Arthrose
Dégénérescence progressive du cartilage articulaire : douleur mécanique, radiographie, prothèse
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- 10 millions de Français touchés, fréquente après 65 ans. 150 000 prothèses hanche/genou posées par an en France
- Âge typique
- Après 50 ans, la grande majorité des plus de 80 ans
- Mortalité
- Pas de mortalité directe mais 1re cause de handicap après 60 ans, impact majeur sur qualité de vie et autonomie
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Maladie chronique d'évolution lente avec alternance de phases stables et de poussées congestives. Aggravation fonctionnelle progressive pouvant conduire à la prothèse. Pas de guérison possible, objectif : ralentir la progression et préserver l'autonomie.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Radiographie standard (face + profil)
4 signes cardinaux : pincement articulaire, ostéophytes, sclérose sous-chondrale, géodesExamen de référence pour le diagnostic et la sévérité. Transmettre au médecin pour classification Kellgren 0-4Ponction articulaire si épanchement
Liquide mécanique : moins de 2 000 éléments par mm3, clair, visqueuxPréparer le matériel de ponction. Résultat permettant d'éliminer arthrite septique ou microcristallineBilan biologique standard
VS et CRP normales, FR et anti-CCP négatifsPrélever sur prescription médicale. Résultat normal conforte le diagnostic d'arthrose et écarte la polyarthrite rhumatoïdeIRM articulaire
Lésions cartilagineuses précoces, oedème osseux sous-chondralPréparer le patient (contre-indications IRM). Prescrite en bilan pré-opératoire ou en cas de doute chez le patient jeuneActif
Paracétamol lors des crises douloureusesParacétamol en première intention lors des crises et poussées douloureuses, sur prescription médicale (efficacité modeste). Le traitement de fond ne repose pas sur les médicaments : il associe activité physique adaptée, kinésithérapie et perte de poids.Lors des crises, réévaluation régulière
Actif
AINS en cure courte si pousséeAnti-inflammatoires non stéroïdiens sur prescription médicale, en cure courte lors des poussées douloureuses. Administration pendant les repas pour limiter le risque gastrique.5 à 10 jours maximum par cure
Actif
Infiltrations intra-articulaires de corticoïdesInjection intra-articulaire de corticoïdes réalisée par le médecin, maximum 3 à 4 par an et par articulation. Préparer le matériel et assister le geste.Effet attendu 4 à 8 semaines par infiltration
Support
Kinésithérapie et activité physiqueRenforcement du quadriceps pour le genou et des moyens fessiers pour la hanche. Activité physique adaptée recommandée : marche 30 minutes par jour, natation, vélo.Programme continu, réévaluation tous les 3 mois
Support
Aides techniques et mesures physiquesCanne du côté sain pour décharger l'articulation atteinte. Orthèses : semelles orthopédiques si trouble statique. Thermothérapie : chaleur pour soulager la raideur, froid pour calmer la poussée inflammatoire.Éducation
Éducation hygiéno-diététiqueProgramme de perte de poids si IMC supérieur à 25 : chaque kilo perdu réduit de 3 à 4 kg la pression sur le genou. Enseignement des exercices d'auto-rééducation quotidienne au domicile.Spécialisé
Prothèse totale (PTH ou PTG)Indication si douleur permanente de repos, perte d'autonomie et échec du traitement médical bien conduit pendant 3 à 6 mois. Préparer le patient au bilan pré-opératoire et à la rééducation post-opératoire.Durée de vie de la prothèse : 15 à 20 ans
Poussée congestive
Synovite réactionnelle avec épanchement, douleur inflammatoire et chaleur locale. Ponction articulaire indispensable pour éliminer une arthrite septique.Prévention
Éduquer le patient à éviter le surmenage articulaire et à maintenir un poids adapté. Signaler au médecin dès les premiers signes pour instaurer une cure courte d'AINS.Signes d'alerte
Majoration brutale de la douleur avec caractère inflammatoire · Épanchement articulaire palpable · Chaleur locale et limitation des mouvements
Raideur articulaire et ankylose
Limitation progressive des amplitudes aboutissant à une perte d'autonomie pour les gestes quotidiens.Prévention
Encourager la kinésithérapie régulière, l'auto-rééducation quotidienne et l'activité physique adaptée.Signes d'alerte
Diminution des amplitudes en flexion/extension · Raideur matinale prolongée au-delà de 30 minutes · Difficulté croissante pour les gestes quotidiens
Amyotrophie péri-articulaire
Fonte musculaire par déconditionnement créant un cercle vicieux : amyotrophie, instabilité, surmenage articulaire et aggravation.Prévention
Accompagner le renforcement musculaire ciblé (quadriceps / moyens fessiers) et l'activité physique régulière.Signes d'alerte
Diminution du périmètre de cuisse mesurable · Dérobement du genou à la marche · Instabilité articulaire progressive
Complications des AINS
Ulcère gastroduodénal, insuffisance rénale fonctionnelle et événements cardiovasculaires. Risque augmenté chez le sujet âgé.Prévention
Surveiller les signes digestifs et rénaux. Rappeler au patient de prendre les AINS pendant les repas. Préférer les AINS topiques quand possible.Signes d'alerte
Douleurs épigastriques, pyrosis ou nausées · Oedèmes des membres inférieurs · Méléna ou hématémèse nécessitant un appel médical immédiat
Surveillance prioritaire
Douleur et fonction articulaire
Mensuelle puis trimestrielle si stable · EVA inférieure à 4/10, autonomie préservée, périmètre de marche stable
Alerte
Signes de poussée congestive
À chaque consultation et si recrudescence douloureuse · Absence d'épanchement, de chaleur locale et de douleur inflammatoire
Alerte
Tolérance des AINS
Bilan rénal et hépatique trimestriel si AINS au long cours · Pas de troubles digestifs, fonction rénale et hépatique stables
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.