Insuffisance respiratoire aiguë
Défaillance respiratoire brutale avec oxygénation insuffisante, parfois associée à une mauvaise élimination du dioxyde de carbone, urgence vitale à reconnaître sans délai.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- La dyspnée aiguë représente environ 5 à 10 % des motifs de consultation aux urgences, environ 10 % des admissions en hospitalisation conventionnelle et environ 20 % des admissions en réanimation (SRLF-SFMU 2025). Il n'existe pas à ce jour de registre national français dédié spécifiquement à l'insuffisance respiratoire aiguë, ce qui explique l'absence de prévalence robuste pathologie-centrée.
- Âge typique
- Tout âge selon la cause. Fréquence augmentée chez les patients porteurs d'une insuffisance respiratoire ou cardiaque chronique et chez les personnes âgées.
- Mortalité
- Pronostic corrélé à la précocité de la reconnaissance, à la correction de l'hypoxémie et au traitement de la cause. L'épuisement respiratoire expose à un arrêt respiratoire et à une surmortalité immédiate.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L'évolution peut être très rapide. Une amélioration précoce sous oxygénothérapie titrée et traitement de la cause est rassurante. À l'inverse, l'aggravation de la conscience, de la fréquence respiratoire, de la saturation ou de l'hémodynamique impose une escalade de la prise en charge sans délai.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Saturomètre de pouls
Mesure non invasive de la saturation artérielle en oxygène, dépistage immédiat de la désaturation.L'IDE pose le capteur, vérifie la qualité du signal et la fiabilité (perfusion, mouvement, vernis) et transmet la valeur au médecin pour décision thérapeutique.Gazométrie artérielle
Mesure directe de l'oxygène, du dioxyde de carbone et de l'équilibre acido-basique.Prélèvement effectué sur prescription médicale ; l'IDE prépare le matériel, assure la compression post-prélèvement, transmet rapidement le tube au laboratoire et remet le résultat au médecin qui l'interprète.Radiographie thoracique
Oriente vers la cause : pneumonie, œdème pulmonaire, pneumothorax, épanchement pleural.L'IDE prépare le patient, assure l'installation en respectant la stabilité respiratoire et transmet le compte rendu au médecin sans en tirer de conclusion diagnostique.Bilan biologique orienté
Numération, ionogramme, créatinine, lactate, marqueurs inflammatoires ou cardiaques selon la suspicion clinique.L'IDE réalise les prélèvements sur prescription, respecte les tubes et les délais d'acheminement, puis transmet les résultats au médecin.Support
Installation et oxygénothérapie titréeInstallation en position demi-assise, mise en place du dispositif d'oxygène prescrit (lunettes, masque simple, masque à haute concentration), débit ajusté pour atteindre la cible de saturation prescrite, surveillance continue de la tolérance.Immédiat puis selon évolution
Support
Ventilation non invasiveMise en place sur prescription médicale dans certaines indications (décompensation de BPCO hypercapnique, œdème pulmonaire cardiogénique). L'IDE prépare le matériel, installe le masque, surveille l'adaptation, les fuites, la tolérance et transmet toute aggravation.Selon évolution clinique et gazométrique
Support
Ventilation invasive si échec ou aggravationIntubation orotrachéale et ventilation mécanique en cas d'épuisement respiratoire, d'altération majeure de la conscience ou d'échec des mesures initiales. Décision médicale. L'IDE prépare le matériel (plateau d'intubation, médicaments, aspirateur), assiste le médecin, puis assure la surveillance ventilatoire et hémodynamique sur prescription.Selon la gravité et la réversibilité de la cause
Actif
Traitement étiologiqueAntibiothérapie, bronchodilatateurs, dérivés nitrés, diurétiques, anticoagulants, drainage pleural ou autres traitements selon la cause identifiée. L'IDE prépare et administre les traitements sur prescription médicale, vérifie la voie, le débit, et surveille la réponse et la tolérance.Selon l'étiologie et la réponse clinique
Éducation
Information et prévention des récidivesDès que l'état le permet, le patient et ses proches reçoivent des explications sur la situation aiguë, la cause retrouvée et les mesures préventives : observance des traitements de fond, arrêt du tabac, vaccinations, reconnaissance des signes d'alerte.Pendant l'hospitalisation et au relais en sortie
Arrêt respiratoire
L'épuisement respiratoire peut conduire à une apnée puis à un arrêt cardiorespiratoire si la situation n'est pas reconnue et traitée.Prévention
Surveillance rapprochée, reconnaissance des signes d'épuisement et alerte médicale sans délai devant toute aggravation.Signes d'alerte
Bradypnée · Respiration irrégulière ou superficielle · Pauses respiratoires
Défaillances d'organes
L'hypoxie prolongée peut entraîner une souffrance cérébrale, cardiaque ou rénale avec retentissement fonctionnel durable.Prévention
Correction rapide de l'oxygénation selon la cible prescrite et surveillance clinique et biologique globale.Signes d'alerte
Troubles de conscience · Oligurie · Altération hémodynamique
Hypercapnie induite par excès d'oxygène
Chez un patient à risque (BPCO, obésité-hypoventilation, neuromusculaire), une oxygénothérapie non titrée peut aggraver une rétention de dioxyde de carbone et provoquer une acidose respiratoire.Prévention
Respecter strictement la cible de saturation prescrite, titrer l'oxygène, surveiller la vigilance et alerter en cas de somnolence inexpliquée.Signes d'alerte
Somnolence · Céphalées · Astérixis · Sueurs
Surveillance prioritaire
Oxygénation et respiration
Très rapprochée en phase aiguë, adaptée à l'évolution sur prescription médicale · Saturation pulsée en oxygène (SpO2) entre 94 et 98 % en l'absence de risque d'hypercapnie, entre 88 et 92 % en cas de risque d'hypercapnie ou conforme à la cible prescrite ; fréquence respiratoire inférieure à 25 cycles/min ; amélioration de la parole, diminution des signes de lutte.
Alerte
État neurologique
Régulière, rapprochée en cas de risque d'hypercapnie ou d'aggravation · Patient conscient, orienté, coopérant ou au moins stable sur le plan neurologique avec score de Glasgow supérieur ou égal à quatorze.
Alerte
Tolérance hémodynamique
Rapprochée en phase aiguë · Pression artérielle systolique supérieure ou égale à 90 mmHg ou pression artérielle moyenne supérieure ou égale à 65 mmHg ; fréquence cardiaque entre 60 et 100/min ; absence de marbrures ; diurèse supérieure ou égale à 0,5 mL/kg/h.
Alerte
Tolérance du support ventilatoire
Continue ou très rapprochée si support en place · Bonne adaptation au dispositif, absence de fuites majeures, amélioration clinique et gazométrique selon les repères prescrits.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Oxygénothérapie dans l'insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, recommandations de la conférence de consensus SRLF-SFMU · SRLF / SFMU · 2025
Prise en charge de la dyspnée aiguë en urgence · SFMU / SRLF · 2025
Oxygénothérapie au cours de l'insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, recommandation pour la pratique clinique · SRLF-SFMU · 2025
Item 203 : dyspnée aiguë et chronique · Collège des enseignants de pneumologie (CEP) / SPLF · 2023
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.