Personne de confiance

Proposer ou vérifier la désignation lors de l'hospitalisation, expliquer le rôle (accompagnement et témoignage), gérer les conflits familiaux et rechercher les volontés du patient.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Proposer ou vérifier la désignation lors de l'hospitalisation. Elle est écrite, cosignée par la personne désignée, valable sans limitation de durée sauf durée prévue, et révocable à tout moment

La personne de confiance accompagne le patient. S’il ne peut plus s’exprimer, elle est consultée en priorité pour rendre compte de ses volontés

Personne de confiance ≠ personne à prévenir. Confusion = erreur juridique fréquente. À prévenir = logistique. De confiance = voix du patient

Expliquer le rôle de la personne de confiance : accompagnement ET témoignage de la volonté

Distinguer clairement de la personne à prévenir (rôle logistique uniquement)

Remettre le formulaire de désignation au patient

Laisser un temps de réflexion si le patient hésite

Tracer dans le dossier : proposition faite, acceptée ou refusée

Vérifier que le patient comprend la portée de sa désignation

Faire cosigner le formulaire par le patient ET la personne désignée

Si la personne désignée est absente : noter l'intention du patient, mais la désignation n'est pas finalisée tant que la cosignature n'est pas recueillie

Intégrer le formulaire dans le dossier du patient

Informer l'équipe soignante de la désignation

Vérifier dans le dossier l'existence d'un formulaire de désignation

Rechercher aussi les directives anticipées si la situation le nécessite

Contacter la personne de confiance désignée si le patient ne peut plus donner son avis

Recueillir son témoignage sur les volontés du patient

Transmettre ce témoignage au médecin ou à l’équipe médicale

Tracer le contact et le témoignage dans le dossier

S'en tenir au document de désignation signé par le patient

Écouter la famille sans prendre parti ni remettre en question la désignation

Rapporter la situation au médecin responsable

Ne pas contourner la personne de confiance sous pression familiale

Tracer les échanges et le conflit dans le dossier

Rechercher les proches ou la famille pouvant témoigner des volontés du patient

Si le patient est sous tutelle : vérifier l’autorisation ou le cadre de désignation applicable

Recueillir les témoignages sur les volontés présumées du patient

Transmettre au médecin ou à l’équipe médicale

Tracer toutes les démarches dans le dossier

Le patient est conscient ? C'est lui qui décide, même si une personne de confiance est désignée

Le patient ne peut plus s’exprimer ? Rechercher les volontés déjà exprimées et les directives éventuelles

Une personne de confiance est désignée ? La contacter en priorité pour recueillir son témoignage

Aucune personne de confiance ? Rechercher famille ou proches selon les informations disponibles

Dans tous les cas : tracer dans le dossier et transmettre au médecin ou à l’équipe médicale

Cas pratique

Proposition de désignation à l'admission

Patient hospitalisé pour chirurgie du genou programmée. Lors de l'admission, vous lui proposez de désigner une personne de confiance. Il choisit son épouse, présente à ses côtés.

Quelle procédure suivez-vous ?

Expliquer le rôle : accompagnement aux consultations et témoignage de la volonté si le patient ne peut plus s'exprimer

Distinguer de la personne à prévenir (rôle logistique, pas de rôle médical)

Remettre le formulaire de désignation, faire signer par le patient et son épouse

Intégrer le formulaire dans le dossier du patient

Tracer la proposition et la désignation dans le dossier de soins

À ne pas faire
Confondre personne de confiance et personne à prévenir sur le formulaire d'admission
Ne pas faire cosigner par l'épouse : la désignation est alors juridiquement incomplète

Cas pratique

Patient inconscient après AVC

Patient de 70 ans dans le coma après un AVC. Pas de directives anticipées. Il avait désigné son frère comme personne de confiance. L'équipe envisage un transfert en réanimation.

Qui consultez-vous en priorité ?

Vérifier dans le dossier l'existence du formulaire de désignation

Chercher aussi les directives anticipées si elles existent

Contacter le frère en tant que personne de confiance désignée

Recueillir son témoignage sur les volontés du patient concernant la réanimation

Transmettre ce témoignage au médecin ou à l’équipe médicale

À ne pas faire
Consulter l'épouse ou les enfants en priorité au lieu de la personne de confiance désignée
Considérer le témoignage du frère comme une décision : c’est un témoignage, pas un consentement à la place du patient

Cas pratique

Fille personne de confiance veut arrêter la chimio

Patiente de 78 ans, consciente mais fatiguée, sous chimiothérapie. Sa fille, désignée personne de confiance, demande à l'IDE d'arrêter le traitement en invoquant la qualité de vie.

La fille peut-elle décider de l'arrêt du traitement ?

Non : tant que la patiente est consciente, c'est elle seule qui décide de son traitement

Rappeler à la fille que la personne de confiance accompagne et témoigne, mais ne décide pas à la place d’un patient conscient

Favoriser le dialogue entre la patiente et sa fille sur les souhaits de traitement

Transmettre au médecin les souhaits exprimés par la patiente elle-même

Tracer l'échange dans le dossier

À ne pas faire
Suivre la demande de la fille sous prétexte qu’elle est personne de confiance : la patiente consciente reste décisionnaire
Ne pas favoriser le dialogue et laisser la situation se tendre entre mère et fille

Cas pratique

Fils personne à prévenir demande des informations médicales

Le fils d'un patient hospitalisé se présente et demande des informations détaillées sur l'état de santé de son père. Il est inscrit comme personne à prévenir, mais c'est l'épouse qui est personne de confiance.

Pouvez-vous donner ces informations au fils ?

Non : le fils n'est pas la personne de confiance désignée

Rappeler que le secret médical s'applique même aux membres de la famille

Orienter le fils vers le médecin référent qui évaluera ce qu'il peut transmettre

Si le patient est conscient, lui demander s'il autorise la transmission d'informations à son fils

Tracer la demande et la réponse dans le dossier

À ne pas faire
Donner les informations au fils parce qu'il est "de la famille" : le lien familial ne dispense pas du secret médical
Confondre personne à prévenir (rôle logistique) et personne de confiance (voix du patient)

Cas pratique

Conflit entre parents et compagne personne de confiance

Patient inconscient après un accident de la route. Sa compagne est désignée personne de confiance. Les parents arrivent et contestent la désignation, affirmant qu'ils connaissent mieux les souhaits de leur fils.

Que faites-vous ?

S'en tenir au document de désignation signé par le patient

Écouter les parents sans prendre parti ni remettre en question la désignation

Rapporter la situation au médecin responsable

Faciliter le contact entre l'équipe médicale et la compagne personne de confiance

Tracer les échanges et le conflit dans le dossier

À ne pas faire
Céder à la pression des parents et contourner la personne de confiance désignée par le patient
Tenter de trancher le conflit soi-même : transmettre au médecin et tracer

Points de vigilance

Faux-ami : la personne de confiance décide à la place du patient conscient (FAUX : elle accompagne et peut témoigner, mais le patient capable d'exprimer sa volonté décide pour lui-même)

Désignation orale = insuffisante pour le dossier. Demander un écrit cosigné par la personne désignée

Patient conscient = c'est lui qui décide, pas sa personne de confiance, même si celle-ci est présente et insiste

Le fils inscrit comme "personne à prévenir" n'est pas automatiquement personne de confiance, même s'il est de la famille

Si le patient ne peut plus s’exprimer, la personne de confiance est consultée en priorité pour témoigner de ses volontés

Recherche de la volonté du patient

1. Directives anticipées

À rechercher si le patient ne peut plus s’exprimer. Leur portée exacte relève de la fiche directives anticipées et doit être relue avec L.1111-11.

2. Personne de confiance

Consultée en priorité pour rendre compte des volontés du patient ; son témoignage prévaut sur tout autre témoignage (L.1111-6 CSP).

3. Famille et proches

Consultés si aucune personne de confiance n’est identifiée ou disponible, selon le cadre applicable et les informations du dossier.

Sanctions encourues

Non-proposition de la désignation lors de l'hospitalisation : Manquement à l’obligation d’information de l’établissement (L.1111-6) ; pas de sanction pénale dédiée, responsabilité de droit commun selon les circonstances

Décision sans consultation de la personne de confiance : Pas de sanction pénale dédiée : responsabilité civile ou disciplinaire de droit commun si l’absence de consultation a causé un préjudice

Références

Article L.1111-6 CSP : personne de confiance · 2026

Service-Public : personne de confiance en matière de santé · 2026

Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie · 2016

Décret n° 2016-1395 du 18 octobre 2016 : information sur le droit de désigner une personne de confiance en établissement social et médico-social (L.311-5-1 CASF) · 2016

HAS : La personne de confiance, document d’information et formulaire de désignation (avril 2016) · 2016

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.