Reflux gastro-oesophagien (RGO)
Remontée anormale du contenu acide de l'estomac dans l'oesophage par défaillance du sphincter inférieur de l'oesophage. Pathologie chronique très fréquente, le plus souvent bénigne, mais dont certains signes d'alarme imposent une endoscopie et un avis médical.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Le RGO est l'une des pathologies digestives les plus fréquentes chez l'adulte et l'un des premiers motifs de consultation en gastro-entérologie. La SNFGE indique qu'environ 10 % de la population souffre régulièrement de reflux gastro-oesophagien. Il est favorisé par le surpoids et l'obésité, la grossesse, le tabac, l'alcool, certains aliments et la hernie hiatale (SNFGE).
- Âge typique
- Tout âge adulte, avec une fréquence croissante avec le surpoids et l'avance en âge. Fréquent également pendant la grossesse, notamment au troisième trimestre. Chez les patients de plus de 50 ans, l'apparition de symptômes récents oriente vers une endoscopie de contrôle
- Mortalité
- Le RGO isolé n'est pas une pathologie grave en soi. Sa gravité tient à ses complications évolutives : oesophagite, sténose peptique et endobrachyoesophage (oesophage de Barrett), ce dernier exposant à un risque d'adénocarcinome de l'oesophage justifiant une surveillance endoscopique régulière. Les données françaises de mortalité spécifique au RGO ne sont pas établies dans les sources de référence retenues
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Le RGO typique évolue de façon chronique par périodes, souvent bien contrôlé par les mesures hygiéno-diététiques et, si besoin, les inhibiteurs de la pompe à protons sur prescription. Une partie des patients garde des symptômes gênants au long cours. Le reflux chronique prolongé peut se compliquer d'oesophagite, de sténose peptique ou d'endobrachyoesophage, cette dernière métaplasie exposant à un risque d'adénocarcinome et justifiant une surveillance endoscopique régulière avec un traitement au long cours sur prescription (SNFGE, HAS).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Diagnostic clinique par l'interrogatoire
Devant un pyrosis et des régurgitations typiques sans aucun signe d'alarme, le diagnostic est clinique et aucun examen complémentaire n'est nécessaire (spécificité élevée du pyrosis pour le RGO)L'IDE recueille précisément les symptômes, leur rythme (post-prandial, postural) et surtout la présence ou l'absence de signes d'alarme, puis transmet au médecin. Le diagnostic et la décision d'explorer relèvent du médecin.Fibroscopie oeso-gastro-duodénale (endoscopie haute)
Recherche une oesophagite, une sténose peptique, un endobrachyoesophage ou une autre lésion. Indiquée en cas de signe d'alarme, de symptômes atypiques, d'âge supérieur à 50 ans, de RGO ancien, de résistance au traitement ou avant chirurgie (HAS 2005 ; SNFGE)L'IDE prépare le patient à jeun, pose une VVP pour la sédation si prévue, vérifie les anticoagulants et antiagrégants, transmet le compte rendu au médecin et coordonne le suivi. La fibroscopie est un geste médical réalisé par le gastro-entérologue.pH-métrie oesophagienne
Mesure ambulatoire de l'exposition acide de l'oesophage, réservée aux formes atypiques, aux symptômes persistants avec endoscopie normale ou avant chirurgie anti-reflux (HAS, consensus de Lyon)L'IDE informe le patient sur le déroulement de l'examen et les conditions d'arrêt éventuel des IPP sur prescription avant la mesure, puis transmet le compte rendu au médecin. L'interprétation relève du gastro-entérologue.Éducation
Mesures hygiéno-diététiques en première intentionBase du traitement du RGO. L'IDE éduque le patient à la perte de poids en cas de surpoids, à la surélévation de la tête du lit, au respect d'un délai d'environ 2 à 3 heures entre le repas du soir et le coucher, à la réduction des aliments favorisants, à l'arrêt du tabac et à la réduction de l'alcool. Ces mesures peuvent suffire dans les formes légères (SNFGE).Au long cours
Actif
Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sur prescriptionAntisécrétoires gastriques prescrits en cas de symptômes gênants ou d'oesophagite. L'IDE administre sur prescription, éduque au bon usage (prise avant le repas selon la prescription, ne pas arrêter brutalement, éviter l'automédication prolongée sans avis), vérifie l'observance et transmet la tolérance au médecin.Selon prescription, réévaluée par le médecin
Actif
Antiacides et alginates pour un soulagement ponctuelUtilisés pour un soulagement symptomatique rapide et de courte durée. L'IDE explique leur usage ponctuel après avis, distinct du traitement de fond, et rappelle que des symptômes persistants ou récidivants doivent conduire à revoir le médecin plutôt qu'à prolonger l'automédication.Usage ponctuel
Support
Chirurgie anti-reflux (fundoplicature)Réservée aux formes réfractaires au traitement médical bien conduit ou compliquées, sur décision spécialisée après bilan (endoscopie, pH-métrie). L'IDE prépare le patient sur prescription, l'accompagne dans le parcours et assure la surveillance postopératoire.Décision spécialisée
Support
Surveillance de l'endobrachyoesophageEn cas d'endobrachyoesophage confirmé, une surveillance endoscopique régulière et un traitement au long cours par IPP sur prescription sont mis en place en raison du risque d'adénocarcinome. L'IDE coordonne les rendez-vous de surveillance, recueille les comptes rendus et éduque à l'observance au long cours.Surveillance régulière prolongée
Oesophagite peptique
Inflammation de la muqueuse oesophagienne provoquée par un reflux acide répété. Elle peut se traduire par des douleurs à la déglutition et une majoration des brûlures, et se confirme par endoscopie.Prévention
Éducation IDE aux mesures hygiéno-diététiques et à l'observance des IPP sur prescription, transmission au médecin des symptômes persistants pour endoscopie et adaptation du traitement.Signes d'alerte
Majoration des brûlures rétrosternales · Douleur à la déglutition · Symptômes résistant au traitement
Sténose peptique
Rétrécissement cicatriciel de l'oesophage lié à un reflux chronique et à une oesophagite prolongée, entraînant une dysphagie progressive aux solides.Prévention
Repérage IDE de la dysphagie et transmission au médecin pour endoscopie, éducation à l'observance du traitement de fond sur prescription pour limiter l'évolution du reflux.Signes d'alerte
Dysphagie progressive aux solides · Sensation de blocage alimentaire · Amaigrissement par réduction alimentaire
Endobrachyoesophage (oesophage de Barrett)
Remplacement de la muqueuse oesophagienne normale par une muqueuse de type intestinal (métaplasie) sous l'effet du reflux chronique. Il expose à un risque d'adénocarcinome de l'oesophage et justifie une surveillance endoscopique régulière.Prévention
Coordination IDE de la surveillance endoscopique régulière sur prescription, éducation à l'observance du traitement au long cours par IPP et transmission de tout signe d'alarme au médecin.Signes d'alerte
RGO ancien et chronique · Dysphagie ou amaigrissement récents · Modification ou aggravation des symptômes habituels
Surveillance prioritaire
Efficacité et tolérance du traitement du RGO
À chaque contact et selon prescription lors du suivi · Diminution du pyrosis et des régurgitations, reprise d'un confort alimentaire et d'un sommeil sans réveil par brûlures, bonne tolérance des IPP
Alerte
Repérage des signes d'alarme
À chaque évaluation clinique · Absence de dysphagie, d'amaigrissement, d'anémie, d'hémorragie digestive et de vomissements répétés
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Reflux gastro-oesophagien (RGO) · SNFGE · 2024
Traitement du reflux gastro-oesophagien (RGO) · SNFGE · 2024
Prescription des examens complémentaires dans le reflux gastro-oesophagien chez l'adulte en gastro-entérologie · HAS · 2005
Diagnostic actuel du RGO (consensus de Lyon, Gut 2018) · FMC-HGE POST'U · 2020
Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.