Violences sexistes et sexuelles : cadre juridique

Repères IDE face aux violences sexistes et sexuelles : accueil, consentement, viol, agression sexuelle, mineurs, signalement et traçabilité.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Consentement 222-22 : libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable ; il ne se déduit pas du silence ou de l'absence de réaction.

Viol 222-23 : pénétration sexuelle ou acte bucco-génital/bucco-anal par violence, contrainte, menace ou surprise. Crime : 15 ans.

Réflexe IDE : croire la parole, sécuriser, ne pas qualifier juridiquement, alerter médecin/cadre selon protocole, tracer les faits exacts.

Installer la personne dans un lieu calme et confidentiel

Écouter sans interrompre et sans demander de détails inutiles

Dire que la personne est entendue et qu'elle n'est pas responsable

Évaluer le danger immédiat : retour à domicile, auteur présent, risque suicidaire

Alerter le médecin et le cadre selon la procédure du service

Éviter les gestes non urgents qui peuvent modifier les constatations

Demander rapidement l'avis médical ou médico-légal selon le protocole local

Informer la victime de l'intérêt d'un examen médical sans la forcer

Conserver les effets personnels selon le protocole de l'établissement

Tracer les refus et les informations données

Alerter immédiatement le médecin et le cadre

Déclencher le circuit protection de l'enfance ou procureur selon l'urgence

Ne pas rechercher l'accord parental si cela expose le mineur

Recueillir les paroles spontanées sans interrogatoire

Tracer les faits observés et les personnes alertées

Rechercher l'accord de la victime pour les démarches

Évaluer l'emprise, le danger immédiat et la capacité à se protéger

Informer sur les soins, plainte possible, associations et hébergement

Prévenir le médecin si une exception 226-14 peut être discutée

Respecter les refus de soins non urgents chez une personne capable

Décrire les lésions : localisation, taille, couleur, douleur

Citer les paroles exactes entre guillemets

Noter date, heure, lieu, personnes présentes et soins réalisés

Écrire les alertes et orientations proposées

Éviter les conclusions comme "viol certain" ou "auteur coupable"

Ne pas rester seul avec le doute

Demander avis au médecin, cadre ou référent VSS

Différencier urgence médicale, urgence de sécurité et urgence judiciaire

Utiliser le circuit mineur si la victime est mineure

Tracer l'avis demandé et la décision prise

Cas pratique

Révélation récente aux urgences

Une patiente de 28 ans dit avoir subi une pénétration imposée la veille. Elle pleure et hésite à porter plainte.

Quelle conduite tenez-vous ?

Installer la patiente dans un lieu calme

Écouter sans jugement et sans questions suggestives

Évaluer la sécurité immédiate et le risque suicidaire

Alerter le médecin pour examen et orientation médico-légale

Tracer les propos exacts et les informations données

À ne pas faire
Forcer le dépôt de plainte : la victime doit être informée et accompagnée
Multiplier les questions détaillées : cela peut la sidérer et altérer le recueil

Cas pratique

Suspicion chez un enfant

Un enfant de 7 ans a des lésions ano-génitales suspectes. Il dit spontanément : "il me fait mal". Sa mère veut partir.

Que faites-vous ?

Alerter le médecin et le cadre immédiatement

Recueillir les mots de l'enfant sans l'interroger longuement

Déclencher le circuit mineur : CRIP ou procureur selon l'urgence

Éviter d'informer l'entourage si cela expose l'enfant

Tracer lésions, paroles et alertes réalisées

À ne pas faire
Attendre l'accord parental : il n'est pas requis dans ce cadre
Faire raconter plusieurs fois les faits à l'enfant

Cas pratique

Propos sexuels répétés en stage

Une étudiante dit qu'un soignant lui fait des remarques sexuelles répétées et conditionne son évaluation à sa docilité.

Comment réagissez-vous ?

Écouter et prendre la parole au sérieux

Noter les faits rapportés : dates, propos, témoins éventuels

Alerter le cadre ou la direction selon la procédure

Informer la filière de formation si la stagiaire l'accepte ou si sa sécurité l'exige

Orienter vers les ressources d'aide aux victimes

À ne pas faire
Banaliser comme un conflit relationnel
Traiter uniquement à l'oral sans trace ni protection

Cas pratique

Majeure qui refuse l'examen

Une patiente majeure rapporte une agression sexuelle mais refuse l'examen médico-légal et ne veut pas porter plainte.

Pouvez-vous passer outre son refus ?

Respecter le refus si elle est capable et hors urgence vitale

Expliquer les conséquences possibles sur les preuves

Évaluer le danger immédiat et l'emprise avec le médecin

Proposer ressources, suivi médical et soutien psychologique

Tracer le refus, les informations données et l'orientation proposée

À ne pas faire
Forcer l'examen pour "sauver les preuves"
Ne rien proposer après un refus

Cas pratique

Mineur de moins de quinze ans

Une adolescente de 14 ans évoque une relation sexuelle avec un adulte. Elle dit être consentante et demande le secret.

Quel est le réflexe IDE ?

Ne pas promettre le secret absolu

Alerter le médecin et le cadre

Déclencher le circuit mineur selon la procédure

Recueillir les paroles sans interrogatoire

Tracer les faits rapportés et les alertes réalisées

À ne pas faire
Se fonder uniquement sur le consentement déclaré
Garder le secret alors qu'un mineur peut être en danger

Points de vigilance

Faux ami : l'IDE ne qualifie pas les faits ; il transmet des éléments fiables et factuels.

Le consentement ne se déduit pas du silence ni de l'absence de réaction.

Mineur : la protection prime, l'accord parental n'est pas requis pour signaler dans le cadre 226-14.

Majeur capable : le refus d'examen ou de plainte se respecte, mais l'information et l'évaluation du danger restent indispensables.

Les gestes médico-légaux précis dépendent du protocole local : demander l'avis médical rapidement.

Consentement et agression sexuelle

Agression sexuelle

Acte sexuel non consenti autre qu'un viol. Peine de base vérifiée : 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros.

Contrainte, menace, surprise

L'absence de consentement est notamment caractérisée par violence, contrainte, menace ou surprise.

Viol

Aggravation mineur

Le viol défini à 222-23 est puni de 20 ans lorsqu'il est commis sur un mineur de quinze ans.

Rôle IDE

L'IDE ne qualifie pas juridiquement : il décrit les propos, les lésions, les soins et les alertes réalisées.

Mineur de quinze ans

Viol sur mineur de quinze ans

222-23-1 + 222-23-3 : crime puni de 20 ans lorsque les conditions légales sont réunies.

Agression sexuelle sur mineur de quinze ans

222-29-2 : atteinte sexuelle autre qu'un viol punie de 10 ans et 150 000 euros lorsque les conditions légales sont réunies.

Secret et signalement

Mineur

Accord parental non requis. Utiliser le circuit protection de l'enfance ou judiciaire selon l'urgence.

Majeur capable

Rechercher l'accord, informer, proposer les ressources et évaluer le danger avec l'équipe.

Sanctions encourues

Viol : 15 ans de réclusion criminelle ; 20 ans si viol 222-23 commis sur mineur de quinze ans

Agression sexuelle autre que le viol : 5 ans et 75 000 euros ; 10 ans et 150 000 euros dans le cas 222-29-2

Références

Code pénal, articles 222-22, 222-27 et 222-29-2 · 2025

Code pénal, articles 222-23 à 222-26-2 · 2025

Article 226-14 du Code pénal · 2024

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.