Diabète gestationnel

Trouble de la tolérance au glucose révélé pendant la grossesse, le plus souvent dans sa seconde moitié. Dépisté chez les femmes à risque, il se traite par l’alimentation, l’activité physique et l’autosurveillance glycémique, puis par l’insuline si besoin.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance au glucose qui commence pendant la grossesse ou y est reconnu pour la première fois : il recouvre une intolérance apparue en cours de grossesse, qui disparaît au moins un temps après l’accouchement, et parfois un diabète de type 2 jusque-là méconnu. Chez les femmes à risque, le diagnostic repose sur une glycémie à jeun en début de grossesse puis une HGPO 75 g entre 24 et 28 SA. L’IDE éduque à l’autosurveillance, administre l’insuline prescrite en hospitalisation ou éduque à l’auto-injection, et transmet les valeurs hors cible.
Prévalence
Dans leurs recommandations de 2010, le CNGOF et la SFD estimaient la prévalence du DG entre 2 et 6 % avec les modalités de dépistage d’alors, en précisant qu’elle pouvait être nettement plus élevée dans certaines populations et qu’elle tendait à augmenter ; le même texte adopte de nouveaux seuils diagnostiques, ceux de l’IADPSG (CNGOF et SFD 2010). Ce chiffre, antérieur à ces seuils, ne se transpose donc pas au dépistage actuel.
Âge typique
Le DG se déclare le plus souvent à la fin du 2e trimestre (Inserm 2025). L’âge maternel compte parmi les principaux facteurs de risque, et 35 ans ou plus suffit à faire proposer le dépistage (CNGOF et SFD 2010).
Mortalité
Les complications périnatales propres au DG sont rares, mais plus fréquentes quand un diabète de type 2 méconnu se cache derrière le diagnostic ; le DG n’expose pas à davantage d’asphyxie néonatale ni de décès périnatal (CNGOF et SFD 2010).

Précoces

Signes précoces

Découverte par le dépistageLe diagnostic vient du dépistage biologique proposé aux femmes à risque : glycémie à jeun dès la 1re consultation prénatale, puis HGPO 75 g entre 24 et 28 SA si le diagnostic n’a pas été posé avant (CNGOF et SFD 2010).
Glycémie à jeun élevée en début de grossesseChez une femme à risque, 0,92 g/L à jeun est le seuil proposé pour retenir un DG dès le 1er trimestre, et 1,26 g/L ou plus fait retenir un diabète de type 2 ; la pertinence du seuil de 0,92 g/L n’a toutefois pas été évaluée à ce terme (CNGOF et SFD 2010).
Glycosurie à la bandelette urinaireElle ne pose pas le diagnostic : la recherche de glucose dans les urines ne fait pas partie des méthodes recommandées pour le DG (CNGOF et SFD 2010). L’IDE transmet la glycosurie relevée au médecin ou à la sage-femme, sans l’interpréter.

Évolutifs

Signes évolutifs

Glycémies au-dessus des objectifsGlycémies à jeun de 0,95 g/L ou plus, ou de 1,20 g/L ou plus deux heures après les repas, qui persistent après 7 à 10 jours de mesures hygiéno-diététiques : l’insuline doit alors être envisagée (CNGOF et SFD 2010).
Retentissement psychologiqueL’annonce du diagnostic peut entraîner une anxiété et une altération de l’image de soi (CNGOF et SFD 2010), que l’IDE repère au fil des consultations.

Tardifs

Signes tardifs

Biométries fœtales élevées ou hydramniosÀ l’échographie, des biométries fœtales au-delà du 97e percentile ou un hydramnios font rechercher un DG, y compris chez une femme sans facteur de risque (CNGOF et SFD 2010).

Gravité

Signes de gravité

Signes de pré-éclampsieLe DG augmente le risque de pré-éclampsie (CNGOF et SFD 2010). La pré-éclampsie associe après 20 SA une pression systolique d’au moins 140 mmHg et/ou diastolique d’au moins 90 mmHg et une protéinurie d’au moins 0,3 g/24 h ; parmi les critères qui la font dire sévère figurent des céphalées sévères qui ne cèdent pas au traitement, des troubles visuels ou auditifs persistants et une douleur « en barre » de l’épigastre ou de l’hypochondre droit, intense ou qui persiste (SFAR et CNGOF 2022). L’IDE n’attend pas ces critères pour agir : toute céphalée inhabituelle, tout trouble visuel ou toute douleur épigastrique se transmet au médecin.
Diminution des mouvements fœtauxUne baisse des mouvements perçue par la patiente est un point d’appel qui nécessite une évaluation : vérifier l’activité cardiaque fœtale, puis enregistrement du rythme cardiaque fœtal et/ou échographie (CNGOF 2024). Le même consensus recommande en revanche de ne pas inciter les femmes à compter les mouvements actifs du fœtus dans le but de diminuer le risque de mort fœtale (CNGOF 2024).

Mécanisme

La grossesse induit une insulinorésistance liée aux sécrétions du placenta, qui disparaît dès l’accouchement ; le CNGOF et la SFD la décrivent à propos du diabète antérieur à la grossesse (CNGOF-SFD 2026).
Entre 24 et 28 SA, la tolérance au glucose se dégrade : c’est la période retenue pour l’HGPO (CNGOF et SFD 2010).
Les complications augmentent de façon continue avec la glycémie maternelle : les seuils de l’HGPO correspondent aux valeurs associées, dans l’étude HAPO, à un risque majoré de 75 % pour la macrosomie, l’hyperinsulinisme et l’adiposité du fœtus (CNGOF et SFD 2010).

Conséquences

Hyperglycémie maternelle de sévérité variable, que le dépistage biologique permet de repérer (CNGOF et SFD 2010)
Risque accru de pré-éclampsie et de césarienne, d’autant plus marqué que l’hyperglycémie initiale est forte, et majoré par le surpoids ou l’obésité (CNGOF et SFD 2010)
Macrosomie fœtale, principale conséquence néonatale démontrée du DG et premier facteur des complications rapportées (CNGOF et SFD 2010)
Hypoglycémie néonatale : avec un DG, le risque de forme sévère reste faible, mais la macrosomie rend l’hypoglycémie plus probable (CNGOF et SFD 2010)

Évolution

L’intolérance apparue pendant la grossesse disparaît, au moins pour un temps, après l’accouchement, et la normalisation des glycémies sans traitement se vérifie dans le post-partum immédiat (CNGOF et SFD 2010) ; l’Inserm écrit que le DG disparaît en général à la fin de la grossesse (Inserm 2025). Le DG reste un marqueur de risque : il multiplie par 7 le risque ultérieur de diabète de type 2, un risque qui grandit au fil des années et dure au moins 25 ans, d’où un dépistage régulier après la grossesse (CNGOF et SFD 2010).
Âge maternel de 35 ans ou plus, l’un des critères qui font proposer le dépistage (CNGOF et SFD 2010)
Surpoids ou obésité : un IMC d’au moins 25 kg/m² suffit à indiquer le dépistage (CNGOF et SFD 2010)
Antécédent personnel de DG : le risque de récidive varie · selon les études · de 30 à 84 % (CNGOF et SFD 2010)
Antécédent d’enfant macrosome, pesant plus de 4 kg à sa naissance (CNGOF et SFD 2010 ; Inserm 2025)
Diabète chez un parent, un frère ou une sœur, autre critère de dépistage (CNGOF et SFD 2010)
Origine ethnique et syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : facteurs de risque reconnus, mais qui ne figurent pas parmi les critères faisant proposer le dépistage (CNGOF et SFD 2010)
Multiparité, grossesse multiple, niveau socio-économique et prise de poids pendant la grossesse n’apparaissent pas comme des facteurs de risque indépendants (CNGOF et SFD 2010)

Critères diagnostiques

Dépistage ciblé en présence d’au moins un critère : âge de 35 ans ou plus, IMC d’au moins 25 kg/m², diabète chez un apparenté du 1er degré, antécédent personnel de DG ou d’enfant macrosome ; sans aucun de ces critères, les arguments manquent pour un dépistage systématique et la décision se prend au cas par cas, après information (CNGOF et SFD 2010)
HGPO 75 g entre 24 et 28 SA : un seul seuil atteint suffit (T0 supérieur ou égal à 0,92 g/L, ou H1 supérieur ou égal à 1,80 g/L, ou H2 supérieur ou égal à 1,53 g/L) (CNGOF et SFD 2010)
Glycémie à jeun du 1er trimestre chez une femme à risque : 0,92 g/L ou plus oriente vers un DG, 1,26 g/L ou plus vers un diabète de type 2 (CNGOF et SFD 2010)
Diagnostic posé par le médecin ou la sage-femme, l’IDE recueillant les paramètres sans qualifier elle-même la situation

Diagnostic différentiel

Diabète de type 2 méconnu révélé par la grossesse, qui persiste après l’accouchement : environ 15 % des DG seraient des diabètes de type 2 méconnus (CNGOF et SFD 2010)
Diabète de type 1 : il ne paraît pas plus fréquent à la suite d’un DG, mais un DG peut le révéler (CNGOF et SFD 2010)
Hyperglycémie liée à une corticothérapie anténatale ou à un tocolytique bêta-mimétique, qui imposent une surveillance glycémique ; lorsqu’un dépistage du DG est prévu, on attend plusieurs jours après l’ultime injection de glucocorticoïdes (CNGOF et SFD 2010)

Examens complémentaires

HGPO 75 g entre 24 et 28 SA

Méthode retenue par accord professionnel. Une seule valeur atteinte suffit au diagnostic médical : glycémie d’au moins 0,92 g/L à jeun, ou d’au moins 1,80 g/L à H1, ou d’au moins 1,53 g/L à H2 (CNGOF et SFD 2010).Sur prescription, l’IDE prélève la glycémie à jeun, fait boire la solution de 75 g de glucose, puis prélève à 1 heure et à 2 heures ; aucun régime n’est nécessaire avant le test (CNGOF et SFD 2010). L’IDE transmet les résultats au médecin ou à la sage-femme, qui posent le diagnostic.

Glycémie capillaire (autosurveillance)

À jeun, l’objectif validé est une glycémie sous 0,95 g/L. Après les repas, aucune donnée ne permet de choisir entre une mesure à 1 heure et à 2 heures ; le seuil conseillé est de 1,20 g/L à 2 heures (CNGOF et SFD 2010).L’IDE éduque à la technique de mesure, vérifie que le lecteur est étalonné selon les procédures en vigueur, contrôle la tenue du carnet et transmet la tendance au médecin. Elle alerte sur toute valeur hors cible répétée ou sur des hypoglycémies sous insuline.

Surveillance fœtale (échographie et RCF)

DG équilibré, sans autre pathologie : pas d’argument pour un suivi différent des autres grossesses ; une échographie en plus peut être proposée en fin de grossesse. L’intérêt du RCF n’est pas démontré si le DG est bien équilibré ; il se discute s’il est mal équilibré (CNGOF et SFD 2010).L’IDE coordonne les rendez-vous avec la sage-femme et l’obstétricien, installe la patiente pour l’enregistrement du RCF s’il est prescrit et signale toute baisse des mouvements fœtaux ou tout tracé inhabituel.

Dépistage du diabète de type 2 après la grossesse

Recommandé à la consultation postnatale, puis avant toute nouvelle grossesse et ensuite tous les un à trois ans suivant le niveau de risque, sur 25 ans au moins ; par glycémie à jeun ou par HGPO, plus sensible. Ni l’allaitement ni la contraception ne sont des raisons de reporter ces tests (CNGOF et SFD 2010).L’IDE rappelle l’importance de ce dépistage avant la sortie de maternité et lors des consultations postnatales, et trace dans le dossier l’information donnée à la patiente.

Support

Mesures hygiéno-diététiques en première intentionAssociant diététique, autosurveillance et insuline si besoin, le traitement réduit les complications périnatales sévères, la macrosomie et la pré-éclampsie par rapport à l’abstention, sans hausse des césariennes, et diminue les dépressions du post-partum (CNGOF et SFD 2010). La diététique est le pilier du traitement : apport calorique fixé individuellement, glucides répartis en trois repas complétés de deux à trois collations, aliments à index glycémique bas et fibres possiblement utiles ; en cas d’obésité, une restriction calorique ne descend pas sous 1 600 kcal par jour. Activité physique régulière, sauf contre-indication obstétricale : une demi-heure environ, trois à cinq fois par semaine (CNGOF et SFD 2010). L’IDE oriente vers la diététicienne et soutient la mise en place quotidienne du plan alimentaire.

Socle continu pendant toute la grossesse

Actif

Insulinothérapie sur prescriptionEnvisagée par le médecin si, après 7 à 10 jours de MHD, les glycémies restent au-dessus des objectifs, avec un schéma adapté aux profils glycémiques ; les données sont rassurantes pour les analogues rapides lispro et aspart, et la NPH est à privilégier si une insuline lente est nécessaire (CNGOF et SFD 2010). En 2010, les antidiabétiques oraux, alors sans AMM pendant la grossesse, n’étaient pas recommandés (CNGOF et SFD 2010). L’IDE administre l’insuline prescrite en hospitalisation ; en ambulatoire, elle éduque à l’auto-injection (zones, rotation, conservation), vérifie la technique et transmet les glycémies au médecin pour adaptation des doses.

Selon l’équilibre glycémique ; une insulinothérapie systématique pendant le travail n’est pas recommandée, car elle peut provoquer une hypoglycémie maternelle (CNGOF et SFD 2010)

Éducation

Éducation à l’autosurveillance glycémiqueApprentissage du lecteur de glycémie, de la mesure capillaire 4 à 6 fois par jour (au minimum une mesure à jeun, et des mesures deux heures après les repas, en fonction du traitement, régime ou insuline, et de l’équilibre atteint), du carnet de suivi et de la conduite à tenir devant les valeurs hors cible ; l’autosurveillance est maintenue jusqu’au post-partum immédiat (CNGOF et SFD 2010). L’IDE valide la reformulation par la patiente avant la sortie ou en consultation infirmière.

Initial à l’annonce du diagnostic, puis renforcement à chaque consultation

Support

Surveillance obstétricale adaptée à l’équilibreDG équilibré, sans autre pathologie : suivi identique à celui des autres grossesses. Obésité, mauvais équilibre glycémique ou HTA chronique peuvent justifier de surveiller pression artérielle et protéinurie plus souvent qu’au suivi mensuel, en raison du risque de pré-éclampsie (CNGOF et SFD 2010). L’IDE coordonne les rendez-vous avec la sage-femme et l’obstétricien et accompagne la patiente lors des examens.

Pendant toute la grossesse jusqu’à l’accouchement

Éducation

Préparation du post-partum et suivi à long termeInformation sur la disparition du diabète, au moins pour un temps, après l’accouchement, sur le dépistage du diabète de type 2 dès la consultation postnatale et ensuite tous les un à trois ans, sur le risque de récidive lors d’une nouvelle grossesse et sur la programmation des grossesses suivantes (CNGOF et SFD 2010). L’IDE remet les consignes écrites avant la sortie de maternité.

Entretien éducatif avant la sortie et lors du suivi postnatal

Macrosomie fœtale

Poids de naissance supérieur à 4 kg chez un enfant né à terme (Inserm 2025). Principale conséquence néonatale démontrée du DG, elle est le premier facteur des complications rapportées. Sur les traumatismes, le texte tient deux positions : il qualifie de rares les traumatismes obstétricaux et atteintes du plexus brachial, sans hausse formellement démontrée avec un DG ; il invoque pourtant un risque majoré de dystocie des épaules, mais aussi de paralysie du plexus brachial, pour juger raisonnable (grade C) de proposer une césarienne au-delà d’un poids fœtal estimé de 4 250 ou 4 500 g, les données ne permettant pas de choisir entre ces deux seuils, après information de la patiente (CNGOF et SFD 2010).

Prévention

Soutenir l’équilibre glycémique selon prescription, accompagner la patiente dans la mise en place des MHD et de l’insulinothérapie. Coordonner les échographies prescrites et transmettre toute suspicion de macrosomie au médecin.

Signes d'alerte

Biométries fœtales élevées à l’échographie, sachant que l’estimation du poids fœtal reste peu performante (CNGOF et SFD 2010) · Hydramnios à l’échographie (CNGOF et SFD 2010)

Hypoglycémie néonatale

Le risque de forme sévère reste faible avec un DG, et la macrosomie l’augmente. Si la mère était sous régime seul et que le poids de naissance se situe entre le 10e et le 90e percentile, aucune surveillance glycémique systématique n’est indiquée ; elle est recommandée si la mère était traitée par insuline ou si le poids de naissance est sous le 10e ou au-dessus du 90e percentile. Un protocole propre à la maternité est recommandé (CNGOF et SFD 2010).

Prévention

Nourrir le nouveau-né le plus tôt possible, vers 30 minutes de vie, puis au moins toutes les 2 à 3 heures. Quand la surveillance est indiquée et sans signe clinique, la première glycémie se fait après la 1re tétée, juste avant la 2e ; une hypoglycémie dépistée à la bandelette se confirme par un dosage au laboratoire (CNGOF et SFD 2010).

Signes d'alerte

Signes cliniques chez le nouveau-né : leur présence fait avancer le contrôle de la glycémie (CNGOF et SFD 2010) · Hypoglycémie dépistée à la bandelette, à confirmer par un dosage au laboratoire (CNGOF et SFD 2010)

Pré-éclampsie

Pression systolique d’au moins 140 mmHg et/ou diastolique d’au moins 90 mmHg avec protéinurie après 20 SA (SFAR et CNGOF 2022). Son risque est accru en cas de DG, d’autant plus que l’hyperglycémie initiale est forte (CNGOF et SFD 2010).

Prévention

Mesure de la pression artérielle et recherche de protéinurie à chaque consultation, plus souvent en cas d’obésité, de mauvais équilibre glycémique ou d’HTA chronique (CNGOF et SFD 2010) ; transmission de toute anomalie au médecin pour évaluation conjointe.

Signes d'alerte

Hausse de la tension artérielle à plusieurs reprises · Céphalée inhabituelle ou trouble visuel, à transmettre ; des céphalées sévères qui ne cèdent pas au traitement et des troubles visuels ou auditifs persistants sont des critères de sévérité (SFAR et CNGOF 2022) · Œdèmes massifs avec prise de poids brutale (Inserm 2024)

Diabète de type 2 ultérieur maternel

Le DG multiplie par 7 le risque ultérieur de diabète de type 2 ; le surpoids, un DG diagnostiqué avant 24 SA, des glycémies élevées à l’HGPO diagnostique et le recours à l’insuline l’augmentent, tandis que le poids des antécédents familiaux reste mal évalué (CNGOF et SFD 2010).

Prévention

Dépistage à la consultation postnatale, avant toute nouvelle grossesse, et ensuite tous les un à trois ans (CNGOF et SFD 2010). Encourager durablement à bouger chaque jour 30 à 60 minutes, au minimum cinq jours sur sept, à manger équilibré et à arrêter le tabac (CNGOF et SFD 2010). Chez les femmes en surpoids ou obèses qui gardent des troubles mineurs de la glycorégulation, le changement de mode de vie ou la metformine divisent par deux le risque de diabète de type 2, la metformine n’ayant pas alors d’AMM en France pour cet usage (CNGOF et SFD 2010).

Signes d'alerte

Glycémie à jeun anormale au dépistage du post-partum · Persistance d’une surcharge pondérale après la grossesse (CNGOF et SFD 2010)

Expliquer simplement que le diabète gestationnel est un trouble de la régulation du sucre apparu pendant la grossesse, qui disparaît en général à la fin de la grossesse (Inserm 2025), au moins pour un temps (CNGOF et SFD 2010).
Accompagner la mise en place des mesures alimentaires en lien avec la diététicienne : glucides répartis en trois repas complétés de deux à trois collations, aliments à index glycémique bas, activité physique régulière si aucune contre-indication obstétricale ne s’y oppose (CNGOF et SFD 2010).
Apprendre la technique de mesure de la glycémie capillaire, la fréquence prescrite et la tenue du carnet, en validant la reformulation par la patiente avant la sortie.
Présenter les signes d’alerte qui imposent de contacter rapidement la maternité : céphalées persistantes, troubles visuels, douleur en barre épigastrique, diminution des mouvements du bébé, hypoglycémies répétées sous insuline.
Préparer le post-partum : normalisation des glycémies à vérifier après l’accouchement, autosurveillance maintenue jusqu’au post-partum immédiat, dépistage du diabète de type 2 à la consultation postnatale, surveillance glycémique du nouveau-né quand elle est indiquée (CNGOF et SFD 2010).
Informer sur le risque de récidive lors d’une prochaine grossesse, sur l’intérêt de la programmer et sur la nécessité d’un dépistage glycémique au long cours, avec une activité physique régulière et une alimentation équilibrée (CNGOF et SFD 2010).

Surveillance prioritaire

Glycémies capillaires et carnet d’autosurveillance

4 à 6 mesures par jour, dont au minimum une à jeun, et des mesures deux heures après les repas, ajustées au traitement et à l’équilibre obtenu (CNGOF et SFD 2010) · Objectifs : moins de 0,95 g/L à jeun, et 1,20 g/L à 2 heures après les repas comme seuil conseillé (CNGOF et SFD 2010). L’IDE relève la tendance sur le carnet, transmet au médecin et alerte sur les valeurs répétées hors cible ou sur les hypoglycémies sous insuline.

Alerte

Valeurs à jeun ou post-prandiales répétées hors cible : transmettre au médecin pour adaptation diététique ou introduction d’insulineMalaise évoquant une hypoglycémie sous insuline : contrôler la glycémie capillaire et prévenir le médecinCarnet incomplet ou mal tenu : reprendre l’éducation à la mesure et au remplissage du carnet

Pression artérielle et signes de pré-éclampsie

À chaque consultation ; obésité, mauvais équilibre glycémique ou HTA chronique peuvent justifier des mesures plus fréquentes qu’au suivi mensuel (CNGOF et SFD 2010) · Pression artérielle stable par rapport au suivi habituel. La pré-éclampsie se définit, après 20 SA, par une pression systolique d’au moins 140 mmHg et/ou diastolique d’au moins 90 mmHg avec une protéinurie d’au moins 0,3 g/24 h (SFAR et CNGOF 2022). L’IDE transmet une pression qui monte ou un symptôme nouveau, même s’il ne répond à aucune définition.

Alerte

Hausse persistante de la tension artérielle : transmettre au médecin pour évaluation conjointeCéphalée inhabituelle, trouble visuel ou douleur épigastrique : alerter le médecin sans délai. Sous une forme sévère ou persistante, ces signes comptent parmi les critères de pré-éclampsie sévère (SFAR et CNGOF 2022)Œdèmes massifs avec prise de poids brutale, de plusieurs kilos en quelques jours, signes possibles de pré-éclampsie (Inserm 2024) : transmettre au médecin pour bilan

Surveillance fœtale et perception maternelle

À chaque consultation et lors des enregistrements du rythme cardiaque fœtal selon prescription · Mouvements fœtaux perçus régulièrement par la patiente, tracé fœtal rassurant lors des enregistrements, croissance fœtale dans les couloirs attendus aux échographies.

Alerte

Diminution des mouvements fœtaux perçue par la patiente, point d’appel qui nécessite une évaluation (CNGOF 2024) : transmettre immédiatementSi un RCF est prescrit, tout tracé qui paraît inhabituel se montre à la sage-femme ou à l’obstétricien, qui l’interprète. Dans un DG bien équilibré, l’intérêt du RCF n’est pas démontré (CNGOF et SFD 2010)Suspicion échographique de macrosomie ou d’hydramnios : transmettre au médecin pour décision de surveillance

Tolérance et observance du traitement

À chaque consultation, en lien avec la diététicienne et le diabétologue · Mesures hygiéno-diététiques mises en place et tenues, technique d’auto-injection maîtrisée si insuline, carnet complet, absence d’hypoglycémies répétées.

Alerte

Difficulté à appliquer les mesures diététiques : orienter vers la diététicienne et reprendre l’éducationMauvaise technique d’injection ou erreurs de doses : reprendre l’apprentissage et transmettre au médecinAnxiété importante ou découragement, possibles après l’annonce du diagnostic (CNGOF et SFD 2010) : proposer un soutien et signaler au médecin pour orientation

Rôle IDE détaillé

Recueillir dès le suivi prénatal les critères qui font proposer le dépistage : âge, IMC, diabète chez un apparenté du 1er degré, antécédent personnel de DG ou d’enfant macrosome (CNGOF et SFD 2010)
Évaluer la compréhension du diagnostic, les représentations de la patiente et son ressenti face à l’annonce
Vérifier la tenue du carnet de glycémie capillaire et la maîtrise du lecteur à chaque consultation
Recueillir les habitudes alimentaires, l’activité physique adaptée et le contexte social pour orienter l’accompagnement

Références

Le diabète gestationnel : recommandations pour la pratique clinique (publiées le 10 décembre 2010 ; texte long dans J Gynecol Obstet Biol Reprod 2010;39:S1-S342) · CNGOF et Société francophone du diabète (SFD) · 2010

Nouvelles recommandations pour le diagnostic du diabète gestationnel, relayant le référentiel CNGOF/SFD 2010 · Société française d’endocrinologie · 2011

Diabète antérieur à la grossesse : consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues et obstétriciens français et de la Société française de diabétologie (Gynécol Obstét Fertil Sénol 2026;54:132-164) · CNGOF-SFD · 2026

Recommandations formalisées d’experts : prise en charge de la patiente avec une pré-éclampsie sévère, RFE communes SFAR et CNGOF (republication, Gynécol Obstét Fertil Sénol 2022;50:2-25) · SFAR et CNGOF · 2022

Mort fœtale : consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues-obstétriciens français (Gynécol Obstét Fertil Sénol 2024) · CNGOF · 2024

Diabète de type 2 (dossier d’information, modifié le 18/02/2025) · Inserm · 2025

Pré-éclampsie (dossier d’information, modifié le 23/09/2024) · Inserm · 2024

Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d’infirmier (article R.4311-4 du CSP, rôle propre) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.