Polyarthrite rhumatoïde
Rhumatisme inflammatoire chronique auto-immun avec polyarthrite bilatérale symétrique des petites articulations et destructions progressives
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Environ 300 000 personnes en France, prédominance féminine nette (trois femmes pour un homme)
- Âge typique
- Pic entre 40 et 60 ans, début possible à tout âge
- Mortalité
- Espérance de vie réduite par les complications cardiovasculaires et infectieuses si maladie mal contrôlée
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Sans traitement, les érosions osseuses apparaissent dans les deux premières années et progressent vers un handicap fonctionnel majeur. Le méthotrexate précoce associé à la stratégie treat-to-target permet la rémission chez de nombreux patients et ralentit la destruction articulaire.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Anticorps anti-CCP
Positifs chez la majorité des patients PR, très haute spécificitéPrélever sur prescription médicale. Transmettre le résultat au rhumatologue : anti-CCP positifs orientent vers une forme potentiellement érosive, surveillance renforcée.Facteur rhumatoïde (FR)
Fréquemment positif dans la PR, moins spécifique que les anti-CCPPrélever sur prescription médicale. Transmettre le titre au rhumatologue : titre élevé associé à une maladie plus sévère avec manifestations extra-articulaires.Bilan inflammatoire (CRP, VS, NFS)
CRP et VS élevées en poussée inflammatoirePrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si CRP élevée persistante malgré traitement : activité insuffisamment contrôlée.Radiographies mains et pieds de face
Érosions juxta-articulaires, pincement articulaire, déminéralisation en bandePréparer le patient pour la radiographie (mains et pieds de face). Transmettre les résultats au rhumatologue pour comparaison avec les bilans précédents.Échographie articulaire avec doppler
Synovite, hypervascularisation au doppler, érosions débutantesPréparer le patient pour l'échographie articulaire. Transmettre les résultats au rhumatologue pour décision thérapeutique.Actif
Méthotrexate sur PMTraitement de fond de première intention, une prise hebdomadaire à jour fixe. Acide folique systématique (au moins 10 mg par semaine) le lendemain de la prise (à distance) pour réduire la toxicité.Au long cours, réévaluation trimestrielle
Actif
Biothérapies sur PM (anti-TNF, tocilizumab, rituximab)Indiquées si échec du méthotrexate à dose optimale après 3 mois, toujours en association au méthotrexate. Dépistage tuberculose latente obligatoire avant initiation.Réévaluation de l'efficacité à 3 mois puis trimestrielle
Actif
Corticothérapie transitoire sur PMPont thérapeutique en attendant l'efficacité du méthotrexate. Décroissance progressive programmée par le rhumatologue.À la dose la plus faible et la plus courte, avec sevrage dans les 3 à 6 mois
Support
Rééducation fonctionnelleKinésithérapie pour la mobilité articulaire et le renforcement musculaire. Ergothérapie : orthèses de repos, économie articulaire et aides techniques.Spécialisé
Arthroplasties et synovectomieProthèses articulaires sur décision chirurgicale si destructions avancées invalidantes. Rôle IDE : préparation préopératoire, surveillance postopératoire, rééducation.Destructions articulaires irréversibles
Érosions et destructions cartilagineuses avec déformations des mains et pieds. Handicap fonctionnel majeur sans traitement précoce.Prévention
Méthotrexate dans les 3 premiers mois, stratégie treat-to-target avec objectif de rémissionSignes d'alerte
Érosions débutantes en radiographie · Début de déviation des doigts · Limitation progressive de la mobilité
Complications du méthotrexate
Hépatotoxicité, myélosuppression, pneumopathie interstitielle. L'acide folique réduit ces risques.Prévention
Acide folique systématique (au moins 10 mg par semaine) le lendemain de la prise de méthotrexate (à distance), NFS et transaminases régulières, éviction de l'alcoolSignes d'alerte
Leucopénie ou thrombopénie au bilan · Élévation des transaminases · Toux sèche et dyspnée progressive
Infections sévères sous biothérapies
Infections bactériennes, réactivation tuberculeuse, zona. Première cause d'arrêt des biothérapies.Prévention
Dépistage tuberculose latente avant anti-TNF, vaccination grippe et pneumocoque, jamais de vaccins vivantsSignes d'alerte
Fièvre inexpliquée · Toux ou signes respiratoires inhabituels · Zona étendu
Complications cardiovasculaires
Athérosclérose accélérée par l'inflammation chronique, surrisque cardiovasculaire indépendant des facteurs classiques.Prévention
Contrôle de l'inflammation par le traitement de fond, correction des facteurs de risque cardiovasculaires, arrêt du tabacSignes d'alerte
HTA d'apparition récente · Dyslipidémie au bilan · Douleur thoracique ou signes neurologiques
Surveillance prioritaire
Activité de la maladie (DAS28)
Mensuelle en phase active, trimestrielle en rémission · DAS28 < 2,6 (rémission), < 3,2 (faible activité)
Alerte
Tolérance du méthotrexate
NFS tous les 15 jours les 3 premiers mois puis mensuelle ; transaminases mensuelles · Transaminases < 2N, leucocytes > 4 G/L, plaquettes > 150 G/L
Alerte
Tolérance des biothérapies
Évaluation clinique et biologique à 3 mois puis trimestrielle · DAS28 diminué de plus de 1,2 points, absence d'infection
Alerte
Retentissement fonctionnel
Évaluation semestrielle (score HAQ, EVA douleur) · HAQ < 0,5 (autonomie conservée), EVA douleur < 3/10
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.