Goutte
Arthropathie microcristalline par dépôts d'urate monosodique, monoarthrite aiguë inflammatoire typique du gros orteil
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Fréquent : environ 600 000 Français touchés. Rhumatisme inflammatoire le plus fréquent chez l'homme
- Âge typique
- Homme après 40 ans (pic 50-60 ans), femme post-ménopause après 60 ans
- Mortalité
- Pas de mortalité directe mais comorbidités cardiovasculaires et rénales fréquentes
Précoces
Signes précoces
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Évolution en 4 stades : hyperuricémie asymptomatique, crise aiguë initiale (podagre), période intercritique avec récidives, puis goutte tophacée chronique. Avec traitement hypo-uricémiant bien conduit et objectif atteint, dissolution des cristaux et guérison possible en 2-3 ans.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Ponction articulaire (liquide synovial)
Cristaux d'urate monosodique en aiguilles biréfringents négatifs, liquide inflammatoire riche en PNNPréparer le matériel de ponction stérile. Transmettre le prélèvement au laboratoire en urgence. Alerter si fièvre associée (suspicion d'arthrite septique).Uricémie
Élevée en période intercritique, peut être normale en crise aiguëPrélever sur prescription médicale. Transmettre le résultat au médecin. L'objectif thérapeutique est fixé par le médecin.Bilan inflammatoire (CRP, NFS)
CRP élevée et hyperleucocytose en crise aiguë, normal en intercritiquePrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si CRP très élevée avec fièvre (diagnostic différentiel avec arthrite septique).Bilan de la fonction rénale
Créatinine, DFG, bandelette urinaire, échographie rénale si suspicion lithiasePrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si DFG abaissé pour adaptation des posologies.Échographie articulaire
Signe du double contour (dépôts de cristaux sur le cartilage), tophus intra-articulairesPréparer le patient pour l'examen. Résultat utile pour le suivi de la dissolution des dépôts sous traitement hypo-uricémiant.Actif
Colchicine (crise aiguë)Colchicine sur PM, à débuter dans les 12 premières heures de la crise. Surveiller la tolérance digestive (diarrhée = premier signe de surdosage).Actif
AINS ou corticoïdes (crise aiguë)AINS à forte dose pendant 5 à 7 jours si pas de contre-indication rénale ou digestive. Corticoïdes en alternative si contre-indication aux AINS et à la colchicine, sur prescription médicale.Actif
Allopurinol (traitement de fond)Allopurinol sur PM, titration progressive jusqu'à l'objectif fixé par le médecin. Alternative : fébuxostat si intolérance. Règle : ne jamais débuter pendant une crise aiguë.À vie dès la 2e crise
Actif
Colchicine prophylactiqueColchicine sur PM pendant 6 mois à l'introduction de l'hypo-uricémiant pour prévenir les crises paradoxales. Adapter la posologie sur PM si insuffisance rénale.6 mois minimum
Support
Repos et glaçage en criseRepos articulaire strict, surélévation du membre atteint, application de glace 20 minutes toutes les 3 heures. Évaluer la douleur par EVA et adapter le confort.Éducation
Éducation hygiéno-diététiquePerte de poids progressive si surpoids, limitation des purines, éviction de la bière et des sodas sucrés, hydratation abondante. Expliquer l'importance de l'observance du traitement de fond à vie.Goutte tophacée chronique
Dépôts tophacés multiples avec déformations articulaires irréversibles et risque d'ulcération des tophus.Prévention
Traitement hypo-uricémiant précoce avec objectif fixé par le médecin, observance au long cours.Signes d'alerte
Nodules sous-cutanés blancs (oreilles, coudes, doigts) · Déformations articulaires débutantes · Douleurs chroniques entre les crises
Lithiase urique rénale
Calculs d'acide urique radio-transparents, fréquents chez les patients goutteux, avec coliques néphrétiques récidivantes.Prévention
Hydratation abondante, alcalinisation des urines sur PM, traitement hypo-uricémiant.Signes d'alerte
Douleur lombaire unilatérale irradiant vers les OGE · Hématurie microscopique ou macroscopique · Épisodes de colique néphrétique récidivants
Iatrogénie médicamenteuse
Toxicité de la colchicine (diarrhée, aplasie médullaire), AINS (ulcère, insuffisance rénale), syndrome d'hypersensibilité à l'allopurinol (DRESS).Prévention
Adaptation posologique à la fonction rénale, surveillance NFS si colchicine prolongée, IPP si AINS.Signes d'alerte
Diarrhée profuse (surdosage colchicine) · Éruption cutanée sous allopurinol (risque de DRESS) · Douleurs épigastriques (toxicité AINS)
Surveillance prioritaire
Inflammation articulaire
Quotidienne en crise, mensuelle hors crise · Résolution de la crise en 7 à 14 jours, absence de nouvelle crise sous traitement de fond
Alerte
Uricémie
Mensuelle pendant adaptation de l'allopurinol, puis trimestrielle · Uricémie dans l'objectif fixé par le médecin
Alerte
Tolérance colchicine et AINS
À chaque crise et mensuellement pendant la prophylaxie · Absence de diarrhée, de douleurs digestives et de signes rénaux
Alerte
Fonction rénale
Trimestrielle (créatinine, DFG, bandelette urinaire) · DFG stable, absence de lithiase, protéinurie négative
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.