Zona (herpès zoster)
Réactivation du virus de la varicelle avec éruption douloureuse le plus souvent d’un seul côté du corps.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Fréquent : le zona touche environ 20 % de la population, avec une nette prédominance après 50 ans.
- Âge typique
- Les cas augmentent nettement à partir de 50 ans ; l’âge médian de survenue est de 65 ans.
- Mortalité
- La mortalité liée au zona est faible. Sa principale complication est la douleur post-zostérienne, qui pèse sur la qualité de vie et expose la personne âgée ou fragile à une perte d’autonomie.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
La douleur précède l’éruption. Les vésicules deviennent des croûtes, souvent par poussées successives, et la peau cicatrise en deux à trois semaines. L’antiviral est prescrit le plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption ; au-delà, aucune donnée n’en établit l’effet. Il est prioritaire après 50 ans, si les douleurs sont intenses ou le zona étendu, pour prévenir les douleurs post-zostériennes, et dans le zona ophtalmique, pour prévenir les complications oculaires.Critères diagnostiques
Examens complémentaires
Diagnostic clinique
Éruption douloureuse unilatérale avec petites vésicules groupées.Le diagnostic est le plus souvent clinique. L’IDE décrit la zone atteinte, le côté concerné et l’aspect des lésions.Prélèvement si doute
Recherche du virus (PCR VZV) dans le liquide d’une vésicule.Exceptionnellement indiqué, en cas d’éruption atypique, sur prescription médicale.Examen ophtalmologique
Recherche d’une kératite ou d’une inflammation de l’œil.Systématique en cas de zona ophtalmique : l’IDE s’assure qu’il est programmé, car kératite et inflammation de l’œil surviennent souvent à distance, deux à trois semaines une fois l’éruption terminée.Actif
Antiviral oral prescrit tôtLe plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption. Prioritaire après 50 ans, si douleurs intenses, zona étendu ou ophtalmique.7 jours
Actif
Antalgiques adaptésDes antalgiques sont donnés selon l’intensité de la douleur et réévalués si besoin.Selon la douleur
Actif
Antiviral intraveineux si forme compliquéeForme compliquée (zona disséminé, atteinte viscérale, atteinte motrice, encéphalite), zona ophtalmique de l’immunodéprimé ou risque élevé de dissémination. Une immunodépression légère ou modérée admet la voie orale.Selon la gravité
Support
Soins locaux cutanésDouche ou bain quotidien à l’eau tiède et au savon doux, lésions protégées. Antibiotiques locaux inutiles ; crèmes et anesthésiques locaux contre-indiqués, car ils peuvent masquer ou favoriser une surinfection.Jusqu’à cicatrisation complète
Éducation
Vaccination contre le zona (prévention)Recommandée à partir de 65 ans chez l’adulte immunocompétent, de préférence avec le Shingrix, et dès 18 ans si l’immunité est défaillante : deux doses espacées de deux mois. Après un zona, schéma complet au moins un an plus tard, ou dès la guérison dans des situations particulières (immunosuppression prochaine, zonas à répétition).Prévention
Douleurs post-zostériennes (DPZ)
Douleurs qui durent au-delà de la cicatrisation, ou qui dépassent un mois après le début du zona. Elles disparaissent en général en six mois, mais peuvent devenir définitives et invalidantes.Prévention
Repérer tôt les patients à risque (plus de 50 ans, zona du visage, douleur intense), pour que l’antiviral prescrit débute idéalement dans les 72 heures, et transmettre une douleur qui persiste.Signes d'alerte
Douleurs qui durent malgré la cicatrisation · Brûlure persistante · Insomnie · Retentissement sur l’humeur ou l’autonomie
Complication de l’œil
Le zona ophtalmique expose à une kératite ou à une inflammation de l’œil, souvent deux à trois semaines une fois l’éruption terminée, avec un risque d’atteinte définitive de la vision.Prévention
S’assurer que l’examen ophtalmologique systématique est réalisé et que l’antiviral prescrit est débuté tôt.Signes d'alerte
Éruption sur la racine ou le dos du nez · Trouble de la mobilité de l’œil · Baisse de la vision
Zona disséminé ou compliqué
Surtout chez l’immunodéprimé, le virus peut se disséminer à la peau à distance ou atteindre des organes, comme le poumon ou le système nerveux.Prévention
Repérer l’immunodépression dès l’accueil et alerter devant toute extension : la forme compliquée relève d’un antiviral intraveineux.Signes d'alerte
Lésions à distance de la bande initiale · Faiblesse motrice dans le territoire atteint · Trouble neurologique nouveau
Surinfection locale
Le grattage, ou une crème ou un anesthésique appliqué sur les lésions, peut favoriser une surinfection bactérienne.Prévention
Toilette quotidienne à l’eau tiède et au savon doux, pas de grattage, surveillance de l’aspect des lésions ; antiseptique ou antibiotique seulement sur prescription.Surveillance prioritaire
Évolution des lésions
Quotidienne en phase aiguë · Lésions qui sèchent progressivement, sans apparition à distance de la bande initiale
Alerte
Douleur et retentissement
À chaque évaluation clinique · Douleur contrôlée et retentissement limité
Alerte
Signes oculaires ou ORL
Quotidienne si le visage, l’œil ou l’oreille sont touchés · Vision conservée, examen ophtalmologique programmé si zona ophtalmique, pas de paralysie faciale
Alerte
Tolérance du traitement
Pendant toute la durée du traitement · Traitement bien toléré et observé
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Recommandations vaccinales contre le zona et place du Shingrix · HAS · 2024
Pilly ECN 2020 (édition étudiant), item 168 : herpès virus chez l’immunocompétent, varicelle et zona · CMIT · 2020
Zelitrex (valaciclovir), résumé des caractéristiques du produit · ANSM (BDPM) · 2026
Maladies infectieuses en collectivité : guide des conduites à tenir (fiche zona) · HCSP · 2012
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.