Dermatologie

Zona (herpès zoster)

Réactivation du virus de la varicelle avec éruption douloureuse le plus souvent d’un seul côté du corps.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Réactivation du virus de la varicelle chez une personne qui a déjà eu la varicelle, avec une éruption douloureuse, le plus souvent d’un seul côté, en bande sur le thorax, le visage ou le cou. L’IDE repère les signes de gravité, surveille la douleur et l’évolution des lésions, et explique les soins et les mesures de protection.
Prévalence
Le zona est fréquent et survient surtout chez l’adulte. Il est plus souvent observé après 50 ans.
Âge typique
Le risque augmente avec l’âge, en particulier après 50 ans, et reste plus élevé chez les personnes fragiles ou immunodéprimées.
Mortalité
La mortalité est rare. Le principal problème est la douleur persistante après la guérison.

Précoces

Signes précoces

Phase prodromiqueDouleur, brûlure ou fourmillement sur une zone précise, avant l’apparition des lésions.
Rougeur puis vésiculesRougeur locale suivie de petites vésicules groupées sur une même zone.
Éruption d’un seul côtéLes lésions sont le plus souvent limitées à un seul côté du corps.

Évolutifs

Signes évolutifs

Douleur importanteDouleur parfois intense, avec sensation de brûlure et gêne au quotidien.
CroûtesLes vésicules sèchent et forment des croûtes avant la guérison.

Tardifs

Signes tardifs

Douleurs persistantesLa douleur peut continuer après la disparition des lésions cutanées.

Gravité

Signes de gravité

Atteinte de l’œilDouleur de l’œil, rougeur, gêne à la lumière ou baisse de la vision.
Atteinte de l’oreilleLésions de l’oreille avec faiblesse d’un côté du visage, douleur ou vertiges.
Extension diffuseLésions qui s’étendent à plusieurs zones du corps.
Altération de l’état généralFièvre, grande fatigue ou malaise important.

Mécanisme

Après la varicelle, le virus reste dormant dans l’organisme.
Quand les défenses baissent, il peut se réactiver.
Il suit le trajet d’un nerf vers la peau.
Cette réactivation provoque douleur, brûlure puis éruption.
La douleur peut parfois persister après la disparition des lésions.

Conséquences

Éruption de petites vésicules douloureuses sur une zone limitée.
Douleurs en brûlure ou en picotement avant ou pendant l’éruption.
Croûtes puis cicatrisation en quelques semaines.
Douleurs qui peuvent durer après la guérison cutanée.
Atteinte de l’œil, de l’oreille ou extension de l’éruption dans les formes graves.

Évolution

La douleur peut précéder l’éruption de quelques jours. Les vésicules deviennent ensuite des croûtes, puis la peau cicatrise en deux à quatre semaines. L’antiviral est d’autant plus efficace qu’il est débuté tôt, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption : il aide à limiter la durée des lésions et peut réduire le risque de douleur persistante.
Antécédent de varicelle
Baisse des défenses immunitaires
Âge après 50 ans
Fatigue importante ou stress prolongé
Maladie chronique ou traitement affaiblissant l’immunité

Critères diagnostiques

Douleur puis éruption de petites vésicules sur une même zone
Atteinte le plus souvent d’un seul côté du corps
Lésions qui passent par un stade de croûtes
Localisation du visage, de l’œil ou de l’oreille qui fait rechercher une forme grave

Diagnostic différentiel

Herpès simple : lésions regroupées mais souvent au même endroit et pas en bande
Impétigo : croûtes et infection de la peau, surtout sans douleur en brûlure
Dermite de contact : rougeur après contact avec un produit, souvent avec démangeaisons

Examens complémentaires

Diagnostic clinique

Éruption douloureuse unilatérale avec petites vésicules groupées.Le diagnostic est le plus souvent clinique. L’IDE décrit la zone atteinte, le côté concerné et l’aspect des lésions.

Prélèvement si doute

Recherche du virus si la présentation n’est pas typique.Peut être demandé si le diagnostic est incertain ou si la forme est inhabituelle.

Avis ophtalmologique

Recherche d’une atteinte de l’œil ou de la cornée.À demander rapidement si le visage ou l’œil sont touchés, ou s’il existe un doute sur une atteinte oculaire.

Bilan si forme étendue ou immunodépression

Évaluation plus large selon le contexte clinique.Utilisé si les lésions sont étendues, si le patient est fragile ou si l’état général est altéré.

Actif

Antiviral prescrit tôtUn antiviral oral est prescrit le plus tôt possible pour limiter la durée des lésions et aider à réduire la douleur.

7 jours

Actif

Antalgiques adaptésDes antalgiques sont donnés selon l’intensité de la douleur et réévalués si besoin.

Selon la douleur

Actif

Prise en charge hospitalière si forme graveUne prise en charge à l’hôpital peut être nécessaire si l’atteinte est étendue, si l’œil ou l’oreille sont touchés, ou si le patient est immunodéprimé.

Selon la gravité

Support

Soins locaux cutanésLes soins locaux doivent rester doux : toilette simple, protection des lésions et ne pas percer les vésicules.

Jusqu’à cicatrisation complète

Éducation

Vaccination Shingrix (prévention)La vaccination peut être proposée en prévention chez les personnes à risque, selon l’avis médical.

Prévention

Douleur persistante après guérison

La douleur peut continuer après la disparition des lésions et gêner le sommeil, les déplacements ou les activités.

Prévention

Commencer le traitement tôt, repérer la douleur rapidement et transmettre si elle reste importante.

Signes d'alerte

Douleurs qui durent malgré la cicatrisation · Gêne au toucher de la zone atteinte · Brûlure persistante · Sommeil perturbé

Complication de l’œil

Quand le zona touche le visage ou l’œil, il peut entraîner une irritation importante ou une atteinte de la cornée.

Prévention

Demander rapidement un avis ophtalmologique si l’œil est touché.

Signes d'alerte

Œil rouge · Douleur oculaire · Photophobie · Baisse de vision

Forme étendue

Les lésions peuvent s’étendre à plusieurs zones du corps, surtout chez une personne fragile ou immunodéprimée.

Prévention

Surveiller l’extension des lésions et alerter rapidement en cas d’aggravation.

Signes d'alerte

Multiples zones atteintes · Fatigue importante · Fièvre · Mauvais état général

Surinfection locale

Le grattage ou des soins inadaptés peuvent favoriser une infection de la peau sur les lésions.

Prévention

Garder une hygiène douce, éviter de gratter et surveiller l’aspect des lésions.

Signes d'alerte

Rougeur qui s’étend · Lésions plus douloureuses · Pus ou aspect trouble · Fièvre secondaire

Prendre le traitement antiviral et les antalgiques comme prescrit, sans arrêter trop tôt.
Nettoyer la peau avec douceur, garder les lésions propres et ne pas percer les vésicules.
Éviter de gratter pour limiter la douleur et le risque d’infection de la peau.
Éviter le contact avec les personnes fragiles tant que les lésions ne sont pas croûtées.
Consulter rapidement si l’œil, l’oreille ou le visage sont touchés.
Reconsulter si la douleur persiste après la guérison ou si l’état général se dégrade.
Parler de la vaccination de prévention avec le médecin après l’épisode aigu.

Surveillance prioritaire

Évolution des lésions

Quotidienne en phase aiguë · Lésions qui sèchent progressivement sans extension importante

Alerte

Lésions qui s’étendent à d’autres zones : alerter le médecin.Vésicules qui deviennent sales, rouges ou purulentes : rechercher une surinfection.Douleur qui augmente malgré les soins : faire réévaluer la prise en charge.

Douleur et retentissement

À chaque évaluation clinique · Douleur contrôlée et retentissement limité

Alerte

Douleur non soulagée : prévenir le médecin pour adaptation du traitement.Sommeil, alimentation ou mobilité perturbés par la douleur : le signaler.Douleurs qui persistent après la guérison des lésions : orienter vers un avis médical.

Signes oculaires ou ORL

Quotidienne si le visage, l’œil ou l’oreille sont touchés · Pas de douleur oculaire, pas de gêne auditive, pas de faiblesse du visage

Alerte

Œil rouge, douleur oculaire ou baisse de vision : prévenir en urgence.Lésions de l’oreille avec faiblesse du visage : alerter rapidement le médecin.Douleur, gêne à la lumière ou vertiges : transmettre sans délai.

Tolérance du traitement

Pendant toute la durée du traitement · Traitement bien toléré et observé

Alerte

Nausées, vomissements ou gêne liée au traitement : informer le médecin.Prise irrégulière du traitement : refaire l’éducation.Déshydratation ou baisse de l’état général : signaler rapidement.

Rôle IDE détaillé

Observer la zone touchée et noter si les lésions restent d’un seul côté.
Évaluer la douleur et son retentissement sur le sommeil, l’alimentation et les activités.
Repérer les signes de gravité : atteinte de l’œil, de l’oreille, extension ou fièvre.
Vérifier la présence de croûtes, de rougeur inhabituelle ou de surinfection.
Identifier les patients fragiles ou immunodéprimés et transmettre rapidement.

Références

Zona : reconnaître le zona · Ameli · 2025

Zona : bons réflexes en cas de zona, faut-il consulter ? · Ameli · 2025

Zona : consultation et traitement du zona · Ameli · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.