Dermatologie

Érysipèle

Infection bactérienne aiguë de la peau, le plus souvent de la jambe, avec rougeur chaude, douloureuse et fièvre.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Infection bactérienne aiguë de la peau, le plus souvent de la jambe, qui provoque une rougeur chaude, douloureuse et bien limitée, avec fièvre. L’IDE repère la porte d’entrée cutanée, surveille l’extension du placard et alerte rapidement en cas de signe de gravité.
Prévalence
Affection surtout observée chez l’adulte, en particulier après 50 ans.
Âge typique
Adulte d’âge moyen ou âgé, le plus souvent avec un terrain fragilisé.
Mortalité
La mortalité est faible quand le traitement est débuté rapidement. Elle augmente en cas de forme grave ou de retard de prise en charge.

Précoces

Signes précoces

FièvreFièvre d’apparition brutale, souvent avec frissons et malaise.
Placard inflammatoireRougeur chaude, douloureuse et bien limitée, le plus souvent sur une jambe.
Jambe gonfléeŒdème du membre atteint, avec gêne à la marche ou sensation de tension.

Évolutifs

Signes évolutifs

Extension rapideLa rougeur peut s’étendre en quelques heures ou en quelques jours.
Ganglion ou traînée rougeParfois un ganglion douloureux ou une traînée rouge ascendante sont visibles.

Tardifs

Signes tardifs

DesquamationLa peau pèle pendant la phase de guérison.

Gravité

Signes de gravité

Malaise importantLe patient paraît très abattu, avec aggravation rapide de l’état général.
Tension basse ou confusionTension artérielle qui baisse, somnolence inhabituelle ou confusion.
Douleur très intenseDouleur importante par rapport à l’aspect de la peau.
Zones violacées ou noiresApparition de zones sombres, violacées ou noires sur le placard.
Extension très rapideLa rougeur s’étend vite malgré le traitement.

Mécanisme

Une petite porte d’entrée cutanée permet à la bactérie de pénétrer dans la peau. L’agent principal est le streptocoque bêta-hémolytique, surtout du groupe A ; les streptocoques sont retrouvés dans environ 85 % des cas.
L’infection reste d’abord locale et déclenche une inflammation importante.
L’inflammation provoque rougeur, chaleur, douleur, œdème et fièvre.
La jambe peut gonfler rapidement autour du placard inflammatoire.
Si la porte d’entrée n’est pas traitée, le risque de récidive augmente.

Conséquences

Placard rouge, chaud, douloureux, souvent bien limité.
Jambe gonflée avec sensation de tension.
Fièvre et malaise général.
Parfois ganglion douloureux ou traînée rouge sur le membre.
Guérison progressive avec desquamation après amélioration.

Évolution

L’évolution est habituellement favorable avec un antibiotique prescrit rapidement, une baisse de la fièvre en quelques jours et une régression progressive de la rougeur. Une porte d’entrée non traitée expose aux récidives.
Plaie ou petite fissure de la peau
Intertrigo, surtout entre les orteils
Œdème ou jambe déjà gonflée
Insuffisance veineuse
Diabète
Surpoids
Antécédent d’érysipèle avec récidive possible

Critères diagnostiques

Le diagnostic repose surtout sur la clinique : fièvre, rougeur chaude et douloureuse, souvent d’un seul côté.
Il faut toujours rechercher une porte d’entrée cutanée, comme une plaie ou un intertrigo.
Dans une forme typique, aucun examen de confirmation n’est indispensable.

Diagnostic différentiel

Phlébite : jambe gonflée et douloureuse, parfois sans rougeur franche ; le Doppler peut aider.
Dermite de stase : rougeur plus chronique, souvent liée à l’insuffisance veineuse.
Fasciite nécrosante : urgence, avec douleur très forte, aggravation rapide et zones sombres.
Autre infection cutanée : selon l’aspect de la lésion et la présence ou non de pus.

Examens complémentaires

Diagnostic clinique

Rougeur chaude, douloureuse, fébrile, le plus souvent sur une jambe.Le diagnostic est surtout clinique. L’IDE observe l’aspect de la peau, la fièvre et l’évolution du placard.

Bilan sanguin

Syndrome inflammatoire possible avec augmentation des globules blancs et de la CRP.Utile surtout si la forme est sévère, si le patient est hospitalisé ou si l’évolution est inhabituelle.

Écho-doppler veineux

Pas de signe de phlébite si le tableau est uniquement infectieux.Demandé en cas de doute avec une phlébite, surtout si la jambe est très gonflée ou si le tableau est atypique.

Phase aiguë

Support

Repos et jambe surélevéeLe repos et la surélévation de la jambe aident à diminuer l’œdème et la gêne locale.

Pendant la phase aiguë

Traitement de fond

Éducation

Prévention des récidivesLes mesures de prévention reposent sur le traitement des facteurs favorisants, l’hygiène et le suivi si les épisodes se répètent.

Au long cours si besoin

Actif

Antibiotique prescrit rapidementLe traitement antibiotique est débuté rapidement selon la prescription médicale pour faire régresser l’infection et la fièvre.

Selon la prescription, souvent 7 jours

Support

AntalgiquesLes antalgiques sont administrés pour soulager la douleur et améliorer le confort du patient, en évitant les AINS et les corticoïdes (facteur de risque de dermohypodermite nécrosante).

Pendant la douleur

Support

Traitement de la porte d’entréeLa plaie, la mycose ou toute autre porte d’entrée doit être soignée pour aider la guérison et limiter les récidives.

Jusqu’à guérison complète

Infection généralisée

L’infection peut s’aggraver et toucher l’ensemble de l’organisme.

Prévention

Commencer le traitement rapidement et surveiller l’état général.

Signes d'alerte

Malaise important · Fièvre qui persiste · Confusion · Aggravation rapide

Atteinte nécrosante

Forme grave avec destruction des tissus et évolution rapide.

Prévention

Alerter sans délai si la douleur est très forte ou si la peau change d’aspect.

Signes d'alerte

Douleur très intense · Zones violacées ou noires · Extension rapide · Altération de l’état général

Récidives

De nouveaux épisodes peuvent survenir si la porte d’entrée ou les facteurs favorisants persistent.

Prévention

Traiter la porte d’entrée et les facteurs favorisants, puis renforcer la prévention.

Signes d'alerte

Mycose entre les orteils · Plaie qui traîne · Œdème persistant

Œdème chronique

La jambe peut rester gonflée plus longtemps après l’épisode aigu.

Prévention

Repos, surélévation et prise en charge des facteurs de risque.

Signes d'alerte

Jambe encore gonflée · Sensation de lourdeur · Peau épaissie

Prendre le traitement jusqu’au bout, même si la jambe paraît déjà aller mieux.
Se reposer et surélever la jambe pendant la phase aiguë.
Traiter la mycose, la plaie ou toute autre porte d’entrée.
Surveiller l’aggravation : rougeur qui s’étend, fièvre, douleur plus forte ou malaise.
Éviter les AINS et les corticoïdes, sauf avis médical, car ils sont un facteur de risque de dermohypodermite nécrosante.
Soigner l’hygiène des pieds et bien sécher entre les orteils.
Consulter rapidement si les épisodes se répètent ou si de nouveaux signes apparaissent.

Surveillance prioritaire

Évolution de la rougeur

À chaque tour de surveillance puis au moins une fois par jour · Rougeur qui cesse de s’étendre et qui régresse progressivement

Alerte

Extension rapide du placardApparition de bulles, de zones violacées ou noiresDouleur qui augmente au lieu de diminuer

Douleur et état général

Régulièrement pendant la phase aiguë · Douleur mieux contrôlée et amélioration de l’état général

Alerte

Douleur très intenseMalaise importantFatigue inhabituelle ou aggravation clinique

Fièvre

Plusieurs fois par jour au début · Baisse progressive de la fièvre sous traitement

Alerte

Fièvre persistanteFrissons répétésReprise de la fièvre après une amélioration

Porte d’entrée et observance

À chaque soin et à chaque transmission · Porte d’entrée repérée, traitement pris correctement, repos respecté

Alerte

Mycose ou plaie non traitéeOubli des prises du traitementNon-respect du repos ou de la surélévation

Rôle IDE détaillé

Observer la rougeur, la chaleur, la douleur et le gonflement.
Rechercher la porte d’entrée cutanée, surtout entre les orteils ou sur une plaie.
Repérer les facteurs favorisant les récidives, comme un œdème, un surpoids ou des antécédents.
Surveiller la fièvre et l’état général.

Références

Érysipèle : définition, symptômes et évolution · Ameli · 2025

Érysipèle : que faire ? · Ameli · 2025

Érysipèle : consultation et traitement · Ameli · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.