BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)
Maladie respiratoire chronique avec obstruction bronchique progressive, le plus souvent liée au tabagisme, responsable de toux, d'expectorations et d'essoufflement.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- En France, la prévalence de la BPCO est estimée entre 5 et 10 % des adultes de plus de 45 ans (Santé publique France), avec un sous-diagnostic important lié à un repérage tardif et à la complexité d'accès aux épreuves fonctionnelles respiratoires.
- Âge typique
- La BPCO apparaît surtout après quarante ans chez les fumeurs ou anciens fumeurs, avec un diagnostic souvent posé tardivement, au stade des premières exacerbations.
- Mortalité
- Santé publique France recensait environ seize mille cinq cents décès mentionnant la BPCO sur les certificats en 2006, avec une mortalité en augmentation chez les femmes. Le pronostic dépend du stade, des exacerbations répétées et de la poursuite ou non du tabagisme.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
La maladie évolue lentement mais peut s'aggraver plus rapidement en cas de poursuite du tabac et d'exacerbations répétées. Le sevrage tabagique, l'activité physique, les traitements inhalés et le suivi régulier ralentissent la dégradation.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Spirométrie
Confirme une obstruction bronchique persistante.Examen de référence pour confirmer la BPCO ; il objectifie l'obstruction après bronchodilatateur.Gazométrie
Évalue l'oxygénation et le CO2 en cas de forme évoluée ou d'exacerbation sévère.Utile surtout si l'état respiratoire est altéré ou si une insuffisance respiratoire est suspectée.Radiographie thoracique
Aide à rechercher une complication, une infection ou un diagnostic associé.Examen de contexte, surtout utile lors d'une exacerbation ou d'un doute diagnostique.Test de marche ou évaluation de l’effort
Apprécie le retentissement fonctionnel et la tolérance à l'effort.S'inscrit surtout dans le bilan et le suivi, notamment avant réhabilitation respiratoire.Éducation
Sevrage tabagiqueC'est la mesure la plus importante pour ralentir l'évolution de la maladie. L'IDE accompagne, motive et oriente vers une aide adaptée.Au long cours
Actif
Bronchodilatateurs inhalésTraitement de fond prescrit pour réduire la gêne respiratoire et prévenir les exacerbations. L'IDE vérifie la bonne technique d'inhalation.Au long cours
Actif
Autres traitements inhalés selon le profilSelon la sévérité et la fréquence des exacerbations, d'autres traitements inhalés peuvent être ajoutés sur prescription.Selon prescription
Support
Réhabilitation respiratoire et activité physiqueLa réhabilitation respiratoire et l'activité adaptée améliorent les capacités fonctionnelles et la qualité de vie.Programme puis entretien durable
Support
Oxygénothérapie si indiquéeElle peut être prescrite dans certaines formes avancées. L'IDE la surveille strictement selon la prescription et le contexte clinique.Selon indication spécialisée
Exacerbation aiguë
Aggravation brutale des symptômes respiratoires nécessitant une adaptation rapide de la prise en charge.Prévention
Traitement de fond adapté, vaccinations, repérage précoce des signes d'alerte.Signes d'alerte
Dyspnée plus importante · Crachats purulents · Toux majorée
Insuffisance respiratoire chronique
La fonction respiratoire peut s'altérer progressivement aux stades avancés.Prévention
Sevrage tabagique, suivi régulier et prise en charge précoce des exacerbations.Signes d'alerte
Désaturation · Fatigue importante · Dyspnée de repos
Déconditionnement et perte d’autonomie
La limitation des efforts entraîne une baisse progressive des capacités physiques.Prévention
Maintenir l'activité physique adaptée et proposer la réhabilitation respiratoire.Signes d'alerte
Marche réduite · Fatigue à l’effort · Fonte musculaire
Surveillance prioritaire
Respiration et oxygénation
Régulière, renforcée en cas d’exacerbation · Saturation cible 88 à 92 % chez le patient BPCO hypoxémique chronique sous oxygénothérapie prescrite (pour éviter l'hyperoxie et le risque d'hypercapnie). Fréquence respiratoire habituelle du patient.
Alerte
Signes d’exacerbation
À chaque contact · Toux, expectorations et dyspnée au niveau habituel du patient, sans fièvre.
Alerte
Observance et technique d’inhalation
À chaque réévaluation de traitement · Technique conforme à la démonstration avec le dispositif réellement utilisé et traitement suivi régulièrement.
Alerte
État général et autonomie
Régulière · Poids stable, autonomie préservée et effort mieux toléré.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
BPCO : diagnostic et prise en charge · HAS · 2019
Optimisation du traitement médicamenteux des patients atteints de BPCO en état stable · SPLF · 2021
Prise en charge des exacerbations de la BPCO · SPLF · 2017
Épidémiologie descriptive de la BPCO en France · Santé publique France · 2019
Oxygénothérapie au cours de l'insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique · SRLF-SFMU · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.