Fibrome utérin

Tumeur bénigne très fréquente du muscle utérin, le plus souvent asymptomatique. Quand il est symptomatique, son retentissement est surtout hémorragique : les règles abondantes exposent à l'anémie par carence en fer, que l'IDE repère et surveille.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le fibrome utérin, aussi appelé myome ou léiomyome, est une tumeur bénigne issue des cellules musculaires lisses de l'utérus (le myomètre), la plus fréquente de l'appareil génital féminin. Souvent asymptomatique, il ne se traite en règle que lorsqu'il gêne, sauf le fibrome sous-muqueux chez une femme qui souhaite une grossesse. Son retentissement est alors surtout hémorragique : les règles abondantes exposent à l'anémie par carence en fer.
Prévalence
Le fibrome utérin est la tumeur bénigne la plus fréquente de l'appareil génital féminin, et sa fréquence augmente avec l'âge (HAS 2022, fiche pertinence). Les ordres de grandeur diffèrent selon les documents : 20 à 30 % des femmes après 30 ans et 40 % dès 40 ans pour la HAS (HAS 2022, rapport d'élaboration), environ 25 % entre 40 et 50 ans et jusqu'à 50 % après 50 ans pour le CNGOF (CNGOF 2022). La plupart ne donnent aucun symptôme : des manifestations ne sont observées que dans 20 à 50 % des cas (HAS 2022, fiche pertinence). Le fibrome est la première cause d'hystérectomie en France (CNGOF 2011 ; HAS 2024).
Âge typique
Femme en période d'activité génitale : les fibromes concernent surtout les femmes dès 30 ans, et plus encore après 40 ans (HAS 2022, fiche pertinence ; HAS 2024). Après la ménopause, leur croissance s'arrête et leur taille peut diminuer (HAS 2022, fiche pertinence) ; à l'inverse, sans traitement hormonal, un myome qui apparaît ou grossit à cet âge fait explorer (CNGOF 2011). Le traitement hormonal de la ménopause n'est pas contre-indiqué en présence d'un myome, mais la patiente est informée qu'il peut le faire évoluer et qu'elle doit consulter si des symptômes apparaissent ; il majore le risque de règles abondantes quand le myome est sous-muqueux (CNGOF 2011).
Mortalité
Le fibrome utérin est une tumeur bénigne, sans risque de transformation maligne selon la HAS (HAS 2022, fiche pertinence). Le CNGOF rappelle que le sarcome existe : il le juge assez rare pour ne pas justifier une hystérectomie systématique devant des myomes (CNGOF 2011), et signale qu'en morcelant un utérus pendant une hystérectomie on risque de disséminer une tumeur maligne méconnue (CNGOF 2015). Sa gravité tient à son retentissement : l'anémie par carence en fer, principale conséquence des ménométrorragies (HAS 2022, rapport d'élaboration), la compression de la vessie ou de l'intestin par un fibrome volumineux (HAS 2024), et un retentissement possible sur la fertilité, surtout quand un fibrome sous-muqueux déforme la cavité utérine (HAS 2022, rapport d'élaboration).

Précoces

Signes précoces

Fibrome asymptomatiqueSituation la plus fréquente : des symptômes ne sont observés que dans 20 à 50 % des cas selon la HAS (HAS 2022, fiche pertinence). Le fibrome est alors découvert par hasard, lors d'un examen gynécologique de routine ou d'une imagerie faite pour une autre raison (HAS 2024).
Règles abondantes et prolongéesMénorragies, c'est-à-dire des règles de plus de 80 mL ou de plus de 6 jours, parfois avec des saignements entre les règles : symptôme le plus fréquent, surtout avec les fibromes sous-muqueux et interstitiels (CNGOF 2022 ; HAS 2024). L'IDE les fait décrire en comptant les protections utilisées.
Pesanteur ou douleurs pelviennesSensation de lourdeur dans le bas-ventre ou douleurs pelviennes, que donnent notamment les fibromes sous-séreux et pédiculés (HAS 2024 ; HAS 2022, fiche pertinence).

Évolutifs

Signes évolutifs

Signes d'anémie ferripriveLes saignements répétés exposent à l'anémie par carence en fer, principale conséquence des ménométrorragies (HAS 2022, rapport d'élaboration). Elle se traduit par une fatigue inhabituelle, une pâleur, un essoufflement à l'effort ou des palpitations, que l'IDE repère et transmet au médecin.
Signes de compressionEnvies fréquentes et pressantes d'uriner ou constipation, quand un fibrome volumineux comprime la vessie ou l'intestin (HAS 2024 ; CNGOF 2011). Des douleurs pendant les rapports sexuels sont aussi possibles (HAS 2024).

Tardifs

Signes tardifs

Fibrome volumineuxUn fibrome peut dépasser 20 cm ; volumineux, il entraîne une compression pelvienne ou pelvi-abdominale (HAS 2022, rapport d'élaboration).

Gravité

Signes de gravité

Anémie mal toléréeSaignements abondants avec pâleur intense, tachycardie, malaise ou essoufflement au moindre effort : surveiller les constantes et alerter le médecin sans délai.
Hémorragie génitale abondanteSaignement très important et prolongé, protections saturées rapidement : surveillance des constantes, quantification, alerter le médecin ou déclencher la procédure d'urgence de l'établissement (le 15 hors établissement).
Métrorragies après la ménopauseChez une femme ménopausée porteuse de myomes et sans traitement hormonal, l'apparition de symptômes ou d'un myome qui grossit fait demander une IRM pelvienne ainsi qu'une biopsie d'endomètre (CNGOF 2011). Un saignement génital à cet âge n'est donc pas mis sur le compte du fibrome sans avis médical : l'IDE le signale au médecin sans délai.

Mécanisme

Origine musculaire : le fibrome est une tumeur bénigne issue des cellules musculaires lisses du myomètre, isolée ou, le plus souvent, multiple, d'une taille allant de 1 cm à plus de 20 cm (HAS 2022, fiche pertinence)
Croissance hormono-dépendante : son développement dépend des œstrogènes et de la progestérone produits par l'ovaire, d'où son apparition pendant la vie génitale et sa régression habituelle après la ménopause (HAS 2024 ; HAS 2022, fiche pertinence)
Localisation qui oriente les symptômes, décrite par la classification FIGO : sous-muqueux (types 0 à 2, dans la cavité, le plus souvent responsables de ménorragies), interstitiel ou intramural (types 3 à 5, dans l'épaisseur du muscle, les plus fréquents), sous-séreux (types 6 et 7, vers la cavité abdominale, parfois pédiculé) (HAS 2022, fiche pertinence)
Retentissement hémorragique : les saignements liés aux myomes sont entretenus par une fibrinolyse locale et par l'hyperplasie de l'endomètre qui accompagne les myomes, que visent respectivement l'acide tranexamique et les progestatifs (CNGOF 2011)

Conséquences

Ménorragies, symptôme le plus fréquemment associé aux myomes, parfois accompagnées de saignements entre les règles (ménométrorragies) (CNGOF 2022 ; HAS 2022, fiche pertinence)
Anémie par carence en fer, principale conséquence des ménométrorragies (HAS 2022, rapport d'élaboration)
Pesanteur ou douleur pelvienne, et compression de la vessie ou de l'intestin par un fibrome volumineux, avec troubles urinaires ou constipation (HAS 2022, fiche pertinence ; HAS 2024)
Douleurs pendant les rapports sexuels et, quand un fibrome sous-muqueux déforme la cavité utérine, risque accru d'infertilité (HAS 2024 ; HAS 2022, rapport d'élaboration)

Évolution

L'évolution spontanée des fibromes est imprévisible, avec une régression habituellement observée après la ménopause (HAS 2022, fiche pertinence). La plupart restent asymptomatiques et relèvent d'une simple surveillance (HAS 2024). Quand ils sont symptomatiques, aucun traitement médical actuellement validé ne les fait disparaître : les médicaments visent les symptômes, et seules les techniques interventionnelles traitent les fibromes eux-mêmes (CNGOF 2011 ; HAS 2024). Le fibrome peut aussi récidiver après un traitement qui conserve l'utérus (HAS 2024).
Âge : premier facteur de risque · la fréquence des fibromes augmentant à partir de 30 ans et jusqu'à l'approche de la ménopause (HAS 2022 · rapport d'élaboration ; HAS 2024)
Origine afro-antillaise ou afro-descendante : fibromes plus fréquents · plus souvent symptomatiques et plus souvent opérés (HAS 2022 · rapport d'élaboration ; HAS 2024)
Antécédents familiaux de fibrome utérin (HAS 2024)
Nulliparité, premières règles précoces, règles fréquentes, antécédent de règles douloureuses et obésité ; l'hypertension artérielle et le diabète semblent aussi augmenter le risque (HAS 2024)
Dépendance hormonale : le développement des fibromes dépend des hormones de l'ovaire, œstrogènes et progestérone (HAS 2024)

Critères diagnostiques

Signes d'appel : règles abondantes ou prolongées, pesanteur ou douleurs pelviennes, signes de compression chez une femme en période d'activité génitale ; la découverte est aussi souvent fortuite (HAS 2024)
Suspicion à l'examen gynécologique (HAS 2022, rapport d'élaboration)
Confirmation par l'échographie-doppler sus-pubienne et endovaginale, examen de référence qui précise le nombre, la taille, le type FIGO et la vascularisation des fibromes (HAS 2022, rapport d'élaboration)
En seconde intention, selon les cas : IRM pelvienne, hystérosonographie ou hystéroscopie, notamment pour un fibrome sous-muqueux ou avant un geste (HAS 2022, rapport d'élaboration ; HAS 2024)
Bilan de retentissement : NFS à la recherche d'une anémie devant des ménorragies (CNGOF 2022)

Diagnostic différentiel

Adénomyose : présence d'endomètre dans le muscle utérin, isolée ou associée aux fibromes, que l'IRM aide à reconnaître (HAS 2022, rapport d'élaboration)
Polype de l'endomètre : formation de la muqueuse dans la cavité utérine, à l'origine de saignements ; chez une femme qui a des ménorragies, sa découverte conduit à une hystéroscopie pour l'analyser et le retirer (CNGOF 2022)
Cancer de l'endomètre : devant des ménorragies, une biopsie d'endomètre est recommandée si l'endomètre atteint au moins 15 mm d'épaisseur, ou chez une femme exposée à un risque accru de ce cancer (CNGOF 2022)
Masse de l'ovaire : développée à partir de l'annexe et non de l'utérus, que l'imagerie, notamment l'IRM, permet de distinguer (HAS 2022, rapport d'élaboration)
Grossesse : devant des saignements génitaux hauts, un dosage sanguin de l'hormone de grossesse se fait facilement si une grossesse est suspectée (CNGOF 2022)
Sarcome utérin : tumeur maligne rare, que le CNGOF ne juge pas assez fréquente pour justifier une hystérectomie systématique devant des myomes ; après la ménopause et sans traitement hormonal, un myome qui apparaît, grossit ou devient symptomatique fait demander une IRM pelvienne ainsi qu'une biopsie d'endomètre (CNGOF 2011)

Examens complémentaires

Examen gynécologique

C'est en général à l'examen gynécologique que le fibrome est suspecté (HAS 2022, rapport d'élaboration). L'examen au spéculum permet d'écarter un saignement d'origine basse, vulvaire, vaginale ou du col (CNGOF 2022).L'IDE installe la patiente en respectant son intimité, explique le déroulement, recueille la douleur et les questions, et transmet au médecin les éléments recueillis. Le diagnostic clinique relève du médecin.

Échographie pelvienne et endovaginale

Examen diagnostique de référence : l'échographie-doppler par voie sus-pubienne et endovaginale confirme le fibrome et précise sa taille, son type FIGO et sa vascularisation (HAS 2022, rapport d'élaboration ; HAS 2024). Devant un fibrome sans symptôme, une échographie systématique n'est pas utile (HAS 2022, fiche pertinence ; CNGOF 2011).L'IDE prépare la patiente, explique l'examen, respecte l'intimité et transmet au médecin le compte rendu ainsi que l'inconfort ou les questions de la patiente. L'interprétation appartient au médecin.

IRM pelvienne

Examen habituellement de deuxième intention, recommandé devant une présentation atypique et, si besoin, avant un traitement pour cartographier les fibromes (nombre, taille, localisation) ; elle peut modifier l'indication d'une embolisation (HAS 2022, rapport d'élaboration ; CNGOF 2022).L'IDE vérifie la préparation de la patiente, recherche les contre-indications habituelles à l'IRM et transmet le compte rendu au médecin. Elle ne pose pas l'indication de l'examen.

Hystéroscopie

Examen de seconde intention qui visualise directement la cavité utérine, utile pour les fibromes sous-muqueux ; elle permet aussi leur résection (HAS 2024 ; CNGOF 2011).L'IDE prépare la patiente, explique les étapes, surveille après le geste la douleur et les saignements et transmet au médecin. L'examen est réalisé et interprété par le médecin.

Numération formule sanguine et ferritine

Devant des ménorragies, la NFS vient en tête des examens de sang, pour rechercher une anémie ou une baisse des plaquettes (CNGOF 2022). La ferritine reflète les réserves en fer. Faute d'étude comparative, le CNGOF ne formule pas de recommandation sur son ajout à la NFS (CNGOF 2022).L'IDE prélève sur prescription, identifie correctement les tubes et achemine au laboratoire. Elle transmet au médecin les valeurs avec leur tendance et alerte devant une anémie mal tolérée.

Support

Abstention et surveillance du fibrome asymptomatiqueEn l'absence de symptômes, le fibrome n'a pas d'indication de traitement, sauf le fibrome sous-muqueux chez une femme qui souhaite une grossesse (HAS 2022, fiche pertinence). Après 40 ans, l'évolution étant imprévisible, le CNGOF recommande une surveillance annuelle par examen gynécologique, sans échographie systématique (CNGOF 2011). L'IDE explique le caractère bénin, rassure sans banaliser et repère l'apparition de symptômes à transmettre au médecin.

Surveillance selon le suivi gynécologique

Actif

Traitement médical des saignementsEn présence de symptômes, le traitement de première intention est classiquement médicamenteux, et les traitements non médicamenteux ne sont habituellement envisagés qu'après son échec (HAS 2022, fiche pertinence). Selon la situation, le médecin prescrit un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel, hors fibrome sous-muqueux, des progestatifs ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens ; ces traitements réduisent les saignements mais ne font pas disparaître le fibrome (CNGOF 2011 ; CNGOF 2022). L'acide tranexamique peut être proposé pour les ménorragies liées aux myomes (CNGOF 2011) ; en 2022, le CNGOF le réserve aux saignements importants et estime que, du fait du risque thrombogène, sa prescription devrait rester limitée dans le temps (CNGOF 2022). Un fibrome sous-muqueux symptomatique relève d'abord de la chirurgie plutôt que d'un traitement médical seul (CNGOF 2011). L'IDE administre sur prescription, surveille l'efficacité et la tolérance et transmet au médecin.

Selon la prescription et l'évolution

Actif

Agonistes de la GnRH en préparation d'une chirurgieDans les recommandations de 2011, la leuproréline et la triptoréline sont un traitement préopératoire des myomes associés à une anémie (hémoglobine inférieure à 8 g/dL), ou quand il faut réduire le myome pour rendre le geste plus simple ou changer de technique opératoire, sur 3 mois au plus (CNGOF 2011). En 2022, le CNGOF ne retient pas d'argument pour les prescrire avant la résection hystéroscopique d'un myome de type 0 à 2 afin de simplifier le geste ; pour les myomes de type 2 à 6, ils viennent en deuxième intention pour faciliter une chirurgie, et pour peu de temps, car ils provoquent une ménopause artificielle, avec bouffées de chaleur et ostéoporose (CNGOF 2022). L'IDE administre sur prescription, surveille la tolérance et transmet au médecin les effets indésirables.

3 mois au plus avant le geste, selon la prescription

Support

Embolisation des artères utérinesGeste de radiologie interventionnelle réalisé sous anesthésie locale et sédation, par une ponction de l'artère fémorale ou radiale : l'injection de microparticules obstrue les artères qui nourrissent les fibromes et en provoque la nécrose (HAS 2022, fiche pertinence ; HAS 2024). En 2011, elle constitue une option thérapeutique des myomes symptomatiques lorsque la femme n'envisage plus de grossesse (grade A), mais elle n'est pas recommandée pour un myome sous-muqueux de type 0 ou 1 isolé, ni pour un myome sous-séreux pédiculé isolé (grade C) (CNGOF 2011). En 2022, pour des ménorragies sur myomes de type 2 à 6 chez une femme qui souhaite garder son utérus, embolisation et myomectomie sont proposées indifféremment, avec une information sur la meilleure tolérance après l'intervention et le risque plus élevé, à long terme, d'avoir à réintervenir après une embolisation (recommandation forte) (CNGOF 2022). Les deux textes diffèrent sur le projet de grossesse : en 2011, l'embolisation n'était pas le traitement de première intention en cas de désir de grossesse (CNGOF 2011) ; en 2022, chez une femme qui veut préserver sa fertilité, les deux gestes sont proposés indifféremment, avec une information sur les incertitudes de fertilité et le risque de fausse couche (recommandation faible) (CNGOF 2022). La HAS note que la fertilité après embolisation ne repose sur aucune donnée certaine (HAS 2022, fiche pertinence). L'IDE prépare la patiente, surveille le point de ponction et la douleur, et repère le syndrome post-embolisation à transmettre au médecin.

Ambulatoire avec antalgie poursuivie à domicile, ou hospitalisation de moins de 3 jours (HAS 2022, fiche pertinence)

Spécialisé

MyomectomieAblation du ou des fibromes en conservant l'utérus, par la voie que permettent le nombre, la taille et le type des fibromes ; c'est une option pour la femme qui souhaite préserver sa fertilité (HAS 2022, fiche pertinence ; HAS 2024). La patiente est informée que les symptômes peuvent persister et les myomes récidiver, au point de conduire à une nouvelle intervention (CNGOF 2011). L'IDE prépare la patiente au bloc, surveille les suites opératoires (saignement, douleur, reprise du transit et des mictions) et transmet au médecin.

Selon le geste et les suites opératoires

Spécialisé

HystérectomieAblation de l'utérus, subtotale ou totale : seul traitement définitif, c'est le plus efficace sur les fibromes symptomatiques chez une femme sans désir de grossesse, informée des alternatives (CNGOF 2011 ; HAS 2024). Quand elles sont possibles, les voies vaginale ou cœlioscopique sont préférées à la laparotomie (CNGOF 2011). Le CNGOF recommande de ne pas dépasser 24 heures de sondage urinaire après l'intervention (grade B) ; la sonde posée pendant l'opération peut aussi être retirée dès la fin de celle-ci, et la reprise des mictions doit alors être surveillée, car le risque de rétention est accru (CNGOF 2015). L'image de soi peut en être altérée (HAS 2022, fiche pertinence) : l'IDE prépare la patiente, surveille les suites opératoires et accompagne ce vécu.

Selon le geste et les suites opératoires

Actif

Correction de l'anémie et de la carence en ferAvant une chirurgie pour ménorragies d'origine utérine bénigne, le CNGOF recommande de corriger l'anémie par un apport de fer, avec ou sans agoniste de la GnRH, sous la forme d'une recommandation faible ; le fer oral peut donner des troubles digestifs, et aucune étude en gynécologie n'a évalué le fer intraveineux avant l'intervention (CNGOF 2022). L'IDE administre sur prescription, surveille la tolérance et l'efficacité et transmet au médecin l'évolution de l'hémoglobine.

Selon la prescription et l'évolution du bilan martial

Anémie ferriprive

Principale conséquence des ménométrorragies (HAS 2022, rapport d'élaboration). Les ménorragies liées aux myomes entraînent fréquemment une anémie par carence en fer, un épuisement physique et un isolement, au détriment de la qualité de vie (CNGOF 2022).

Prévention

Repérage IDE des saignements abondants et des signes d'anémie, transmission au médecin, administration du fer sur prescription et surveillance de l'hémoglobine et de la ferritine.

Signes d'alerte

Fatigue inhabituelle et pâleur · Essoufflement à l'effort ou palpitations · Hémoglobine ou ferritine en baisse sur le bilan

Signes de compression pelvienne

Au-delà d'une certaine taille, un fibrome peut comprimer l'intestin ou la vessie et entraîner des troubles urinaires ou une constipation (HAS 2024).

Prévention

Recueil IDE des signes urinaires et digestifs, transmission au médecin et information de la patiente sur les signes à signaler.

Signes d'alerte

Envies fréquentes d'uriner · Constipation · Pesanteur pelvienne ou gêne mécanique

Retentissement sur la fertilité et la grossesse

Une association entre myome et infertilité est observée, sans que la responsabilité du myome soit démontrée (CNGOF 2011) ; pour la HAS, la part réellement imputable aux fibromes ne dépasse probablement pas 2 à 3 % des troubles de la fertilité (HAS 2022, rapport d'élaboration). Un fibrome sous-muqueux qui déforme la cavité augmente le risque d'infertilité, et sa résection par hystéroscopie améliore la fertilité (HAS 2022, rapport d'élaboration ; CNGOF 2011). Les myomes s'accompagnent aussi de davantage de complications de la grossesse, comme la fausse couche, l'accouchement prématuré ou l'hémorragie du post-partum (CNGOF 2011).

Prévention

Aborder tôt le projet parental, transmettre au médecin en cas de difficulté à concevoir et accompagner le parcours vers le gynécologue.

Signes d'alerte

Difficulté à concevoir · Fibrome sous-muqueux connu déformant la cavité · Antécédent de saignements importants

Syndrome post-embolisation

Fréquent dans les suites d'une embolisation : fébricule, nausées, pesanteur pelvienne, constipation et maux de tête, parfois hausse des globules blancs ; il est systématiquement pris en charge après le geste. La douleur, due à la dévascularisation, débute pendant l'embolisation et relève d'un protocole antalgique poursuivi dans les suites. Les complications infectieuses (endométrite, abcès, péritonite) sont, elles, rares mais graves (HAS 2022, rapport d'élaboration).

Prévention

Surveillance IDE rapprochée après le geste, contrôle de la douleur sur prescription, surveillance de la température et du point de ponction, transmission au médecin.

Signes d'alerte

Douleur pelvienne dès le geste · Fébricule · Nausées, constipation ou maux de tête

Expliquer que le fibrome utérin est une tumeur bénigne, sans risque de transformation maligne selon la HAS (HAS 2022, fiche pertinence), le sarcome utérin étant une tumeur maligne distincte et rare (CNGOF 2011) ; un fibrome sans symptôme relève en général d'une simple surveillance (HAS 2024).
Rappeler qu'aucun traitement médical actuellement validé ne fait disparaître le fibrome, mais que les saignements et les symptômes peuvent être soulagés selon la situation (CNGOF 2011).
Aider la patiente à repérer les règles anormalement abondantes ou prolongées et les signes d'anémie (fatigue, pâleur, essoufflement) qui doivent conduire à consulter.
Informer qu'un saignement survenant après la ménopause est à signaler au médecin, car il fait rechercher une autre cause que le fibrome. Sous traitement hormonal de la ménopause, l'apparition de symptômes justifie aussi de consulter (CNGOF 2011).
Reformuler les étapes d'un geste éventuel (embolisation, myomectomie, hystérectomie) et les signes des suites à signaler : douleur qui persiste, fièvre, saignement.
Ouvrir la parole sur le projet de grossesse, le vécu et l'image corporelle, en particulier lorsqu'une hystérectomie est envisagée ; après une embolisation ou une myomectomie, la HAS indique d'attendre environ six mois avant de débuter une grossesse (HAS 2022, fiche pertinence).

Surveillance prioritaire

Saignements et tolérance de l'anémie

À chaque contact et sur prescription lors des périodes de saignement ou du suivi du bilan martial · Repères d'alerte IDE : pâleur, essoufflement au moindre effort, tachycardie, malaise, protections saturées rapidement. Hémoglobine et ferritine tracées et comparées aux valeurs précédentes sur prescription.

Alerte

Saignement abondant et prolongé, protections saturées rapidement : alerter le médecinFatigue majeure, pâleur, essoufflement ou tachycardie témoignant d'une anémie mal toléréeHémoglobine en baisse ou ferritine effondrée sur le bilan de contrôle, à transmettre au médecin

Métrorragies après la ménopause

À chaque contact chez la femme ménopausée · Après la ménopause, la croissance des fibromes s'arrête (HAS 2022, fiche pertinence) ; chez une femme sans traitement hormonal, l'apparition de symptômes ou d'un myome qui grossit fait demander une IRM pelvienne ainsi qu'une biopsie d'endomètre (CNGOF 2011). Sous traitement hormonal de la ménopause, la patiente est invitée à consulter si des symptômes apparaissent (CNGOF 2011).

Alerte

Saignement génital chez une femme ménopausée : le signaler au médecin pour qu'un bilan soit organiséRécidive de saignements après la ménopause chez une patiente déjà porteuse de fibromes connusAssociation à une altération de l'état général ou à des douleurs pelviennes nouvelles

Suites d'une embolisation ou d'une chirurgie

Selon le protocole post-interventionnel, en surveillance rapprochée dans les suites immédiates · Constantes stables, douleur contrôlée par les antalgiques prescrits, point de ponction sec après embolisation, où un petit hématome qui régresse vite est fréquent et banal (HAS 2022, fiche pertinence), reprise du transit et des mictions après chirurgie, absence de fièvre inexpliquée.

Alerte

Douleur pelvienne, fébricule, nausées après embolisation : syndrome post-embolisation, fréquent, pris en charge systématiquement, à transmettre au médecin (HAS 2022, rapport d'élaboration)Douleur qui persiste malgré le traitement ou fièvre qui s'installe après embolisation : en informer le médecin, car des complications infectieuses (endométrite, abcès, péritonite), rares mais graves, sont possibles (HAS 2022, rapport d'élaboration)Hématome qui s'étend ou saignement du point de ponction, ou saignement génital abondant après un gesteFièvre, absence de reprise du transit ou des mictions, ou douleur inhabituelle après la chirurgie

Rôle IDE détaillé

Recueillir l'abondance et la durée des règles en quantifiant les protections, ainsi que les saignements entre les règles.
Repérer les signes d'anémie : fatigue, pâleur, essoufflement, palpitations, et transmettre au médecin.
Rechercher les signes de compression (troubles urinaires ou digestifs) et évaluer le retentissement sur la vie quotidienne.
Chez la femme ménopausée, repérer un saignement génital et le signaler au médecin pour qu'un bilan soit organisé.

Références

Traitements non médicamenteux des fibromes utérins : fiche pertinence · HAS · 2022

Traitements non médicamenteux des fibromes utérins : rapport d'élaboration · HAS · 2022

Évaluation des ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) pour le traitement des fibromes utérins symptomatiques : rapport d'évaluation · HAS · 2024

Prise en charge des ménorragies : recommandations pour la pratique clinique du Collège national des gynécologues et obstétriciens français · CNGOF · 2022

Hystérectomie pour pathologie bénigne : recommandations pour la pratique clinique · CNGOF · 2015

Actualisation de la prise en charge des myomes : recommandations pour la pratique clinique · CNGOF · 2011

Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.