Asthme aigu grave (AAG)
Exacerbation sévère d'asthme avec obstruction bronchique majeure, mauvaise réponse au traitement habituel et risque rapide d'épuisement respiratoire.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
Dernière correction tracée le le 19 août 2026Notre méthode
- Prévalence
- En France, la prévalence de l'asthme actuel est estimée à 6 à 7 % chez l'adulte et à plus de 10 % chez l'enfant d'au moins 10 ans (Santé publique France).
- Âge typique
- Il peut survenir à tout âge chez une personne asthmatique, en particulier en cas d'asthme mal contrôlé ou d'arrêt du traitement de fond.
- Mortalité
- Santé publique France rapporte 1 038 décès par asthme en 2006, dont 64 avant 45 ans. C'est le dernier chiffre publié dans sa synthèse épidémiologique, mise à jour le 6 septembre 2019. La mortalité par asthme a nettement diminué depuis le pic des années 1980, mais la majorité des décès survient encore lors d'une exacerbation sévère non reconnue à temps.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L'évolution peut être favorable rapidement si le traitement est précoce et efficace. À l'inverse, une aggravation de la parole, de la conscience, de la saturation ou de la fatigue respiratoire impose une escalade immédiate de prise en charge.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Débit expiratoire de pointe (DEP)
Permet d'objectiver l'obstruction et de suivre la réponse au traitement si le patient peut souffler correctement.Outil utile de surveillance, sans retarder la prise en charge en cas de détresse évidente.Gazométrie artérielle
Évalue l'oxygénation, le CO2 et l'équilibre acido-basique dans les formes les plus graves.À envisager surtout si doute diagnostique, mauvaise réponse au traitement initial ou aggravation clinique (SFMU/SRLF 2018). Une normalisation ou une élévation du CO2 oriente vers une situation plus grave.Radiographie thoracique
Aide à rechercher une complication ou un diagnostic différentiel.Surtout utile si l'évolution est inhabituelle, si la crise répond mal ou si une complication est suspectée.Bilan biologique
Recherche un contexte infectieux ou certains effets indésirables des traitements.Réalisé selon prescription et selon le contexte clinique.Support
Installation et oxygénothérapieLe patient est installé en position adaptée, souvent assise ou demi-assise. L'oxygène est administré selon prescription avec surveillance rapprochée de la saturation et de la tolérance clinique.Immédiat puis selon évolution
Actif
Bronchodilatateurs nébulisésLe traitement initial repose sur des bronchodilatateurs inhalés nébulisés selon prescription. L'IDE prépare, administre et surveille l'effet clinique et la tolérance.Répété en phase aiguë selon prescription
Actif
Corticothérapie systémiqueAdministrée précocement sur prescription pour réduire l'inflammation bronchique et limiter le rebond de la crise.Quelques jours selon prescription
Actif
Traitements de deuxième intention si besoinEn cas de réponse insuffisante, d'autres traitements peuvent être prescrits en milieu spécialisé. L'IDE participe à leur mise en œuvre et à leur surveillance.Selon gravité et prescription
Support
Ventilation mécanique si aggravationUne intubation et une ventilation mécanique peuvent être décidées par le médecin en cas d'épuisement respiratoire ou d'échec de la prise en charge initiale. L'IDE prépare le matériel et accompagne la décision.Selon évolution
Arrêt respiratoire
L'épuisement respiratoire peut conduire à une apnée puis à un arrêt cardiorespiratoire.Prévention
Repérer tôt les signes de gravité et alerter sans délai.Signes d'alerte
Bradypnée · Somnolence · Silence auscultatoire
Pneumothorax
Complication possible lors d'un bronchospasme important ou sous ventilation.Prévention
Surveiller toute aggravation brutale de la dyspnée ou toute douleur thoracique.Signes d'alerte
Douleur thoracique brutale · Aggravation soudaine de la dyspnée · Asymétrie auscultatoire
Récidive précoce
Une amélioration incomplète ou une reprise trop rapide des facteurs déclenchants expose à une nouvelle aggravation.Prévention
Renforcer le traitement de fond et l'éducation thérapeutique au décours de l'épisode.Signes d'alerte
Besoin répété de bronchodilatateur de secours · Toux nocturne · Essoufflement qui réaugmente
Surveillance prioritaire
Respiration et oxygénation
Très rapprochée en phase aiguë · Saturation cible 94 à 98 % sous oxygénothérapie prescrite (SFMU/SRLF 2018). Tendance à l'amélioration : diminution de la polypnée, parole plus aisée, débit expiratoire de pointe en hausse si la mesure est possible.
Alerte
Capacité à parler et état neurologique
À chaque réévaluation · Patient capable de parler en phrases complètes ; score de Glasgow à quinze sur quinze ; absence d'agitation ou de somnolence.
Alerte
Hémodynamique et tolérance des traitements
Après chaque administration en phase aiguë · Fréquence cardiaque entre 50 et 120/min ; pression artérielle systolique au moins 90 mmHg ; absence de tremblements ou palpitations mal tolérés.
Alerte
Recherche de complication
Continue selon la gravité · Absence de douleur thoracique brutale, d'asymétrie auscultatoire, de silence auscultatoire ou de trouble de conscience.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Prise en charge et suivi des patients asthmatiques adultes · SPLF · 2021
Prise en charge de l'exacerbation sévère d'asthme : recommandations formalisées d'experts · SFMU / SRLF · 2018
Éducation thérapeutique du patient asthmatique adulte et adolescent · ANAES (missions reprises par la HAS) · 2001
L'asthme en France : synthèse des données épidémiologiques descriptives · Santé publique France · 2019
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.