Nausées et vomissements postopératoires
Complication fréquente du réveil et des premières heures postopératoires, source d'inconfort, de retard de récupération et parfois de risque d'inhalation.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Les NVPO sont fréquents après anesthésie générale : environ 30 % des patients sont concernés, et jusqu'à 80 % chez les patients à haut risque. Ils restent une cause classique d'inconfort en SSPI et dans les premières heures postopératoires.
- Âge typique
- Tous les âges peuvent être concernés, avec une vigilance renforcée chez les patients déjà connus pour ce problème.
- Mortalité
- Le risque tient surtout aux conséquences indirectes : inhalation, déshydratation, reprise alimentaire retardée et retard de sortie ou de récupération.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
La prise en charge repose sur deux temps distincts. La prévention est anticipée avant l'intervention chez le patient à risque identifié, dosée selon le score d'Apfel. Le traitement curatif intervient après, en secours des épisodes survenus, en changeant de classe d'antiémétique plutôt qu'en répétant la même. Les symptômes surviennent surtout au réveil et dans les premières heures, puis régressent le plus souvent si la prise en charge est adaptée. Une persistance doit faire renforcer la surveillance et réévaluer la situation.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Repérage du risque de NVPO (score d'Apfel)
Score d'Apfel coté sur 4 items chez l'adulte (sexe féminin, non-fumeur, antécédent de NVPO ou de mal des transports, opioïdes postopératoires) : 0 à 1 = risque faible, 2 = modéré, 3 à 4 = élevé.L'IDE relève ces 4 éléments au dossier d'anesthésie et transmet le niveau de risque à l'équipe pour anticiper la surveillance et la prévention.Évaluation clinique des épisodes
Fréquence des nausées ou vomissements connue, retentissement et facteurs favorisants repérés.L'IDE note les horaires, le contexte, la tolérance et l'effet des traitements déjà administrés.Surveillance respiratoire et hydratation
Patient respirant correctement, sans signe d'inhalation ni retentissement important.L'IDE surveille la conscience, la respiration, la tolérance orale et l'état d'hydratation, puis alerte en cas d'aggravation.Actif
Antiemétique sur prescriptionUn antiémétique prescrit est administré puis réévalué selon l'évolution des symptômes et la tolérance du patient. Les classes de première intention associent, à titre de culture, les sétrons (dont l'ondansétron), un corticoïde (dexaméthasone), une butyrophénone (dropéridol) et un anti-NK1 (aprépitant), sans posologie décidée par l'IDE.Phase aiguë
Actif
Prévention multimodale et changement de classeChez les patients à risque modéré ou élevé, la prévention repose sur l'association d'au moins deux antiémétiques de classes différentes. En cas d'échec, la règle transmissible est de changer de classe : ne pas répéter le même antiémétique avant 6 heures. Les schémas et posologies relèvent de la prescription médicale.Selon le niveau de risque et l'évolution
Support
Installation et sécuritéLe patient est installé dans une position limitant l'inconfort et le risque d'inhalation, avec matériel de recueil et aide rapide disponible.Dès les premiers symptômes
Support
Hydratation et reprise progressiveLa tolérance orale est réévaluée et l'hydratation adaptée selon les consignes médicales et la situation clinique.Selon évolution
Support
Réduction des facteurs favorisantsLa douleur, les mobilisations brusques et les autres éléments aggravants sont repérés afin d'adapter la prise en charge avec l'équipe.Tout au long du réveil
Éducation
Information du patientLe patient est encouragé à signaler les nausées dès leur début et à reprendre boissons ou alimentation de façon progressive selon les consignes.Dès le réveil puis au retour en chambre
Inhalation bronchique
Le vomissement chez un patient insuffisamment réveillé peut entraîner une atteinte respiratoire aiguë.Prévention
Surveiller étroitement la vigilance, installer en sécurité et réagir sans délai en cas de vomissement.Signes d'alerte
Toux après vomissement · Désaturation · Gêne respiratoire
Déshydratation
Les épisodes répétés peuvent retentir sur l'état général et la reprise orale.Prévention
Réévaluer les apports, surveiller la tolérance et transmettre si les pertes se prolongent.Signes d'alerte
Soif · Bouche sèche · Malaise ou fatigue
Retard de récupération
Les NVPO peuvent repousser l'alimentation, la mobilisation et parfois la sortie prévue.Prévention
Repérer tôt les symptômes et traiter rapidement pour limiter leur retentissement.Signes d'alerte
Refus de boire · Lever retardé · Inconfort persistant
Complication chirurgicale associée
Des vomissements avec douleur inhabituelle ou signe local anormal imposent une réévaluation rapide.Prévention
Ne pas banaliser un tableau digestif associé à une douleur ou un problème opératoire inhabituel.Signes d'alerte
Douleur anormale · Saignement local · Aggravation brutale
Surveillance prioritaire
Nausées et vomissements
Rapprochée au réveil puis régulière pendant la période postopératoire · Patient soulagé, épisodes espacés ou absents, confort amélioré
Alerte
Conscience, respiration et sécurité des voies aériennes
Continue en SSPI puis adaptée à l'état clinique · Patient suffisamment réveillé, respirant correctement et protégé en cas de nausées
Alerte
Tolérance orale et hydratation
Réévaluation régulière selon les épisodes et les apports · Boissons ou alimentation reprises progressivement, sans malaise ni nouvelle aggravation
Alerte
Retentissement sur la récupération
Tout au long de la surveillance postopératoire · Mobilisation et récupération possibles dans des conditions confortables
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.