Pyélonéphrite Aiguë
Infection bactérienne parenchyme rénal : fièvre, douleur lombaire, infection urinaire haute
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Environ 250 000 cas par an en France, pathologie fréquente surtout chez la femme en âge de procréer
- Âge typique
- Femme jeune 20 à 40 ans (pic), femme enceinte, homme après 50 ans (adénome prostatique)
- Mortalité
- Faible si traitement précoce et adapté. Mortalité nettement augmentée en cas de choc septique urinaire
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Favorable en 48 à 72 h si antibiothérapie adaptée. Apyrexie attendue à J2-J3. Guérison complète en 7 à 14 jours. Risque de récidive fréquent si facteur favorisant non corrigé. Complications rares mais graves : abcès rénal, pyonéphrose, choc septique.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
ECBU (examen cytobactériologique des urines)
Leucocyturie et bactériurie significatives, antibiogramme à 48-72 hPrélever les urines du milieu du jet AVANT toute antibiothérapie, sur prescription médicale. Alerter le médecin si bactériurie significative confirmée. Transmettre l'antibiogramme au médecin pour adaptation du traitement.Hémocultures et bilan biologique (NFS, CRP, créatinine)
Hémocultures si fièvre élevée ou signes de gravité. Hyperleucocytose, CRP élevée, créatinine normale ou augmentéePrélever hémocultures et bilan sur prescription médicale AVANT antibiotiques. Alerter le médecin si créatinine élevée (suspicion IRA) ou hémocultures positives. Transmettre les résultats pour évaluation de la gravité.Bandelette urinaire (BU)
Leucocytes positifs, nitrites positifs (entérobactéries), parfois hématurieRéaliser avant l'ECBU si disponible, sur prescription médicale. Alerter le médecin si leucocytes et nitrites positifs (forte probabilité PNA). Transmettre le résultat immédiatement pour décision antibiotique.Échographie rénale et vésicale
Rein augmenté de volume. Recherche obstacle (calcul, dilatation pyélocalicielle), abcès. Scanner en complément si besoinPréparer le patient pour l'examen. Alerter immédiatement le médecin si dilatation pyélocalicielle confirmée (PNA obstructive : drainage urgent). Transmettre le résultat au médecin référent.Actif
Antibiothérapie probabiliste IV (PNA simple)C3G injectable ou fluoroquinolone en première intention sur prescription médicale. L'IDE prélève l'ECBU avant la première injection et surveille la température toutes les 4 h (apyrexie attendue à J2-J3).48-72 h IV puis relais oral adapté à l'antibiogramme
Actif
Bi-antibiothérapie IV (PNA grave)C3G associée à un aminoside sur prescription médicale. L'IDE surveille la tolérance rénale et auditive de l'aminoside et transmet les résultats biologiques au médecin.Aminoside 48-72 h puis arrêt. Antibiothérapie 10-14 jours au total
Actif
Relais oral selon antibiogrammeAdaptation à 48-72 h selon antibiogramme sur prescription médicale. L'IDE vérifie la tolérance digestive et s'assure de l'observance du traitement oral.PNA simple : 7 jours si fluoroquinolone ou ceftriaxone, 10 jours pour les autres relais oraux (amoxicilline, cotrimoxazole, amoxicilline-acide clavulanique, céfixime). PNA à risque de complication : 10 à 14 jours
Actif
Paracétamol 1 g (antalgique et antipyrétique)Paracétamol 1 g sur prescription médicale. Les AINS sont déconseillés dans la PNA : ils exposent à un risque de complication infectieuse grave.3-5 jours selon évolution
Support
Hydratation abondanteApports hydriques abondants par voie orale si tolérée, sinon perfusion IV sur prescription. L'IDE quantifie la diurèse et surveille les signes de déshydratation.Jusqu'à amélioration clinique
Support
Prise en charge du choc septiqueRemplissage vasculaire par cristalloïdes en urgence sur prescription. Vasopresseurs IVSE si hypotension réfractaire. L'IDE assure le monitorage hémodynamique continu.Selon gravité, en réanimation
Spécialisé
Drainage urinaire en urgence (PNA obstructive ou abcès)Sonde JJ ou néphrostomie percutanée sur décision urologique si obstacle confirmé. L'IDE prépare le patient, le dossier et le matériel de drainage.Temporaire puis traitement de la cause
Choc septique urinaire
Sepsis sévère à point de départ urinaire : hypotension réfractaire, défaillance multi-organes. Prise en charge en réanimation urgentePrévention
Antibiothérapie précoce et adaptée, remplissage vasculaire rapide, transfert en réanimationSignes d'alerte
Hypotension PAS <90 mmHg · Marbrures, extrémités froides · Oligurie persistante · Confusion, agitation
Abcès rénal
Collection purulente intraparenchymateuse. Favorisé par diabète, immunodépression, retard thérapeutiquePrévention
Antibiothérapie adaptée précoce, scanner si fièvre persistante au-delà de 72 h, drainage sur décision médicaleSignes d'alerte
Fièvre persistante malgré antibiothérapie adaptée · Masse lombaire palpable · Collection au scanner injecté
Pyonéphrose (PNA obstructive)
Rétention purulente en amont d'un obstacle (lithiase, tumeur). Urgence vitale nécessitant drainage immédiatPrévention
Échographie dans les 24 h si PNA à risque, drainage urgent sur décision urologique, antibiothérapie IV associéeSignes d'alerte
Fièvre avec dilatation pyélocalicielle à l'échographie · Douleur lombaire intense réfractaire · Sepsis rapidement évolutif
Récidive de pyélonéphrite
Récidive fréquente si facteur favorisant non corrigé (obstacle, reflux, diabète)Prévention
Correction du facteur favorisant, réévaluation clinique à 72 heures (ECBU de contrôle réservé aux évolutions défavorables), antibioprophylaxie sur prescription si récidives multiplesSignes d'alerte
Nouvelle PNA dans les mois suivants · IU basses récidivantes · Facteur favorisant persistant non corrigé
Surveillance prioritaire
Température (courbe thermique)
3-4 fois/jour minimum · Apyrexie (<38 °C) attendue en 48-72 h sous antibiotiques adaptés
Alerte
Douleur lombaire (EVA)
2-3 fois/jour · Amélioration progressive, EVA <3/10 à J3-J5
Alerte
Diurèse et aspect des urines
À chaque miction, quantification /24 h · Diurèse >1,5 L/j, urines progressivement claires
Alerte
Bilan inflammatoire (CRP, NFS)
À J3 puis selon évolution · CRP décroissante (>50 % de baisse à J5), leucocytes se normalisant
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l'adulte : mise au point · SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française) · 2015 (actualisation 2018)
Antibiothérapie des infections urinaires : pyélonéphrite aiguë de la femme · HAS (Haute Autorité de Santé) · 2021
Référentiel néphrologie : infections urinaires hautes · CUEN (Collège Universitaire des Enseignants de Néphrologie) · 2023
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.