Dermatologie

Zona (herpès zoster)

Réactivation du virus de la varicelle avec éruption douloureuse le plus souvent d’un seul côté du corps.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Réactivation du virus de la varicelle, resté latent dans l’organisme après la primo-infection, avec une éruption douloureuse le plus souvent d’un seul côté, en bande sur le thorax, parfois sur le visage ou un membre. L’IDE repère les signes de gravité, surveille la douleur et l’évolution des lésions, et explique les soins et les mesures de protection.
Prévalence
Fréquent : le zona touche environ 20 % de la population, avec une nette prédominance après 50 ans.
Âge typique
Les cas augmentent nettement à partir de 50 ans ; l’âge médian de survenue est de 65 ans.
Mortalité
La mortalité liée au zona est faible. Sa principale complication est la douleur post-zostérienne, qui pèse sur la qualité de vie et expose la personne âgée ou fragile à une perte d’autonomie.

Précoces

Signes précoces

Phase prodromiqueDouleur, brûlure ou fourmillement sur une zone précise, avant l’apparition des lésions.
Rougeur puis vésiculesRougeur locale suivie de petites vésicules groupées sur une même zone.
Éruption d’un seul côtéLésions le plus souvent d’un seul côté, dans le territoire d’une racine nerveuse, sans dépasser en général la ligne médiane.

Évolutifs

Signes évolutifs

Douleur importanteDouleur parfois intense, avec sensation de brûlure et gêne au quotidien.
CroûtesLes vésicules sèchent et forment des croûtes avant la guérison.

Tardifs

Signes tardifs

Douleurs persistantesLa douleur peut continuer après la disparition des lésions cutanées.

Gravité

Signes de gravité

Atteinte de l’œilÉruption du front, de la paupière ou du nez (zona ophtalmique) : risque de kératite, jusqu’à une baisse de la vision.
Atteinte de l’oreilleDouleur et éruption de l’oreille avec paralysie faciale, parfois troubles de l’audition ou vertiges.
Zona disséminéLésions qui apparaissent à distance de la bande initiale, surtout chez l’immunodéprimé.
Signes neurologiquesFaiblesse motrice dans le territoire du zona ou trouble neurologique nouveau : complication exceptionnelle mais grave.

Mécanisme

Après la varicelle, le virus reste latent dans les ganglions nerveux sensitifs.
Une baisse des défenses immunitaires, liée à l’âge ou à une maladie, favorise sa réactivation.
Il gagne alors la peau dans le territoire de la racine nerveuse concernée, d’où l’éruption en bande.
Cette réactivation provoque douleur, brûlure puis éruption.
La douleur peut persister après la disparition des lésions.

Conséquences

Éruption de petites vésicules groupées et douloureuses sur une zone limitée.
Douleurs et brûlures avant puis pendant l’éruption.
Croûtes vers le septième jour, puis cicatrices dépigmentées, très souvent définitives.
Douleurs qui peuvent durer après la guérison cutanée.
Atteinte de l’œil ou de l’oreille selon la localisation, formes disséminées surtout chez l’immunodéprimé.

Évolution

La douleur précède l’éruption. Les vésicules deviennent des croûtes, souvent par poussées successives, et la peau cicatrise en deux à trois semaines. L’antiviral est prescrit le plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption ; au-delà, aucune donnée n’en établit l’effet. Il est prioritaire après 50 ans, si les douleurs sont intenses ou le zona étendu, pour prévenir les douleurs post-zostériennes, et dans le zona ophtalmique, pour prévenir les complications oculaires.
Antécédent de varicelle : le virus reste latent dans les ganglions nerveux après la primo-infection
Âge avancé : facteur principal, cas nettement plus fréquents à partir de 50 ans
Immunodépression et cancers : facteurs principaux
Sexe féminin : autre facteur principal
Autres facteurs identifiés : stress psychologique · traitement par corticoïdes · maladies chroniques (diabète · polyarthrite rhumatoïde · maladie cardiovasculaire ou rénale · lupus)

Critères diagnostiques

Douleur puis éruption de petites vésicules sur une même zone
Atteinte le plus souvent d’un seul côté du corps
Lésions qui passent par un stade de croûtes
Localisation du visage, de l’œil ou de l’oreille qui fait rechercher une forme grave

Examens complémentaires

Diagnostic clinique

Éruption douloureuse unilatérale avec petites vésicules groupées.Le diagnostic est le plus souvent clinique. L’IDE décrit la zone atteinte, le côté concerné et l’aspect des lésions.

Prélèvement si doute

Recherche du virus (PCR VZV) dans le liquide d’une vésicule.Exceptionnellement indiqué, en cas d’éruption atypique, sur prescription médicale.

Examen ophtalmologique

Recherche d’une kératite ou d’une inflammation de l’œil.Systématique en cas de zona ophtalmique : l’IDE s’assure qu’il est programmé, car kératite et inflammation de l’œil surviennent souvent à distance, deux à trois semaines une fois l’éruption terminée.

Actif

Antiviral oral prescrit tôtLe plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption. Prioritaire après 50 ans, si douleurs intenses, zona étendu ou ophtalmique.

7 jours

Actif

Antalgiques adaptésDes antalgiques sont donnés selon l’intensité de la douleur et réévalués si besoin.

Selon la douleur

Actif

Antiviral intraveineux si forme compliquéeForme compliquée (zona disséminé, atteinte viscérale, atteinte motrice, encéphalite), zona ophtalmique de l’immunodéprimé ou risque élevé de dissémination. Une immunodépression légère ou modérée admet la voie orale.

Selon la gravité

Support

Soins locaux cutanésDouche ou bain quotidien à l’eau tiède et au savon doux, lésions protégées. Antibiotiques locaux inutiles ; crèmes et anesthésiques locaux contre-indiqués, car ils peuvent masquer ou favoriser une surinfection.

Jusqu’à cicatrisation complète

Éducation

Vaccination contre le zona (prévention)Recommandée à partir de 65 ans chez l’adulte immunocompétent, de préférence avec le Shingrix, et dès 18 ans si l’immunité est défaillante : deux doses espacées de deux mois. Après un zona, schéma complet au moins un an plus tard, ou dès la guérison dans des situations particulières (immunosuppression prochaine, zonas à répétition).

Prévention

Douleurs post-zostériennes (DPZ)

Douleurs qui durent au-delà de la cicatrisation, ou qui dépassent un mois après le début du zona. Elles disparaissent en général en six mois, mais peuvent devenir définitives et invalidantes.

Prévention

Repérer tôt les patients à risque (plus de 50 ans, zona du visage, douleur intense), pour que l’antiviral prescrit débute idéalement dans les 72 heures, et transmettre une douleur qui persiste.

Signes d'alerte

Douleurs qui durent malgré la cicatrisation · Brûlure persistante · Insomnie · Retentissement sur l’humeur ou l’autonomie

Complication de l’œil

Le zona ophtalmique expose à une kératite ou à une inflammation de l’œil, souvent deux à trois semaines une fois l’éruption terminée, avec un risque d’atteinte définitive de la vision.

Prévention

S’assurer que l’examen ophtalmologique systématique est réalisé et que l’antiviral prescrit est débuté tôt.

Signes d'alerte

Éruption sur la racine ou le dos du nez · Trouble de la mobilité de l’œil · Baisse de la vision

Zona disséminé ou compliqué

Surtout chez l’immunodéprimé, le virus peut se disséminer à la peau à distance ou atteindre des organes, comme le poumon ou le système nerveux.

Prévention

Repérer l’immunodépression dès l’accueil et alerter devant toute extension : la forme compliquée relève d’un antiviral intraveineux.

Signes d'alerte

Lésions à distance de la bande initiale · Faiblesse motrice dans le territoire atteint · Trouble neurologique nouveau

Surinfection locale

Le grattage, ou une crème ou un anesthésique appliqué sur les lésions, peut favoriser une surinfection bactérienne.

Prévention

Toilette quotidienne à l’eau tiède et au savon doux, pas de grattage, surveillance de l’aspect des lésions ; antiseptique ou antibiotique seulement sur prescription.
Prendre l’antiviral et les antalgiques comme prescrit, l’antiviral sur sa durée habituelle de sept jours.
Faire une toilette quotidienne à l’eau tiède et au savon doux, sans crème ni produit anesthésiant sur les lésions.
Éviter de gratter pour limiter le risque d’infection de la peau.
Couvrir les lésions tant qu’elles ne sont pas sèches : le virus passe par le contact avec elles, pas par la respiration.
Éviter alors le contact avec les personnes à risque de varicelle grave : femme enceinte non immunisée, nourrisson de moins d’un an, personne immunodéprimée, adulte ou adolescent n’ayant pas fait la varicelle.
Consulter rapidement si l’œil, l’oreille ou le visage sont touchés.
Reconsulter si la douleur persiste après la guérison.
Aborder la vaccination contre le zona à partir de 65 ans ou en cas d’immunité défaillante, au moins un an après l’épisode, sauf situation particulière.

Surveillance prioritaire

Évolution des lésions

Quotidienne en phase aiguë · Lésions qui sèchent progressivement, sans apparition à distance de la bande initiale

Alerte

Lésions à distance de la bande initiale : alerter le médecin, surtout chez l’immunodéprimé.Aspect des lésions qui change après grattage : transmettre, une surinfection bactérienne étant possible.Douleur qui augmente malgré les soins : faire réévaluer la prise en charge.

Douleur et retentissement

À chaque évaluation clinique · Douleur contrôlée et retentissement limité

Alerte

Douleur non soulagée : prévenir le médecin pour adaptation du traitement.Sommeil, alimentation ou mobilité perturbés par la douleur : le signaler.Douleurs qui persistent après la guérison des lésions : orienter vers un avis médical.

Signes oculaires ou ORL

Quotidienne si le visage, l’œil ou l’oreille sont touchés · Vision conservée, examen ophtalmologique programmé si zona ophtalmique, pas de paralysie faciale

Alerte

Baisse de la vision : alerter le médecin et vérifier que l’examen ophtalmologique est fait.Lésions de l’oreille avec faiblesse du visage : alerter rapidement le médecin.Vertiges ou baisse de l’audition : transmettre sans délai.

Tolérance du traitement

Pendant toute la durée du traitement · Traitement bien toléré et observé

Alerte

Maux de tête, nausées ou vomissements qui gênent la prise : informer le médecin.Confusion, agitation ou hallucinations, surtout chez le sujet âgé ou insuffisant rénal : alerter le médecin.Sujet âgé qui boit peu : veiller à un apport hydrique suffisant.Prise irrégulière du traitement : refaire l’éducation.

Rôle IDE détaillé

Observer la zone touchée et noter si les lésions restent d’un seul côté.
Évaluer la douleur et son retentissement sur le sommeil, l’alimentation et les activités.
Repérer les signes de gravité : atteinte de l’œil ou de l’oreille, lésions à distance, signe neurologique.
Vérifier l’évolution vers les croûtes et rechercher une surinfection après grattage.
Identifier les patients fragiles ou immunodéprimés et transmettre rapidement.
Noter la date de début de l’éruption : l’antiviral se débute idéalement dans les 72 heures.

Références

Recommandations vaccinales contre le zona et place du Shingrix · HAS · 2024

Pilly ECN 2020 (édition étudiant), item 168 : herpès virus chez l’immunocompétent, varicelle et zona · CMIT · 2020

Zelitrex (valaciclovir), résumé des caractéristiques du produit · ANSM (BDPM) · 2026

Maladies infectieuses en collectivité : guide des conduites à tenir (fiche zona) · HCSP · 2012

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.