Lombosciatique
Douleur radiculaire du membre inférieur par hernie discale L4-L5 ou L5-S1, surveillance neurologique et sphinctérienne
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Pathologie très fréquente, cause majeure d'arrêt de travail en France
- Âge typique
- Pic entre 30 et 50 ans, prédominance masculine. Rare avant 20 ans.
- Mortalité
- Mortalité nulle. Risques : chronicisation, déficit moteur séquellaire, syndrome de la queue de cheval (urgence rare)
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Évolution favorable spontanée dans la grande majorité des cas en 6 à 12 semaines. Chirurgie si échec du traitement médical au-delà de 6 à 8 semaines, déficit moteur sévère ou syndrome de la queue de cheval (urgence).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
IRM lombaire (examen de référence)
Hernie discale, conflit disco-radiculaire, sténose canalaire, état du disquePréparer et accompagner le patient pour l'IRM sur prescription médicale. Transmettre immédiatement les résultats au médecin. Alerter le médecin si signes de gravité associés (déficit, troubles sphinctériens).Radiographies rachis lombaire (face + profil + 3/4)
Pincement discal, ostéophytes, spondylolisthésis, fracture, tumeurPréparer le patient pour la radiographie sur prescription médicale. Transmettre les résultats au médecin. Alerter le médecin si suspicion de fracture, tumeur ou infection (fièvre, AEG).Bilan biologique (NFS, CRP, VS)
Normal dans la sciatique commune. CRP et VS élevées = infection ou tumeurPrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si CRP et VS élevées ou NFS anormale (spondylodiscite, métastase). Surveiller et transmettre les résultats.EMG (électromyogramme)
Dénervation active dans le territoire radiculaire, vitesses de conduction normalesPréparer le patient pour l'EMG sur prescription médicale. Transmettre les résultats au médecin prescripteur pour orientation thérapeutique.Actif
Antalgie palier I-II (paracétamol, AINS, tramadol)Paracétamol en première intention sur prescription, AINS en cure courte si insuffisant, palier 2 en complément. L'IDE évalue l'EVA avant et après chaque prise et surveille le transit.AINS 5-7 jours. Antalgiques 2-6 semaines selon évolution.
Actif
Corticothérapie et infiltrations épiduralesCorticoïdes sur prescription médicale si sciatique hyperalgique. Infiltrations épidurales si échec du traitement médical. L'IDE surveille la glycémie, la tension artérielle et les signes digestifs.Corticothérapie 5-7 jours. Infiltrations espacées 7-15 jours.
Support
Repos relatif et kinésithérapieRepos relatif (pas de repos strict au lit au-delà de 48 heures). Kinésithérapie après la phase aiguë : renforcement musculaire, étirements, école du dos.Kinésithérapie sur plusieurs semaines, exercices d'entretien au long cours
Spécialisé
Discectomie (ablation de la hernie discale)Sur décision chirurgicale si échec du traitement médical, déficit moteur sévère ou syndrome de la queue de cheval (urgence). L'IDE prépare le patient et assure la surveillance post-opératoire.Hospitalisation 1-3 jours. Reprise activité 4-8 semaines.
Éducation
École du dos et hygiène de vieGestes et postures : lever de charge en pliant les genoux, position de travail, ergonomie du poste. Activité physique : marche, natation régulière. Hygiène de vie : contrôle du poids, éviter station assise prolongée.Éducation thérapeutique continue, habitudes de vie à long terme
Syndrome de la queue de cheval
Urgence chirurgicale absolue (< 24-48 h). Hernie massive médiane comprimant les racines L2-S5. Rétention urinaire, anesthésie en selle, incontinence. Séquelles si chirurgie retardée.Prévention
Éduquer le patient aux signes d'alerte (troubles urinaires, anesthésie périnéale), consultation urgence immédiateSignes d'alerte
Difficultés mictionnelles ou rétention urinaire · Anesthésie ou hypoesthésie périnéale · Incontinence anale ou perte de tonus sphinctérien
Déficit moteur séquellaire
Paralysie des releveurs du pied (L5 = steppage) ou du triceps sural (S1). Risque si compression prolongée > 4-6 semaines sans traitement.Prévention
Surveiller le testing moteur quotidien, alerter si déficit < 3/5, préparer le patient pour rééducation intensive post-opératoireSignes d'alerte
Aggravation progressive de la faiblesse musculaire · Cotation motrice passant de 4/5 à 3/5 · Amyotrophie visible du jambier antérieur ou du mollet
Chronicisation de la douleur
Minorité des sciatiques. Douleur persistant au-delà de 3 mois. Facteurs : catastrophisme, kinésiophobie, dépression. Retentissement professionnel majeur.Prévention
Dépister précocement les facteurs de chronicisation, encourager l'activité physique, coordonner avec le kinésithérapeute et le psychologueSignes d'alerte
Douleur persistante > 6 semaines malgré traitement bien conduit · Kinésiophobie (peur du mouvement) · Arrêt de travail prolongé avec repli social
Récidive herniaire
Possible à distance (même disque ou disque adjacent). Douleur identique au premier épisode.Prévention
Éduquer le patient au renforcement musculaire rachidien, ergonomie, contrôle du poids, arrêt tabacSignes d'alerte
Réapparition de la douleur radiculaire identique · Nouveau déficit moteur ou sensitif · Signe de Lasègue redevenant positif
Surveillance prioritaire
Douleur et efficacité antalgique
EVA toutes les 4 h en hospitalisation, avant et après soins · EVA < 4/10 au repos, < 6/10 à la mobilisation sous 48-72 h
Alerte
Examen neurologique (déficit moteur)
2x/j en hospitalisation : testing moteur, réflexes, sensibilité · Force motrice > 4/5, réflexes présents, sensibilité conservée
Alerte
Signes sphinctériens (queue de cheval)
Interrogatoire systématique 2x/j : mictions, selles, périnée · Mictions normales, pas de globe vésical, sensibilité périnéale normale
Alerte
Mobilisation et autonomie
Quotidien : capacité marche, transferts, AVQ · Reprise progressive marche, diminution de la boiterie, autonomie AVQ
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.