'alerter ; il régresse au ralentissement.
Piège
Ne pas confondre le syndrome de l'homme rouge, lié au débit et qui régresse quand on ralentit, avec une vraie allergie (anaphylaxie), plus rare, qui impose l'arrêt et l'appel du 15. Et ne pas confondre la vancomycine intraveineuse (infections générales à SARM) avec la vancomycine orale, qui n'agit que dans l'intestin contre la colite à Clostridioides difficile.
Chiffre
La perfusion dure au moins une heure, et le rein se surveille tout au long du traitement (diurèse, créatinine, taux sanguins). La dose, le rythme et la durée relèvent du médecin, guidés par la fonction rénale et les dosages.
Toute posologie est administrée sur prescription médicale. Se référer au protocole du service.
Indications
Contre-indications
Posologie usuelle
Adulte
En fiche classe, ne pas mémoriser de chiffres transversaux : la dose dépend de la molécule, du poids, de l'infection et de la fonction rénale, et s'ajuste sur les dosages sanguins. La vancomycine intraveineuse se perfuse toujours lentement, sur au moins une heure. Se reporter à la prescription. L'IDE applique la prescription, vérifie la cohérence dose, voie et horaire et alerte en cas d'écart.
Enfant
Dose calculée médicalement selon le poids et l'âge, sur dosages sanguins. L'IDE vérifie le poids inscrit le jour de la prescription et la cohérence du calcul prescrit.
Adaptations
Vigilance accrue sur la fonction rénale, plus fragile, qui majore la toxicité et impose une surveillance des taux sanguins. L'adaptation de dose est médicale.
Adaptation médicale de la dose et de l'espacement selon la fonction rénale, avec dosages sanguins rapprochés : l'insuffisance rénale majore fortement la toxicité (RCP vancomycine). L'IDE vérifie que la prescription tient compte de la fonction rénale.
Pas d'adaptation spécifique liée au foie pour la vancomycine, dont l'élimination est rénale. L'IDE applique la prescription et transmet toute anomalie.
Administration IDE
Voies
Reconstitution de la poudre selon le RCP de la spécialité, puis dilution pour la perfusion. Pour la voie orale de la vancomycine, la poudre reconstituée est administrée en solution buvable. Vérifier l'aspect de la solution.
Dilution de la vancomycine selon le RCP de la spécialité, pour permettre une perfusion lente. Ne pas mélanger la téicoplanine et un aminoside dans la même seringue ou la même ligne : ils sont incompatibles (RCP Targocid).
Perfusion intraveineuse lente, débit contrôlé (pompe recommandée) : au moins une heure, et au maximum 10 mg par minute, ce qui porte 1 g à 100 minutes. Une perfusion trop rapide expose au syndrome de l'homme rouge (RCP vancomycine).
Solution reconstituée : conservation et stabilité selon le RCP de la spécialité. Vérifier l'étiquetage avant stockage et utiliser dans les délais indiqués.
Incompatibilités
Surveillance associée
Effets indésirables graves
Atteinte du rein pouvant aller jusqu'à l'insuffisance rénale, favorisée par les fortes doses, la durée et l'association à d'autres médicaments toxiques pour le rein (RCP vancomycine)
Atteinte de l'oreille interne (ototoxicité), pouvant être transitoire ou permanente, plus rare, surtout chez le patient ayant déjà un trouble de l'audition (RCP vancomycine)
Réactions cutanées graves rares (décollement cutané étendu, syndrome de Stevens-Johnson) et choc anaphylactique
→ arrêter, alerte médicale urgente, protocole anaphylaxie écrit du service (RCP Targocid)
Anomalies de la numération (baisse des globules blancs ou des plaquettes) sous traitement prolongé (RCP Targocid)
Effets indésirables fréquents
Réaction au point de perfusion, veinite
→ surveiller la voie
Syndrome de l'homme rouge en cas de perfusion trop rapide
→ rougeur et démangeaisons du haut du corps, baisse de la pression artérielle, lié à une libération d'histamine (RCP vancomycine)
Atteinte du rein (hausse de la créatinine), surtout en cas d'insuffisance rénale ou de traitement prolongé (RCP vancomycine)
Interactions majeures
Interactions importantes
À prendre en compte
Précautions d'emploi
Selon le CRAT, l'utilisation de la vancomycine est possible quel que soit le terme de la grossesse lorsqu'un glycopeptide est indiqué, sans effet malformatif retenu à ce jour. Pour la téicoplanine, le résumé du produit indique de ne pas l'utiliser pendant la grossesse sauf nécessité absolue, un risque pour l'oreille interne et le rein du foetus ne pouvant être exclu. Le choix de traiter relève du médecin.
Selon le CRAT, l'allaitement est envisageable sous vancomycine, sauf en cas de prématurité ou d'insuffisance rénale de l'enfant (facteurs d'accumulation). Certains résumés du produit sont plus restrictifs, mais le CRAT fait référence en France pour l'allaitement.
Des vertiges liés à une atteinte de l'oreille interne peuvent survenir. Conseiller la prudence en cas de sensation d'instabilité.
Populations spéciales
À dire au patient
Références
Résumé des caractéristiques du produit (RCP) : Vancomycine Viatris 500 mg, poudre pour solution (perfusion ou solution buvable) · ANSM · Base de données publique des médicaments · 2024
Résumé des caractéristiques du produit (RCP) : Targocid 400 mg, poudre pour solution injectable (téicoplanine) · ANSM · Base de données publique des médicaments · 2024
Infections à Clostridioides difficile : recommandations de prise en charge (Info-Antibio) · SPILF · Société de pathologie infectieuse de langue française · 2021
Vancomycine : grossesse · CRAT · Centre de référence sur les agents tératogènes · 2024
Vancomycine : allaitement · CRAT · Centre de référence sur les agents tératogènes · 2024
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.