Hémorragie méningée
Saignement dans l'espace sous-arachnoïdien, le plus souvent par rupture d'anévrisme intracrânien. Urgence neurovasculaire dont le pronostic dépend de la reconnaissance immédiate de la céphalée en coup de tonnerre et de la rapidité de prise en charge.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- L'hémorragie sous-arachnoïdienne représente une part minoritaire des accidents vasculaires cérébraux, nettement moins fréquente que l'AVC ischémique ou l'hémorragie intracérébrale. Elle survient chez l'adulte, un peu plus souvent chez la femme, et sa fréquence augmente avec l'hypertension artérielle et le tabagisme (Campus de Neurochirurgie).
- Âge typique
- Adulte, le plus souvent entre 40 et 60 ans. Contrairement à l'AVC hémorragique intraparenchymateux du sujet âgé, l'HSA touche des patients relativement jeunes, ce qui aggrave son impact en termes de séquelles.
- Mortalité
- Pronostic sévère, fortement dépendant de la précocité de la prise en charge et de la survenue de complications (resaignement, vasospasme). Une part importante des décès et des séquelles est liée au resaignement précoce avant sécurisation de l'anévrisme, ce qui justifie l'urgence absolue de la reconnaissance et de l'orientation (Campus de Neurochirurgie).
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Le pronostic se joue en grande partie dans les premières heures et les deux premières semaines. La priorité initiale est de sécuriser l'anévrisme pour éviter le resaignement, puis de prévenir et dépister le vasospasme qui survient classiquement entre le 3e et le 14e jour. L'hydrocéphalie aiguë, les crises convulsives et les troubles de la natrémie peuvent compliquer l'évolution. La surveillance neurologique rapprochée par l'IDE est déterminante pour détecter précocement chacune de ces complications.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Scanner cérébral sans injection
Examen de première intention en urgence. Sensibilité proche de 100 % dans les 12 premières heures, avec hyperdensité spontanée du sang dans les sillons et les citernes de la base (Campus de Neurochirurgie).L'IDE sécurise le transport vers l'imagerie, trace les horaires clés (arrivée, scanner), transmet le patient au manipulateur et alerte l'équipe dès communication du résultat par le radiologue. Le diagnostic et l'interprétation relèvent du médecin et du radiologue.Angioscanner du polygone de Willis
Recherche et localisation de l'anévrisme responsable ou d'une malformation vasculaire, pour orienter la sécurisation par embolisation ou clippage.L'IDE prépare l'injection sur prescription, recueille les antécédents et les allergies, transmet toute anomalie au médecin ou au radiologue et accompagne le patient pendant l'examen.Ponction lombaire si scanner normal
Indiquée si le scanner est normal et la suspicion clinique forte. Recherche une xanthochromie (coloration jaune du liquide cérébrospinal liée aux pigments de dégradation du sang), détectable de 12 heures à environ 2 semaines après le saignement (Campus de Neurochirurgie).L'IDE prépare le matériel, installe et rassure le patient, assiste le médecin qui réalise le geste, achemine les tubes au laboratoire et surveille le patient après la ponction. Le geste et l'interprétation relèvent du médecin et du biologiste.Bilan biologique et constantes
NFS, plaquettes, bilan d'hémostase, ionogramme sanguin (surveillance de la natrémie), glycémie, groupe sanguin en vue d'une intervention.L'IDE prélève sur prescription, alerte le laboratoire sur le caractère urgent et transmet les résultats au médecin. Elle signale en particulier une hyponatrémie, complication fréquente de l'HSA.Actif
Nimodipine pour la prévention du vasospasmePrescrite dès la phase aiguë pour prévenir le vasospasme cérébral et l'ischémie retardée. L'IDE administre sur prescription, surveille la tolérance et alerte devant une hypotension, effet indésirable connu de la nimodipine imposant une surveillance rapprochée de la pression artérielle, sans jamais modifier seule la prescription.Phase aiguë, environ 3 semaines selon prescription
Actif
Contrôle de la pression artérielle et de la douleurAntalgiques et contrôle tensionnel sur prescription pour limiter le risque de resaignement et soulager le patient. L'IDE prépare et administre selon prescription, surveille la PA de façon rapprochée, évalue la douleur et trace les valeurs, sans ajuster seule les doses.Phase aiguë selon évolution
Support
Repos strict et environnement calmeRepos strict au lit, environnement calme et peu lumineux, limitation des stimulations et des efforts pour réduire les à-coups tensionnels tant que l'anévrisme n'est pas sécurisé. L'IDE organise l'installation selon prescription, regroupe les soins et informe le patient et l'entourage.Jusqu'à sécurisation de l'anévrisme et stabilisation
Support
Sécurisation de l'anévrisme (embolisation ou clippage)Sécurisation rapide de l'anévrisme pour éviter le resaignement, par embolisation en neuroradiologie interventionnelle (le plus souvent) ou par clippage neurochirurgical. La décision et le geste relèvent du spécialiste. L'IDE prépare le patient et le dossier, vérifie la traçabilité de l'information et du consentement, et organise le transfert.En urgence, dès que possible après le diagnostic
Support
Prise en charge en réanimation ou soins intensifsSurveillance rapprochée en réanimation ou en unité de soins intensifs neurovasculaires, avec maintien de la pression de perfusion cérébrale et prévention des complications d'alitement. L'IDE assure la surveillance neurologique et hémodynamique continue et alerte devant toute dégradation.Phase aiguë selon évolution clinique
Resaignement
Rupture à nouveau de l'anévrisme avant sa sécurisation, complication précoce et gravissime qui aggrave nettement le pronostic. C'est la première crainte tant que l'anévrisme n'est pas traité.Prévention
Repos strict, environnement calme, contrôle de la PA et de la douleur sur prescription, surveillance neurologique rapprochée. Alerter en urgence devant toute aggravation brutale de la céphalée ou de la vigilance.Signes d'alerte
Aggravation brutale de la céphalée · Chute rapide du Glasgow · Nouveau déficit ou anomalie pupillaire
Vasospasme cérébral
Contraction des artères cérébrales baignées de sang, survenant dans 30 à 70 % des HSA anévrismales. Il débute classiquement entre le 3e et le 5e jour et est maximal entre le 5e et le 14e jour, responsable d'une ischémie cérébrale retardée avec déficit neurologique retardé.Prévention
Administration de la nimodipine sur prescription, maintien de la pression de perfusion cérébrale, surveillance neurologique rapprochée pour dépister tout déficit retardé entre le 3e et le 14e jour.Signes d'alerte
Nouveau déficit moteur ou du langage · Confusion ou ralentissement récent · Baisse du Glasgow entre J3 et J14
Hydrocéphalie aiguë
Blocage de la circulation du liquide cérébrospinal par le sang, entraînant une dilatation ventriculaire et une dégradation de la conscience. Elle peut nécessiter la pose d'une dérivation en urgence.Prévention
Surveillance rapprochée du Glasgow, alerte devant toute altération de la vigilance, des vomissements ou une aggravation des céphalées.Signes d'alerte
Altération progressive de la conscience · Céphalées croissantes · Vomissements
Hyponatrémie
Baisse de la natrémie fréquente au cours de l'HSA, pouvant aggraver l'état neurologique et favoriser les crises convulsives si elle est marquée.Prévention
Surveillance biologique de la natrémie sur prescription, traçabilité et transmission de toute baisse au médecin, surveillance de l'état neurologique associé.Signes d'alerte
Natrémie abaissée au bilan · Confusion ou somnolence nouvelle · Nausées ou céphalées majorées
Surveillance prioritaire
État neurologique
Rapprochée en phase aiguë sur prescription (souvent horaire), puis espacée selon l'évolution · Score de Glasgow stable, pupilles isocores et réactives, absence de nouveau déficit moteur ou du langage
Alerte
Pression artérielle et tolérance de la nimodipine
Surveillance rapprochée sur prescription, en continu au scope en phase aiguë · Pression artérielle dans les objectifs prescrits par le médecin, absence d'hypotension mal tolérée sous nimodipine
Alerte
Natrémie et bilan hydroélectrolytique
Selon prescription, surveillance biologique répétée à la phase aiguë · Natrémie tracée et comparée aux valeurs précédentes ; toute baisse est transmise au médecin
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Hémorragies méningées : prise en charge · SFAR · 2019
Diagnostic de l'hémorragie sous-arachnoïdienne · Campus de Neurochirurgie · 2024
Collège des enseignants de médecine intensive-réanimation · CEMIR
Société française neurovasculaire : recommandations et préconisations · SFNV
Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.