Oncologie

Cancer du foie (carcinome hépatocellulaire)

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est le principal cancer primitif du foie. Il survient presque toujours sur une cirrhose : tout se joue en amont, par la prévention des causes de cirrhose et le dépistage par échographie hépatique tous les 6 mois chez le patient cirrhotique. Un CHC dépisté tôt reste accessible à un traitement curatif.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est le principal cancer primitif du foie, développé à partir des hépatocytes. Il est presque toujours la complication d'une maladie chronique du foie parvenue au stade de cirrhose, quelle qu'en soit la cause (alcool, hépatite B ou C, syndrome métabolique). Tout se joue donc en amont : prévention des causes de cirrhose et dépistage par une échographie hépatique tous les 6 mois chez le patient cirrhotique, car un CHC dépisté tôt reste accessible à un traitement curatif. Pour l'IDE, l'enjeu est d'éduquer le patient cirrhotique à ce dépistage semestriel, d'assurer les soins autour des gestes (radiofréquence, chimioembolisation), de surveiller la décompensation de la cirrhose sous-jacente et d'accompagner le patient dans les soins de support.
Prévalence
En France, on estime environ 11 658 nouveaux cas de cancer du foie en 2023, avec une nette prédominance masculine (environ 76 % des cas). Le carcinome hépatocellulaire représente près de 70 % des cancers primitifs du foie et se développe pratiquement toujours au cours de l'évolution d'une cirrhose (INCa 2022, SNFGE). Il n'existe pas de dépistage en population générale : le dépistage échographique semestriel est réservé aux patients à risque, principalement ceux suivis pour cirrhose (AFEF).
Âge typique
Adulte le plus souvent après 60 ans, sur un terrain de cirrhose évoluant depuis plusieurs années ; prédominance masculine marquée
Mortalité
Pronostic sévère lorsque la tumeur est découverte à un stade avancé, mais nettement amélioré lorsque le CHC est dépisté tôt sur une cirrhose surveillée : il reste alors accessible à un traitement curatif (résection, transplantation, radiofréquence). Le dépistage échographique semestriel du cirrhotique réduit la mortalité liée au CHC (AFEF). Le pronostic dépend du stade, de la fonction hépatique et de l'état général (INCa, SNFGE)

Précoces

Signes précoces

Tumeur silencieuse dépistée à l'échographieAu stade débutant, le CHC est le plus souvent sans symptôme : il est découvert par l'échographie hépatique de dépistage réalisée tous les 6 mois chez le patient cirrhotique, ce qui permet un traitement curatif
Nodule hépatique de découverte échographiqueApparition d'un nodule à l'échographie de surveillance chez un patient cirrhotique : recueillir le compte rendu et le transmettre au médecin pour bilan complémentaire sur prescription
Altération de l'état général débutanteAsthénie, baisse de l'appétit ou amaigrissement progressif chez un patient cirrhotique, souvent difficiles à distinguer de l'évolution de la cirrhose : recueillir et transmettre au médecin

Évolutifs

Signes évolutifs

Douleur de l'hypochondre droitDouleur ou pesanteur de l'hypochondre droit chez un patient cirrhotique, pouvant témoigner d'une tumeur évoluée : recueillir les caractéristiques de la douleur et transmettre au médecin

Tardifs

Signes tardifs

Amaigrissement et altération de l'état général marquésPerte de poids importante, anorexie et fatigue croissante à un stade évolué : peser le patient, recueillir les apports et transmettre au médecin et au diététicien
Décompensation de la cirrhose sous-jacenteApparition ou aggravation d'une ascite, d'un ictère ou de troubles de la vigilance chez le patient cirrhotique porteur d'un CHC : surveiller le poids, le périmètre abdominal et la conscience, transmettre au médecin

Gravité

Signes de gravité

Hémorragie digestive hauteHématémèse ou méléna par rupture de varices oesophagiennes sur hypertension portale : surveiller les constantes en continu, installer le patient en position adaptée, alerter le médecin sans délai ou déclencher la procédure d'urgence de l'établissement (le 15 hors établissement)
Encéphalopathie hépatiqueConfusion, désorientation, inversion du rythme veille-sommeil, astérixis ou troubles du comportement traduisant une décompensation : surveiller la conscience, sécuriser le patient et alerter le médecin sans délai
Syndrome post-embolisation sévèreAprès chimioembolisation : douleur intense, fièvre élevée, vomissements ou dégradation de l'état général au-delà du syndrome post-embolisation attendu : surveiller les constantes, la douleur et le point de ponction, transmettre au médecin sans délai

Mécanisme

Une maladie chronique du foie (alcool, hépatite B ou C, syndrome métabolique) agresse le foie de façon prolongée et aboutit à une cirrhose
Sur ce foie cirrhotique, des nodules de régénération peuvent se transformer et donner naissance à une tumeur maligne à partir des hépatocytes
La tumeur se développe le plus souvent de façon silencieuse, masquée par la maladie hépatique sous-jacente
La cirrhose sous-jacente continue d'évoluer pour son propre compte et peut se décompenser indépendamment de la tumeur

Conséquences

CHC longtemps asymptomatique, découvert le plus souvent par le dépistage échographique du cirrhotique plutôt que par des symptômes
Aggravation possible de l'hépatopathie : douleur de l'hypochondre droit, altération de l'état général au stade évolué
Décompensation de la cirrhose sous-jacente : ascite, ictère, encéphalopathie hépatique, hémorragie digestive par rupture de varices oesophagiennes
Extension locale ou à distance possible lorsque la tumeur est découverte tardivement

Évolution

Découvert tôt sur une cirrhose surveillée, le CHC reste accessible à un traitement curatif (résection hépatique, transplantation hépatique ou radiofréquence). Découvert tardivement, il relève de traitements non curatifs (chimioembolisation, ou traitement systémique sur prescription : immunothérapie associée à un anti-angiogénique, en alternative aux thérapies ciblées) et de soins de support. La stratégie dépend du stade tumoral, de la fonction hépatique et de l'état général, appréciés notamment par la classification BCLC, et elle est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire. Parallèlement, la cirrhose sous-jacente peut se décompenser à tout moment (AFEF, SNFGE).
Cirrhose quelle qu'en soit la cause : facteur de risque central · le CHC survenant pratiquement toujours sur cirrhose (AFEF · SNFGE)
Consommation excessive et prolongée d'alcool : première cause de maladie chronique du foie associée au CHC en France (SNFGE)
Infection chronique par le virus de l'hépatite B ou de l'hépatite C : cause majeure de cirrhose, accessible à la vaccination (VHB) et au traitement antiviral
Syndrome métabolique et stéatohépatite (NASH) : surpoids · obésité · diabète de type 2 · en progression comme cause de cirrhose et de CHC
Sexe masculin et âge avancé : le risque augmente nettement avec l'âge et prédomine chez l'homme (INCa 2022)

Critères diagnostiques

Terrain de cirrhose connu, sur lequel survient pratiquement toujours le CHC (alcool, hépatite B ou C, syndrome métabolique)
Détection d'un nodule hépatique, le plus souvent lors de l'échographie de dépistage semestriel du cirrhotique (AFEF)
Imagerie en coupe injectée (scanner ou IRM multiphasique) : chez le patient cirrhotique, le diagnostic peut être porté de façon non invasive sur une imagerie typique, mais la biopsie reste recommandée chaque fois qu'elle est faisable (AFEF 2024)
Biopsie hépatique confirmant le diagnostic chaque fois qu'elle est faisable, sur décision médicale, en particulier lorsque l'imagerie n'est pas typique
Stratégie et décision arrêtées en réunion de concertation pluridisciplinaire, selon le stade tumoral, la fonction hépatique et l'état général (classification BCLC)

Diagnostic différentiel

Métastases hépatiques : tumeurs secondaires (par exemple d'origine colorectale), en réalité les tumeurs malignes du foie les plus fréquentes, à distinguer de la tumeur primitive qu'est le CHC
Cholangiocarcinome : cancer développé à partir des voies biliaires et non des hépatocytes, distingué par l'imagerie et parfois la biopsie
Nodules bénins (angiome, hyperplasie nodulaire focale, adénome) : lésions non cancéreuses reconnues sur leurs caractéristiques en imagerie
Nodule de régénération de la cirrhose : nodule non tumoral fréquent sur foie cirrhotique, dont la surveillance échographique guette la transformation
Décompensation de cirrhose sans tumeur : ascite, ictère ou encéphalopathie liés à l'hépatopathie elle-même, sans nodule tumoral (voir fiche cirrhose)

Examens complémentaires

Échographie hépatique de dépistage semestriel

Échographie abdominale recherchant un nodule hépatique chez le patient cirrhotique, réalisée tous les 6 mois ; les progrès de l'imagerie permettent de détecter des nodules de très petite taille, dès environ 1 cm (AFEF)L'IDE coordonne le rendez-vous d'échographie tous les 6 mois sur prescription, rappelle l'échéance au patient cirrhotique et recueille le compte rendu. Transmet au médecin tout nodule ou examen non contributif pour décision d'imagerie en coupe. Ne réalise ni n'interprète l'examen.

Imagerie en coupe injectée (scanner ou IRM multiphasique)

Scanner ou IRM avec injection en plusieurs temps, réalisé lorsqu'un nodule est détecté ou si l'échographie est prise en défaut ; chez le patient cirrhotique, le diagnostic peut être porté de façon non invasive sur une imagerie typique, mais la biopsie reste recommandée chaque fois qu'elle est faisable (AFEF 2024)L'IDE explique l'examen, vérifie les consignes du service (jeûne, fonction rénale, allergies au produit de contraste) et surveille la tolérance après l'injection. Transmet au médecin toute réaction et le compte rendu ; l'interprétation et le diagnostic relèvent du radiologue et de l'hépatologue.

Dosage de l'alpha-foetoprotéine

Marqueur sérique parfois associé à l'échographie de dépistage selon les recommandations de l'AFEF ; une élévation ou une progression peut orienter vers un CHC mais ne suffit pas à elle seule au diagnosticL'IDE prélève sur prescription et achemine au laboratoire. Transmet au médecin la valeur en ng/mL comparée aux précédentes : toute élévation nouvelle ou progressive est signalée. Se lit comme une valeur de suivi, jamais comme un test diagnostique isolé.

Bilan hépatique et évaluation de la fonction du foie

NFS, plaquettes, ALAT, ASAT, GGT, bilirubine, TP, albumine et fonction rénale, servant à apprécier la fonction hépatique et la sévérité de la cirrhose, éléments pris en compte dans la stratégie et la classification BCLC (AFEF, SNFGE)L'IDE prélève sur prescription et achemine au laboratoire. Transmet au médecin les valeurs avec leurs unités et leur tendance. Alerte si TP abaissé, albumine basse, bilirubine élevée ou aggravation traduisant une décompensation hépatique.

Support

Dépistage échographique semestriel du patient cirrhotiqueÉchographie hépatique tous les 6 mois chez tout patient suivi pour cirrhose, éventuellement associée au dosage de l'alpha-foetoprotéine selon les recommandations de l'AFEF, sur prescription. C'est la pierre angulaire de la prise en charge : l'IDE coordonne les rendez-vous, rappelle l'échéance au patient et alerte le médecin en cas de nodule.

Tous les 6 mois, tant que dure la cirrhose

Spécialisé

Traitements curatifs : résection, transplantation, radiofréquenceTrois traitements curatifs sont possibles quand le CHC est dépisté tôt : la résection hépatique, la transplantation hépatique (qui traite à la fois la tumeur et la cirrhose) et la radiofréquence (destruction percutanée de la tumeur par la chaleur), sur décision de la réunion de concertation pluridisciplinaire. L'IDE prépare le patient, surveille les suites du geste (douleur, saignement, fièvre) et accompagne le parcours.

Selon le projet thérapeutique décidé en RCP

Support

Chimioembolisation (TACE)Traitement non curatif consistant à administrer une chimiothérapie directement dans l'artère nourrissant la tumeur en l'obstruant, chez des patients non candidats à un traitement curatif, sur décision médicale. L'IDE prépare le patient, surveille après le geste le point de ponction, la douleur, la fièvre et les nausées (syndrome post-embolisation fréquent) et transmet au médecin.

Séances répétées selon l'évolution et la décision médicale

Actif

Traitements systémiques : thérapie ciblée et immunothérapieAux stades avancés, un traitement systémique est proposé sur prescription : une immunothérapie associée à un anti-angiogénique (par exemple atézolizumab et bévacizumab) est une option de première ligne, en alternative aux thérapies ciblées (sorafénib, lénvatinib), le choix relevant de la RCP. L'IDE administre selon prescription, surveille la tolérance (effets indésirables de l'immunothérapie, tension artérielle sous anti-angiogénique) et transmet toute anomalie ; le choix des molécules relève du médecin en RCP.

Selon le projet thérapeutique

Éducation

Prévention des causes de cirrhoseLa meilleure prévention du CHC est celle de la cirrhose : accompagnement du sevrage alcoolique, vaccination contre l'hépatite B, dépistage et traitement des hépatites B et C, prise en charge du syndrome métabolique. L'IDE évalue les facteurs de risque, éduque le patient, administre le vaccin hépatite B sur prescription dans le cadre de ses compétences vaccinales et oriente vers le médecin et l'équipe d'addictologie.

Accompagnement au long cours

Support

Soins de support et accompagnementÀ tous les stades, prise en charge de la douleur, soutien nutritionnel, soutien psychologique du patient et de l'entourage, et anticipation des soins palliatifs et des directives anticipées si la situation l'impose, en lien avec le médecin. L'IDE assure les soins de support sur prescription, écoute, oriente vers le psychologue et l'équipe de soins palliatifs et trace l'accompagnement réalisé.

À tous les stades de la maladie

Décompensation de la cirrhose

Le CHC survient sur une cirrhose qui continue d'évoluer pour son propre compte : ascite, ictère, encéphalopathie hépatique ou hémorragie digestive par rupture de varices oesophagiennes peuvent survenir et engager le pronostic. La prise en charge détaillée de la décompensation relève de la fiche cirrhose.

Prévention

Surveiller le poids, le périmètre abdominal, l'ictère et l'état de conscience, accompagner l'observance et le sevrage alcoolique, transmettre au médecin toute apparition de signe de décompensation et alerter sans délai devant une hématémèse ou une confusion.

Signes d'alerte

Prise de poids et augmentation du périmètre abdominal · Ictère cutanéo-muqueux · Confusion ou troubles du comportement débutants

Progression tumorale et extension

Un CHC non dépisté à temps ou évoluant malgré le traitement peut grossir, retentir sur la fonction hépatique et s'étendre localement ou à distance, limitant les possibilités de traitement curatif.

Prévention

Coordonner le dépistage échographique semestriel du cirrhotique, recueillir et transmettre les signes d'altération de l'état général et de douleur de l'hypochondre droit, tracer la surveillance et alerter le médecin devant tout nodule ou aggravation.

Signes d'alerte

Nodule nouveau ou grossissant à l'échographie · Douleur de l'hypochondre droit · Amaigrissement et altération de l'état général

Syndrome post-embolisation

Après chimioembolisation, l'association douleur, fièvre et nausées est fréquente. Habituellement modérée et transitoire, elle doit être surveillée car une forme sévère ou prolongée impose une réévaluation médicale.

Prévention

Surveiller après le geste la douleur avec une échelle adaptée, la température, les nausées et le point de ponction, administrer les traitements de support sur prescription et transmettre au médecin toute forme intense ou qui se prolonge.

Signes d'alerte

Douleur de l'hypochondre droit après le geste · Fièvre modérée · Nausées ou vomissements

Comprendre le lien cirrhose et cancer du foie : expliquer au patient cirrhotique que le CHC est une complication possible de sa cirrhose, ce qui justifie une surveillance régulière du foie même en l'absence de symptôme
Retenir le rythme du dépistage : reformuler avec le patient l'importance de l'échographie hépatique tous les 6 mois, l'aider à repérer l'échéance et à ne pas la reporter, car un cancer dépisté tôt reste accessible à un traitement curatif
Poursuivre la prévention des causes de cirrhose : reformuler l'intérêt du sevrage alcoolique, de la vaccination et du traitement des hépatites et de la prise en charge du surpoids et du diabète, en orientant vers le médecin et l'équipe d'addictologie
Repérer et signaler les signes de décompensation : expliquer au patient et à l'entourage de prévenir l'équipe en cas de prise de poids rapide, de ventre qui gonfle, de jaunisse, de confusion ou de sang dans les vomissements ou les selles
Se préparer aux gestes et à leurs suites : expliquer le déroulement de la radiofréquence ou de la chimioembolisation et prévenir qu'une douleur, une fièvre et des nausées modérées sont fréquentes après une chimioembolisation et à signaler si elles sont intenses
Comprendre le parcours pluridisciplinaire : expliquer que la stratégie est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire et présenter les interlocuteurs (hépatologue, radiologue, chirurgien, oncologue, diététicien, psychologue)

Surveillance prioritaire

Dépistage et surveillance échographique du cirrhotique

Échographie hépatique tous les 6 mois sur prescription, éventuellement associée à l'alpha-foetoprotéine, tant que dure la cirrhose · Compte rendu d'échographie sans nodule suspect à comparer au précédent ; alpha-foetoprotéine en ng/mL tracée et comparée aux valeurs antérieures. Tout nodule nouveau ou toute élévation de l'alpha-foetoprotéine est transmis au médecin

Alerte

Nodule hépatique nouveau ou suspect à l'échographie : transmettre le compte rendu au médecin pour décision d'imagerie en coupe injectée sur prescriptionAlpha-foetoprotéine en élévation par rapport aux valeurs habituelles : alerter le médecin et planifier le bilan complémentaire sur prescriptionÉchographie non réalisée à la date prévue : reprendre contact avec le patient, repérer les freins et reprogrammer le rendez-vous avec le médecin

Décompensation de la cirrhose sous-jacente

À chaque évaluation clinique, en surveillance rapprochée en cas de signe d'appel · Poids et périmètre abdominal tracés et comparés (ascite), coloration cutanéo-muqueuse (ictère), état de conscience stable et cohérent (encéphalopathie), absence de signe d'hémorragie digestive. Toute apparition ou aggravation est transmise au médecin

Alerte

Prise de poids rapide ou augmentation du périmètre abdominal (ascite) : recueillir et transmettre au médecinConfusion, désorientation ou astérixis (encéphalopathie hépatique) : sécuriser le patient et alerter le médecin sans délaiHématémèse, méléna ou ictère qui s'aggrave : surveiller les constantes et alerter le médecin sans délai ou déclencher la procédure d'urgence

Suites d'un geste (radiofréquence ou chimioembolisation)

Après le geste selon les consignes du service, puis à chaque évaluation · Constantes stables, douleur évaluée avec une échelle adaptée et contrôlée, point de ponction propre et sans saignement, température suivie. Un syndrome post-embolisation modéré (douleur, fièvre, nausées) est attendu après chimioembolisation et doit rester maîtrisé

Alerte

Douleur intense ou fièvre élevée dépassant le syndrome post-embolisation attendu : surveiller les constantes et transmettre au médecin sans délaiSaignement ou hématome au point de ponction : comprimer, surveiller et alerter le médecinNausées ou vomissements persistants retentissant sur l'état général : recueillir et transmettre au médecin

Rôle IDE détaillé

Repérer et recueillir les facteurs de risque de cirrhose et de CHC : consommation d'alcool, hépatite B ou C, surpoids et diabète, pour transmission au médecin
Vérifier auprès du patient cirrhotique la réalisation et l'échéance de l'échographie de dépistage semestrielle, et repérer les freins au suivi
Rechercher les signes de décompensation de la cirrhose : poids, périmètre abdominal, ictère, état de conscience, signes d'hémorragie digestive
Évaluer la douleur, l'état nutritionnel et le vécu psychologique du patient et de l'entourage face à une maladie grave

Références

Cancer du foie (carcinome hépatocellulaire, CHC) : information grand public · AFEF · 2024

Prise en charge du carcinome hépatocellulaire et outils pour la pratique · AFEF · 2025

Cancer du foie (CHC) : information grand public · SNFGE · 2024

Carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie) : chapitre 7 du TNCD · SNFGE · 2023

Cancers du foie : comprendre la maladie (page d'information, mise à jour du 18 mai 2022) · Institut national du cancer (INCa) · 2022

Recommandations de l'Association française pour l'étude du foie · AFEF · 2025

Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.