Hémodialyse et Dialyse Péritonéale
Épuration extrarénale : élimination des déchets métaboliques et de l'excès hydro-électrolytique en insuffisance rénale chronique terminale (stade 5)
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Environ 51 000 patients traités par dialyse en France (registre REIN 2023), sur environ 93 000 patients en suppléance rénale au total (dialyse et greffe). Majorité en hémodialyse, dialyse péritonéale environ 5,5 %.
- Âge typique
- Âge médian au démarrage élevé, prédominance masculine. Étiologies principales : néphropathie diabétique, néphroangiosclérose, glomérulonéphrites, polykystose rénale.
- Mortalité
- Mortalité élevée, principalement cardiovasculaire. Infections et complications de l'abord vasculaire sont les autres causes fréquentes. La survie dépend des comorbidités associées.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Hémodialyse chronique : trois séances par semaine de quatre heures. Dialyse péritonéale : DPCA avec échanges manuels ou DPA par cycleur nocturne. L'objectif final est la transplantation rénale qui offre une meilleure qualité de vie.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
DFG estimé (CKD-EPI)
Indication dialyse : DFG au stade 5 (terminale). Classification en 5 stades selon le DFGPrélever sur prescription médicale (créatinine sérique). Alerter le médecin si DFG au stade terminal avec symptômes urémiques. Transmettre le résultat au néphrologue pour décision de démarrage de dialyse.Ionogramme pré/post-dialyse
Vérification de la kaliémie, des bicarbonates et de la natrémie avant et après chaque séancePrélever sur prescription médicale avant et après la séance. Alerter le médecin si hyperkaliémie pré-dialyse. Transmettre les valeurs au néphrologue pour ajustement du bain de dialyse.Urée et créatinine pré/post-dialyse
Réduction significative de l'urée par séance. Kt/V adéquat (dose de dialyse suffisante)Prélever sur prescription médicale avant et après la séance. Alerter le médecin si Kt/V insuffisant (sous-dialyse). Transmettre le résultat au néphrologue pour révision du temps, du débit ou de la membrane.NFS, bilan martial, EPO
Hémoglobine dans la cible sous EPO. Réserves en fer suffisantes (ferritine et coefficient de saturation de la transferrine)Prélever sur prescription médicale après la séance. Alerter le médecin si anémie persistante malgré EPO. Transmettre les résultats au néphrologue pour ajustement de l'EPO et du fer IV.Support
Hémodialyse conventionnelleSéance standard : trois fois par semaine, quatre heures par séance. Paramètres adaptés au patient : débit sang, débit dialysat et ultrafiltration réglés par le néphrologue. Membrane haute perméabilité recommandée.Chronique jusqu'à transplantation rénale
Support
Dialyse péritonéale (DPCA/DPA)DPCA : échanges manuels pluriquotidiens avec stase de plusieurs heures. DPA : cycleur nocturne automatisé. Technique permettant l'autonomie à domicile.Chronique, technique de première intention possible
Spécialisé
Création de la fistule artério-veineuseAnastomose artère-veine créant un abord vasculaire permanent. Maturation de plusieurs semaines avant la première ponction. Rôle IDE : surveiller le développement, éduquer le patient à la protection du bras.Préparation plusieurs mois avant dialyse prévue
Actif
EPO et fer IVÉrythropoïétine recombinante (darbépoétine ou époétine) en sous-cutané selon protocole du néphrologue. Fer IV si réserves insuffisantes. Surveillance IDE : hémoglobine dans la cible, vérifier le bilan martial mensuel, surveiller la TA (risque HTA sous EPO).Au long cours, ajustement selon hémoglobine et bilan martial mensuel
Actif
Chélateurs du phosphore et vitamine DChélateurs (carbonate de calcium ou sévélamer) à prendre pendant les repas pour diminuer l'absorption du phosphore. Vitamine D active si hyperparathyroïdie. Surveillance IDE : vérifier la prise aux repas, contrôle du bilan phosphocalcique.Au long cours, adaptation selon bilan phosphocalcique trimestriel
Éducation
Régime alimentaire du patient dialyséRestriction hydrique adaptée à la diurèse résiduelle. Limitation du potassium (éviter fruits secs, banane, chocolat). Limitation du phosphore et du sel. Apports protéiques adaptés selon les recommandations du néphrologue.Au long cours, suivi diététique mensuel
Hypotension intradialytique
Complication la plus fréquente des séances. Elle résulte d'une ultrafiltration excessive ou d'un poids sec sous-estimé. Elle se manifeste par une chute tensionnelle avec malaise, crampes et syncope.Prévention
Ultrafiltration progressive adaptée au patient, poids sec réévalué mensuellement, température du dialysat abaissée, profil d'ultrafiltration décroissant.Signes d'alerte
Bâillements et sensation de malaise · Hypotension · Crampes musculaires · Nausées
Thrombose de la fistule artério-veineuse
Complication fréquente de l'abord vasculaire. La sténose veineuse progressive entraîne une thrombose et la perte de l'abord. Elle nécessite une chirurgie ou une angioplastie.Prévention
Éviter toute compression du bras (pas de brassard tensionnel ni de prélèvements côté FAV), ponction en rotation, doppler régulier, angioplastie précoce si sténose confirmée.Signes d'alerte
Diminution ou absence de frémissement · Difficultés de ponction · Pression veineuse élevée sur la machine
Infection de cathéter et bactériémie
Complication fréquente des cathéters de dialyse. Germes principaux : S. aureus et S. epidermidis. Risque de complications septiques graves (endocardite, spondylodiscite).Prévention
Asepsie stricte lors de toute manipulation, pansement occlusif transparent, verrous antibiotiques (taurolidine), retrait du cathéter si bactériémie confirmée.Signes d'alerte
Fièvre élevée avec frissons · Rougeur ou écoulement au point d'insertion · Hémocultures positives sur cathéter
Complications cardiovasculaires
Première cause de décès chez le patient dialysé. L'athérosclérose est accélérée par les calcifications vasculaires et la surcharge volémique chronique.Prévention
Contrôle strict de la TA, phosphatémie dans les cibles, chélateurs du phosphore, statine, arrêt du tabac, activité physique adaptée.Signes d'alerte
Douleur thoracique · Dyspnée d'effort croissante · Oedèmes des membres inférieurs
Surveillance prioritaire
Poids et pression artérielle pré/post-dialyse
Chaque séance (trois fois par semaine) · Prise de poids inter-dialyse <5 % du poids sec. TA post-dialyse dans les cibles. UF adaptée
Alerte
Abord vasculaire (FAV ou cathéter)
Chaque séance : inspection, palpation, auscultation FAV · Frémissement (thrill) palpable et souffle audible sur la FAV. Cathéter : orifice propre, pansement occlusif intact
Alerte
Efficacité de la dialyse (Kt/V)
Mensuel (bilan pré/post-dialyse) · Kt/V >1,2. Réduction significative de l'urée. Hb dans la cible. K+ pré-dialyse dans les limites
Alerte
Tolérance de la séance
TA régulière pendant la séance, surveillance clinique continue · Absence de malaise, crampes, nausées. TA stable pendant toute la séance
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.