Bronchiolite du nourrisson

Infection respiratoire basse virale du nourrisson de moins de 2 ans, principale urgence respiratoire pédiatrique hivernale

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Principale infection respiratoire basse du nourrisson de moins de 2 ans. Épidémies hivernales d'octobre à mars, pic entre 2 et 6 mois. VRS responsable de 60 à 80% des cas. Hospitalisation dans 2 à 3% des cas. Prématurés et nourrissons de moins de 2 mois (âge corrigé) : risque vital par apnées.

Critique

SpO2 de 92% ou moins en air ambiant malgré O2 nasal
Apnée observée ou FR à 70/min ou plus (cyanose péribuccale)
Cyanose centrale persistante

Alerte

Signes de lutte majeurs (tirage intercostal, sous-costal et sus-claviculaire)
Prise alimentaire sous 25% des apports habituels
Nourrisson de moins de 3 mois ou prématuré avec aggravation rapide
Le VRS provoque une inflammation des bronchioles avec hypersécrétion de mucus, œdème muqueux et bronchoconstriction.
Le nourrisson respire préférentiellement par le nez : la désobstruction nasale est donc cruciale pour libérer les voies aériennes.
La petite taille des bronchioles explique l'obstruction rapide même avec une inflammation modérée.
Attention : le désencombrement par kinésithérapie n'est plus recommandé en routine (HAS 2019 ; techniques conventionnelles comme le clapping ou la vibration contre-indiquées), faute de bénéfice démontré et par risque d'épuisement.
Oxygène nasal : lunettes 0,5-2 L/min selon âgeSaturomètre pédiatrique en continuScope cardiorespiratoire (obligatoire si moins de 3 mois ou apnées)Aspiration douce au sérum physiologique (seringue de 5 mL)SNG et alimentation entérale si prise alimentaire sous 50%

6 étapes

IDE

Évaluation de la sévérité
Score clinique et constantes
FR (normale : sous 60/min) et signes de lutte (battement ailes nez, tirage intercostal)
SpO2 en air ambiant : seuil d'alerte à 92% ou moins
État de conscience et tonus
Prise alimentaire : % des apports habituels sur 24h
Âge, terme de naissance, ATCD cardiopulmonaires

Sur prescription

Oxygénothérapie
Support respiratoire si SpO2 de 92% ou moins
Lunettes nasales 0,5-2 L/min sur prescription médicale si SpO2 de 92% ou moins
Cible SpO2 au-dessus de 92% à l'éveil, au-dessus de 90% au sommeil
Position proclive 30° tête légèrement surélevée
Éviter masque facial (angoisse et intolérance chez le nourrisson)
Surveillance continue SpO2 sur scope

IDE

Désobstruction nasale
Libération des voies aériennes supérieures
Instillation de sérum physiologique 0,9% dans chaque narine
Mouchage doux ou aspiration nasale douce à la poire
Tête tournée sur le côté, nourrisson maintenu en décubitus dorsal
Fractionner si le nourrisson tolère mal
Avant chaque repas et avant le coucher

Collaboration

Alimentation et hydratation
Maintien des apports nutritionnels
Fractionnement des repas en petites quantités fréquentes
Allaitement maternel maintenu autant que possible
SNG sur prescription médicale si prise alimentaire sous 50% des apports habituels
Perfusion IV sur prescription médicale si déshydratation ou impossibilité totale
Peser le nourrisson quotidiennement pour évaluer les apports

IDE

Surveillance des apnées
Monitoring cardiorespiratoire
Scope cardiorespiratoire continu si moins de 3 mois, prématuré ou apnées observées
Observer les changements de coloration (cyanose péribuccale)
Informer les parents des signes à surveiller et à signaler
Apnées confirmées : alerter le médecin pour hospitalisation
Alarmes scope réglées et fonctionnelles

Collaboration

Critères d'hospitalisation
Évaluation et orientation
Âge de moins de 2 mois (âge corrigé) ou ancien prématuré, né avant 36 SA (HAS 2019)
SpO2 de 92% ou moins en air ambiant
Prise alimentaire sous 50% des apports habituels
Apnées observées ou scope confirmé
Contexte social défavorable ou parents insuffisamment formés
PrioritéAvant 2 mois (âge corrigé) ou chez le prématuré avec apnées, hospitalisation systématique avec scope cardiorespiratoire continu
RègleUne prise alimentaire sous 50% des apports habituels sur 3 prises consécutives indique une SNG sur prescription médicale
RègleDésobstruction nasale avant chaque repas, fractionnée et douce : le nourrisson est un respirateur nasal obligatoire
PiègeLe désencombrement par kinésithérapie n'est plus recommandé en routine (HAS 2019) ; il peut se discuter au cas par cas chez l'enfant fragile ou porteur d'une pathologie chronique
Chiffre cléUne SpO2 de 92% ou moins en air ambiant marque à la fois le seuil d'oxygénothérapie et un critère d'hospitalisation (HAS 2019)
Continu
SpO2 continue sur scope (alarme si 92% ou moins)
Ponctuel
FR toutes les heures (alarme si 70/min ou plus)
Ponctuel
Signes de lutte toutes les heures
Ponctuel
Apnées (scope cardiorespiratoire si moins de 3 mois)
Ponctuel
Prise alimentaire en % des apports habituels toutes les 8h
S (Situation) : Nourrisson [âge] semaines/mois admis pour bronchiolite aiguë à VRS, détresse respiratoire [légère/modérée/sévère], SpO2 [X]% en air ambiant
A (Antécédents) : Prématurité [terme] SA [oui/non], ATCD cardiopulmonaires [oui/non], vaccinations à jour [oui/non], épidémie VRS en cours
E (Évaluation) : FR [X]/min, SpO2 [X]% sous O2 [débit] L/min, signes de lutte [présents/absents], prise alimentaire à [X]% des apports, apnées [observées/non], scope en place [oui/non]
D (Demande) : Prescription O2 nasal si SpO2 à 92% ou moins. SNG si prise alimentaire sous 50%. Scope cardiorespiratoire continu si moins de 3 mois ou apnées. Bilan sanguin si aggravation
Détresse respiratoire sévère nécessitant OPTIFLOW ou CPAP
Apnées centrales (surtout avant 3 mois et chez les prématurés)
Déshydratation par insuffisance des apports
Surinfection bactérienne secondaire
Insuffisance respiratoire aiguë

Références

Prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois · HAS-CNPP · 2019

Réponses rapides : nirsevimab (Beyfortus) dans la prévention des bronchiolites à VRS · HAS · 2023

Recommandation vaccinale contre les infections à VRS chez les femmes enceintes (Abrysvo) · HAS · 2024

Deux études françaises démontrent l'efficacité du Beyfortus (cas graves, hospitalisations) · Santé publique France · 2024

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.