Occlusion intestinale aiguë
Arrêt du transit par obstacle mécanique (bride, hernie, tumeur, volvulus) ou fonctionnel. Urgence chirurgicale potentielle, repérée par la tétrade : douleur, vomissements, arrêt des gaz, météorisme.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- 40 000 hospitalisations par an pour occlusion en France, tous types confondus (SNFGE 2019). Les brides et adhérences postopératoires sont l'une des causes les plus fréquentes d'occlusion mécanique du grêle (SNFGE 2019). Les occlusions coliques sont le plus souvent d'origine tumorale, le cancer colorectal en étant une cause fréquente (47 582 nouveaux cas de cancer colorectal en 2023, INCa 2024).
- Âge typique
- Pic chez l'adulte ayant des antécédents de chirurgie abdominale (brides) et après 60 ans (cancer colique, volvulus du sigmoïde). Possible à tout âge en cas de hernie étranglée.
- Mortalité
- Pronostic favorable en cas d'occlusion simple prise en charge précocement. Risque accru en cas de strangulation avec ischémie, de péritonite par perforation ou chez le sujet âgé fragile.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
L'occlusion simple répond souvent au traitement conservateur (aspiration nasogastrique, réhydratation, test à la gastrografine) avec une efficacité décrite dans deux tiers des cas (SNFGE 2019). La strangulation est une urgence chirurgicale absolue. L'absence d'amélioration clinique impose une réévaluation rapide pour avis chirurgical.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
NFS, CRP, ionogramme, créatinine, lactates
Hyperleucocytose à polynucléaires en cas d'inflammation, hémoconcentration, troubles ioniques (hypokaliémie), créatinine élevée si insuffisance rénale fonctionnelle, lactates élevés en cas d'ischémie intestinale.Sur prescription, l'IDE prélève dès l'admission, achemine au laboratoire et transmet sans délai les résultats anormaux. L'IDE alerte le médecin en cas d'élévation rapide des lactates ou d'hyperleucocytose marquée.Scanner abdomino-pelvien avec injection
Examen de référence en cas de suspicion de syndrome occlusif (SNFGE 2019) : confirme l'obstacle, repère le niveau de transition, recherche les signes de strangulation et de perforation.L'IDE prépare la VVP, recueille et trace les éléments de sécurité avant injection iodée selon protocole (allergies, fonction rénale si demandée), accompagne le patient et transmet le compte rendu au chirurgien.Test à la gastrografine sur prescription
Produit de contraste hydrosoluble administré par sonde, qui confirme le franchissement de l'obstacle et favorise sa levée. Efficace dans deux tiers des cas d'occlusion du grêle (SNFGE 2019).L'IDE prépare la solution selon protocole, l'administre par la SNG selon la prescription, surveille la tolérance digestive et trace la reprise des gaz et des selles dans les 24 à 48 heures suivantes.ASP (radiographie de l'abdomen sans préparation)
Niveaux hydroaériques visibles, distension d'amont. Examen moins sensible que le scanner, parfois réalisé en première intention en l'absence de scanner immédiatement disponible.L'IDE accompagne le patient pour la réalisation, vérifie la sécurité du transport, transmet le cliché ou le compte rendu au médecin et alerte en cas d'aggravation clinique : douleur continue, défense, fièvre, vomissements persistants, hypotension.Support
Mesures initiales sur prescriptionJeûne strict, pose d'une VVP, hydratation IV pour compenser les pertes liquidiennes, antalgie et antiémétique sur prescription. Surveillance hémodynamique rapprochée.Dès l'admission
Support
Sonde nasogastrique en aspirationPose sur prescription pour décomprimer le tube digestif et soulager les vomissements. L'IDE pose la sonde, surveille le débit et l'aspect du liquide aspiré, réalise les soins de bouche réguliers et vérifie la position de la sonde.Selon évolution clinique
Actif
Test à la gastrografine sur prescriptionProduit de contraste hydrosoluble qui peut lever l'occlusion dans environ deux tiers des cas d'occlusion du grêle (SNFGE 2019). L'IDE administre selon prescription par la SNG, surveille la tolérance et trace la reprise éventuelle du transit.Selon prescription, surveillance des selles et du transit dans les 24 à 48 heures
Spécialisé
Chirurgie en urgence ou différéeIndiquée en urgence en cas de signes cliniques ou radiologiques de souffrance intestinale ou de signes péritonéaux, ou en différé après échec du traitement non opératoire (SNFGE 2019). Le geste dépend de la cause et de la vitalité intestinale. Antibioprophylaxie péri-opératoire sur prescription selon protocole (SFAR-SPILF 2023). L'IDE prépare le patient, le dossier et les bilans prescrits, et assure la surveillance pré- et postopératoire.Sans délai si strangulation, programmée si échec conservateur
Spécialisé
Geste spécialisé selon la causeVolvulus du sigmoïde : geste endoscopique de détorsion en urgence, puis chirurgie programmée selon décision spécialisée. Cancer colique en occlusion : décompression endoscopique ou chirurgicale selon décision spécialisée. L'IDE prépare le patient et le dossier pour le geste.Selon décision spécialisée
Strangulation et nécrose intestinale
Compression vasculaire d'une anse intestinale (bride, hernie étranglée, volvulus) avec ischémie puis nécrose. Urgence chirurgicale absolue.Prévention
Repérer le passage d'une douleur paroxystique à une douleur continue intense, surveiller la défense, l'apparition d'une fièvre et l'élévation des lactates. Alerter sans délai en cas de signe d'alerte.Signes d'alerte
Douleur continue intense · Défense localisée · Fièvre et tachycardie · Lactates en élévation
Péritonite par perforation
Perforation par nécrose ischémique ou par distension excessive (côlon en amont d'un obstacle). Mortalité élevée.Prévention
Surveiller la défense, le ventre dur, la fièvre élevée et l'état hémodynamique. Alerter en urgence et préparer le patient pour le bloc opératoire selon le circuit du service.Signes d'alerte
Contracture abdominale · Ventre dur à la palpation · Fièvre et choc septique
Choc hypovolémique et insuffisance rénale aiguë
Séquestration liquidienne et vomissements répétés peuvent entraîner une hypovolémie sévère et une insuffisance rénale fonctionnelle.Prévention
Surveiller la diurèse horaire, la PA et la créatinine. Compenser les pertes selon la prescription, alerter en cas d'oligurie persistante.Signes d'alerte
Hypotension · Oligurie · Créatinine en hausse rapide
Inhalation de vomissements
Risque majeur en cas de vomissements abondants, surtout fécaloïdes. Peut entraîner une pneumopathie d'inhalation.Prévention
Installer en proclive latéral si vomissements, vérifier la position et l'efficacité de la SNG, garder le patient à jeun strict.Signes d'alerte
Vomissements abondants ou fécaloïdes · Toux après vomissement · Désaturation
Surveillance prioritaire
Douleur abdominale (caractère et intensité)
À l'accueil, après chaque antalgique, de façon rapprochée pendant la phase aiguë. · Douleur en diminution sous antalgique, EN inférieure ou égale à 3/10 à distance de l'accueil.
Alerte
Transit (gaz, selles) et débit de la SNG
Continue pour la SNG, surveillance pluriquotidienne du transit. · Reprise progressive des gaz puis des selles, diminution progressive du débit de la SNG.
Alerte
Périmètre abdominal et météorisme
Toutes les 8 heures, mesuré à l'ombilic au même repère. · Périmètre stable ou en diminution progressive.
Alerte
État hémodynamique et diurèse
Constantes toutes les heures en phase aiguë, diurèse horaire. · PA stable, FC inférieure à 100/min, diurèse supérieure à 0,5 mL/kg/h.
Alerte
Température et signes infectieux
Toutes les 4 heures en phase aiguë. · Apyrexie (36,5 à 37,5 °C).
Alerte
Biologie sur prescription
Selon prescription, lactates rapprochés si suspicion d'ischémie. · Kaliémie 3,5 à 5,0 mmol/L, créatinine stable par rapport au bilan d'entrée, lactates inférieurs à 2 mmol/L ou en diminution selon le contexte clinique.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.