Épisode Dépressif Caractérisé (EDC)
Trouble de l'humeur caractérisé par tristesse et anhédonie pendant au moins 2 semaines. DSM-5 : 5 critères sur 9. ISRS en première intention, TCC, risque suicidaire majeur.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- France : pathologie fréquente touchant plusieurs millions de personnes au cours de la vie. Femmes deux fois plus touchées que les hommes.
- Âge typique
- Âge médian d'apparition : 25-35 ans. Possible à tout âge (enfant, adolescent, sujet âgé). Pic d'incidence entre 20 et 50 ans.
- Mortalité
- Suicide : complication majeure des EDM sévères. La majorité des suicides surviennent dans un contexte de dépression. Surmortalité cardiovasculaire associée.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Échelle PHQ-9 (Patient Health Questionnaire)
Score 0-27 : inférieur à 5 normal, 5-9 léger, 10-14 modéré, 15-19 modérément sévère, supérieur ou égal à 20 sévère.Administrer le questionnaire au patient à chaque consultation. Transmettre le score et son évolution au médecin ou psychiatre. Alerter si PHQ-9 supérieur à 15 ou aggravation brutale.Columbia C-SSRS (Suicide Severity Rating Scale)
Absence d'idéation suicidaire et de comportement suicidaire. Risque élevé si plan + intention + accès aux moyens (5 niveaux d'idéation évalués).Évaluer systématiquement le risque suicidaire à chaque contact. Transmettre le niveau d'idéation au psychiatre. Alerter immédiatement si risque élevé (plan + intention + moyens).Bilan thyroïdien (TSH)
TSH normale éliminant une hypothyroïdie (fatigue, ralentissement et prise de poids similaires à la dépression)Prélever sur prescription médicale. Transmettre le résultat au médecin. Alerter si TSH supérieure à 4 mUI/L (hypothyroïdie à éliminer avant de conclure à un EDM).NFS, glycémie, bilan hépatique, ionogramme
Bilan normal éliminant une cause organique. Bilan pré-thérapeutique avant introduction des ISRSPrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si anémie (hémoglobine inférieure à 10 g/dL), dysnatrémie ou anomalie hépatique. Transmettre le résultat pour adaptation thérapeutique.Actif
ISRS en première intentionTraitement de référence de l'EDM sur prescription médicale, à dose thérapeutique en prise quotidienne. Délai d'action de 2 à 4 semaines à expliquer au patient pour favoriser l'observance. Surveiller les effets secondaires les 2 premières semaines : nausées, céphalées, risque de syndrome d'activation.Minimum 6 à 12 mois après la rémission, arrêt progressif sur 4 à 8 semaines
Actif
IRSNA ou switch d'ISRS (en cas de résistance)Envisagé après 4 à 8 semaines d'ISRS à dose optimale sans amélioration suffisante. Vérifier l'observance avant de conclure à un échec. Transmettre au psychiatre les scores PHQ-9 documentant l'absence de réponse.Réévaluation toutes les 4 à 8 semaines par le psychiatre
Support
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)Traitement de référence non médicamenteux, efficacité équivalente aux ISRS pour les EDM légers à modérés. Supérieure en prévention des rechutes. Orienter le patient vers le psychologue sur indication médicale.12 à 20 séances hebdomadaires
Support
Électroconvulsivothérapie (ECT)Réservée aux EDM sévères résistants ou avec risque vital immédiat (refus alimentaire, risque suicidaire majeur). Préparer le patient selon le protocole du service, surveiller la récupération post-anesthésique.6 à 12 séances, 2 à 3 fois par semaine
Éducation
Éducation thérapeutique du patient et de l'entourageInformer sur la nature biologique de la maladie et le délai d'action des ISRS. Expliquer l'importance de la durée du traitement pour prévenir les rechutes. Promouvoir l'hygiène de vie : activité physique régulière, sommeil, abstinence d'alcool.Tout au long de la prise en charge, renforcée à l'introduction du traitement
Suicide
Complication majeure des EDM sévères. La majorité des suicides surviennent dans un contexte de dépression. Première cause de mortalité des 25-34 ans en France.Prévention
Évaluer le risque suicidaire avec le Columbia C-SSRS à chaque contact. Alerter immédiatement le psychiatre si idéation active avec plan ou intention. Sécurisation immédiate de l'environnement en rôle propre (retrait des objets dangereux, surveillance rapprochée) ; mesure de contention formalisée sur prescription. Transmettre le numéro 3114 au patient.Signes d'alerte
Verbalisation d'idées de mort ou de passages à l'acte · Don d'objets personnels, rédaction de lettres, règlement d'affaires · Calme suspect après une période d'agitation intense
Récidives dépressives
Risque de rechute élevé après un premier épisode, augmentant nettement après chaque épisode suivant. Intervalle libre moyen : 2 à 3 ans.Prévention
Éduquer le patient sur la nécessité de poursuivre le traitement 6 à 12 mois après la rémission. Surveiller les signes précoces de rechute. Alerter le médecin si les symptômes réapparaissent.Signes d'alerte
Réapparition de la tristesse ou de l'anhédonie · Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) · Retrait social progressif et perte d'intérêt pour les activités
Résistance thérapeutique
Échec d'au moins 2 antidépresseurs à doses et durées optimales (8-12 semaines chacun). Concerne une proportion importante des patients.Prévention
Vérifier l'observance à chaque contact (pilulier, rappels). Éduquer le patient sur le délai d'action de 2 à 4 semaines. Alerter le psychiatre si absence d'amélioration après 6 à 8 semaines à dose optimale.Signes d'alerte
PHQ-9 stable ou aggravé après 6 à 8 semaines de traitement · Persistance de l'anhédonie et de la fatigue malgré le traitement · Patient exprimant un découragement face à l'inefficacité perçue
Passage à l'acte en début de traitement
Les ISRS peuvent lever l'inhibition psychomotrice avant d'améliorer l'humeur (2 à 4 premières semaines). Risque suicidaire paradoxalement majoré.Prévention
Surveiller de façon rapprochée les 4 premières semaines d'ISRS. Alerter le médecin si levée d'inhibition psychomotrice avec persistance des idées noires. Informer l'entourage des signes d'alerte.Signes d'alerte
Regain d'énergie soudain alors que l'humeur reste sombre · Agitation, insomnie, anxiété majorée en début de traitement · Calme suspect, demande soudaine de permission de sortie
Surveillance prioritaire
Risque suicidaire (Columbia C-SSRS)
Quotidienne si hospitalisation, hebdomadaire en ambulatoire · Absence d'idées suicidaires, projet d'avenir verbalisé, pas de plan ni d'intention
Alerte
Humeur et symptômes (PHQ-9)
Hebdomadaire en début de traitement, puis mensuelle · PHQ-9 inférieur à 5 (rémission), amélioration progressive sur 2 à 8 semaines
Alerte
Observance du traitement antidépresseur
À chaque consultation (mensuelle minimum) · Prise régulière quotidienne, durée minimale 6-12 mois après rémission
Alerte
Effets secondaires des ISRS
Hebdomadaire les 2 premières semaines, puis mensuelle · Bonne tolérance, effets secondaires transitoires (nausées, céphalées 1-2 semaines)
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.