Ophtalmologie

Glaucome chronique à angle ouvert

Maladie chronique de l'oeil qui abîme lentement le nerf optique et rétrécit le champ visuel.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

Le glaucome chronique à angle ouvert est une maladie de l'oeil qui abîme peu à peu le nerf optique. La vision périphérique diminue d'abord, souvent sans douleur ni gêne au début, ce qui rend le dépistage et le suivi essentiels. En vue d'ensemble, l'IDE repère cette atteinte souvent silencieuse, soutient l'observance et transmet toute aggravation.
Prévalence
Environ 1 à 2 % des personnes après 40 ans, avec une fréquence plus élevée après 70 ans.
Âge typique
Le plus souvent après 40 ans, avec une fréquence qui augmente avec l’âge.
Mortalité
Risque de malvoyance irréversible et de perte d’autonomie si le diagnostic ou le traitement sont trop tardifs.

Précoces

Signes précoces

Absence de plainteLe patient ne ressent rien au début, ce qui retarde souvent le diagnostic.
Découverte fortuiteLe glaucome est parfois repéré lors d'un bilan ophtalmologique ou d'un dépistage.

Évolutifs

Signes évolutifs

Gêne visuelle discrèteLecture moins confortable, besoin de tourner la tête ou sensation de voir moins bien sur les côtés.
Champ visuel rétréciLe patient se cogne plus facilement aux objets situés sur les côtés.

Tardifs

Signes tardifs

Déplacements difficilesEscaliers, trottoirs ou couloirs deviennent plus risqués au quotidien.
Vision centrale menacéeLa lecture, la reconnaissance des visages ou la conduite deviennent nettement plus difficiles.

Gravité

Signes de gravité

Chutes répétéesLe rétrécissement du champ visuel gêne la marche et augmente le risque de chute.
Baisse fonctionnelle importanteLe patient a du mal à lire, se repérer ou réaliser les gestes habituels.
Aggravation malgré le suiviLa gêne continue de progresser malgré les collyres et les rendez-vous réguliers.

Mécanisme

Le liquide de l'oeil s'évacue moins bien, ce qui augmente la pression à l'intérieur de l'oeil.
Cette pression finit par fragiliser le nerf optique et détruire progressivement ses fibres.
La perte de vision commence souvent en périphérie et passe longtemps inaperçue.
Les lésions sont irréversibles, d'où l'intérêt d'un dépistage précoce et d'un suivi régulier.

Conséquences

Le patient voit moins bien sur les côtés, parfois sans s’en rendre compte.
Les déplacements deviennent plus prudents, avec risque de heurts ou de chutes.
La lecture et la conduite peuvent devenir plus difficiles.
La baisse de vision peut évoluer vers une malvoyance importante.

Évolution

La maladie évolue lentement et souvent silencieusement. Le traitement ne guérit pas, mais il peut freiner la progression et préserver l'autonomie.
Âge supérieur à 40 ans : risque plus fréquent avec le vieillissement.
Antécédent familial de glaucome : vigilance renforcée pour le dépistage.
Myopie forte : terrain plus souvent associé au glaucome chronique.
Pression intraoculaire élevée ou fluctuante : facteur de risque majeur.
Corticothérapie prolongée : peut favoriser l’élévation de la pression intraoculaire.
Antécédents oculaires ou mélanodermie : dépistage plus précoce à prévoir.

Critères diagnostiques

Contexte évocateur chez un patient à risque ou suivi pour une anomalie ophtalmologique.
Atteinte progressive du champ visuel, surtout en périphérie.
Papille optique suspecte à l'examen du fond d'oeil.
Pression intraoculaire élevée ou, chez certains patients, pression dans la norme avec atteinte du nerf optique.

Diagnostic différentiel

Hypertonie oculaire isolée : pression élevée sans atteinte visuelle ni atteinte du nerf optique.
Glaucome aigu par fermeture de l'angle : douleur brutale, oeil rouge et baisse visuelle rapide.
Cataracte : baisse visuelle plus globale, souvent moins spécifique que le glaucome.
DMLA : atteinte surtout centrale, avec gêne pour lire et reconnaître les visages.

Examens complémentaires

Tonométrie

Mesure de la pression intraoculaire, parfois élevée mais pas toujours.L'IDE installe correctement le patient, vérifie le confort, note la valeur et transmet toute variation importante.

Fond d'oeil

Papille suspecte ou atteinte du nerf optique avec aspect compatible avec un glaucome.L'IDE prépare le patient et transmet le compte rendu pour organiser la suite du suivi.

Champ visuel

Atteinte périphérique progressive, souvent discrète au début.L'IDE explique le test, rassure le patient et transmet l'évolution comparée aux examens précédents.

Tomographie par cohérence optique (OCT)

Image du nerf optique utile pour suivre la perte progressive de fibres.L'IDE installe le patient, vérifie la bonne tolérance de l'examen et transmet les images au médecin.

Actif

Collyres hypotonisants sur prescriptionTraitement de fond le plus fréquent. L'IDE aide à l'observance, vérifie l'instillation et surveille la tolérance.

Au long cours

Actif

Association de collyres sur prescriptionUtilisée si la réponse est insuffisante. L'IDE vérifie les horaires, le nombre de prises et les effets indésirables.

Au long cours si besoin

Spécialisé

Traitement laserProposé par l'ophtalmologiste si le contrôle reste insuffisant. L'IDE prépare le patient et rassure avant l'acte.

Si contrôle insuffisant

Spécialisé

Chirurgie du glaucomeEnvisagée quand le traitement médical ne suffit plus. L'IDE prépare le dossier, le patient et le suivi post-opératoire.

Après échec du traitement médical

Malvoyance irréversible

La perte du champ visuel peut devenir définitive si le glaucome progresse trop longtemps.

Prévention

Dépister tôt, maintenir le traitement et encourager le suivi régulier.

Signes d'alerte

Vision périphérique qui baisse · Lecture plus difficile · Repérage visuel moins bon

Chutes et accidents

Le rétrécissement du champ visuel gêne les déplacements et augmente le risque de chute.

Prévention

Sécuriser l'environnement et signaler toute gêne de marche ou de repérage.

Signes d'alerte

Heurts dans les portes · Difficulté dans les escaliers · Marche hésitante

Intolérance aux collyres

Rougeur, gêne locale ou malaise peuvent réduire l’adhésion au traitement.

Prévention

Surveiller, documenter et faire réévaluer rapidement la tolérance.

Signes d'alerte

Yeux rouges · Gêne persistante · Traitement mal accepté

Chronicité silencieuse : la maladie peut progresser sans douleur ni gêne au début.
Traitement : les collyres servent à ralentir l'évolution, pas à guérir la maladie.
Technique d’instillation : une goutte suffit, sans toucher l'oeil, en respectant les horaires.
Suivi : les rendez-vous ophtalmologiques réguliers sont indispensables pour éviter l'aggravation.
Effets indésirables : signaler toute rougeur, gêne persistante ou malaise après les collyres.
Dépistage familial : proposer un contrôle ophtalmologique chez les proches si le médecin le juge utile.

Surveillance prioritaire

Vision fonctionnelle

À chaque contact et à chaque changement signalé par le patient · Lecture, déplacements et vision latérale stables

Alerte

Vision plus floue ou gêne nouvelle : transmettre rapidement et organiser un avis.Heurts, chutes ou gêne dans les escaliers : alerter et tracer.Baisse visuelle récente : documenter et prévenir l’équipe soignante.

Observance des collyres

À chaque consultation ou entretien IDE · Prises régulières et instillation correcte

Alerte

Oublis répétés : rééduquer et signaler au médecin.Mauvaise technique d’instillation : reprendre le geste avec le patient.Arrêt du traitement : alerter et tracer sans attendre.

Tolérance des traitements

Après toute introduction ou modification de collyre · Bonne tolérance locale et générale

Alerte

Rougeur importante ou gêne persistante : documenter et signaler.Malaise, essoufflement ou intolérance générale : alerter rapidement.Effet indésirable rapporté par le patient : transmettre sans délai.

Suivi ophtalmologique

Selon le calendrier fixé par l’ophtalmologiste · Rendez-vous et examens réalisés régulièrement

Alerte

Rendez-vous manqué : recontacter et reprogrammer.Perte de suivi : signaler et documenter.Aggravation malgré le suivi : communiquer sans attendre.

Rôle IDE détaillé

Évaluer l'observance et les oublis de collyres.
Évaluer la gêne visuelle dans la lecture, les déplacements et les escaliers.
Évaluer la tolérance locale et générale des traitements.
Repérer les antécédents familiaux et les facteurs de risque connus.

Références

Diagnostic et prise en charge de l’hypertonie oculaire et du glaucome primitif à angle ouvert · HAS · 2022

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.