Oncologie

Cancer de la prostate

Cancer fréquent de la prostate pouvant provoquer des troubles urinaires, des douleurs et un retentissement sur la qualité de vie.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le cancer de la prostate est une tumeur de la prostate qui peut rester silencieuse longtemps ou provoquer des troubles urinaires, une douleur osseuse ou une altération de l’état général. Le diagnostic est orienté par le médecin à l’aide d’examens adaptés. L’IDE repère les signes d’alerte, prépare le patient aux examens, surveille les traitements et accompagne l’adaptation au quotidien.
Prévalence
Cancer fréquent chez l’homme, surtout après 50 ans
Âge typique
Le risque augmente avec l’âge
Sexe-ratio
Concerne les hommes car il touche la prostate
Mortalité
Peut être grave, surtout lorsqu’il est découvert tard

Précoces

Signes précoces

Troubles urinaires discretsDifficulté à uriner, jet plus faible ou sensation de ne pas vider complètement la vessie
Réveils nocturnes pour urinerBesoin d’uriner la nuit ou augmentation progressive de la fréquence des mictions
Symptômes absents ou peu marquésLa maladie peut être découverte à l’occasion d’un bilan ou d’un examen demandé pour d’autres raisons

Évolutifs

Signes évolutifs

Hématurie ou hémospermiePrésence de sang dans les urines ou dans le sperme, à signaler rapidement

Tardifs

Signes tardifs

Douleurs osseusesDouleurs du dos, du bassin ou des membres, souvent plus marquées la nuit ou au repos
Fatigue et baisse de l’état généralFatigue persistante, perte d’appétit, amaigrissement ou baisse d’autonomie

Gravité

Signes de gravité

Rétention urinaire aiguëImpossibilité d’uriner avec douleur sus-pubienne et agitation : alerte rapide
Douleur lombaire avec signes neurologiquesDouleur du dos nouvelle associée à une faiblesse des jambes, des troubles de la marche ou de la continence
Altération brutale de l’état généralConfusion, grande faiblesse ou incapacité à s’alimenter correctement : avis médical urgent

Mécanisme

Des cellules de la prostate se multiplient de façon anormale et forment une tumeur
La maladie peut rester limitée à la prostate ou s’étendre à d’autres organes
L’extension peut gêner l’écoulement des urines et entraîner douleur ou fatigue

Conséquences

Troubles urinaires progressifs
Douleurs osseuses si la maladie s’étend
Retentissement sur le sommeil, l’énergie et l’autonomie
Anxiété et impact sur la qualité de vie

Évolution

L’évolution est souvent lente au début, mais certaines formes progressent et nécessitent un suivi rapproché ainsi que des soins de support.
Avancée en âge
Antécédents familiaux de cancer de la prostate
Certains facteurs génétiques ou hormonaux
Surpoids et sédentarité

Critères diagnostiques

Interrogatoire et examen clinique devant des symptômes urinaires, une douleur osseuse ou un examen anormal
Pas de dépistage organisé de masse par PSA en France : la HAS rappelle que la mise en place d’un programme de dépistage par PSA n’est pas recommandée, en population générale comme chez les hommes à haut risque (HAS, INCa)
Dosage du PSA décidé au cas par cas avec le médecin, après information sur les bénéfices et les risques (surdiagnostic, surtraitement)
Toucher rectal si indiqué pour orienter l’évaluation
IRM, biopsies ou bilan d’extension si le médecin les prescrit

Diagnostic différentiel

Hyperplasie bénigne de la prostate : troubles urinaires sans cancer
Prostatite : douleur, fièvre ou gêne urinaire d’origine infectieuse
Infection urinaire : brûlures mictionnelles et signes infectieux
Sténose urinaire : jet faible et difficultés à uriner

Examens complémentaires

PSA sanguin

Aide à orienter le diagnostic et le suiviVérifier l’identité, la prescription et transmettre tout résultat anormal au médecin.

IRM pelvienne ou prostatique

Repère une zone suspecte et aide à organiser la suite du bilanExpliquer le déroulement, vérifier les contre-indications liées au matériel implanté et rassurer le patient.

Biopsies prostatiques

Confirment ou non la présence d’un cancerPréparer le patient selon la prescription, puis surveiller la douleur, les urines, le saignement et la température après le geste.

Imagerie de bilan osseux ou d’extension

Recherche d’une atteinte à distance si elle est suspectéePréparer le patient, vérifier la voie veineuse si besoin et transmettre les résultats au médecin.

Spécialisé

Chirurgie de la prostatePeut être proposée dans certaines situations. L’IDE surveille la douleur, la sonde urinaire, les saignements, la reprise de la miction et la continence.

Selon l’intervention

Support

RadiothérapiePeut être utilisée seule ou après chirurgie. L’IDE surveille la fatigue, l’irritation cutanée et les troubles urinaires ou digestifs.

Sur plusieurs semaines

Actif

HormonothérapieRéduit l’effet des hormones masculines quand la maladie s’étend ou progresse. L’IDE surveille les bouffées de chaleur, la fatigue, l’humeur, la prise de poids et la fragilité osseuse.

Au long cours

Support

Surveillance activePeut être proposée dans certaines formes peu évolutives. Elle repose sur un suivi régulier et une réévaluation si l’évolution change.

Selon le suivi

Éducation

Rééducation et soins de supportAident à mieux vivre les troubles urinaires, la fatigue, la douleur et l’impact psychologique. L’IDE encourage la rééducation, l’accompagnement et l’expression des difficultés.

Au long cours

Troubles urinaires persistants

Des fuites, des envies fréquentes ou des difficultés à uriner peuvent persister après les traitements.

Prévention

Repérer tôt les symptômes, soutenir la rééducation et transmettre toute aggravation.

Signes d'alerte

Fuites à l’effort · Urgences mictionnelles ou envies fréquentes · Sensation de vidange incomplète

Retentissement sexuel et psychologique

Les traitements peuvent modifier la sexualité, l’image de soi et le moral.

Prévention

Favoriser le dialogue, orienter si besoin vers l’équipe de soutien et repérer l’anxiété ou le découragement.

Signes d'alerte

Baisse de libido · Trouble de l’érection · Repli sur soi ou tristesse persistante

Fragilité liée à l’hormonothérapie

La fatigue, les bouffées de chaleur et la fragilité osseuse peuvent apparaître pendant le traitement.

Prévention

Encourager l’activité adaptée, la prévention des chutes et la surveillance clinique.

Signes d'alerte

Fatigue inhabituelle · Douleurs osseuses ou lombaires · Chutes ou baisse de mobilité

Extension osseuse ou blocage urinaire

La maladie peut s’étendre et provoquer des douleurs osseuses ou un blocage urinaire.

Prévention

Surveiller les nouveaux symptômes et alerter rapidement en cas de douleur intense ou de déficit neurologique.

Signes d'alerte

Douleur du dos persistante · Jambes faibles · Difficulté brutale à uriner

Consulter rapidement en cas de sang dans les urines, de difficulté à uriner, de blocage urinaire ou de douleur osseuse qui persiste
Savoir qu’il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la prostate par PSA : le dosage se discute au cas par cas avec le médecin. L’IDE relaie cette information et transmet les questions du patient, sans induire une attente de dépistage automatique
Signaler les bouffées de chaleur, la fatigue importante, les troubles du sommeil ou le moral en baisse pendant les traitements
Respecter les rendez-vous et les examens prévus, même si les symptômes semblent s’améliorer
Parler des fuites urinaires et des difficultés sexuelles : des solutions d’accompagnement existent
Garder une activité physique adaptée à son état général et éviter l’immobilisation prolongée
Arrêter le tabac si besoin et avoir une alimentation équilibrée
Demander de l’aide en cas d’anxiété, d’isolement ou de difficulté à suivre le traitement

Surveillance prioritaire

Fonction urinaire et confort

À chaque soin et à chaque changement clinique · Mictions possibles, douleur limitée, urines surveillées et confort acceptable

Alerte

Absence d’urines avec douleur sus-pubienne : alerter rapidementSang abondant dans les urines ou caillots : prévenir le médecinFièvre ou frissons après un geste invasif : signaler sans délai

Tolérance des traitements

Régulièrement pendant les consultations ou l’hospitalisation · Fatigue supportable, alimentation possible et moral repéré

Alerte

Fatigue qui s’aggrave ou malaise : réévaluerBouffées de chaleur très gênantes, humeur marquée ou troubles du sommeil : transmettreÉruption cutanée, diarrhée importante ou nausées persistantes : prévenir rapidement

Douleurs osseuses et état général

À chaque relève et selon les plaintes du patient · Douleur soulagée, mobilité conservée et autonomie préservée au mieux

Alerte

Douleur lombaire nouvelle ou nocturne : alerterFaiblesse des jambes ou troubles de la marche : urgencePerte d’appétit importante ou amaigrissement rapide : transmettre

Rôle IDE détaillé

Évaluer les mictions, les fuites, la douleur et le retentissement sur la vie quotidienne
Repérer les signes d’alerte : rétention, hématurie, fièvre, douleurs osseuses ou troubles neurologiques
Surveiller la tolérance des traitements et l’impact psychologique
Vérifier la compréhension des consignes données au patient et à ses proches

Références

Dépistage du cancer de la prostate · Institut national du cancer

Détection précoce du cancer de la prostate · Haute Autorité de santé · 2013

Le dispositif d'annonce · Institut national du cancer

Recommandations du comité de cancérologie de l'AFU 2024-2026 : cancer de la prostate, prise en charge de la maladie localisée · Association française d'urologie · 2024

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.