Salpingite et infection génitale haute

Infection de l'utérus et des trompes, liée à une infection sexuellement transmissible ou à l'ascension de la flore vaginale. Parfois peu bruyante, elle expose à l'infertilité et à la grossesse extra-utérine ; observance et traitement du partenaire structurent le rôle infirmier.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Corrigée le le 5 octobre 2026Notre méthode

L'infection génitale haute (IGH) regroupe l'endométrite et la salpingite, qui peuvent coexister, et dans ses formes compliquées l'abcès tubo-ovarien et la pelvipéritonite. Elle suit la perte de la barrière que forme l'endocol : les germes remontent depuis la flore vulvovaginale ou, quand l'origine est exogène, le plus souvent à partir d'une IST. Parfois pauvre en symptômes, elle peut être reconnue tard, alors qu'un retard de traitement est associé à un risque accru de grossesse extra-utérine et d'infertilité tubaire.
Prévalence
Les sources retenues pour cette fiche ne donnent pas d'incidence française de l'IGH. Ses facteurs de risque sont les IST, les manœuvres endo-utérines et les suites d'un avortement ou d'un accouchement (CNGOF, SPILF 2018). L'infection à Chlamydia trachomatis, l'une des IST les plus fréquentes, passe très souvent inaperçue (HAS 2025, Chlamydia). Pour situer cette IST, et non l'IGH : le nombre d'infections à Chlamydia diagnostiquées en secteur privé a plus que doublé entre 2014 et 2021, de 40 700 à 96 900 chez les 15 ans et plus (HAS 2025, d'après le Système national des données de santé).
Âge typique
Femme jeune sexuellement active : chez elle, avoir 25 ans ou moins est un facteur de risque d'IST (CNGOF, SPILF 2018 ; HAS 2024). Hors IST, une IGH peut aussi suivre une manœuvre endo-utérine, un avortement ou un accouchement (CNGOF, SPILF 2018).
Mortalité
Les IGH peuvent être graves et laisser des séquelles (CNGOF, SPILF 2018). Leurs complications à distance sont les douleurs pelviennes chroniques, la grossesse extra-utérine et l'infertilité tubaire ; les formes compliquées (abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite, plus rarement péri-hépatite ou sepsis) se prennent en charge à l'hôpital (HAS 2024). La rupture d'un abcès, une péritonite généralisée ou un choc septique sont des signes de gravité (CNGOF, SPILF 2018).

Précoces

Signes précoces

Forme peu symptomatique ou asymptomatiqueAbsence de plainte ou gêne pelvienne minime : une IGH peut se présenter ainsi, ce qui complique le diagnostic (HAS 2024), et l'infection à Chlamydia passe très souvent inaperçue (HAS 2025, Chlamydia)
Leucorrhées anormalesPertes vaginales modifiées en abondance, couleur ou odeur, parfois malodorantes : signe d'appel à recueillir et transmettre
Douleurs pelviennesDouleur pelvienne spontanée, présente dans la majorité des IGH : elle évolue depuis plus de 4 jours pour le CNGOF et la SPILF (CNGOF, SPILF 2018), depuis 4 jours ou plus pour la HAS (HAS 2024). Même modérée, elle se recueille et se transmet

Évolutifs

Signes évolutifs

Métrorragies et dyspareunieSaignements en dehors des règles, signe associé qui renforce le diagnostic clinique ; douleurs lors des rapports sexuels, à rechercher à l'interrogatoire (CNGOF, SPILF 2018)
Fièvre inconstanteLa fièvre renforce le diagnostic, mais ce sont les douleurs provoquées à l'examen qui le fondent (CNGOF, SPILF 2018) : une patiente sans fièvre peut avoir une IGH, la température se surveille et se transmet
Douleur à la mobilisation utérine et annexielleDouleur annexielle provoquée ou douleur à la mobilisation utérine lors de l'examen pelvien du médecin ou de la sage-femme : ce sont les signes qui permettent le diagnostic positif (CNGOF, SPILF 2018)
Douleur de l'hypochondre droitDouleur en hypochondre droit, à rechercher à l'interrogatoire devant une suspicion d'IGH (CNGOF, SPILF 2018) : la recueillir et la transmettre au médecin

Gravité

Signes de gravité

Douleur intense, défense ou syndrome rectalUne douleur hyperalgique avec défense fait craindre un abcès tubo-ovarien ou une pelvipéritonite : surveiller les constantes et alerter le médecin sans délai. Associée à un syndrome rectal, la douleur pelvienne fait penser à un abcès du Douglas compliquant l'IGH (CNGOF, SPILF 2018)
Frissons et signes de sepsisFrissons, tachycardie, hypotension ou marbrures font craindre un sepsis : surveiller les constantes et alerter le médecin sans délai. Le choc septique figure parmi les signes de gravité des IGH compliquées (CNGOF, SPILF 2018)

Mécanisme

Perte de la barrière que forme l'endocol, qui laisse passer les germes vers l'utérus (HAS 2024)
Deux origines possibles : endogène, par ascension de la flore vulvovaginale, ou exogène, le plus souvent par une IST à Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae ou Mycoplasma genitalium (HAS 2024 ; CNGOF, SPILF 2018)
Infection de l'endomètre (endométrite) et des trompes (salpingite), souvent polymicrobienne : agents d'IST, streptocoques, staphylocoques, entérobactéries dont Escherichia coli, et anaérobies de la flore vaginale dont le rôle, discuté, est néanmoins pris en compte par l'antibiothérapie (HAS 2024)
Inflammation et lésions de la muqueuse tubaire, avec risque d'obstruction et de cicatrices altérant la fonction des trompes
Extension possible vers l'ovaire et le pelvis (abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite) dans les formes compliquées

Conséquences

Présentation parfois asymptomatique ou paucisymptomatique, qui rend le diagnostic difficile (HAS 2024)
Douleurs pelviennes, leucorrhées anormales, métrorragies, dyspareunie, parfois troubles du transit, quand les signes sont présents (HAS 2024)
Lésions tubaires cicatricielles à l'origine d'une infertilité et d'un risque accru de grossesse extra-utérine
Formes compliquées : abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite, plus rarement péri-hépatite ou sepsis (HAS 2024)

Évolution

Dans les IGH non compliquées, l'antibiothérapie obtient 80 à 90 % de guérison (CNGOF, SPILF 2018). Le retard thérapeutique est associé à un risque accru de grossesse extra-utérine et d'infertilité tubaire ; 15 à 21 % des femmes font une récidive, en bonne part par réinfection, et ces récidives majorent le risque de douleurs pelviennes chroniques comme d'infertilité (CNGOF, SPILF 2018). Les formes compliquées se prennent en charge à l'hôpital (HAS 2024).
Âge de 25 ans ou moins chez une femme sexuellement active : facteur de risque d'IST (CNGOF, SPILF 2018)
Deux partenaires ou plus sur l'année, partenaire récemment changé, ou partenaire chez qui une IST a été diagnostiquée (CNGOF, SPILF 2018)
Antécédent d'IST (CNGOF, SPILF 2018) ; après une IGH, 15 à 21 % des femmes font une récidive, liée en bonne part à une réinfection (CNGOF, SPILF 2018)
Manœuvres endo-utérines, suites d'un avortement ou d'un accouchement (CNGOF, SPILF 2018)
Nuance sur les gestes : le risque d'IGH après la pose d'un dispositif intra-utérin est inférieur à 1 % · et il est faible après une hystéroscopie (CNGOF · SPILF 2018)

Critères diagnostiques

Diagnostic clinique (HAS 2024) : douleur pelvienne spontanée, et à l'examen médical une douleur provoquée au niveau des annexes ou lors de la mobilisation de l'utérus, signes qui permettent le diagnostic positif (CNGOF, SPILF 2018)
Signes associés qui renforcent le diagnostic sans être exigés : fièvre, leucorrhées, métrorragies (CNGOF, SPILF 2018)
Contexte évocateur : IST ou facteur de risque d'IST, manœuvre endo-utérine, suites d'un avortement ou d'un accouchement (CNGOF, SPILF 2018)
Prélèvements de l'endocol sous spéculum, à défaut vaginaux : positifs, ils appuient le diagnostic ; négatifs, ils ne l'excluent pas (CNGOF, SPILF 2018)
Recherche d'une forme compliquée ou d'un autre diagnostic par l'échographie pelvienne ; en cas de difficulté, le scanner abdomino-pelvien injecté aide à distinguer une cause urinaire, digestive ou gynécologique (CNGOF, SPILF 2018)
Bilan associé : CRP et leucocytes, dépistage des autres IST (VIH, hépatites B et C, syphilis) et test de grossesse (HAS 2024)

Diagnostic différentiel

Grossesse extra-utérine : test de grossesse positif, douleur latéralisée et saignements de début de grossesse, urgence à éliminer en priorité
Appendicite : douleur de la fosse iliaque droite, syndrome inflammatoire, souvent sans leucorrhées ni contexte d'IST
Torsion d'annexe : douleur brutale et intense, souvent unilatérale, sans fièvre ni leucorrhées au premier plan
Kyste ovarien compliqué : douleur pelvienne aiguë avec masse annexielle à l'échographie, hors contexte infectieux ascendant
Endométriose : douleurs pelviennes chroniques et dysménorrhée évoluant depuis longtemps, sans syndrome infectieux
Infection urinaire : brûlures mictionnelles et pollakiurie, bandelette et ECBU orientant vers l'appareil urinaire

Examens complémentaires

Prélèvement de l'endocol pour examen direct, culture et TAAN

Examen direct, culture avec antibiogramme, et recherche de Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis et Mycoplasma genitalium par test d'amplification des acides nucléiques (TAAN) ; à défaut de spéculum, la recherche par TAAN se fait sur un prélèvement vaginal (HAS 2024). Des résultats positifs appuient le diagnostic, des résultats négatifs ne l'excluent pas (CNGOF, SPILF 2018)Le prélèvement de l'endocol au spéculum se fait selon la prescription. L'IDE prépare le matériel et la patiente, participe au prélèvement selon la prescription et l'organisation du service, identifie et achemine les prélèvements au laboratoire, puis transmet les résultats au médecin. Ni l'analyse ni l'interprétation microbiologique ne relèvent de l'IDE.

Numération formule sanguine et protéine C réactive

Marqueurs de l'inflammation (HAS 2024). Une hyperleucocytose avec une CRP élevée fait évoquer une forme compliquée ou un autre diagnostic comme l'appendicite ; des valeurs normales n'éliminent pas l'IGH (CNGOF, SPILF 2018)L'IDE prélève sur prescription, achemine au laboratoire et transmet les résultats au médecin, qui les interprète avec la clinique.

Dépistage des autres IST

Sérologies du VIH, de l'hépatite C, de l'hépatite B et de la syphilis, inscrites par la HAS parmi les examens complémentaires de l'IGH non compliquée (HAS 2024). Pour une IGH liée à une IST, le CNGOF et la SPILF recommandent de dépister le VIH, l'hépatite B et la syphilis chez la patiente et chez son ou ses partenaires (CNGOF, SPILF 2018). Pour la patiente, la liste de la HAS, postérieure de six ans, prime par sa date et comprend l'hépatite C ; le dépistage des partenaires est porté par le texte de 2018L'IDE prélève sur prescription, informe la patiente du sens de ces dépistages et recueille son consentement, achemine au laboratoire et transmet les résultats au médecin. Elle peut aussi prescrire elle-même les tests de dépistage du VIH, des hépatites B et C, de la syphilis, de la chlamydia et du gonocoque, que lui ouvre l'arrêté du 26 juin 2026 sur les prescriptions infirmières ; le diagnostic d'IGH, l'antibiothérapie et la décision d'hospitalisation restent médicaux. Toute sérologie positive est transmise au médecin pour annonce et prise en charge adaptée.

Échographie pelvienne

Recherche d'une collection évoquant une forme compliquée, ou d'un autre diagnostic. Le CNGOF et la SPILF la jugent peu sensible et peu spécifique pour affirmer une IGH non compliquée (CNGOF, SPILF 2018) ; la HAS retient qu'en ambulatoire, associée au tableau clinique, elle contribue au diagnostic (HAS 2024). La HAS prime ici pour deux raisons : sa fiche est postérieure de six ans et vise précisément la prise en charge ambulatoire de l'IGH non compliquée ; elle ne donne d'ailleurs à l'échographie qu'un rôle associé à la clinique, ce qui reste compatible avec la faible sensibilité relevée en 2018. Les deux s'accordent : son attente ne retarde pas l'antibiothérapie (CNGOF, SPILF 2018 ; HAS 2024)L'IDE prépare et accompagne la patiente à l'examen, transmet le compte rendu au médecin. Tout signe de forme compliquée (collection, abcès) est transmis prioritairement au médecin pour décision d'hospitalisation.

Test de grossesse (bêta-HCG)

Recherche d'une grossesse, pour écarter une grossesse intra-utérine comme une grossesse extra-utérine (HAS 2024)L'IDE réalise le test selon la prescription et transmet le résultat au médecin. Devant des douleurs pelviennes ou des saignements avec une grossesse connue, méconnue ou suspectée, la HAS demande d'évoquer une grossesse de localisation incertaine (HAS 2019) : un test positif dans ce contexte est transmis au médecin, qui recherche une grossesse extra-utérine.

Cœlioscopie

Non recommandée dans le seul but d'affirmer une IGH (CNGOF, SPILF 2018). Elle intervient dans le traitement des formes compliquées : drainage d'un abcès quand la ponction guidée par l'imagerie n'est pas retenue, chirurgie en présence de signes de gravité, avec prélèvements des collections (CNGOF, SPILF 2018)La cœlioscopie est un geste médico-chirurgical. L'IDE prépare la patiente, participe à la surveillance péri-opératoire et à la traçabilité. L'indication relève du chirurgien.

Actif

Antibiothérapie probabiliste de première intention (sur prescription)Elle débute dès que l'IGH est suspectée, une fois les prélèvements microbiologiques réalisés, sans attendre leurs résultats ni ceux de l'échographie ; pour une forme simple, elle se conduit en ambulatoire et associe une injection intramusculaire unique de ceftriaxone à la doxycycline et au métronidazole par voie orale (HAS 2024). Ce schéma couvre gonocoque, Chlamydia et anaérobies, ainsi que, sur 24 à 48 h, bacilles à Gram négatif et streptocoques (CNGOF, SPILF 2018). Il est au moins partiellement efficace contre Mycoplasma genitalium (HAS 2025, Mycoplasma genitalium). La présence de gonocoque ou de Mycoplasma genitalium aux prélèvements impose de vérifier la cohérence du schéma initial (CNGOF, SPILF 2018). Une IGH documentée à Mycoplasma genitalium seul relève d'un avis spécialisé, notamment pour la moxifloxacine (HAS 2024), que la HAS retient en relais (HAS 2025, Mycoplasma genitalium) ; si les symptômes ont disparu, traiter ce germe ou refaire un prélèvement de contrôle n'a pas d'intérêt (HAS 2025, Mycoplasma genitalium). L'IDE administre sur prescription, surveille la tolérance et trace l'administration.

10 jours de doxycycline et de métronidazole pour la forme non compliquée (HAS 2024) ; 14 jours au total pour une forme compliquée, avec une prolongation possible à 21 jours selon l'évolution (CNGOF, SPILF 2018) ; pour la doxycycline, la HAS retient 14 jours dans les IGH à Chlamydia sévères nécessitant une hospitalisation (HAS 2025, Chlamydia trachomatis)

Support

Suivi entre le 3e et le 5e jourLe suivi à J3-J5 contrôle l'évolution des signes, la tolérance et la régularité des prises, l'antibiothérapie est réévaluée au vu des résultats microbiologiques et la vaccination contre l'hépatite B est proposée et prescrite (HAS 2024). Un rappel individualisé, par SMS par exemple, améliore la venue à ce contrôle (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE surveille la douleur, la fièvre et les leucorrhées, recueille l'observance et transmet au médecin en vue de ce suivi.

Contrôle à J3-J5, puis selon prescription

Éducation

Traitement du ou des partenaires et dépistage ISTPour une IGH liée à une IST, le CNGOF et la SPILF prévoient pour le ou les partenaires un antibiotique ciblant l'IST retrouvée chez la patiente (grade B) et le dépistage des autres IST (CNGOF, SPILF 2018). Pour une infection à Chlamydia, la HAS demande que la patiente prévienne systématiquement ses partenaires des 6 derniers mois ; ils sont évalués par un médecin et testés, traités si le test est positif (grade C), et un traitement leur est proposé quel que soit le résultat si le dernier rapport à risque date de moins de 14 jours (HAS 2025, Chlamydia). Les deux textes divergent sur le traitement du partenaire, systématique pour l'un, guidé par le test pour l'autre, sans qu'aucun ne l'emporte : le premier vise l'IGH liée à une IST, le second, plus récent, toute infection à Chlamydia. L'IDE explique l'enjeu de la réinfection et oriente vers une consultation dédiée, dont les CeGIDD, lieux de dépistage préconisés par la HAS (HAS 2018), dans une posture non jugeante et confidentielle.

Concomitant au traitement de la patiente

Éducation

Abstinence ou préservatifPour une infection à Chlamydia, la HAS recommande l'abstinence ou le préservatif tant que les symptômes persistent et tant que la doxycycline n'est pas terminée (HAS 2025, Chlamydia, avis d'experts). Après une IGH associée à une IST, le préservatif reste recommandé tant que persistent des facteurs de risque d'IST, pour réduire récidives et séquelles (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE reformule ce message avec la patiente et vérifie sa compréhension.

Infection à Chlamydia : jusqu'à la fin de la doxycycline et la disparition des symptômes (HAS 2025, Chlamydia) ; IGH liée à une IST : préservatif tant que persistent des facteurs de risque d'IST (CNGOF, SPILF 2018)

Support

Hospitalisation : formes intermédiaires et compliquéesDoute sur le diagnostic, symptômes intenses, antibiotiques impossibles à prendre par la bouche, échec d'un premier traitement ou détresse psychosociale conduisent à une hospitalisation (CNGOF, SPILF 2018) ; la HAS range ces situations parmi les critères de recours, parle de détresse psychologique et y ajoute la grossesse en cours (HAS 2024). Les formes compliquées nécessitent une intervention : un abcès tubo-ovarien de plus de 3 à 4 cm se draine, de préférence par ponction guidée par l'imagerie (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE repère ces situations, surveille les constantes et transmet au médecin pour décision d'orientation.

Selon la gravité et l'évolution

Support

Discussion du retrait d'un dispositif intra-utérinDans une IGH non compliquée, le retrait du dispositif intra-utérin ne s'impose pas systématiquement ; il se discute dans les formes compliquées ou si l'évolution est mauvaise entre le 3e et le 5e jour d'antibiotiques (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE recueille l'information sur le dispositif et la transmet, sans décider de son retrait.

Décision médicale au cas par cas

Infertilité tubaire

Séquelle majeure de l'IGH : les lésions cicatricielles des trompes altèrent leur perméabilité et peuvent compromettre la fertilité. Le retard thérapeutique est associé à un risque accru d'infertilité tubaire, et les récidives augmentent ce risque (CNGOF, SPILF 2018).

Prévention

Éducation IDE à l'observance de l'antibiothérapie complète, au traitement du partenaire et à la prévention des IST. Après une IGH liée à une IST, le CNGOF et la SPILF recommandent une recherche par TAAN, 3 à 6 mois après le traitement, sur un prélèvement vaginal, pour dépister une infection persistante ou une réinfection (CNGOF, SPILF 2018) ; la HAS parle d'un prélèvement bactériologique vaginal de contrôle dans le même délai (HAS 2024). Pour une infection à Chlamydia, la HAS ne recommande pas de TAAN systématique pour contrôler la guérison (grade A) : ce contrôle, fait à 4 semaines de la fin du traitement, se limite à quelques situations comme la grossesse ou des symptômes qui persistent, tandis qu'un TAAN refait entre 3 et 6 mois après le traitement sert à dépister une réinfection (HAS 2025, Chlamydia). Hors épisode, la HAS recommande un dépistage opportuniste systématique du Chlamydia entre 15 et 25 ans inclus, chez les femmes ayant une activité sexuelle (HAS 2018).

Signes d'alerte

Antécédent d'IGH ou d'IST répétées · Douleurs pelviennes persistantes · Difficulté à concevoir signalée par la patiente

Grossesse extra-utérine

Les lésions tubaires séquellaires augmentent le risque de grossesse extra-utérine lors des grossesses ultérieures, urgence gynécologique à repérer précocement. Le retard thérapeutique est associé à un risque accru de grossesse extra-utérine (CNGOF, SPILF 2018).

Prévention

Une femme qui souhaite concevoir après une IGH doit être prévenue du risque de grossesse extra-utérine et des signes qui doivent la faire consulter (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE l'informe, l'incite à consulter en cas de retard de règles associé à des douleurs ou à des saignements, et se coordonne avec le médecin.

Signes d'alerte

Retard de règles avec test de grossesse positif · Douleur pelvienne latéralisée · Saignements de début de grossesse

Douleurs pelviennes chroniques

Complication reconnue de l'IGH (HAS 2024), dont les récidives augmentent le risque (CNGOF, SPILF 2018) ; ces douleurs peuvent devenir invalidantes et retentir sur la qualité de vie et la sexualité.

Prévention

Éducation IDE au traitement complet et au suivi, écoute de la patiente et orientation vers le médecin en cas de douleurs persistantes après la guérison de l'épisode aigu.

Signes d'alerte

Douleurs pelviennes au-delà de l'épisode aigu · Dyspareunie persistante · Retentissement sur la vie quotidienne

Abcès tubo-ovarien et pelvipéritonite

Formes compliquées de l'IGH marquées par une collection annexielle ou une infection du péritoine pelvien, prises en charge à l'hôpital (HAS 2024) ; l'abcès volumineux se draine et les signes de gravité font envisager rapidement la chirurgie (CNGOF, SPILF 2018).

Prévention

Repérage IDE des signes de gravité (douleur intense, fièvre élevée, altération de l'état général), surveillance des constantes et alerte médicale pour décision d'hospitalisation.

Signes d'alerte

Douleur pelvienne intense avec défense · Fièvre élevée et frissons · Absence d'amélioration ou aggravation sous traitement

Comprendre la maladie sans culpabiliser : expliquer que l'IGH peut être liée à une IST et que, dans les formes non compliquées, l'antibiothérapie guérit 80 à 90 % des patientes (CNGOF, SPILF 2018), dans une posture non jugeante
Prendre l'antibiothérapie en totalité : reformuler avec la patiente l'importance de poursuivre le traitement jusqu'au bout même si les symptômes disparaissent, pour prévenir les séquelles et les récidives
Associer le partenaire à la prise en charge : accompagner la patiente pour qu'elle prévienne son ou ses partenaires afin qu'ils soient évalués, dépistés et, selon la prescription, traités, pour éviter la réinfection
Protéger les rapports : pour une infection à Chlamydia, abstinence ou préservatif jusqu'à la fin de la doxycycline et la disparition des symptômes (HAS 2025, Chlamydia) ; après une IGH liée à une IST, préservatif tant que persistent des facteurs de risque d'IST (CNGOF, SPILF 2018)
Se faire dépister pour les autres IST : expliquer le sens des sérologies du VIH, des hépatites B et C et de la syphilis, et du contrôle par prélèvement vaginal 3 à 6 mois après une IGH associée à une IST (HAS 2024)
Reconnaître les signes qui doivent faire reconsulter : douleur qui s'aggrave, fièvre, malaise ou absence d'amélioration, en précisant vers qui se tourner et dans quels délais ; en cas de projet de grossesse, retard de règles avec douleurs ou saignements

Surveillance prioritaire

Douleur pelvienne et évolution des leucorrhées

À chaque contact et lors de la réévaluation à J3-J5 sur prescription · Diminution attendue de la douleur et des leucorrhées sous traitement bien conduit ; toute aggravation ou absence d'amélioration à J3-J5 est transmise au médecin

Alerte

Douleur qui s'intensifie ou devient hyperalgique avec défense : alerter le médecin sans délai (suspicion d'abcès ou de pelvipéritonite)Persistance ou aggravation des symptômes à la réévaluation à J3-J5 : transmettre au médecin pour réévaluation de la prise en chargeApparition de leucorrhées abondantes ou malodorantes nouvelles : recueillir et transmettre au médecin

Température et état hémodynamique

Selon prescription, plus rapprochée en cas de forme fébrile ou de doute de complication · Disparition de la fièvre et constantes stables attendues sous traitement ; fièvre persistante, frissons, tachycardie ou hypotension sont transmis au médecin

Alerte

Fièvre avec frissons, ou fièvre qui persiste sous antibiotiques : surveiller les constantes et alerter le médecinTachycardie persistante ou hypotension : signes possibles de forme compliquée ou de sepsis, à transmettre au médecinAltération de l'état général, marbrures ou confusion : déclencher la procédure d'urgence de l'établissement et alerter le médecin

Observance de l'antibiothérapie et traitement du partenaire

À chaque contact tout au long du traitement · Antibiothérapie prise en totalité jusqu'au terme prescrit, partenaire prévenu, évalué et dépisté, traité selon la prescription ; pour une infection à Chlamydia, abstinence ou préservatif jusqu'à la fin de la doxycycline et la disparition des symptômes (HAS 2025, Chlamydia) ; tout écart est repéré et transmis au médecin

Alerte

Arrêt prématuré ou prises oubliées de l'antibiothérapie : renforcer l'éducation à l'observance et signaler au médecinPartenaire non prévenu ou non évalué : réexpliquer le risque de réinfection et orienter vers une consultationRapports sans préservatif pendant le traitement d'une infection à Chlamydia : reformuler la prévention et vérifier la compréhension

Rôle IDE détaillé

Recueillir les signes d'appel chez une femme jeune : douleurs pelviennes même modérées, leucorrhées anormales, métrorragies, dyspareunie, sans les banaliser
Rechercher le contexte à risque : antécédent d'IST ou d'IGH, plusieurs partenaires sur l'année ou partenaire récemment changé, manœuvre endo-utérine, suites d'un avortement ou d'un accouchement, présence d'un dispositif intra-utérin
Évaluer la douleur, la température et l'état général pour repérer une forme compliquée ou un sepsis débutant
Recueillir la situation de santé sexuelle et le contexte psychosocial dans une posture d'écoute confidentielle et non jugeante : une détresse psychosociale fait partie des motifs d'hospitalisation (CNGOF, SPILF 2018)

Références

Choix et durées d'antibiothérapie dans les infections génitales hautes non compliquées · HAS · 2024

Les infections génitales hautes : mise à jour des recommandations pour la pratique clinique (texte court) · CNGOF, SPILF · 2018

Traitement curatif des personnes infectées par Chlamydia trachomatis (recommandation validée par le Collège le 10 avril 2025) · HAS · 2025

Réévaluation de la stratégie de dépistage des infections à Chlamydia trachomatis (synthèse de la recommandation en santé publique) · HAS · 2018

Traitement curatif des personnes infectées par Mycoplasma genitalium (recommandation validée par le Collège le 10 avril 2025) · HAS · 2025

Grossesse de localisation inhabituelle : à repérer précocement (article mis à jour le 12 juin 2019) · HAS · 2019

Arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des produits de santé et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d'État sont autorisés à prescrire ou à renouveler (rubrique santé sexuelle : tests de dépistage du VIH, des hépatites B et C, de la syphilis, de la chlamydia et du gonocoque) · Légifrance · 2026

Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.