Péricardite Aiguë
Inflammation aiguë du péricarde responsable d’une douleur thoracique évocatrice et exposant au risque d’épanchement ou de tamponnade
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Ces chiffres décrivent la péricardite aiguë (section épidémiologie du PNDS 2025). En France, elle représente environ 0,2 % des admissions hospitalières pour affections cardiovasculaires et 5 % des admissions aux urgences pour douleur thoracique non coronarienne. Les formes idiopathiques constituent 80 à 90 % des cas (HAS, PNDS Péricardites récidivantes).
- Âge typique
- La péricardite aiguë touche surtout l'adulte jeune ou d'âge moyen, avec une prédominance masculine. L'âge moyen d'environ 44 ans rapporté dans le PNDS caractérise la forme récidivante, plus fréquente chez la femme (HAS, PNDS Péricardites récidivantes, section épidémiologie de la péricardite aiguë).
- Mortalité
- Le pronostic des formes simples est le plus souvent favorable. La récidive concerne 20 à 30 % des patients (HAS, PNDS Péricardites récidivantes). L'évolution vers une péricardite constrictive reste rare et dépend de l'étiologie. La tamponnade reste la complication immédiate à redouter.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
La plupart des formes simples évoluent favorablement sous repos et traitement prescrit, mais une surveillance est nécessaire car une récidive ou une aggravation hémodynamique peuvent survenir.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
ECG 12 dérivations
Peut montrer des anomalies diffuses compatibles avec une péricarditeRéaliser rapidement l’ECG, le transmettre au médecin et le répéter si la douleur persiste ou si l’état se modifie.CRP, NFS et troponine
Syndrome inflammatoire possible ; troponine parfois augmentée si atteinte myocardique associéeEffectuer les prélèvements prescrits et signaler rapidement une troponine élevée ou une évolution clinique défavorable.Échocardiographie transthoracique
Recherche un épanchement péricardique et apprécie sa toléranceExamen de référence pour évaluer l’épanchement et dépister une tamponnade ; préparer le patient et transmettre vite les résultats utiles.Radiographie thoracique
Souvent normale, parfois cardiomégalie si épanchement abondantExamen d’orientation qui ne doit pas retarder la prise en charge si la situation se dégrade.Support
Repos et limitation des effortsLe repos fait partie de la prise en charge de base afin de limiter les symptômes et le risque d’aggravation pendant la phase inflammatoire.Pendant la phase aiguë puis selon l’évolution
Actif
Antalgiques et anti-inflammatoires selon prescriptionLe traitement repose sur les antalgiques et les anti-inflammatoires prescrits. L’IDE administre, surveille l’efficacité sur la douleur et recherche les effets indésirables digestifs ou rénaux.Selon prescription et évolution clinique
Actif
Colchicine si prescriteSouvent associée pour diminuer les symptômes et limiter le risque de récidive. L’IDE surveille surtout la tolérance digestive et l’observance.Plusieurs semaines à plusieurs mois selon prescription
Support
Orientation hospitalière si forme compliquée ou doute diagnostiqueNécessaire en cas de mauvaise tolérance, d’épanchement abondant, de suspicion de myopéricardite, de cause grave ou d’évolution inhabituelle.Selon la sévérité et la cause
Spécialisé
Drainage péricardique si tamponnadeEn cas de tamponnade, le drainage devient urgent. L’IDE prépare le patient, le matériel, le monitoring et la surveillance post-geste.En urgence si complication
Épanchement péricardique abondant
Accumulation importante de liquide autour du cœur pouvant modifier la tolérance clinique.Prévention
Surveiller la douleur, la dyspnée, les constantes et l’évolution de l’échocardiographie selon prescription.Signes d'alerte
Dyspnée croissante · Tachycardie · Inconfort thoracique persistant
Tamponnade
Compression cardiaque par l’épanchement, urgence vitale imposant une alerte et un drainage rapide.Prévention
Repérer précocement hypotension, turgescence jugulaire, malaise et aggravation respiratoire.Signes d'alerte
Hypotension · Malaise · Dyspnée avec aggravation rapide
Péricardite récidivante
Réapparition des douleurs et de l’inflammation après amélioration initiale.Prévention
Renforcer l’observance du traitement prescrit et le respect du repos, assurer le suivi médical.Signes d'alerte
Retour de la douleur thoracique · Fatigue persistante · Réascension de l’inflammation
Myopéricardite
Association d’une atteinte péricardique et myocardique nécessitant une vigilance accrue.Prévention
Signaler toute troponine élevée, toute dyspnée importante ou tout trouble du rythme.Signes d'alerte
Palpitations · Dyspnée inhabituelle · Altération de la tolérance hémodynamique
Surveillance prioritaire
Douleur thoracique
Régulière en phase aiguë et après administration du traitement. · Échelle numérique inférieure ou égale à 3 sur 10 après traitement, douleur soulagée en position penchée en avant, sans aggravation brutale.
Alerte
Tolérance hémodynamique et respiratoire
Rapprochée si épanchement, hospitalisation ou suspicion de complication. · Pression artérielle systolique supérieure ou égale à 90 mmHg selon l'objectif médical retenu (alerte si inférieure à 90 mmHg = choc), fréquence cardiaque entre 60 et 100/min selon le contexte, saturation supérieure ou égale à 94 % hors consigne spécifique, absence de turgescence jugulaire ou de signes de choc.
Alerte
Évolution inflammatoire et biologique
Selon prescription et contexte clinique. · Température inférieure à 38 °C, CRP en diminution sur les contrôles prescrits, absence de nouvelle élévation de troponine par rapport au dernier dosage.
Alerte
Tolérance des traitements
Quotidienne en hospitalisation et à réévaluer aux relais. · Créatininémie stable selon les valeurs de référence du laboratoire, absence de diarrhée répétée ou de vomissements sous colchicine, observance correcte.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.