Cadre Légal

Exercice libéral infirmier

Les bases vérifiées du libéral : conventionnement, conditions d’expérience, facturation NGAP, BSI, déplacements et vigilance déontologique.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Conventionnement : première installation possible avec 24 mois, soit 3 200 heures, en structure de soins généraux dans les 6 dernières années, ou parcours 18 mois + 6 mois de remplacement conventionné.

NGAP : AMI = actes infirmiers hors AIS ; AIS = actes infirmiers de soins ; BSI = bilan de soins infirmiers avec forfaits BSA, BSB ou BSC selon la charge en soins.

Facturation : coter uniquement les actes réalisés et justifiés ; en séance multiple, l’acte le plus coté est à taux plein et le deuxième à 50 %, sauf exceptions NGAP.

Vérifier le diplôme d’État et l’inscription professionnelle

Vérifier l’expérience : 24 mois ou 3 200 heures en structure, ou 18 mois en structure + 6 mois de remplacement conventionné selon Ameli

Contacter la CPAM du lieu d’installation pour valider la zone et le dossier

Souscrire une assurance en responsabilité civile professionnelle

Identifier les aides éventuelles en zone très sous-dotée : CAII, Capii ou Cami selon la situation

Identifier chaque acte avec la bonne lettre-clé : AMI, AIS, DI, BSA, BSB, BSC selon le cas

Appliquer la règle de cumul : acte le plus coté à taux plein, deuxième acte à 50 %, sauf exception NGAP

Vérifier les frais de déplacement : IFD, IK ou IFI selon la situation

Appliquer les majorations de nuit, dimanche ou jour férié seulement si les conditions NGAP sont remplies

Conserver une trace claire de la prescription, de l’acte réalisé et de la cotation

Vérifier la prescription médicale pour un BSI initial ou de renouvellement

Évaluer la charge en soins avec l’outil BSI

Distinguer le bilan DI et les forfaits journaliers BSA, BSB ou BSC

Échanger avec le médecin prescripteur via le téléservice BSI

Ne pas remplacer la règle NGAP par une estimation personnelle du niveau de dépendance

L’organisation de la tournée et des déplacements

La vérification des prescriptions et des actes réellement réalisés

La cotation NGAP, y compris les cumuls et majorations

L’utilisation du téléservice BSI pour les patients dépendants

La communication avec le médecin prescripteur, le médecin traitant et la CPAM

Ne pas décider au ressenti : relire la NGAP ou la page Ameli applicable

Contacter la CPAM en cas de doute sur le conventionnement, la zone ou le dossier

Tracer le raisonnement de facturation dans le dossier de soins

Demander un avis professionnel avant de facturer un acte douteux

Cas pratique

IDE avec 18 mois qui veut s’installer

Vous êtes IDE depuis 18 mois en chirurgie. Vous voulez vous installer en libéral sous convention.

Pouvez-vous conclure que votre conventionnement sera accepté ?

Non, il faut vérifier le parcours exact auprès de la CPAM

Ameli prévoit 24 mois ou 3 200 heures en structure dans les 6 dernières années

Une autre voie existe : 18 mois en structure + 6 mois de remplacement d’un infirmier conventionné

La zone d’installation peut ajouter des conditions, notamment en zone sur-dotée

À ne pas faire
Dire “18 mois suffit toujours” : faux
Dire “24 mois est la seule voie possible” : incomplet

Cas pratique

Facturation d’une tournée du dimanche matin

Dimanche 7h. Chez Mme Dupont : deux actes infirmiers sont réalisés au même passage. Elle habite hors de la même agglomération que votre cabinet.

Quels réflexes de cotation appliquer ?

Identifier les actes et leurs coefficients dans la NGAP

Appliquer la règle de cumul : acte le plus coté à taux plein, deuxième à 50 %, sauf exception

Vérifier la majoration dimanche et la majoration nuit : 7h est dans le créneau 20h-8h, mais les conditions NGAP doivent être remplies

Vérifier les frais de déplacement : IFD et IK selon distance, seuils et abattements prévus par la NGAP

À ne pas faire
Coter les deux actes à 100 % sans vérifier les exceptions
Dire que 7h est hors créneau de nuit
Calculer les IK comme un simple aller-retour sans appliquer la règle NGAP

Cas pratique

BSI sans prescription médicale

Mme Garcia, 82 ans, vit seule et devient dépendante après une chute. Sa fille vous demande de mettre en place un BSI.

Pouvez-vous facturer un BSI initial sans prescription ?

Non : la NGAP rattache le BSI initial ou de renouvellement à une prescription médicale

Contacter le médecin prescripteur ou le médecin traitant selon la situation

Une fois la prescription obtenue, élaborer le BSI et échanger via le téléservice

Le forfait journalier sera BSA, BSB ou BSC selon la charge en soins calculée

À ne pas faire
Confondre BSI et simple estimation clinique informelle
Utiliser les termes BSI1, BSI2, BSI3 comme codes de facturation

Cas pratique

Communication sur les réseaux sociaux

Vous venez de vous installer. Un proche vous propose une vidéo mettant en avant vos tarifs compétitifs et la qualité supérieure de vos soins.

Quel comportement prudent adopter ?

Ne pas publier de communication comparative ou commerciale

Rester sur des informations sobres, loyales et utiles au patient

Se référer au cadre de communication au public de l’article R.4312-68-1 CSP (information loyale, sans comparaison de tarifs ni démarchage), la profession ne devant pas être pratiquée comme un commerce (R.4312-76 CSP)

Demander un avis ordinal en cas de doute sur une communication publique

À ne pas faire
Citer une jurisprudence Instagram non vérifiée
Présenter une sanction maximale sans texte vérifié

Cas pratique

Patient stable qui demande plus de passages

M. Renaud, autonome et stable, vous demande de passer trois fois par jour au lieu d’une fois pour vérifier que tout va bien.

Pouvez-vous facturer ces passages supplémentaires ?

Ne facturer que les actes réellement réalisés et médicalement justifiés

Vérifier la prescription et l’acte attendu à chaque passage

Orienter le patient vers son médecin s’il exprime une inquiétude clinique

Tracer le raisonnement si une modification de prise en charge est demandée

À ne pas faire
Facturer un passage sans acte réalisé
Ajouter des passages pour convenance sans justification de soins

Points de vigilance

Le raccourci “24 mois obligatoires” est incomplet : Ameli prévoit aussi une voie 18 mois + 6 mois de remplacement conventionné.

BSI1, BSI2, BSI3 ne sont pas les codes de forfait journaliers NGAP : utiliser BSA, BSB, BSC pour léger, intermédiaire, lourd.

7h entre dans le créneau de nuit NGAP 20h-8h, mais la majoration dépend aussi des conditions d’appel et, pour les actes répétés, de la prescription.

IK ne se résume pas à “nombre de kilomètres aller-retour” : la NGAP prévoit notamment un seuil et un abattement de 2 km en plaine, 1 km en montagne.

Pénalité financière (L.114-17-1 CSS) et sanctions ordinales (L.4124-6 CSP) : la portée exacte dépend de la gravité et de la procédure applicable.

Sanctions encourues

Facturation non justifiée : Indus (récupération des sommes) et pénalité financière prononcée par le directeur de la caisse (L.114-17-1 CSS), selon la gravité

Communication commerciale ou trompeuse : Sanctions ordinales (avertissement à radiation, L.4124-6 CSP), selon la gravité

Références

Ameli, Installation : le conventionnement et les aides · 2025

Ameli, Nomenclatures : la NGAP et la LPP

NGAP, version en vigueur du 21/06/2026 · 2026

Article R.4312-76 CSP : la profession d'infirmier ne doit pas être pratiquée comme un commerce

Article R.4312-68-1 CSP : communication au public (information, site internet)

Article L.114-17-1 CSS : pénalité financière prononcée par le directeur de l’organisme local d’assurance maladie (fausse facturation, indus)

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.