Dissection aortique
Urgence vasculaire majeure liée à une déchirure de l’aorte, avec risque rapide de rupture, de tamponnade ou de mauvaise perfusion d’un organe.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- En 2022 en France, 15,5 patients pour 100 000 habitants ont été hospitalisés pour dissection aortique ou anévrysme d’artère de taille moyenne, avec une prévalence standardisée de 0,22 % de la population adulte (Gabet et al., Arch Cardiovasc Dis 2024, analyse PMSI 2022).
- Âge typique
- Survenue quasi exclusive chez l’adulte. Terrain typique : hypertension artérielle ancienne ou syndrome de Marfan (SFC item 230).
- Mortalité
- En France, la mortalité à un an après hospitalisation pour dissection aortique atteint 27 % (Gabet et al., Arch Cardiovasc Dis 2024).
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L’évolution dépend du type Stanford : une dissection de type A impose une chirurgie urgente, une dissection de type B non compliquée est d’abord suivie médicalement. Dans tous les cas, l’évolution peut se dégrader brutalement.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Angio-scanner thoraco-abdominal injecté
Visualisation de la dissection, de son extension et des complications éventuelles.Examen de référence si l’état hémodynamique du patient le permet (SFC item 230). L’IDE prépare le patient, sécurise le transport monitoré et transmet immédiatement tout signe d’aggravation.Échocardiographie transthoracique en urgence
Peut montrer une dissection proximale, une insuffisance aortique ou une tamponnade.Utile au lit du patient instable, elle ne remplace pas l’angio-scanner. L’IDE installe le patient et facilite la réalisation de l’examen.ECG 12 dérivations
Anomalies variables, parfois non spécifiques. Peut révéler un tableau de syndrome coronarien aigu si la dissection s’étend à une coronaire (SFC item 230).L’ECG participe au bilan initial mais n’exclut pas une dissection. L’IDE le réalise rapidement et le transmet au médecin.Biologie urgente
NFS, plaquettes, CRP, D-dimères, troponines ultrasensibles, créatine-kinase, créatininémie et bilan pré-opératoire (SFC item 230).Les D-dimères inférieurs à 500 ng/mL rendent le diagnostic peu probable dans le contexte d’une suspicion faible (SFC / ESC 2024). L’IDE réalise les prélèvements prescrits et transmet rapidement les résultats.Actif
Contrôle tensionnel et fréquence cardiaque sur prescriptionLe traitement médical initial vise à normaliser la pression artérielle, car la dissection aortique est considérée comme une urgence hypertensive (SFC item 230). L’IDE administre les antihypertenseurs prescrits par voie IV et surveille étroitement la tolérance clinique, sans jamais ajuster les doses de sa propre initiative.Dès la phase aiguë, à poursuivre selon la stratégie médicale.
Support
Contrôle de la douleur et monitorage continuL’analgésie prescrite, les voies veineuses et le monitorage continu sécurisent la phase aiguë. L’IDE prépare les dispositifs, évalue régulièrement la douleur et transmet toute modification.Pendant toute la phase aiguë.
Spécialisé
Chirurgie cardiaque en urgence pour le type Stanford AUne dissection touchant l’aorte ascendante (Stanford A) impose une chirurgie en urgence (SFC / ESC 2024, grade IB). L’IDE prépare le patient, le dossier, les bilans pré-opératoires et assure la continuité de la surveillance avant et après l’intervention.En urgence puis en soins intensifs postopératoires.
Spécialisé
Procédure endovasculaire pour certaines dissections de type BUne dissection limitée à l’aorte descendante (Stanford B) compliquée de malperfusion ou d’instabilité peut relever d’une endoprothèse aortique (SFC / ESC 2024). L’IDE prépare le patient et assure la surveillance post-procédure.Selon la stratégie spécialisée.
Rupture aortique
La rupture de l’aorte peut provoquer une hémorragie massive et un choc rapidement fatal.Prévention
Surveiller étroitement, transmettre toute aggravation et sécuriser la prise en charge spécialisée.Signes d'alerte
Hypotension brutale · Douleur qui explose de nouveau · Marbrures ou collapsus
Syndrome de malperfusion
La dissection peut diminuer le flux vers le cerveau, les reins, l’intestin ou un membre.Prévention
Surveiller l’état neurologique, la diurèse, la douleur abdominale et la perfusion périphérique.Signes d'alerte
Déficit neurologique brutal · Oligurie ou anurie · Douleur abdominale ou membre froid douloureux
Tamponnade
Une fuite sanguine vers le péricarde peut comprimer le cœur et aggraver brutalement la situation.Prévention
Repérer rapidement hypotension, turgescence jugulaire et aggravation clinique, puis alerter sans délai.Signes d'alerte
Hypotension avec turgescence jugulaire · Dyspnée ou malaise qui s’aggrave · Bruits du cœur assourdis
Surveillance prioritaire
Hémodynamique (PA aux deux bras, FC, pouls périphériques)
Monitorage scope continu et mesure rapprochée toutes les 5 à 15 minutes en phase aiguë, selon prescription. · Asymétrie tensionnelle inter-bras inférieure à 20 mmHg, FC comprise entre 50 et 100/min (sauf objectif médical prescrit plus strict), pouls périphériques présents et symétriques. La cible tensionnelle précise relève de la prescription médicale.
Alerte
Perfusion d’organes et état neurologique
Toutes les 15 à 30 minutes en phase aiguë, puis selon l’évolution et la prescription. · Conscience conservée, diurèse horaire supérieure ou égale à 0,5 mL/kg/h, pouls périphériques perçus symétriquement, absence de douleur abdominale.
Alerte
Douleur et fonction respiratoire
Réévaluation toutes les 15 à 30 minutes en phase aiguë et immédiate en cas de modification clinique. · Échelle numérique inférieure ou égale à 3, respiration stable, saturation supérieure ou égale à 94 %, absence de gêne respiratoire nouvelle.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.