Soins aux mineurs et majeurs protégés

Consentement du mineur, autorité parentale, confidentialité en santé sexuelle et reproductive, soins indispensables, majeurs protégés et signalement.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Mineur : rechercher son avis selon sa maturité, vérifier l'autorité parentale et distinguer acte courant et acte important

Santé sexuelle et reproductive : si le mineur refuse la consultation parentale, l'IDE peut agir dans le cadre de L.1111-5-1 avec accompagnement par une personne majeure de son choix

Majeur protégé : le patient reste associé. En cas de refus ou de doute sur la représentation, arrêter le geste non urgent et alerter le médecin

Vérifier l'identité de l'accompagnant et son lien avec le mineur

Rechercher l'avis du mineur avec des mots adaptés à son âge

Identifier si le soin est courant, important, urgent ou confidentiel

Consulter le dossier pour repérer un conflit parental connu

Tracer l'information donnée, l'avis du mineur et le consentement recueilli

Vérifier les consentements demandés par la procédure médicale

Questionner l'équipe si un seul parent signe pour un acte lourd

Suspendre la préparation si un refus ou un désaccord apparaît

Informer le médecin responsable sans interpréter juridiquement seul

Documenter le blocage et les consignes reçues

Commencer les soins indispensables dans le cadre de l'urgence

Alerter le médecin et organiser la tentative de contact parental

Noter les horaires, les appels et les personnes contactées

Informer les titulaires de l'autorité parentale dès que possible

Tracer la justification clinique de l'urgence

Accueillir le mineur sans jugement

Proposer d'associer les parents et écouter son refus éventuel

Vérifier que la demande entre dans la santé sexuelle et reproductive

Organiser l'accompagnement par une personne majeure choisie si le cadre légal est utilisé

Orienter vers médecin, sage-femme, centre de santé sexuelle ou CeGIDD selon le besoin

Protéger la confidentialité des informations dans le dossier

Vérifier que la mineure est orientée vers le professionnel compétent

Préserver un entretien hors pression familiale

Rappeler qu'une personne majeure de son choix peut l'accompagner si elle garde le secret

Transmettre les éléments utiles au parcours sans exposer la confidentialité

Proposer le suivi post-intervention et l'information contraception

Vérifier la mesure de protection et la personne habilitée au dossier

Informer le patient avec un langage adapté

Rechercher son consentement ou son refus exprimé

Suspendre le soin non urgent si le patient refuse clairement

Prévenir le médecin et tracer les mots du patient

Décrire uniquement les faits observés ou les paroles rapportées

Soigner et protéger l'enfant en priorité

Alerter le médecin et le cadre selon la procédure de l'établissement

Évaluer avec l'équipe le niveau d'urgence du signalement

Éviter toute confrontation isolée avec un parent potentiellement mis en cause

Tracer les décisions et transmissions dans le dossier

Cas pratique

Mineure qui demande un dépistage IST secret

Une lycéenne de 16 ans demande un dépistage IST et refuse que ses parents soient contactés. Elle est calme mais dit craindre une réaction violente à la maison.

Pouvez-vous l'accompagner sans appeler les parents ?

Accueillir la demande sans jugement

Proposer d'associer les parents, puis respecter son refus maintenu

Vérifier que la demande relève de la santé sexuelle et reproductive

Organiser l'orientation vers le circuit compétent et l'accompagnement par une personne majeure choisie si nécessaire

Protéger la confidentialité des informations utiles

À ne pas faire
Appeler les parents malgré le refus maintenu : risque de rupture de confiance et de danger
Promettre de tout gérer seul : l'IDE doit orienter dans le bon circuit

Cas pratique

Chirurgie programmée avec un seul accord

Un adolescent doit partir au bloc pour une chirurgie programmée. Un seul parent a signé et l'autre parent, séparé, est connu comme opposé aux soins.

Lancez-vous la préparation ?

Suspendre la préparation non urgente

Informer le chirurgien ou le médecin responsable du conflit connu

Vérifier la procédure de consentement prévue pour cet acte

Expliquer calmement au mineur que l'équipe sécurise la décision

Tracer le désaccord connu et les consignes médicales

À ne pas faire
Considérer qu'une signature suffit malgré un conflit explicite
Laisser le mineur sans explication pendant que les adultes décident

Cas pratique

Refus parental de soin indispensable

Aux urgences, les parents refusent un traitement jugé indispensable pour leur enfant. Le médecin estime que le refus expose l'enfant à des conséquences graves.

Quel est le réflexe IDE ?

Ne pas argumenter seul contre les parents

Alerter immédiatement le médecin responsable

Préparer les soins indispensables demandés par le médecin

Tracer le refus parental et les informations transmises

Participer à la surveillance rapprochée de l'enfant

À ne pas faire
Accepter le refus parental comme un veto absolu
Réaliser un acte hors consigne médicale au nom de l'urgence

Cas pratique

Majeur sous tutelle qui refuse

Un patient sous tutelle refuse clairement une intervention programmée. Son tuteur a donné son accord, mais le patient répète qu'il ne veut pas.

Continuez-vous la préparation ?

Arrêter la préparation non urgente

Écouter le refus sans chercher à contraindre

Informer le médecin et l'équipe

Vérifier la mesure de protection au dossier

Tracer les mots du patient et les consignes reçues

À ne pas faire
Croire que la tutelle efface le refus exprimé par le patient
Utiliser une contrainte pour gagner du temps avant le bloc

Cas pratique

Ecchymoses suspectes chez un enfant

Un enfant de 8 ans arrive avec des ecchymoses d'âges différents. Le parent donne une explication floue et l'enfant se ferme quand il est présent.

Comment agir sans mettre l'enfant en danger ?

Soigner la plainte immédiate de l'enfant

Décrire précisément les lésions et les paroles entendues

Informer le médecin et le cadre selon la procédure

Éviter de confronter seul le parent potentiellement impliqué

Suivre la décision d'équipe sur CRIP ou procureur selon le danger

À ne pas faire
Prévenir le parent de la suspicion avant stratégie d'équipe
Écrire une accusation au lieu de faits observables

Points de vigilance

Faux-ami : L.1111-5-1 n'autorise pas toute demande de soin confidentiel ; il vise la santé sexuelle et reproductive.

Un refus du mineur ou du majeur protégé n'est pas un détail administratif : transmettre au médecin et tracer.

En cas de conflit parental connu, sécuriser avant l'acte non urgent au lieu de choisir un parent contre l'autre.

Pour une suspicion de maltraitance, écrire des faits cliniques et des paroles, pas une accusation.

Le majeur protégé garde une place dans la décision ; la mesure de protection ne remplace pas sa parole à elle seule.

Consentement du mineur (L.1111-4 CSP)

Acte courant

En pratique, un seul parent peut suffire pour un acte usuel. En cas de doute ou de conflit connu, demander avis médical ou cadre.

Acte important

Pour une chirurgie programmée ou un traitement lourd, vérifier le consentement des titulaires concernés avant la préparation.

Refus parental grave

Si le refus parental risque d'entraîner des conséquences graves, L.1111-4 prévoit que le médecin délivre les soins indispensables.

Mineur qui veut garder le secret (L.1111-5 et L.1111-5-1 CSP)

Avant d'agir

S'efforcer d'obtenir l'accord du mineur pour consulter ses parents. S'il maintient son refus, respecter le cadre légal.

Accompagnement

Le mineur se fait accompagner par une personne majeure de son choix lorsque le cadre L.1111-5 ou L.1111-5-1 est utilisé.

Limite IDE

Ne pas étendre L.1111-5-1 à tout soin infirmier : le texte vise la santé sexuelle et reproductive.

Majeur protégé et décision de soin

Tutelle ou représentation

Vérifier la décision de protection au dossier. Rechercher l'avis du patient et la personne habilitée.

Refus du patient

Face à un refus clair, suspendre le soin non urgent, prévenir le médecin et tracer les mots du patient.

Suspicion de maltraitance

Trace utile

Décrire ce qui est vu, entendu et daté. Éviter les diagnostics ou accusations non établis.

Sécurité

Prévenir le médecin et le cadre. Ne pas confronter le parent potentiellement mis en cause sans stratégie d'équipe.

Sanctions encourues

Défaut d'information sur mauvais traitements : 3 ans et 45 000 euros, portés à 5 ans et 75 000 euros si mineur de quinze ans

Soin non urgent sans consentement valable : Responsabilité civile, disciplinaire ou pénale selon les faits

Références

Articles L.1111-4, L.1111-5 et L.1111-5-1 CSP

Article L.2212-7 CSP (IVG de la mineure)

Article 434-3 du Code pénal

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.