Rhinosinusite aiguë
Inflammation aiguë du nez et des sinus, le plus souvent virale, responsable d’obstruction nasale, de rhinorrhée et de douleur faciale, d’évolution spontanément favorable.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Aucune donnée nationale française robuste d’incidence annuelle n’est disponible dans les recommandations françaises consultées ; la fiche retient uniquement la donnée clinique de majorité virale documentée par les recommandations (SFORL 2009, HAS 2024). La prise en charge est habituellement ambulatoire, en médecine générale ou en cabinet infirmier libéral.
- Âge typique
- Possible à tout âge, avec une fréquence particulière chez l’adulte jeune et l’enfant d’âge scolaire. Les formes pédiatriques et celles du sujet fragile exposent davantage aux complications locales.
- Mortalité
- La mortalité est exceptionnelle dans les formes simples. Le risque principal est la survenue rare d’une complication orbitaire, neurologique ou endocrânienne, qui impose une prise en charge urgente (SFORL 2009).
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
La majorité des formes évoluent favorablement en 7 à 10 jours avec un traitement symptomatique (lavages nasaux, antalgiques). Plus de 98 % des rhinosinusites aiguës sont d’origine virale et moins de 2 % d’origine bactérienne (SFORL 2009). Une persistance au-delà de 10 jours sans amélioration ou une aggravation secondaire après une phase d’amélioration initiale doivent faire évoquer une forme bactérienne ou une complication et imposent une réévaluation médicale (HAS 2024).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Examen clinique ORL
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique : rhinoscopie, palpation des points sinusiens, recherche d’une douleur à l’antéflexion (HAS 2024).Aucun examen paraclinique n’est systématique dans les formes simples. L’IDE contribue au recueil des symptômes, à leur chronologie et au repérage des signes d’alerte.Tomodensitométrie des sinus
Recherche d’une extension locale (cellulite orbitaire, collection) ou d’une complication endocrânienne ; non indiquée dans les formes simples.Examen prescrit par le médecin uniquement si complication suspectée, tableau atypique ou échec de traitement. L’IDE prépare le patient et transmet les conditions du transport.Avis ORL spécialisé
Évaluation spécialisée en cas d’échec du traitement, de récidives, de forme compliquée ou de contexte particulier (immunodépression, origine dentaire).L’IDE facilite l’orientation vers l’ORL, transmet les éléments cliniques utiles et s’assure du suivi du rendez-vous proposé.Support
Lavages nasaux au sérum physiologiqueSoin local de base pour diminuer l’obstruction nasale et favoriser l’évacuation des sécrétions. L’IDE explique et démontre la bonne technique : tête inclinée, narine supérieure en premier, moucher doucement sans forcer.Pendant toute la phase symptomatique
Actif
Antalgique et antipyrétique prescritsParacétamol en 1re intention pour soulager douleur et fièvre selon prescription. L’IDE administre aux horaires prescrits, réévalue l’efficacité et transmet toute douleur insuffisamment soulagée.Selon les symptômes et la prescription
Actif
Vasoconstricteurs nasaux locaux de courte duréeUtilisation strictement limitée à 5 jours sur prescription pour éviter la rhinite médicamenteuse (rebond de congestion). L’IDE rappelle cette durée, vérifie l’arrêt à l’échéance et relaie par les lavages nasaux.5 jours maximum
Actif
Vasoconstricteurs oraux : à éviter (ANSM 2023)Les vasoconstricteurs oraux à base de pseudoéphédrine sont déconseillés par l’ANSM en raison de risques rares mais graves (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, PRES, syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible). Leur dispensation nécessite une ordonnance obligatoire depuis décembre 2024. L’IDE relaie cette information et oriente vers les alternatives (lavages nasaux, hydratation, paracétamol prescrit).À éviter sauf décision médicale dédiée
Actif
Antibiothérapie selon prescription médicaleRéservée aux formes bactériennes définies par le médecin selon les critères SPILF. L’amoxicilline est la molécule de 1re intention dans la sinusite maxillaire ; l’amoxicilline-acide clavulanique est prescrite dans les sinusites frontales, ethmoïdales, sphénoïdales ou d’origine dentaire (HAS 2024). L’IDE administre selon prescription, surveille la tolérance et transmet tout effet indésirable.Selon prescription, habituellement courte
Éducation
Mesures adjuvantes et éducationHydratation, mouchage doux, repos, arrêt du tabac si pertinent et orientation vers tabacologie si besoin. L’IDE rappelle les signes de complication à reconsulter rapidement.Pendant la phase symptomatique et au suivi
Complication orbitaire
Extension de l’infection vers les tissus orbitaires (cellulite, abcès sous-périosté, abcès orbitaire) avec risque de retentissement visuel définitif en cas de retard (SFORL 2009).Prévention
Surveiller les signes oculaires à chaque contact et alerter en urgence dès l’apparition d’un œdème palpébral unilatéral, d’une douleur oculaire, d’une diplopie ou d’une baisse visuelle.Signes d'alerte
Œdème palpébral unilatéral · Douleur oculaire ou à la mobilisation du globe · Diplopie ou baisse visuelle · Rougeur conjonctivale et exophtalmie
Complication neurologique
Extension plus rare vers les méninges ou les structures intracrâniennes (méningite, empyème sous-dural, abcès cérébral, thrombophlébite cérébrale) (SFORL 2009).Prévention
Surveiller les signes neurologiques inhabituels et transmettre sans délai toute céphalée intense, raideur de nuque, photophobie, trouble de conscience ou déficit focal.Signes d'alerte
Céphalée intense inhabituelle · Raideur de nuque · Photophobie et vomissements · Trouble de conscience ou déficit focal
Rhinite médicamenteuse
Congestion nasale de rebond liée à une utilisation prolongée des vasoconstricteurs locaux au-delà de 5 jours.Prévention
Éduquer sur la durée maximale de 5 jours et relayer systématiquement par les lavages nasaux au sérum physiologique.Signes d'alerte
Obstruction nasale qui s’aggrave à l’arrêt du spray · Besoin d’augmenter la fréquence des pulvérisations · Dépendance fonctionnelle au traitement local
Iatrogénie des vasoconstricteurs oraux
Risques rares mais graves signalés par l’ANSM : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, PRES, syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible. Ordonnance obligatoire depuis décembre 2024 (ANSM 2023).Prévention
Ne pas recommander ces molécules en automédication, orienter vers le médecin et proposer les alternatives (lavages nasaux, paracétamol prescrit, hydratation).Signes d'alerte
Céphalée brutale ou inhabituelle · Déficit neurologique focal · Douleur thoracique d’apparition récente · Troubles visuels ou convulsions
Surveillance prioritaire
Évolution des symptômes
À chaque réévaluation clinique ou contact IDE · Amélioration progressive de la douleur, de l’obstruction nasale et de la fièvre en 7 à 10 jours. Température inférieure à 38,5 °C et retour à l’état général habituel.
Alerte
Repérage des complications
À chaque contact clinique · Absence de signe orbitaire, neurologique ou de sepsis : œil indolore et mobile, vigilance conservée, constantes vitales stables.
Alerte
Observance et risques iatrogènes
À chaque contact éducatif · Bonne compréhension des soins locaux et du traitement ; absence de recours aux vasoconstricteurs oraux non prescrits ; durée des vasoconstricteurs locaux respectée (5 jours maximum).
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Choix et durées d’antibiothérapies : sinusite de l’adulte · HAS / SPILF · 2024
Recommandation pour la pratique clinique : rhinosinusites infectieuses aiguës · SFORL · 2009
En cas de rhume, évitez les médicaments vasoconstricteurs par voie orale · ANSM · 2023
Rhume : ordonnance obligatoire pour toute dispensation de médicament à base de pseudoéphédrine · ANSM · 2024
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.