Coma
État d'inconscience prolongée avec Glasgow inférieur ou égal à 8, urgence diagnostique et thérapeutique nécessitant la réanimation
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Le coma est un symptôme transversal sans registre national dédié : l'incidence est rapportée à travers les pathologies causales (environ 155 000 AVC par an selon la SFNV, 46 000 arrêts cardiaques extrahospitaliers par an selon le registre ReAC, auxquels s'ajoutent les traumatismes crâniens graves, les intoxications aiguës et les étiologies métaboliques).
- Âge typique
- Tous âges : coma traumatique majoritaire chez l'adulte jeune, coma vasculaire et métabolique plus fréquent après 60 ans, coma toxique sur tout l'âge adulte.
- Mortalité
- Pronostic très variable selon la cause : souvent favorable si la cause métabolique est identifiée et corrigée précocement (hypoglycémie), réservé pour les comas anoxiques post-arrêt cardiaque et les traumatismes crâniens graves. La précocité de la reconnaissance et de la mise en condition conditionne directement le pronostic neurologique.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Trois trajectoires possibles : récupération progressive de la conscience (jours à semaines), état végétatif persistant (éveil sans conscience au-delà de 1 mois, pronostic très réservé), ou mort encéphalique (abolition de toute activité cérébrale).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Glycémie capillaire immédiate
Hypoglycémie inférieure à 0,70 g/L (3,9 mmol/L) (cause réversible fréquente). Hyperglycémie importante isolée orientant vers une complication métabolique : rechercher cétonémie ou cétonurie et acidose sur prescription pour préciser l'acidocétoseRéaliser en priorité au lit du patient ; alerter immédiatement le médecin en cas d'hypoglycémie et préparer le resucrage IV selon la prescription ou le protocole du serviceScanner cérébral sans injection
Hémorragie, infarctus étendu, effet de masse, oedème cérébral, engagementPréparer le patient et assurer la surveillance scope pendant le transport ; transmettre les résultats au médecinBilan biologique complet
Ionogramme (Na, K, Ca), urée, créatinine, bilan hépatique, gaz du sang, NFS, CRPPrélever sur prescription médicale en urgence ; alerter le médecin si hyponatrémie inférieure à 120 mmol/L ou acidose sévèreToxicologie urinaire et sanguine
Benzodiazépines, opioïdes, antidépresseurs tricycliques, alcoolémie, paracétamol, monoxyde de carbonePrélever sur prescription médicale ; transmettre les résultats au médecin pour orientation étiologiqueSupport
Mise en condition initialePLS si Glasgow supérieur à 8, aspiration oropharyngée, oxygénothérapie selon prescription. L'IDE protège les voies aériennes, surveille et prépare l'intubation sur décision médicale si Glasgow inférieur ou égal à 8. Poser deux VVP gros calibre.Immédiat, dès la prise en charge
Actif
Resucrage IV d'urgenceAdministrer le resucrage IV selon la prescription ou le protocole du service en cas d'hypoglycémie confirmée. Poursuivre la surveillance glycémique rapprochée jusqu'à normalisation.Selon prescription ou protocole du service, avec surveillance glycémique rapprochée
Actif
Antidotes spécifiques sur prescriptionPréparer et administrer l'antidote sur prescription médicale selon l'orientation étiologique : naloxone si suspicion d'opioïdes, flumazénil si suspicion de benzodiazépines sans co-intoxication pro-convulsivante, hydroxocobalamine si suspicion d'intoxication au cyanure (fumées d'incendie). Oxygénothérapie pour intoxication au monoxyde de carbone, sur décision médicale.Selon contexte clinique et toxicologique
Actif
Traitement anti-HTICOsmothérapie sur prescription médicale pour réduction de l'HTIC. L'IDE installe le patient tête surélevée à 30 degrés, position neutre, et surveille la tolérance.En urgence si mydriase ou signes d'engagement
Actif
Antibiothérapie et antivirauxAdministrer l'antibiothérapie et les antiviraux sur prescription médicale en urgence si cause infectieuse suspectée. L'IDE surveille la tolérance et les paramètres vitaux.Selon prescription médicale
Spécialisé
Évacuation neurochirurgicale ou DVESur décision neurochirurgicale. L'IDE prépare le patient, le dossier et le transfert au bloc opératoire.Urgence selon indication médicale
Support
Nursing et prévention de décubitusChangements de position toutes les 2-4 h, soins de bouche et des yeux, matelas à air alterné, protections talonnières. HBPM sur prescription, bas de contention, nutrition entérale précoce.Pendant toute la durée du coma
Pneumopathie d'inhalation
Inhalation du contenu gastrique par perte des réflexes protecteurs des voies aériennes. Complication fréquente et principale cause de morbi-mortalité précoce.Prévention
Aspirer l'oropharynx, installer en proclive 30-45 degrés, poser la SNG sur prescription ; alerter le médecin si Glasgow inférieur ou égal à 8 persistantSignes d'alerte
Encombrement bronchique, crépitants aux bases · Fièvre apparaissant dans les premiers jours · Dégradation de la SpO2
Escarres
Nécrose cutanée par pression prolongée aux points d'appui (sacrum, talons, occiput, trochanters). Complication très fréquente chez le patient comateux.Prévention
Changements de position toutes les 2-4 h, matelas à air alterné ou à air, nursing cutané, protections talonnières, nutrition adaptéeSignes d'alerte
Rougeur persistante après mobilisation (stade 1) · Phlyctène ou désépidermisation (stade 2) · Perte de substance jusqu'au derme (stade 3)
TVP et embolie pulmonaire
Thrombose veineuse profonde des membres inférieurs par immobilité totale. Risque d'embolie pulmonaire potentiellement mortelle.Prévention
Administrer l'HBPM sur prescription médicale, mettre en place les bas de contention, assurer la mobilisation passive et l'hydratation correcteSignes d'alerte
Oedème unilatéral du mollet asymétrique · Ballottement du mollet positif · Dyspnée brutale + désaturation (embolie pulmonaire)
État végétatif persistant
Ouverture des yeux spontanée et cycles veille-sommeil mais absence de conscience. Pronostic très réservé si persistance au-delà d'un mois.Prévention
Assurer la stimulation sensorielle précoce (voix familières, stimulation tactile) ; coordonner avec le kinésithérapeute pour la mobilisation passive dès les premiers joursSignes d'alerte
Ouverture des yeux spontanée mais regard vague · Aucune réponse aux ordres simples · Absence de poursuite visuelle ou de fixation
Surveillance prioritaire
Score de Glasgow (GCS)
Toutes les heures minimum, toutes les 15 min si instable · Glasgow noté sur 15 (ouverture des yeux 1 à 4, réponse verbale 1 à 5, réponse motrice 1 à 6), stabilité ou progression documentée à chaque évaluation, aucune baisse de 2 points ou plus entre deux mesures
Alerte
Pupilles et réflexes protecteurs observables
Toutes les 2 à 4 heures, à chaque évaluation du Glasgow · Pupilles de taille normale, symétriques et réactives à la lumière (photomoteur), réflexe de toux présent à l'aspiration, aucune fuite buccale aux soins
Alerte
Paramètres vitaux
Scope continu (PA, FC, SpO2, FR), température horaire · PAM supérieure à 65 mmHg, SpO2 supérieure à 94 %, FC 60 à 100/min, température 36 à 37 °C, diurèse supérieure à 0,5 mL/kg/h
Alerte
Prévention des complications de décubitus
Changements de position toutes les 2 à 4 heures, nursing complet quotidien, surveillance cutanée à chaque mobilisation · Score de Braden tracé selon le protocole, peau intacte sans érythème persistant aux points d'appui, périmètre des mollets symétrique ou écart documenté inférieur au seuil d'alerte du service
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Prise en charge des intoxications médicamenteuses et par drogues récréatives (RFE SRLF-SFMU-STC-GFRUP) · SRLF · 2020
Prise en charge des états de mal épileptiques en préhospitalier, structure d'urgence et réanimation (RFE SRLF-SFMU-GFRUP) · SRLF · 2018
Guide du parcours de santé : Accident vasculaire cérébral de l'adulte · HAS · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.