RCP pédiatrique

Réanimation cardio-pulmonaire chez l'enfant : spécificités pédiatriques ERC 2025, ratio 15:2 pour les professionnels de santé, 5 insufflations initiales

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Quelques centaines d'arrêts cardiaques pédiatriques extra-hospitaliers par an en France (registre RéAC). Survie extra-hospitalière globale faible (de l'ordre de 3 à 6%), nettement améliorée par une RCP précoce du témoin et une défibrillation rapide. ACR pédiatrique majoritairement d'origine respiratoire chez l'enfant, contrairement à l'adulte souvent cardiaque. Pronostic neurologique meilleur si prise en charge immédiate et continue.

Critique

Absence de conscience et absence de respiration = arrêt cardio-respiratoire confirmé
Pouls sous la barre des 60 par minute avec signes de mauvaise perfusion (cyanose, marbrures) persistant malgré une ventilation et une oxygénation adéquates : masser même si un pouls reste perceptible
Cyanose centrale progressant malgré l'oxygène (SpO2 restant sous 85%)

Alerte

Bradycardie brutale après administration de médicament ou intubation
Convulsions post-ACR (signe de souffrance cérébrale à surveiller)
Distension gastrique majeure (risque de vomissement et inhalation pendant la RCP)
L'ACR pédiatrique est le plus souvent d'origine respiratoire, pour plus de six enfants sur dix (obstruction, noyade, bronchiolite sévère).
Le cœur de l'enfant est sain mais hypoxié : la priorité est l'oxygénation (5 insufflations initiales), contrairement à l'adulte dont l'ACR est souvent cardiaque.
Les compressions thoraciques maintiennent un débit cardiaque minimal de 20 à 30% du débit normal.
Attention : les pauses de RCP dépassant 10 secondes sont dévastatrices pour la perfusion cérébrale, il faut minimiser toutes les interruptions.
Masque facial pédiatrique de taille adaptée (étanchéité nez-bouche, sans appui sur les yeux)Ballon auto-remplisseur pédiatrique (250 mL nourrisson, 450-500 mL enfant)Canules oro-pharyngées pédiatriques (taille selon âge)DAE : mode pédiatrique activé s'il est disponible en deçà de 25 kg (environ 8 ans), sinon mode adulteSource d'O2, matériel d'accès vasculaire pédiatrique (IV ou IO)

7 étapes

IDE

Évaluation initiale
Reconnaissance de l'ACR en une dizaine de secondes maximum
Stimulation tactile douce (tapoter les épaules, appeler par le prénom)
Évaluer conscience, respiration, coloration
Appeler à l'aide immédiatement et demander le DAE
Ne pas laisser l'enfant seul si possible : un secouriste réanime, un autre appelle le 15

IDE

Libération des voies aériennes
Optimiser la perméabilité des voies aériennes
Légère extension de tête (éviter l'hyperextension chez le nourrisson)
Subluxation de mandibule si nécessaire
Aspiration des sécrétions si visibles
Canule oro-pharyngée de taille adaptée si patient inconscient

IDE

5 insufflations initiales
Spécificité pédiatrique : ventiler avant de comprimer
Masque pédiatrique étanche sur nez et bouche
Volume adapté : soulèvement thoracique visible = volume correct
O2 100% si disponible immédiatement
Ne pas hyperventiler (risque de distension gastrique)
Évaluer les signes de vie après les 5 insufflations

IDE

Évaluation de la circulation
Signes de vie d'abord, pouls central en appoint
Reconnaissance de l'arrêt : enfant qui ne réagit pas, ne respire pas normalement et ne montre aucun signe de vie. Le pouls seul ne suffit pas à affirmer l'arrêt (ERC 2025)
Rechercher les signes de vie en 10 secondes maximum (mouvements, toux, respiration)
Si un pouls central est recherché : avant 1 an pouls brachial (face interne du bras) ou fémoral, à partir de 1 an pouls carotidien ou fémoral
Palper le pouls central en 5 secondes maximum lors des réévaluations
Si doute sur la présence d'un pouls : débuter les compressions sans délai

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Compressions thoraciques
Technique adaptée à l'âge
Nourrisson (avant 1 an) : technique des 2 pouces encerclant le thorax, recommandée pour tous les secouristes
Enfant (à partir de 1 an) et adolescent : talon d'une main ou deux mains, selon la corpulence
Profondeur : un tiers du diamètre antéro-postérieur du thorax (sans dépasser 6 cm)
Fréquence : 100 à 120 compressions par minute
Point de compression : tiers inférieur du sternum, au-dessus de l'appendice xiphoïde

IDE

Ratio compression/ventilation
Alternance selon le nombre de secouristes
Professionnels de santé (1 ou 2 secouristes) : 15 compressions pour 2 ventilations
Témoin non-professionnel seul : 30 compressions pour 2 ventilations s'il ne peut réaliser le 15:2
Ventiler avant de comprimer, sans exception
Minimiser toutes les interruptions de compressions, en les tenant sous 10 secondes
Relais entre secouristes toutes les 2 minutes

Collaboration

Défibrillation pédiatrique
Si rythme choquable (FV ou TV sans pouls)
Mode pédiatrique du DAE activé s'il est disponible en deçà de 25 kg (environ 8 ans) ; à défaut, DAE en mode adulte, sans jamais renoncer au choc
Position des électrodes en deçà de 25 kg : antéro-postérieure (une en avant à gauche du sternum, une dans le dos entre les omoplates)
Énergie : 4 J/kg par choc, sans dépasser la dose adulte (120 à 200 J selon l'appareil) ; escalade progressive jusqu'à 8 J/kg (maximum 360 J) si FV réfractaire au-delà de 5 chocs
Après le choc : reprendre la RCP immédiatement sans vérifier le pouls
Réévaluation du rythme toutes les 2 minutes de RCP
Adrénaline 0,01 mg/kg IV/IO sur prescription médicale : dès que possible si rythme non choquable (asystole/DEM), ou après le 3e choc si rythme choquable persistant (FV/TV)
Priorité5 insufflations initiales avant les compressions, spécificité pédiatrique majeure (ACR souvent d'origine respiratoire)
RègleProfessionnels de santé = ratio 15:2, témoin non-professionnel seul = 30:2 s'il ne peut réaliser le 15:2 (CFRC / ERC 2025)
RègleACR pédiatrique majoritairement respiratoire : ventilation prioritaire, à l'inverse de l'adulte
Chiffre cléDéfibrillation 4 J/kg par choc, sans dépasser la dose adulte de 120 à 200 J (jusqu'à 8 J/kg, maximum 360 J, si FV réfractaire au-delà de 5 chocs) ; reprendre la RCP immédiatement après le choc
Chiffre cléAdrénaline 0,01 mg/kg IV/IO (max 1 mg) sur prescription médicale, après le 3e choc (FV) ou dès que possible (asystole/DEM)
NoteJAMAIS renoncer à défibriller faute de mode pédiatrique : en deçà de 25 kg on active le mode pédiatrique s'il existe, sinon on utilise le DAE en mode adulte (ERC 2025)
Ponctuel
Coloration cutanée (cyanose) et soulèvement thoracique symétrique
Ponctuel
Pouls central si perçu entre les cycles
Ponctuel
Pupilles (taille, réactivité) lors des pauses
Ponctuel
Glycémie capillaire (hypoglycémie = facteur aggravant)
Ponctuel
Température corporelle (hypothermie post-noyade = facteur protecteur neurologique)
S (Situation) : Enfant [âge] ans/mois, arrêt cardio-respiratoire [contexte : noyade/obstruction/choc/inconnu], RCP en cours depuis [X] minutes par [X] secouristes
A (Antécédents) : Cardiopathie connue [oui/non], malformation [oui/non], contexte de l'arrêt, poids estimé [X] kg, témoins présents [oui/non]
E (Évaluation) : Rythme ECG/DAE [FV/TV/asystole/DEM], nombre de cycles effectués [X], dernière énergie de choc [X] J/kg, adrénaline administrée [oui/non/dose]
D (Demande) : Médicalisation SMUR urgente, dose adrénaline 0,01 mg/kg IV/IO sur prescription médicale, défibrillateur pédiatrique en place, accès vasculaire [IV/IO] établi
Traumatisme thoracique (fractures de côtes rares chez l'enfant mais possibles)
Distension gastrique avec risque de vomissement et inhalation
Hypothermie (facteur protecteur neurologique en cas de noyade en eau froide)
Hypoglycémie (à vérifier systématiquement et corriger)
Anoxie cérébrale si RCP tardive ou inefficace

Références

Guidelines 2025, Paediatric Life Support (Resuscitation 2025;215:110767) · ERC (relayées par le CFRC) · 2025

Conseil Français de Réanimation Cardio-pulmonaire (diffusion des recommandations ERC 2025 en France) · CFRC

Registre électronique des arrêts cardiaques (arrêt cardiaque pédiatrique extra-hospitalier en France) · RéAC

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.