Angor Instable (SCA sans sus-ST)
Syndrome coronarien aigu sans sus-décalage persistant du segment ST, exposant à un risque d’infarctus et de complications précoces
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- En France, environ 242 000 adultes ont été hospitalisés pour cardiopathie ischémique en 2022 (Santé publique France, données PMSI). Les syndromes coronariens aigus en constituent une part importante, dont l’angor instable et le NSTEMI sont des formes fréquentes.
- Âge typique
- Âge moyen des adultes hospitalisés pour cardiopathie ischémique autour de 69 ans (Santé publique France, données 2022), prédominance masculine qui s’atténue après 70 ans. Survenue possible plus tôt en présence de facteurs de risque cumulés.
- Mortalité
- En France, la mortalité hospitalière pour cardiopathie ischémique est de l’ordre de 3,6 % et la mortalité toutes causes à un an autour de 9,3 % (Santé publique France, données 2022). La rapidité de surveillance et la prévention secondaire conditionnent fortement le pronostic à court et moyen terme.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L’évolution est imprévisible à court terme. Un angor instable peut se stabiliser sous traitement ou évoluer rapidement vers un infarctus ou une complication grave, d’où l’importance de la surveillance précoce.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
ECG 12 dérivations
Recherche d’anomalies ischémiques et de signes de gravité, même si l’ECG peut être initialement peu contributifRéaliser l’ECG rapidement devant toute douleur suspecte, puis transmettre sans délai au médecin. Répéter si la douleur récidive.Troponine haute sensibilité
Permet de rechercher une nécrose myocardique et d’orienter vers un NSTEMI si elle s’élèveEffectuer les prélèvements prescrits aux horaires demandés et transmettre chaque résultat rapidement.Bilan biologique initial
NFS, créatinine, ionogramme, glycémie et autres examens selon le contextePrélever sur prescription et signaler les anomalies susceptibles de majorer le risque ou de modifier la prise en charge.Coronarographie
Examen permettant d’identifier une lésion coronaire et d’envisager une revascularisation si nécessairePréparer le patient selon le protocole du service, vérifier les éléments demandés et transmettre les informations utiles à l’équipe.Phase aiguë
Support
Repos, monitorage et mise en sécuritéInstallation adaptée, surveillance rapprochée, voie veineuse périphérique si prescrite et préparation à une éventuelle prise en charge interventionnelle.Phase aiguë
Traitement de fond
Actif
Traitement symptomatique et anti-ischémiqueUtilisé pour soulager la douleur et limiter l’ischémie selon prescription médicale. L’IDE surveille la douleur, la pression artérielle et la tolérance globale.Phase aiguë puis adaptation au long cours
Support
Prévention secondaireContrôle des facteurs de risque, observance du traitement, activité adaptée, arrêt du tabac et suivi après l’épisode aigu.Au long cours
Actif
Traitement antithrombotiqueSur prescription médicale, il associe selon le contexte antiagrégants plaquettaires et anticoagulation. L’IDE surveille surtout la tolérance clinique et les signes de saignement.Selon la stratégie thérapeutique retenue
Spécialisé
Revascularisation coronaire si indiquéeUne angioplastie peut être réalisée selon le risque et les résultats de la coronarographie. L’IDE prépare le patient et surveille l’après-procédure.Selon décision médicale
Évolution vers infarctus du myocarde
L’ischémie peut s’aggraver et aboutir à une nécrose myocardique.Prévention
Assurer une surveillance rapprochée de la douleur, de l’ECG et de la troponine.Signes d'alerte
Douleur qui s’intensifie · Anomalies ECG qui évoluent · Troponine qui s’élève
Troubles du rythme
Des arythmies peuvent survenir en lien avec l’ischémie myocardique.Prévention
Surveillance du rythme, des constantes et de la tolérance clinique.Signes d'alerte
Palpitations · Malaise · Trouble du rythme au scope ou à l’ECG
Insuffisance cardiaque aiguë
Une atteinte ischémique importante peut provoquer une décompensation cardiaque.Prévention
Repérer tôt la dyspnée, la désaturation et les signes de congestion pulmonaire.Signes d'alerte
Dyspnée croissante · Orthopnée · Crépitants
Complication hémorragique
Le traitement antithrombotique expose à un risque de saignement.Prévention
Surveiller les saignements et le point de ponction après geste invasif.Signes d'alerte
Hématome en expansion · Méléna ou hématurie · Hypotension inexpliquée
Surveillance prioritaire
Douleur thoracique et état clinique
Évaluation dès l’admission puis toutes les heures en phase aiguë, réévaluation à chaque récidive · Échelle numérique de douleur inférieure à 3/10, fourchette de surveillance PA systolique 100-140 mmHg et FC 60-100/min, SpO2 supérieure ou égale à 90 % en air ambiant, absence de récidive douloureuse.
Alerte
ECG, rythme et constantes
ECG systématique dès l’admission, répété 1 à 2 heures après et à chaque récidive douloureuse (SFC 2024). Scope et constantes continues en phase aiguë. · Fourchette de surveillance PA systolique 100-140 mmHg et FC 60-100/min, SpO2 supérieure ou égale à 90 %, absence de modification ECG nouvelle (sous-décalage ST, onde T inversée, trouble du rythme).
Alerte
Tolérance du traitement antithrombotique
Surveillance rapprochée pendant la phase aiguë et surveillance horaire pendant les 4 à 6 heures suivant un abord radial ou fémoral · Point de ponction sans hématome évolutif, hémoglobine stable, pouls périphériques palpables sur le membre cathétérisé, absence de saignement extériorisé.
Alerte
Signes de complication cardiaque
Surveillance continue au scope en phase aiguë, réévaluation clinique au minimum toutes les heures · Auscultation pulmonaire sans crépitants, SpO2 supérieure ou égale à 90 %, diurèse supérieure à 0,5 mL/kg/h, absence de marbrures ou de confusion.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.