Accompagnement en fin de vie
Accompagner un patient en fin de vie : soulager la douleur, assurer le confort, respecter les volontés, soutenir les proches
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
Prérequis
Patient
Matériel
IDE
Évaluation de la douleur et des symptômes
5 minIDE
Administration des traitements de confort
10 minSoins de bouche
5 minPositionnement et soins corporels
15-20 minPrésence et communication
ContinueAccompagnement des proches
ContinueIDE
Respect des volontés et cadre légal
5 minTraçabilité et soutien de l'équipe
10 minContinuer à mobiliser le patient toutes les 2 heures malgré les grimaces de douleur
Adapter la fréquence des mobilisations à la tolérance du patient. Si la position est confortable, la maintenir
Pourquoi
En fin de vie, la prévention des escarres n'est plus la priorité si elle provoque de la souffrance. Le confort prime sur la prévention
Négliger les soins de bouche en se concentrant uniquement sur les traitements médicamenteux
Humidifier les lèvres et la bouche régulièrement, proposer des soins de bouche doux plusieurs fois par jour
Pourquoi
La sécheresse buccale est une source de souffrance majeure en fin de vie, souvent plus inconfortable que la douleur elle-même
Parler du patient devant lui comme s'il n'entendait pas
Toujours s'adresser au patient directement, le prévenir de chaque geste, adapter le ton de voix dans la chambre
Pourquoi
L'ouïe persiste souvent très tard dans le processus de fin de vie. Un patient inconscient peut entendre ce qui se dit autour de lui
Se tenir debout en permanence au chevet sans prendre soin de soi
S'asseoir quand c'est possible, alterner avec l'équipe, demander un temps de débriefing si le besoin se fait sentir
Pourquoi
L'accompagnement en fin de vie est émotionnellement et physiquement éprouvant. Un soignant épuisé ne peut pas être pleinement présent
Éviter la famille par peur de ne pas savoir quoi dire
Être honnête et simple : "Votre proche est confortable, nous veillons sur lui." Il n'y a pas de phrase parfaite, la présence compte plus que les mots
Pourquoi
La famille a besoin de repères, d'informations et de présence. L'évitement renforce le sentiment d'abandon et d'angoisse
Utiliser des euphémismes excessifs pour éviter de nommer la mort
Utiliser un langage clair et doux : "Son état s'aggrave", "Nous sommes dans les derniers moments". Nommer la réalité avec humanité
Pourquoi
Les euphémismes flous ("Il est parti", "Il s'est endormi") peuvent créer de la confusion et empêcher la famille de se préparer à la réalité
Mnémo
DIGNE : Douleur évaluée et soulagée, Informer la famille avec honnêteté, Gestes de confort (bouche, peau, position), Ne pas imposer de soins qui font souffrir, Écouter et être présent
Surveiller
Transmettre et noter
Objectifs
Indications
Contre-indications
Douleur non soulagée
Conduite
Alerter le médecin, réévaluer le protocole, envisager une titration ou une rotation d'opioïde, ne jamais banaliser
Encombrement bronchique
Conduite
Positionner en latéral si toléré, aspiration buccale douce si prescrite, scopolamine si prescrite. Expliquer les râles à la famille (souvent plus impressionnants pour eux que pour le patient)
Détresse émotionnelle de la famille
Conduite
Écouter sans juger, informer avec calme et honnêteté, proposer un soutien psychologique, respecter les émotions
Références
Loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (Claeys-Leonetti) · Légifrance · 2016
Loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs · Légifrance · 2026
Guide de bonnes pratiques en soins palliatifs · SFAP
Les directives anticipées concernant les situations de fin de vie · HAS · 2016
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.