Cancer du col de l'utérus
Cancer gynécologique presque entièrement évitable, lié au papillomavirus humain (HPV), repéré par le dépistage organisé entre 25 et 65 ans et prévenu par la vaccination HPV chez l'adolescent.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Cancer du col de l'utérus : environ 3 100 nouveaux cas estimés par an en France et environ 1 000 décès annuels (Santé publique France 2024). Il représente le onzième cancer le plus fréquent chez la femme.
- Âge typique
- Trois quarts des cas surviennent chez des femmes âgées de 25 à 64 ans (Santé publique France 2024). Les lésions précancéreuses sont souvent détectées plus jeunes, ce qui justifie le dépistage dès 25 ans.
- Mortalité
- L'incidence et la mortalité diminuent régulièrement depuis les années 1990 grâce au dépistage et à la vaccination (Santé publique France 2024). Le pronostic dépend du stade au diagnostic et la participation au programme de dépistage organisé reste insuffisante, ce qui justifie la mobilisation de l'IDE en première ligne.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L'évolution est lente, ce qui rend le dépistage particulièrement efficace : repérer une lésion précancéreuse permet un traitement local conservateur (conisation) sans atteinte de la fertilité dans la majorité des cas. À l'inverse, un cancer diagnostiqué à un stade avancé impose une prise en charge plus lourde, avec un pronostic qui dépend principalement de l'extension au moment du diagnostic (INCa 2024).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Examen cytologique cervico-utérin (frottis)
Recherche de cellules anormales du col utérin par frottis cervico-utérin en milieu liquide. C'est l'examen de dépistage chez les femmes de 25 à 29 ans, à raison de deux examens à un an d'intervalle puis tous les trois ans si les deux premiers sont normaux (HAS 2019).L'IDE explique le déroulement à la patiente, vérifie qu'elle n'est pas en période de règles, prépare le matériel selon le protocole local et transmet le résultat au médecin pour suite à donner.Test HPV
Recherche de l'ADN des papillomavirus oncogènes. C'est l'examen de dépistage chez les femmes de 30 à 65 ans, à réaliser tous les cinq ans après un premier test trois ans après le dernier frottis normal (HAS 2019).L'IDE explique le principe du test, vérifie les critères d'éligibilité au dépistage organisé et transmet le résultat. En cas de test HPV positif, une cytologie réflexe est réalisée pour orienter la suite.Colposcopie avec biopsie
Examen au microscope du col utérin après application d'acide acétique et de lugol, avec biopsies dirigées sur les zones suspectes. C'est l'examen de référence pour préciser la nature et l'étendue des lésions (HAS 2019).L'IDE accompagne la patiente, explique le déroulement, surveille la tolérance du geste et transmet toute douleur ou saignement inhabituel.IRM pelvienne
Bilan d'extension locale prescrit après confirmation d'un cancer invasif, pour évaluer l'envahissement paramétrial, vaginal, vésical ou rectal et orienter la stratégie thérapeutique.L'IDE vérifie les contre-indications, prépare la patiente selon le protocole local et transmet le compte rendu à l'équipe pour la réunion de concertation pluridisciplinaire.Spécialisé
ConisationPour les lésions précancéreuses CIN2 ou CIN3, l'ablation chirurgicale conservatrice d'une portion conique du col utérin permet de traiter la lésion tout en préservant l'utérus et la fertilité. L'IDE prépare la patiente, surveille les saignements et la douleur en post-opératoire et transmet les consignes de suivi.Geste ambulatoire, surveillance les jours suivants
Spécialisé
Chirurgie d'un cancer invasifSelon le stade, le traitement chirurgical va de la trachélectomie élargie (ablation du col en préservant l'utérus chez la femme jeune souhaitant une grossesse) à l'hystérectomie élargie avec curage ganglionnaire pelvien. La décision est prise en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) et le statut ALD 30 (tumeurs malignes) ouvre la prise en charge à 100 %.Selon le geste réalisé et l'évolution postopératoire
Actif
Radio-chimiothérapie concomitantePour les cancers localement avancés, l'association radiothérapie externe pelvienne et chimiothérapie à base de sel de platine est le traitement de référence. L'IDE surveille la tolérance, accompagne les patientes pendant les séances et transmet les effets indésirables.Plusieurs semaines selon le protocole oncologique
Support
Soins de supportPrise en charge de la douleur, de la fatigue, de l'anémie, des troubles digestifs et urinaires, du retentissement psychologique et sexuel tout au long du parcours. L'IDE coordonne avec l'équipe pluridisciplinaire selon les besoins.Tout au long du parcours
Éducation
Promotion du dépistage et de la vaccination HPVL'IDE explique le programme national de dépistage organisé, présente la vaccination HPV aux adolescents et jeunes adultes et rappelle qu'elle peut prescrire et administrer ce vaccin depuis le décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 (vigueur au 30 juin 2026), dans le cadre défini par la réglementation, après formation dédiée.Tout au long du parcours soignant
Complications postopératoires
Après conisation : saignement, infection, sténose cervicale, risque d'accouchement prématuré lors d'une grossesse ultérieure. Après hystérectomie élargie : saignement, infection du site opératoire, lésion urétérale ou vésicale, troubles mictionnels.Prévention
Surveiller les constantes, la douleur, la cicatrice, les saignements et la reprise mictionnelle, puis transmettre toute anomalie.Signes d'alerte
Fièvre · Douleur qui augmente · Saignement abondant · Trouble mictionnel persistant
Toxicité de la radiothérapie pelvienne
Cystite radique, rectite radique, sténose vaginale, sécheresse vaginale et troubles sexuels peuvent apparaître pendant ou après le traitement.Prévention
Informer la patiente, surveiller les symptômes à chaque séance, transmettre les plaintes et proposer les soins de support adaptés.Signes d'alerte
Brûlures mictionnelles · Rectorragie · Diarrhée · Douleur ou sécheresse vaginale
Lymphœdème du membre inférieur
Après curage ganglionnaire pelvien, une stagnation de la lymphe peut entraîner un gonflement progressif d'un ou des deux membres inférieurs.Prévention
Repérer tôt la lourdeur ou le gonflement, encourager la mobilisation prescrite et orienter vers le kinésithérapeute ou l'équipe de soins de support en cas de signes.Signes d'alerte
Lourdeur du membre · Gonflement persistant · Raideur · Sensation de tension cutanée
Récidive ou évolution métastatique
Le risque de récidive locale ou ganglionnaire reste possible, en particulier dans les deux premières années qui suivent le traitement initial. Les localisations à distance touchent surtout les poumons, le foie, les os et les ganglions sus-claviculaires.Prévention
Maintenir le suivi programmé, repérer les nouveaux symptômes et transmettre rapidement toute anomalie.Signes d'alerte
Nouveau saignement · Douleur pelvienne persistante · Toux, dyspnée ou douleur osseuse · Altération de l'état général
Surveillance prioritaire
Saignements vaginaux
À chaque prise en soins, en pré et postopératoire, et à chaque consultation de suivi · Absence de saignement abondant, hémoglobine adaptée à la situation clinique selon la prescription, constantes stables (fréquence cardiaque entre 50 et 100/min, pression artérielle sans hypotension symptomatique)
Alerte
Postopératoire après conisation ou hystérectomie
Surveillance rapprochée les 24 premières heures puis selon le contexte clinique · Température inférieure à 38 °C, EVA inférieure ou égale à 3/10 après antalgie prescrite, diurèse supérieure à 0,5 mL/kg/h, cicatrice sèche, reprise mictionnelle et du transit
Alerte
Tolérance de la radio-chimiothérapie
À chaque cure, à chaque séance et à chaque plainte de la patiente · Hydratation maintenue, absence de vomissements ou de diarrhée incoercibles, peau pelvienne sans radiodermite sévère, NFS contrôlée selon la prescription
Alerte
Retentissement psychologique et sexuel
À chaque entretien et à chaque consultation de suivi · Patiente informée des effets attendus, expression possible des questions sur la sexualité et la fertilité, orientation vers les soins de support en cas de besoin
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Panorama des cancers en France, édition 2024 · INCa · 2024
Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus · HAS · 2019
Cancer du col de l'utérus : données épidémiologiques · Santé publique France · 2024
Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d'infirmier (article R.4311-4 du Code de la santé publique) · Légifrance · 2025
Article L.4311-1 du Code de la santé publique : prescription de certains vaccins par l'infirmier · Légifrance · 2025
Infections à papillomavirus humains (HPV) : schéma vaccinal · Vaccination Info Service · 2025
Dépistage du cancer du col de l'utérus · Ameli · 2025
L'INCa rappelle les bénéfices du dépistage du cancer du col de l'utérus · INCa · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.