Oncologie

Cancers ORL

Cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, larynx), le plus souvent des carcinomes épidermoïdes liés au tabac et à l'alcool, dont l'association a un effet synergique, avec le papillomavirus comme cause émergente des cancers de l'oropharynx. Ils se révèlent par des signes ORL unilatéraux et persistants et font de l'IDE un pilier des soins de support.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Les cancers ORL désignent les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), développés dans la cavité buccale, le pharynx (oropharynx, hypopharynx, rhinopharynx) et le larynx, ainsi que dans les cavités naso-sinusiennes. Le carcinome épidermoïde en est la forme très largement dominante. Le tabac et l'alcool sont les facteurs de risque prédominants et leur association a un effet synergique, tandis que le papillomavirus (HPV) est une cause émergente des cancers de l'oropharynx, de profil plus jeune et de meilleur pronostic. Pour l'IDE, l'enjeu est de ne jamais banaliser un signe ORL unilatéral persistant chez un fumeur-buveur, d'assurer les soins de trachéotomie, de nutrition et de communication après perte de la voix sur prescription, et d'accompagner un retentissement psychosocial majeur.
Prévalence
En France, les cancers des VADS représentent une part importante des cancers, avec environ 15 000 nouveaux cas par an (INCa). Ils touchent majoritairement les hommes (environ 70 % des cas [Ligue contre le cancer]), mais l'incidence diminue lentement chez l'homme et augmente chez la femme et chez l'adulte jeune, en lien avec le tabagisme et avec les formes associées au papillomavirus (INCa).
Âge typique
Adulte le plus souvent après 50 ans dans les formes classiques liées au tabac et à l'alcool ; adulte plus jeune dans les formes de l'oropharynx associées au papillomavirus (HPV)
Mortalité
Pronostic très dépendant de la localisation et du stade au diagnostic, souvent tardif. Les formes de l'oropharynx associées au papillomavirus ont un meilleur pronostic que les formes classiques liées au tabac et à l'alcool. Le retard diagnostique et la dénutrition aggravent le pronostic (INCa, Fondation ARC)

Précoces

Signes précoces

Dysphonie persistanteVoix rauque ou enrouement qui traîne au-delà d'environ trois semaines, évocateur d'un cancer du larynx surtout chez un fumeur-buveur : recueillir la durée et transmettre au médecin
Dysphagie ou odynophagie unilatéraleGêne à avaler ou douleur à la déglutition, souvent localisée d'un seul côté et persistante, parfois mise sur le compte d'une angine qui traîne
Otalgie réflexe sans cause auriculaireDouleur d'oreille d'un seul côté sans anomalie de l'oreille elle-même, correspondant à une douleur projetée d'une lésion du pharynx ou du larynx : ne pas banaliser et transmettre

Évolutifs

Signes évolutifs

Adénopathie cervicaleGanglion du cou qui grossit, souvent unilatéral, dur et fixé, parfois premier signe visible de la maladie : recueillir son ancienneté et sa localisation et transmettre au médecin
Lésion buccale qui ne cicatrise pasUlcération, plaque blanche ou rouge, ou aphte de la bouche qui persiste au-delà de trois semaines et ne guérit pas : à distinguer d'un aphte banal transitoire et à transmettre

Tardifs

Signes tardifs

Altération de l'état général et amaigrissementPerte de poids, baisse de l'appétit et fatigue liées à la maladie et à la gêne à l'alimentation, exposant à la dénutrition : peser, recueillir les apports et transmettre au médecin et au diététicien

Gravité

Signes de gravité

Détresse respiratoire sur bouchon de canule ou décanulationChez le patient trachéotomisé ou laryngectomisé, un bouchon muqueux ou une décanulation accidentelle peut obstruer la voie respiratoire : surveiller la respiration, aspirer, humidifier, disposer du matériel de rechange de canule au lit du patient et alerter sans délai
Dyspnée laryngée obstructiveGêne respiratoire croissante avec bruit inspiratoire (cornage) et tirage sur une tumeur du larynx : surveiller les constantes et la saturation, alerter le médecin sans délai ou déclencher la procédure d'urgence de l'établissement
Saignement des voies aérodigestives supérieuresCrachats sanglants ou saignement buccal ou pharyngé, pouvant être abondant sur une tumeur ulcérée : surveiller les constantes, installer le patient en sécurité et alerter le médecin sans délai

Mécanisme

Une tumeur maligne se développe à partir de la muqueuse des voies aérodigestives supérieures, le plus souvent un carcinome épidermoïde issu du revêtement de la bouche, du pharynx ou du larynx
Le tabac et l'alcool agressent de façon prolongée cette muqueuse ; leur association a un effet synergique qui accélère la transformation cancéreuse
Dans les cancers de l'oropharynx associés au papillomavirus, le virus intervient dans la transformation des cellules, avec un profil de patient et un pronostic distincts
La tumeur s'étend localement (gêne à la voix, à la déglutition, à la respiration) et vers les ganglions du cou, se traduisant par une adénopathie cervicale

Conséquences

Signes ORL unilatéraux et persistants : voix rauque, gêne à avaler, douleur d'oreille sans cause locale, ganglion du cou, lésion buccale qui ne guérit pas
Retentissement sur l'alimentation avec dénutrition fréquente, aggravée par la douleur, la gêne à avaler et les traitements
Après laryngectomie totale : perte de la voix laryngée et trachéostomie définitive, la respiration se faisant alors par le trachéostome
Retentissement psychosocial majeur : altération de l'image corporelle, difficultés de communication, repli social

Évolution

Comme les premiers signes ressemblent à des troubles banals, le diagnostic est souvent posé tardivement, ce qui aggrave le pronostic. La prise en charge associe chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie et thérapies ciblées, souvent en combinaison, décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire. Les formes de l'oropharynx associées au papillomavirus, de meilleur pronostic, contrastent avec les formes classiques liées au tabac et à l'alcool. Les soins de support (nutrition, soins de trachéotomie, communication, réhabilitation de la voix, accompagnement psychosocial) tiennent une place centrale à tous les stades (INCa, Ligue contre le cancer).
Tabac : facteur de risque prédominant, la très grande majorité des personnes atteintes étant fumeuses (Fondation ARC)
Alcool : facteur de risque majeur · retrouvé chez la grande majorité des patients · avec un effet synergique avec le tabac · tous les alcools étant concernés (Ligue contre le cancer)
Association tabac et alcool : effet synergique, le risque étant nettement supérieur à la simple addition des deux facteurs (Ligue contre le cancer)
Papillomavirus (HPV) : cause émergente des cancers de l'oropharynx (amygdale · base de langue) · environ un tiers de ces cancers · chez des patients plus jeunes (Ligue contre le cancer)
Expositions professionnelles : poussières de bois et certains agents chimiques pour les cancers naso-sinusiens (Fondation ARC)
Mauvais état bucco-dentaire et lésions précancéreuses de la muqueuse buccale négligées

Critères diagnostiques

Faisceau clinique évocateur : signe ORL unilatéral et persistant au-delà d'environ trois semaines (dysphonie, dysphagie, otalgie, adénopathie cervicale, lésion buccale) chez un fumeur-buveur
Examen ORL avec nasofibroscopie visualisant la lésion des voies aérodigestives supérieures (INCa)
Panendoscopie des VADS sous anesthésie générale avec biopsies pour confirmation anatomopathologique du carcinome épidermoïde
Bilan d'extension par imagerie (scanner, IRM) précisant l'extension locale, ganglionnaire et à distance
Stratégie et décision thérapeutique arrêtées en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP)

Diagnostic différentiel

Laryngite chronique ou nodule des cordes vocales : dysphonie sur irritation ou surmenage vocal, sans tumeur maligne, mais une dysphonie qui traîne chez un fumeur impose l'examen ORL
Adénopathie cervicale infectieuse ou inflammatoire : ganglion réactionnel d'une infection de voisinage, souvent sensible et régressif, à distinguer d'un ganglion dur et fixé
Aphte banal ou lésion buccale traumatique transitoire : ulcération douloureuse qui cicatrise en quelques jours, contrairement à une lésion qui persiste au-delà de trois semaines
Reflux gastro-oesophagien : gêne pharyngée et raclement de gorge chroniques, sans lésion tumorale à l'examen ORL
Distinction des localisations : cavité buccale, oropharynx souvent associé au papillomavirus, larynx et hypopharynx, chacune ayant une présentation et un pronostic propres

Examens complémentaires

Examen ORL avec nasofibroscopie

Examen clinique de la bouche, du pharynx et du larynx complété par une nasofibroscopie souple, permettant au médecin ORL de visualiser la lésion et de repérer une extension (INCa)L'IDE explique le déroulement de l'examen, installe et rassure le patient, l'accompagne pendant le geste réalisé par le médecin ORL et surveille la tolérance. La visualisation et l'interprétation de la lésion relèvent du médecin ORL, pas de l'IDE.

Panendoscopie des VADS avec biopsies

Endoscopie complète des voies aérodigestives supérieures sous anesthésie générale, avec prélèvements (biopsies) pour analyse anatomopathologique confirmant le carcinome et recherche d'une seconde localisation (INCa, Ligue contre le cancer)L'IDE prépare le patient pour l'anesthésie générale selon la prescription (jeûne, bilan, traitements en cours et anticoagulants signalés), l'accompagne et surveille au réveil la douleur, un saignement, la déglutition et la respiration. Le prélèvement et l'analyse relèvent du médecin ORL et de l'anatomopathologiste.

Imagerie du bilan d'extension (scanner, IRM)

Scanner et IRM de la tête et du cou, complétés selon les cas d'une imagerie thoracique et d'une imagerie métabolique, pour préciser l'extension locale et ganglionnaire et rechercher des localisations à distance (INCa)L'IDE explique l'examen, vérifie les consignes du service (jeûne, fonction rénale et allergies au produit de contraste si injection) et surveille la tolérance après l'injection. Transmet au médecin toute réaction et le compte rendu pour interprétation. La stadification relève du médecin et du radiologue.

Évaluation nutritionnelle et bilan pré-thérapeutique

Poids, indice de masse corporelle, évolution du poids et bilan biologique (dont albumine) évaluant la dénutrition, bilan bucco-dentaire et évaluation générale préparant la décision en réunion de concertation pluridisciplinaire (INCa)L'IDE pèse le patient, recueille l'évolution du poids et les apports, prélève le bilan sur prescription et transmet au médecin et au diététicien. Ces éléments nutritionnels pèsent sur la stratégie ; la décision est arrêtée en réunion de concertation pluridisciplinaire, pas par l'IDE.

Spécialisé

Chirurgie, dont la laryngectomie totaleExérèse de la tumeur selon la localisation, pouvant aller jusqu'à la laryngectomie totale, qui entraîne une trachéostomie définitive et la perte de la voix laryngée, avec un curage ganglionnaire cervical si nécessaire, sur décision de RCP. L'IDE surveille en post-opératoire la respiration et le trachéostome, la douleur, les drains, la déglutition et les signes de complication selon les consignes du service.

Selon le projet chirurgical

Actif

Radiothérapie et chimiothérapieRadiothérapie, chimiothérapie et thérapies ciblées, souvent associées entre elles ou à la chirurgie, sur prescription et décision de RCP. L'IDE administre selon prescription, surveille la tolérance (mucite radique, fatigue, infections, effets indésirables), assure les soins de bouche et transmet toute anomalie ; le choix des protocoles relève du médecin.

Selon le projet thérapeutique

Support

Soins de trachéotomie et de canuleChez le patient trachéotomisé ou laryngectomisé : aspiration trachéale, humidification et réchauffement de l'air, surveillance et changement de canule selon protocole, prévention des bouchons muqueux, sur prescription et protocole. L'IDE dispose du matériel de rechange de canule au lit du patient et surveille la respiration ; chez le laryngectomisé total, la respiration se fait uniquement par le trachéostome.

Tout au long de la prise en charge

Support

Prise en charge nutritionnelleSurveillance du poids et des apports, compléments nutritionnels et nutrition entérale par sonde nasogastrique ou gastrostomie sur prescription en cas de dénutrition ou de gêne majeure à l'alimentation. L'IDE pèse, recueille les apports, administre la nutrition et les soins de bouche selon prescription et oriente vers le diététicien.

Selon les besoins, souvent au long cours

Support

Réhabilitation de la voix et communication alternativeAprès laryngectomie totale, réhabilitation de la voix avec l'orthophoniste (voix oesophagienne, implant phonatoire trachéo-oesophagien, larynx électronique). En attendant, l'IDE met en place une communication alternative (ardoise, pictogrammes, larynx électronique) et associe l'orthophoniste au projet.

À partir de la période post-opératoire et au long cours

Éducation

Sevrage tabagique, sevrage alcoolique et accompagnement psychosocialAccompagnement du sevrage tabagique et alcoolique, soutien de l'image corporelle et du vécu psychologique après perte de la voix et trachéostomie, en lien avec le médecin. L'IDE évalue les consommations, sensibilise au sevrage, oriente vers l'addictologie et le psychologue sur prescription et trace l'accompagnement réalisé.

À tous les stades de la maladie

Détresse respiratoire sur la voie aérienne

Chez le patient trachéotomisé ou laryngectomisé, un bouchon muqueux ou une décanulation accidentelle peut obstruer la voie respiratoire ; une tumeur laryngée peut aussi provoquer une dyspnée obstructive. Le risque vital impose une surveillance rapprochée.

Prévention

Assurer l'humidification et l'aspiration, prévenir les bouchons, disposer du matériel de rechange de canule au lit du patient, surveiller la respiration et la saturation et alerter sans délai. Se rappeler que le laryngectomisé total respire uniquement par le trachéostome.

Signes d'alerte

Gêne respiratoire ou encombrement croissant · Sécrétions épaisses ou croûteuses au trachéostome · Saturation qui baisse ou tirage

Dénutrition

La gêne à avaler, la douleur, la mucite radique et la maladie exposent à une dénutrition fréquente, qui altère l'état général, la cicatrisation et la tolérance des traitements et aggrave le pronostic.

Prévention

Peser régulièrement, recueillir les apports, administrer compléments et nutrition entérale selon prescription, adapter les textures, assurer les soins de bouche et orienter vers le diététicien ; transmettre au médecin toute perte de poids qui se poursuit.

Signes d'alerte

Perte de poids qui se poursuit · Baisse des apports ou fausses routes · Fonte musculaire et fatigue croissante

Mucite radique et complications de la radiothérapie

La radiothérapie des voies aérodigestives supérieures provoque une inflammation douloureuse de la muqueuse (mucite), une sécheresse buccale (xérostomie) et des complications bucco-dentaires, qui retentissent fortement sur l'alimentation et la qualité de vie.

Prévention

Assurer des soins de bouche réguliers, évaluer la douleur, maintenir l'hydratation et l'hygiène buccale, surveiller l'alimentation et transmettre au médecin pour adaptation antalgique et prise en charge de la sécheresse buccale.

Signes d'alerte

Douleur et rougeur de la muqueuse buccale · Bouche sèche gênant la déglutition · Baisse des apports liée à la douleur

Retentissement psychosocial et perte de la voix

La laryngectomie totale entraîne la perte de la voix laryngée et une trachéostomie définitive, avec un retentissement majeur sur la communication, l'image corporelle et la vie sociale, source d'isolement et de souffrance psychologique.

Prévention

Mettre en place une communication alternative, associer l'orthophoniste à la réhabilitation de la voix, soutenir le vécu du patient et de l'entourage, orienter vers le psychologue et tracer l'accompagnement réalisé.

Signes d'alerte

Repli, tristesse ou refus de communiquer · Difficultés à se faire comprendre · Isolement et perte des activités sociales

Repérer et signaler les signes d'alerte : expliquer au patient et à l'entourage d'informer l'équipe devant une voix rauque, une gêne à avaler, une douleur d'oreille, un ganglion du cou ou une lésion de la bouche qui persistent au-delà de trois semaines
Comprendre le sevrage tabagique et alcoolique : reformuler avec le patient que l'arrêt du tabac et de l'alcool réduit le risque de récidive et de second cancer, et présenter l'accompagnement possible avec le médecin et l'addictologie
Comprendre les soins de trachéotomie : expliquer au patient et à l'entourage l'aspiration, l'humidification et l'entretien de la canule, et l'importance d'avoir toujours le matériel de rechange à portée de main
Comprendre la communication après perte de la voix : présenter les moyens de communication alternatifs (ardoise, pictogrammes, larynx électronique) et le travail avec l'orthophoniste pour la réhabilitation de la voix
Comprendre la prise en charge nutritionnelle : expliquer l'intérêt de fractionner et d'adapter les repas, de prendre les compléments ou la nutrition entérale prescrits et de signaler les fausses routes ou une gêne à avaler
Comprendre le parcours pluridisciplinaire : expliquer que la stratégie est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire et présenter les interlocuteurs (médecin ORL, oncologue, diététicien, orthophoniste, psychologue)

Surveillance prioritaire

Respiration et trachéostome (patient trachéotomisé ou laryngectomisé)

Surveillance régulière selon protocole et à chaque soin de canule, matériel de rechange de canule au lit du patient · Respiration calme, trachéostome propre et perméable, saturation en oxygène suivie et comparée ; toute gêne respiratoire, tout encombrement ou toute anomalie de la canule est transmis sans attendre. Chez le laryngectomisé total, l'oxygénation et une éventuelle ventilation se font par le trachéostome, non par le nez ni la bouche

Alerte

Détresse respiratoire, tirage ou saturation qui chute sur bouchon muqueux ou décanulation : aspirer, humidifier et alerter sans délai avec la canule de rechange prêteSécrétions abondantes, croûteuses ou sanglantes au trachéostome : recueillir l'aspect et transmettre au médecinRougeur, douleur ou écoulement autour du trachéostome évoquant une infection locale : transmettre au médecin

État nutritionnel

Pesée régulière selon protocole et recueil des apports à chaque repas ou à chaque administration de nutrition entérale · Poids tracé et comparé aux valeurs précédentes, apports suffisants, compléments et nutrition entérale pris selon prescription ; une perte de poids qui se poursuit est transmise au médecin et au diététicien

Alerte

Amaigrissement rapide ou baisse marquée des apports : transmettre au médecin et au diététicienFausses routes, toux à la déglutition ou refus alimentaire : recueillir et transmettre, adapter les textures sur prescriptionIntolérance à la nutrition entérale (nausées, diarrhée, sonde bouchée ou déplacée) : surveiller et transmettre au médecin

Mucite radique et état bucco-dentaire

À chaque évaluation clinique pendant et après la radiothérapie, avec soins de bouche réguliers · État de la muqueuse buccale suivi et comparé, douleur évaluée avec une échelle adaptée, hydratation et hygiène buccale maintenues ; une mucite douloureuse retentissant sur l'alimentation est transmise au médecin pour adaptation antalgique

Alerte

Mucite douloureuse empêchant de s'alimenter ou de boire : évaluer la douleur et transmettre au médecin pour réévaluation antalgiqueBouche très sèche (xérostomie) gênant la déglutition et la parole : transmettre au médecin et adapter les soins de boucheSignes d'infection buccale (dépôts, douleur, fièvre) : recueillir et transmettre au médecin

Rôle IDE détaillé

Repérer un signe ORL unilatéral et persistant chez un fumeur-buveur : dysphonie, dysphagie, otalgie, adénopathie cervicale ou lésion buccale qui ne guérit pas, à recueillir et transmettre au médecin sans le banaliser
Évaluer l'état nutritionnel : poids, évolution du poids, apports, gêne à avaler et fausses routes
Évaluer chez le patient trachéotomisé ou laryngectomisé la respiration, l'état du trachéostome et l'encombrement, avec le matériel de rechange de canule à disposition
Évaluer le vécu psychologique, les difficultés de communication et le retentissement social, ainsi que les consommations de tabac et d'alcool

Références

Cancers des voies aérodigestives supérieures : du diagnostic au suivi · Institut national du cancer · 2024

Cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS) · Ligue contre le cancer · 2024

Quelles sont les causes connues du cancer des voies aérodigestives supérieures ? · Fondation ARC pour la recherche sur le cancer · 2024

Les cancers des voies aérodigestives supérieures (ORL) · Fondation ARC pour la recherche sur le cancer · 2024

Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.