Maltraitance : détection et signalement

Repérage et signalement des maltraitances : secret professionnel, mineur en danger, majeur vulnérable, 3133, procureur, protection de la victime et traçabilité IDE.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

226-14 CP : le secret peut être levé pour signaler des maltraitances. Accord non nécessaire pour un mineur ou une personne qui ne peut pas se protéger.

Mineur : information préoccupante vers la CRIP ou procureur si danger immédiat. Majeur vulnérable : 3133, cellule L.119-2, autorité administrative ou procureur selon urgence.

Réflexe IDE : soigner, sécuriser, noter les faits et paroles exactes, alerter le médecin/cadre, sans confronter l'auteur présumé.

Observer les signes physiques : ecchymoses, brûlures, douleurs, lésions répétées

Observer les signes psychiques : peur, retrait, sidération, hypervigilance, récit incohérent

Observer les signes de négligence : hygiène dégradée, dénutrition, escarres, absence de soins

Écouter sans forcer la parole et sans poser de questions suggestives

Noter les faits datés et les paroles exactes dans le dossier

Assurer les soins nécessaires et évaluer l'urgence vitale ou psychique

Mettre la personne à distance de l'auteur présumé si la sécurité l'exige

Alerter le médecin et le cadre avec des faits précis

Ne pas confronter l'auteur présumé

Préserver les éléments utiles : propos, lésions, horaires, témoins

Documenter les signes et le contexte sans chercher à prouver

Alerter le médecin, le cadre ou le référent protection de l'enfance

Déclencher une information préoccupante vers la CRIP si risque ou danger

Contacter le procureur, la police ou la gendarmerie si danger immédiat

Éviter d'informer les parents si cela expose l'enfant à un risque

Évaluer si la personne peut se protéger et exprimer un choix libre

Rechercher son accord quand elle est majeure et capable

Appeler le 3133 pour conseil et orientation si personne âgée ou handicapée

Utiliser le circuit établissement ou territorial vers la cellule compétente

Alerter le procureur ou les forces de l'ordre en cas de danger immédiat

Décrire uniquement ce qui est vu, entendu ou mesuré

Citer les paroles entre guillemets sans les reformuler

Indiquer date, heure, lieu, personnes présentes et soins réalisés

Éviter les mots accusatoires comme "coupable" ou "auteur certain"

Tracer les personnes alertées et les suites connues

Différencier mineur, majeur vulnérable et majeur capable

Demander appui au médecin, au cadre ou au référent institutionnel

Utiliser le 3133 pour conseil en cas de maltraitance personne âgée ou handicapée

Privilégier le procureur ou les forces de l'ordre si danger immédiat

Tracer le doute, l'avis demandé et la décision prise

Cas pratique

Enfant avec ecchymoses suspectes

Vous êtes IDE en pédiatrie. Un enfant de 6 ans a une fracture du bras et plusieurs ecchymoses d'âges différents. Il se fige quand son père entre dans la chambre.

Quelle conduite tenez-vous ?

Assurer les soins et évaluer la sécurité immédiate

Décrire les lésions et le comportement de façon factuelle

Alerter le médecin et le cadre sans attendre

Déclencher le circuit IP/CRIP ou procureur selon la gravité

Éviter d'informer le père si cela augmente le risque pour l'enfant

À ne pas faire
Chercher une preuve avant d'alerter : la CRIP évalue le risque
Accuser le père dans le dossier : écrire les faits observés

Cas pratique

Personne âgée négligée à domicile

Vous êtes IDE libérale. Une patiente de 88 ans dépendante présente une dénutrition, des escarres non suivies et un logement très dégradé. Son fils minimise.

Quel circuit utilisez-vous ?

Soigner les lésions et évaluer l'urgence

Documenter les signes observés et les propos recueillis

Alerter le médecin traitant ou le prescripteur

Appeler le 3133 pour conseil et orientation

Saisir le procureur ou les forces de l'ordre si danger immédiat

À ne pas faire
Envoyer une IP à la CRIP : ce circuit vise les mineurs
Confronter le fils : cela peut aggraver le risque

Cas pratique

Maltraitance institutionnelle

En EHPAD, vous entendez un collègue humilier des résidents et vous observez des toilettes faites avec brutalité. La situation se répète.

Comment agir sans rester seul ?

Noter dates, heures, paroles exactes et gestes observés

Protéger les résidents si un risque immédiat existe

Alerter le cadre ou la direction selon la procédure

Utiliser le 3133 ou l'autorité compétente si la réponse interne est insuffisante

Contacter le procureur ou les forces de l'ordre si danger immédiat

À ne pas faire
Se taire par solidarité d'équipe : la protection prime
Régler seul le conflit sans trace ni alerte structurée

Cas pratique

Violences conjugales et refus de signalement

Une patiente majeure dit que son conjoint la frappe. Elle refuse un signalement par peur des représailles et veut rentrer chez elle.

Que faites-vous ?

Écouter sans jugement dans un espace confidentiel

Rechercher son accord pour les démarches si elle paraît capable

Évaluer avec le médecin l'emprise, le danger immédiat et la capacité à se protéger

Informer sur les ressources : 3919, associations, hébergement, plainte possible

Tracer les propos, les lésions et les informations données

À ne pas faire
Promettre une confidentialité absolue : elle peut être limitée par le danger
Ne rien proposer parce qu'elle refuse le signalement

Cas pratique

Doute chez un élève

Vous êtes IDE scolaire. Un élève de 10 ans devient très isolé, agressif et épuisé. Il n'a pas de lésion visible et évite de parler de la maison.

Faut-il attendre des signes physiques ?

Non. Les signes comportementaux peuvent suffire à alerter

Proposer un entretien calme sans questions suggestives

Documenter les changements observés avec dates et contexte

Demander appui au médecin scolaire ou à l'équipe référente

Déclencher une IP si le risque persiste ou se précise

À ne pas faire
Attendre une blessure visible : le risque peut être psychique ou négligé
Faire mener l'enquête à l'enfant : l'IDE recueille, il ne force pas

Points de vigilance

Faux ami : signaler ne veut pas dire accuser ; c'est transmettre des faits pour protéger et faire évaluer.

Mineur : ne pas attendre une preuve judiciaire pour déclencher une information préoccupante.

Majeur capable : rechercher l'accord, sauf cadre légal particulier comme incapacité à se protéger ou danger immédiat sous emprise.

3133 : numéro national pour personnes âgées ou handicapées, ouvert tous les jours de 9 h à 20 h, gratuit selon Service-public.

Le dossier doit rester factuel : lésions, paroles exactes, comportement, personnes alertées, horaires.

Secret professionnel et 226-14

Mineur ou personne incapable de se protéger

L'accord de la victime n'est pas exigé. L'IDE transmet par le circuit adapté et trace les faits.

Victime majeure capable

Rechercher l'accord, informer des ressources et évaluer l'emprise ou le danger immédiat avec l'équipe médicale.

Mineur en danger

Information préoccupante

Demande d'évaluation, pas accusation. Elle convient lorsqu'il existe un risque sans urgence vitale immédiate.

Danger immédiat

Alerter sans délai le médecin, le cadre et le circuit judiciaire ou policier prévu localement.

Majeur vulnérable

3133

Plateforme nationale pour personnes âgées ou handicapées, proches, aidants et témoins ; elle conseille et oriente.

Danger immédiat

Contacter le procureur, la police ou la gendarmerie selon la situation et le circuit de l'établissement.

Rédaction factuelle

À écrire

Localisation des lésions, propos entre guillemets, comportement observé, soins réalisés, personnes alertées.

À éviter

Accuser une personne, interpréter les intentions, confronter l'auteur présumé ou promettre une confidentialité absolue.

Sanctions encourues

Non-information de mauvais traitements hors exception de secret : 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende ; 5 ans et 75 000 euros si la victime est un mineur de quinze ans.

Références

Article 226-14 du Code pénal · 2024

Articles L.119-1 et L.119-2 CASF · 2024

Article 434-3 du Code pénal · 2018

HAS, Maltraitance chez l'enfant : repérage et conduite à tenir · 2017

Service-public.fr, maltraitance personne âgée · 2026

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.