Fibromyalgie
Syndrome douloureux chronique diffus avec fatigue, troubles du sommeil et sensibilisation centrale
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Fréquente : environ 1,5 à 2 % de la population, soit près de 1,5 million de personnes en France, large prédominance féminine
- Âge typique
- 30-50 ans (début possible à tout âge, y compris adolescents)
- Mortalité
- Pas de surmortalité directe mais impact majeur sur la qualité de vie, le fonctionnement social et professionnel
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Sans prise en charge, la douleur s'installe, le déconditionnement physique s'aggrave et le risque dépressif augmente. Avec une prise en charge multidisciplinaire précoce (activité physique, TCC, traitement adapté), une amélioration significative est possible chez la majorité des patients.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Questionnaire de dépistage FiRST
Score supérieur ou égal à 5 sur 6 : dépistage évocateur de fibromyalgieAuto-questionnaire de repérage recommandé par la HAS 2025. Aide à orienter vers une démarche diagnostique : ne remplace pas les critères ACR ni l'élimination des diagnostics différentiels par le médecin.NFS, VS, CRP, ionogramme
Résultats normaux. VS < 20 mm/h, CRP < 5 mg/LPrélever sur prescription médicale. Des résultats normaux renforcent le diagnostic de fibromyalgie. Transmettre tout résultat anormal au médecin.TSH, CPK, créatinine
TSH normale, CPK normales, créatinine normalePrélever sur prescription médicale. Permet d'écarter hypothyroïdie, myopathie et insuffisance rénale. Alerter le médecin si résultat anormal.Sérologies auto-immunes (AAN, FR, anti-CCP)
AAN négatifs, FR négatif, anti-CCP négatifsPrélever sur prescription médicale en cas de doute clinique. Alerter le médecin si positivité, orientant vers une polyarthrite rhumatoïde ou une connectivite.Radiographies articulaires
Normales, absence de destructions articulairesPréparer le patient et transmettre les résultats. Prescrites uniquement si douleurs localisées prédominantes. Non systématique si tableau typique.Actif
Amitriptyline à faible dose sur PMOption médicamenteuse de fond de 2e ligne (1re intention parmi les médicaments), si les approches non médicamenteuses sont insuffisantes : améliore la douleur et le sommeil profond. Administrer le soir sur prescription médicale. Surveiller somnolence, bouche sèche et prise de poids.Traitement au long cours, réévaluation tous les 3 mois
Actif
Duloxétine ou prégabaline sur PMAlternatives en 2e intention si échec de l'amitriptyline. Administrer sur prescription médicale. Surveiller nausées (duloxétine) ou somnolence et vertiges (prégabaline).Réévaluation de l'efficacité à 6-8 semaines
Support
Activité physique adaptéeMarche, natation ou vélo 30 min, 2-3 fois par semaine. Règle : début très progressif (5-10 min). Option : balnéothérapie en eau chaude (32-34 degC) particulièrement bénéfique.Pratique régulière au long cours, progression très lente
Support
Prise en charge psychologiqueTCC pour la gestion de la douleur chronique et de la kinésiophobie. Techniques : relaxation, sophrologie, méditation pleine conscience. Orientation : soutien psychologique si anxio-dépression associée.Programme de 12 à 20 séances, puis suivi selon besoin
Éducation
Éducation thérapeutique structuréeExplication du mécanisme de sensibilisation centrale au patient. Enseignement de l'hygiène du sommeil et de la gestion du rythme activité/repos. Identification des facteurs déclenchant les poussées.Programme initial puis rappels à chaque consultation
Syndrome anxio-dépressif
Complication fréquente. Dépression réactionnelle à la douleur chronique, anxiété généralisée.Prévention
Proposer un soutien psychologique précoce, orienter vers les TCC, surveiller l'état thymique à chaque consultation.Signes d'alerte
Tristesse persistante et perte d'intérêt pour les activités habituelles · Anxiété majorée avec crises de panique · Idées suicidaires exprimées ou indices indirects
Déconditionnement physique
Cercle vicieux : douleur, inactivité, fonte musculaire, majoration de la douleur. La kinésiophobie entretient le processus.Prévention
Encourager l'activité physique adaptée dès le diagnostic, fixer des objectifs très progressifs, valoriser chaque progrès.Signes d'alerte
Évitement systématique de toutes les activités physiques · Amyotrophie visible et diminution des capacités fonctionnelles · Prise de poids progressive
Iatrogénie médicamenteuse
Polymédication avec effets cumulés : somnolence, prise de poids, constipation. Risque de dépendance aux opioïdes si prescription inappropriée.Prévention
Surveiller les effets indésirables à chaque consultation, signaler au médecin toute polymédication excessive, privilégier les approches non médicamenteuses.Signes d'alerte
Somnolence diurne invalidante sous traitement · Prise de poids supérieure à 5 kg sous traitement · Signes de dépendance aux antalgiques (tramadol ou opioïdes)
Surveillance prioritaire
Douleur (EVA/EN)
Chaque consultation (mensuelle puis bimensuelle) · EVA < 5/10, amélioration de la tolérance aux activités quotidiennes
Alerte
Fatigue et sommeil
Chaque consultation · Sensation de récupération au réveil, diminution de la fatigue diurne
Alerte
État thymique
Consultation bimensuelle minimum · Absence de syndrome dépressif caractérisé, moral stable, vie sociale maintenue
Alerte
Activité physique
Mensuelle · Pratique régulière 2-3 fois/semaine, progression des capacités fonctionnelles
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.