Pneumonie aiguë communautaire
Infection aiguë du parenchyme pulmonaire acquise en ville, associant fièvre, toux et atteinte respiratoire, dont la gravité s'évalue par le score CRB-65.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- La PAC est un motif fréquent de recours aux urgences et d'hospitalisation en France, avec une incidence saisonnière marquée en période hivernale. Il n'existe pas de registre national dédié à la PAC toutes causes ; Santé publique France surveille les infections respiratoires aiguës (grippe, mycoplasme, pneumocoque) via les réseaux Oscour, SOS Médecins, RENAL et 3Labos.
- Âge typique
- Tout âge, avec une gravité et une fréquence accrues chez les personnes âgées, les nourrissons, les patients porteurs de BPCO, insuffisance cardiaque, diabète, insuffisance rénale ou immunodépression.
- Mortalité
- Pronostic corrélé au terrain (âge, comorbidités), à la gravité initiale (score CRB-65) et à la précocité de l'antibiothérapie. La PAC reste une cause majeure de mortalité infectieuse chez les personnes âgées.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Sous antibiothérapie adaptée, l'amélioration clinique est généralement progressive en 3 à 5 jours. Une fièvre persistante au-delà de 72 heures, une aggravation respiratoire ou une altération de l'état général doivent faire rechercher une complication (pleurésie parapneumonique, sepsis, échec thérapeutique).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Radiographie thoracique
Opacité alvéolaire systématisée (foyer de condensation), parfois épanchement pleural associé ; confirme le foyer pulmonaire avec la clinique.L'IDE prépare le patient et l'installation en respectant la tolérance respiratoire ; l'interprétation relève du médecin.Bilan biologique
Hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles, élévation de la protéine C réactive et de la procalcitonine, ionogramme, créatinine, lactates selon gravité.Prélèvements réalisés sur prescription ; les résultats sont transmis au médecin qui les corrèle à la clinique et au terrain.Saturomètre et gazométrie artérielle
Saturation pulsée en oxygène (SpO2) au repos et à l'effort ; gazométrie si désaturation ou terrain fragile (BPCO, insuffisance respiratoire chronique).L'IDE pose le saturomètre, vérifie la fiabilité du signal et transmet la valeur ; la gazométrie est prélevée sur prescription.Prélèvements microbiologiques
Hémocultures, antigénurie pneumocoque et légionelle, examen cytobactériologique des crachats selon le contexte et la gravité.L'IDE réalise les prélèvements sur prescription, respecte les tubes et délais d'acheminement sans retarder l'antibiothérapie.Actif
Antibiothérapie probabilistePrescrite rapidement par le médecin selon le terrain et la gravité. En 1re intention sans comorbidité : amoxicilline ; en cas de comorbidités : amoxicilline-acide clavulanique ; en cas d'allergie aux pénicillines : pristinamycine (une céphalosporine de 3e génération injectable, ceftriaxone ou céfotaxime, est une option chez le patient avec comorbidités et allergie non grave) ; en cas d'échec à 72 heures : relais par un macrolide (clarithromycine, spiramycine, azithromycine) (HAS 2025). L'IDE administre aux horaires prescrits, vérifie la voie, surveille la tolérance (allergie, digestif, cutané).7 jours maximum, avec possibilité d'arrêt à 5 ou 3 jours si stabilité clinique (HAS 2025)
Support
Oxygénothérapie titréeMise en place sur prescription en cas de désaturation. L'IDE titre le débit pour atteindre la cible de saturation prescrite (94-98 % en l'absence de risque d'hypercapnie, 88-92 % en cas de risque, notamment BPCO).Selon évolution clinique
Actif
Traitement symptomatiqueAntipyrétiques et antalgiques sur prescription pour améliorer le confort et la tolérance. L'IDE surveille l'efficacité et la tolérance, veille à l'hydratation et à l'état nutritionnel.Quelques jours selon symptômes
Support
Kinésithérapie respiratoirePrescrite en cas d'encombrement bronchique, de difficulté d'expectoration ou de terrain fragile. L'IDE coordonne la venue du kinésithérapeute, installe le patient et surveille la tolérance des séances.Selon besoin et prescription
Éducation
Prévention et vaccinationL'IDE éduque sur l'observance complète de l'antibiothérapie, le sevrage tabagique, l'hydratation et insiste sur les vaccinations antipneumococcique et antigrippale recommandées chez les personnes à risque.Pendant l'hospitalisation et à la sortie
Pleurésie parapneumonique
Épanchement pleural associé à la pneumonie, pouvant s'infecter (empyème) et nécessiter un drainage pleural.Prévention
Surveillance de la dyspnée et de la douleur thoracique, réévaluation radiologique en cas d'évolution défavorable.Signes d'alerte
Douleur pleurétique persistante · Dyspnée qui augmente · Fièvre prolongée · Matité et abolition du murmure à l'auscultation
Sepsis et choc septique
Réaction systémique grave à l'infection, avec défaillances d'organes possibles (rénale, hémodynamique, neurologique).Prévention
Repérage précoce des signes de gravité (score CRB-65, critères sepsis), administration rapide de l'antibiothérapie, surveillance rapprochée.Signes d'alerte
Hypotension · Confusion · Tachycardie · Marbrures · Oligurie
Insuffisance respiratoire aiguë et SDRA
L'atteinte pulmonaire peut évoluer vers une hypoxémie sévère imposant un support ventilatoire en réanimation.Prévention
Surveillance rapprochée de la saturation, de la fréquence respiratoire et de la tolérance ; alerte sans délai devant toute aggravation.Signes d'alerte
Polypnée croissante · Désaturation malgré oxygénothérapie · Épuisement respiratoire
Décompensation d'une comorbidité
La PAC peut décompenser une insuffisance cardiaque, une BPCO ou déséquilibrer un diabète.Prévention
Surveillance spécifique du terrain, adaptation des traitements de fond avec le médecin.Signes d'alerte
Œdèmes · Dyspnée de décompensation · Hyperglycémie · Confusion chez le sujet âgé
Surveillance prioritaire
Respiration et oxygénation
Plusieurs fois par jour, renforcée en cas de forme grave ou à l'initiation de l'antibiothérapie · Saturation pulsée en oxygène (SpO2) entre 94 et 98 % en l'absence de risque d'hypercapnie, entre 88 et 92 % en cas de risque ou conforme à la cible prescrite ; fréquence respiratoire inférieure à 25 cycles/min ; dyspnée en diminution, parole plus aisée.
Alerte
État infectieux
Toutes les quatre à six heures en phase aiguë puis adaptée à l'évolution · Température inférieure à 38 °C à 72 heures d'antibiothérapie efficace ; protéine C réactive en diminution ; amélioration de l'état général et reprise de l'appétit.
Alerte
Tolérance de l'antibiothérapie
À chaque administration puis régulièrement · Absence d'effet indésirable cutané (rash), digestif (nausée, diarrhée, colite à Clostridioides difficile), hépatique (transaminases) ou allergique.
Alerte
État neurologique et hémodynamique
Toutes les quatre à six heures en phase aiguë, continue si sepsis · Patient conscient, orienté ; pression artérielle systolique supérieure ou égale à 90 mmHg ; fréquence cardiaque entre 60 et 100/min ; diurèse supérieure ou égale à 0,5 mL/kg/h.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Infections à Mycoplasma pneumoniae en France : point de situation au 24 mars 2024 · Santé publique France · 2024
Choix et durées d'antibiothérapies : pneumonie aiguë communautaire de l'adulte en ambulatoire · HAS · 2025
Actualisation des recommandations de prise en charge des pneumonies aiguës communautaires chez l'adulte · SPILF / SPLF / SRLF / SFM / SFR / SFMU · 2025
Info-antibio n°104 : pneumonie aiguë communautaire (synthèse SPILF) · SPILF · 2025
Item 203 : dyspnée aiguë et chronique · Collège des enseignants de pneumologie (CEP) / SPLF · 2023
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.