Oncologie

Cancer du poumon

Tumeur maligne du poumon avec risque de toux persistante, d’hémoptysie et de détresse respiratoire.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le cancer du poumon est une tumeur maligne qui touche les bronches ou le tissu pulmonaire. Il se manifeste souvent par des signes respiratoires ou un retentissement général, parfois de façon tardive. L’IDE repère les signes d’alerte, prépare les examens, surveille la tolérance des traitements et accompagne le patient tout au long du parcours de soins.
Prévalence
Cancer fréquent chez l’adulte, souvent diagnostiqué à un stade avancé
Âge typique
Risque qui augmente avec l’âge, le plus souvent après 50 ans
Sexe-ratio
Peut toucher les femmes comme les hommes
Mortalité
Pathologie grave avec retentissement important sur la respiration et l’état général

Précoces

Signes précoces

Toux persistanteToux qui dure, change par rapport à l’habitude ou s’aggrave progressivement
HémoptysiesCrachats teintés de sang ou petits saignements répétés à signaler rapidement
Dyspnée progressiveEssoufflement d’effort puis au repos, parfois associé à une gêne thoracique

Évolutifs

Signes évolutifs

Douleurs thoraciquesDouleurs persistantes, localisées ou irradiant vers l’épaule ou le dos

Tardifs

Signes tardifs

Altération de l’état généralFatigue importante, perte d’appétit, amaigrissement et baisse de l’autonomie
Dysphonie persistanteVoix enrouée ou modifiée sans cause évidente, à transmettre si elle persiste

Gravité

Signes de gravité

Syndrome cave supérieurŒdème du visage et du cou, gêne respiratoire, céphalées et gêne en position allongée
Hémoptysie importanteSaignement abondant avec malaise, agitation ou essoufflement : urgence vitale
Détresse respiratoire hypoxémiqueEssoufflement majeur, saturation basse, tirage, confusion ou épuisement

Mécanisme

L’exposition prolongée à des substances cancérogènes altère les cellules pulmonaires
Une tumeur se développe progressivement au niveau des bronches ou du poumon
L’extension peut toucher les ganglions, la plèvre et d’autres organes

Conséquences

Toux persistante, hémoptysie ou gêne respiratoire
Douleurs thoraciques ou pleurales
Fatigue, perte de poids et diminution de l’autonomie
Signes liés à l’extension de la maladie selon la localisation atteinte

Évolution

L’évolution peut être longtemps discrète. La maladie peut ensuite progresser localement, atteindre les ganglions puis donner des métastases. La surveillance IDE porte sur la respiration, la douleur, l’état général et la tolérance des traitements.
Tabagisme actif ou passé
Tabagisme passif
Expositions professionnelles comme l’amiante, les poussières ou certains produits industriels
Pollution de l’air
Antécédents respiratoires chroniques et contexte familial

Critères diagnostiques

Imagerie thoracique pour repérer une lésion suspecte
Prélèvement ou biopsie pour confirmer le diagnostic
Bilan d’extension selon la prescription médicale
Évaluation du retentissement respiratoire et de l’état général

Diagnostic différentiel

Infection respiratoire qui persiste ou ne régresse pas
Exacerbation de BPCO ou autre maladie respiratoire chronique
Tuberculose
Cause pleurale ou cardiaque expliquant la toux ou la dyspnée

Examens complémentaires

Scanner thoracique injecté

Lésion suspecte, anomalies des bronches, de la plèvre ou des ganglionsVérifier la préparation demandée, l’allergie aux produits de contraste et la voie veineuse. Surveiller après l’examen et transmettre tout effet indésirable.

Fibroscopie bronchique avec biopsies

Prélèvements permettant la confirmation du diagnosticPréparer le jeûne si demandé, rassurer et vérifier les consignes de surveillance. Après l’examen, surveiller la respiration, la douleur et l’hémoptysie.

Bilan sanguin

NFS, état général, inflammation, fonction rénale et hépatique selon le traitementPrélever selon prescription et transmettre les anomalies avant les cures ou les examens.

Imagerie de bilan d’extension

Recherche d’atteinte à distance selon le contexte cliniquePréparer le patient, vérifier les consignes avant l’examen et transmettre les résultats au médecin.

Spécialisé

Chirurgie thoraciquePeut être proposée dans certaines formes localisées. L’IDE prépare le patient, surveille la douleur, la respiration, les drains et la mobilisation après l’intervention.

Selon l’intervention

Actif

ChimiothérapieAdministrée en cures selon la prescription médicale. L’IDE vérifie les bilans demandés, surveille les nausées, les vomissements, la fatigue, le risque infectieux et l’état de la voie veineuse.

Quelques mois

Support

RadiothérapiePeut compléter ou remplacer d’autres traitements selon la situation. L’IDE surveille la fatigue, la peau, la douleur et l’observance des rendez-vous.

Quelques semaines

Actif

Traitements systémiques selon le profil tumoralThérapies ciblées ou immunothérapie peuvent être proposées par l’équipe spécialisée. Les immunothérapies (inhibiteurs de checkpoint) peuvent déclencher des effets d’origine auto-immune : pneumopathie immuno-induite, colite, hépatite ou atteintes endocriniennes. L’IDE surveille la tolérance générale, la respiration, la peau, le transit et transmet tout symptôme nouveau, y compris à distance de la cure, sans le banaliser.

Selon le protocole

Éducation

Sevrage tabagique et nutritionLe sevrage tabagique, l’aide nutritionnelle et les soins de support font partie de la prise en charge. L’IDE encourage l’accompagnement et repère les difficultés d’adhésion.

Au long cours

Atteinte neurologique secondaire

La maladie peut atteindre le cerveau et provoquer des signes neurologiques nouveaux.

Prévention

Signaler rapidement tout symptôme neurologique inhabituel et prévenir les chutes.

Signes d'alerte

Céphalées inhabituelles ou persistantes · Troubles de l’équilibre, de la parole ou de la mémoire · Déficit moteur ou crise convulsive

Douleurs osseuses et compression médullaire

Des douleurs du dos ou des os peuvent annoncer une atteinte secondaire et, plus rarement, une compression de la moelle.

Prévention

Surveiller les douleurs nouvelles, la marche et la force motrice. Alerter devant tout déficit neurologique.

Signes d'alerte

Douleurs rachidiennes persistantes · Faiblesse des jambes ou troubles de la marche · Douleur brutale ou chute sans traumatisme

Infection grave après traitement

Une baisse des défenses peut favoriser une infection sévère après une cure.

Prévention

Surveiller la température, l’hygiène, l’état général et la rapidité de la prise en charge.

Signes d'alerte

Fièvre · Frissons · Malaise ou point infectieux localisé

Arrêt du tabac : à tout moment, avec aide si besoin
Consulter rapidement en cas de toux persistante, de sang dans les crachats, d’essoufflement ou de douleur thoracique
Prévenir l’équipe en cas de fièvre, frissons, diarrhée, vomissements, éruption cutanée ou fatigue inhabituelle pendant les traitements
Suivre les rendez-vous et examens prévus, même si les symptômes semblent s’atténuer
Fractionner les repas, boire suffisamment et demander un avis nutritionnel si l’appétit baisse
Maintenir une activité physique adaptée à la fatigue et au souffle
Demander un soutien psychologique ou social si le retentissement devient important

Surveillance prioritaire

Fonction respiratoire

Selon le contexte clinique, à chaque tour de soins ou en continu si l’état est instable · Respiration stable, saturation conforme à l’objectif prescrit et tolérance clinique correcte

Alerte

Dyspnée qui s’aggrave, saturation qui baisse ou tirage : alerter rapidementHémoptysie, gêne respiratoire ou confusion : signaler en urgenceFièvre, frissons ou toux productive avec aggravation respiratoire : prévenir le médecin

Toxicités des traitements oncologiques

Avant chaque cure et selon les examens prescrits · Bilan biologique acceptable pour poursuivre le traitement selon le protocole

Alerte

Fièvre après une cure, frissons ou altération de l’état général : alerterSous immunothérapie, tout symptôme nouveau peut traduire un effet auto-immun (pneumopathie immuno-induite, colite, hépatite, atteinte endocrinienne) : dyspnée ou toux sèche, diarrhée, ictère, fatigue intense se transmettent sans les banaliser, y compris à distance de la cureDiarrhée importante, vomissements persistants ou saignements : signaler sans délai

Syndrome cave supérieur

Surveillance clinique quotidienne si le tableau est suspecté · Absence d’œdème du visage ou du cou et respiration confortable

Alerte

Œdème du visage ou du cou avec gêne respiratoire : alerter immédiatementCéphalées, confusion ou voix modifiée : prévenir sans attendreStridor ou aggravation rapide de la dyspnée : urgence

État nutritionnel

Poids régulier, suivi des apports et de l’autonomie · Poids le plus stable possible, apports suffisants et fatigue repérée tôt

Alerte

Perte de poids rapide ou apports très diminués : signalerFatigue marquée, faiblesse ou difficultés à se lever : réévaluerDouleur non contrôlée ou baisse importante de l’autonomie : transmettre

Rôle IDE détaillé

Évaluer la respiration : fréquence respiratoire, saturation, dyspnée, toux et hémoptysie
Évaluer la douleur : localisation, intensité, retentissement et efficacité des antalgiques
Évaluer l’état général : fatigue, poids, appétit, autonomie et sommeil
Repérer les signes de gravité : confusion, aggravation respiratoire, saignement ou œdème du visage

Références

Cancer du poumon : je m’informe sur ce cancer · INCa · 2025

Immunothérapies spécifiques du cancer du poumon : les effets indésirables possibles · INCa · 2025

Le dispositif d’annonce · INCa · 2025

Prise en charge des hémoptysies graves · SPLF · 2024

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.