Salpingite et infection génitale haute
Infection ascendante de l'utérus et des trompes chez la femme jeune, souvent liée à une IST (Chlamydia, gonocoque). Peu bruyante, elle expose à des séquelles (infertilité, grossesse extra-utérine). Prélèvements sur prescription et traitement du partenaire structurent le rôle IDE.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- L'IGH concerne surtout la femme jeune et sexuellement active. Une grande partie des cas sont asymptomatiques ou paucisymptomatiques, notamment dans les infections à Chlamydia trachomatis, ce qui explique un diagnostic souvent retardé. En France, la surveillance des IST à Chlamydia et gonocoque repose sur Santé publique France, qui rapporte une progression continue de ces infections chez les jeunes adultes (Santé publique France).
- Âge typique
- Femme jeune en âge de procréer, le plus souvent entre 15 et 35 ans, sexuellement active. Le risque diminue après la ménopause en dehors de gestes endo-utérins.
- Mortalité
- Le pronostic vital est rarement engagé. La gravité de l'IGH tient surtout à ses séquelles : infertilité tubaire, grossesse extra-utérine et douleurs pelviennes chroniques. Les formes compliquées (abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite) restent plus rares mais imposent une prise en charge hospitalière (CNGOF, SPILF 2018).
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Traitée précocement par une antibiothérapie complète et associée au traitement du partenaire, l'IGH non compliquée guérit le plus souvent sans séquelle. Diagnostiquée tardivement ou mal traitée, elle expose à l'infertilité tubaire, à la grossesse extra-utérine, aux douleurs pelviennes chroniques et à la récidive. Les formes compliquées relèvent d'une prise en charge hospitalière (CNGOF, SPILF 2018).Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Prélèvement de l'endocol pour examen direct, culture et PCR
PCR Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae et Mycoplasma genitalium ; examen direct et culture avec antibiogramme du gonocoque. Identifie le ou les germes responsables et guide l'adaptation de l'antibiothérapieLe prélèvement de l'endocol au spéculum est réalisé par le médecin ou la sage-femme selon l'organisation. L'IDE prépare le matériel et la patiente, assiste le geste, identifie et achemine les prélèvements au laboratoire, puis transmet les résultats au médecin. Ni l'analyse ni l'interprétation microbiologique ne relèvent de l'IDE.Dépistage des autres IST
Sérologies VIH, hépatites B et C et syphilis (TPHA-VDRL), proposées systématiquement devant une IGH pour rechercher une co-infection (CNGOF, SPILF 2018)L'IDE prélève sur prescription, informe la patiente du sens de ces dépistages et recueille son consentement, achemine au laboratoire et transmet les résultats au médecin. Toute sérologie positive est transmise au médecin pour annonce et prise en charge adaptée.Échographie pelvienne
Recherche d'un abcès tubo-ovarien, d'un épanchement pelvien ou d'une collection ; utile pour distinguer une forme non compliquée d'une forme compliquéeL'IDE prépare et accompagne la patiente à l'examen, transmet le compte rendu au médecin. Tout signe de forme compliquée (abcès, épanchement) est transmis prioritairement au médecin pour décision d'hospitalisation.Test de grossesse (bêta-HCG)
Recherche d'une grossesse associée, indispensable devant des douleurs pelviennes chez une femme en âge de procréer et pour éliminer une grossesse extra-utérineL'IDE réalise le test sur prescription ou selon protocole et transmet le résultat au médecin. Un test positif dans un contexte de douleur pelvienne impose de transmettre sans délai au médecin pour éliminer une grossesse extra-utérine.Coelioscopie
Exploration chirurgicale du pelvis confirmant le diagnostic, précisant l'atteinte tubaire et permettant des prélèvements ; réservée aux cas de doute diagnostique ou de forme compliquéeLa coelioscopie est un geste médico-chirurgical. L'IDE prépare la patiente, participe à la surveillance péri-opératoire et à la traçabilité. Le diagnostic et l'indication relèvent du chirurgien.Actif
Antibiothérapie probabiliste de première ligne (sur prescription)Le traitement de la forme non compliquée associe une céphalosporine (ceftriaxone), un cycline (doxycycline) et un imidazolé (métronidazole) pour couvrir gonocoque, Chlamydia, Mycoplasma genitalium et anaérobies (HAS 2024, CNGOF, SPILF 2018). L'IDE administre sur prescription, surveille la tolérance et trace l'administration, sans définir molécule ni posologie.Antibiothérapie complète, en général 10 jours selon prescription
Support
Réévaluation clinique à 3 à 5 joursUne réévaluation systématique à J3-J5 vérifie l'évolution des douleurs, la tolérance et l'observance, puis l'antibiothérapie est adaptée aux résultats microbiologiques (HAS 2024). L'IDE surveille la douleur, la fièvre et les leucorrhées, recueille l'observance et transmet au médecin en vue de cette réévaluation.Contrôle à J3-J5, puis selon prescription
Éducation
Traitement du ou des partenaires et dépistage ISTLe traitement du ou des partenaires et le dépistage des autres IST font partie intégrante de la prise en charge pour éviter la réinfection. L'IDE explique à la patiente l'importance d'informer le ou les partenaires, oriente vers une consultation dédiée et un dépistage, dans une posture non jugeante et confidentielle.Concomitant au traitement de la patiente
Éducation
Abstinence ou préservatif pendant le traitementLes rapports sont à protéger par préservatif ou suspendus le temps du traitement de la patiente et du partenaire, pour éviter la recontamination. L'IDE reformule ce message avec la patiente et vérifie sa compréhension.Toute la durée du traitement
Support
Prise en charge hospitalière des formes compliquéesLes formes compliquées (abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite), le doute diagnostique, l'hyperalgie, l'impossibilité de prise orale, l'échec à J3-J5, la grossesse ou une détresse psychosociale conduisent à une hospitalisation (CNGOF, SPILF 2018). L'IDE repère ces situations, surveille les constantes et transmet au médecin pour décision d'orientation.Selon la gravité et l'évolution
Support
Discussion du retrait d'un dispositif intra-utérinEn présence d'un dispositif intra-utérin, son retrait est discuté au cas par cas par le médecin selon l'évolution sous traitement. L'IDE recueille l'information sur le dispositif et la transmet, sans décider de son retrait.Décision médicale au cas par cas
Infertilité tubaire
Séquelle majeure de l'IGH : les lésions cicatricielles des trompes altèrent leur perméabilité et peuvent compromettre la fertilité, d'autant plus que le diagnostic a été tardif ou les épisodes répétés.Prévention
Éducation IDE à l'observance de l'antibiothérapie complète, au traitement du partenaire et à la prévention des IST, orientation vers le dépistage régulier chez la femme jeune sur prescription.Signes d'alerte
Antécédent d'IGH ou d'IST répétées · Douleurs pelviennes persistantes · Difficulté à concevoir signalée par la patiente
Grossesse extra-utérine
Les lésions tubaires séquellaires augmentent le risque de grossesse extra-utérine lors des grossesses ultérieures, urgence gynécologique à repérer précocement.Prévention
Information IDE de la patiente sur ce risque, incitation à consulter rapidement en cas de retard de règles associé à des douleurs ou saignements, coordination avec le médecin.Signes d'alerte
Retard de règles avec test de grossesse positif · Douleur pelvienne latéralisée · Saignements de début de grossesse
Douleurs pelviennes chroniques
Une IGH mal traitée ou récidivante peut laisser des douleurs pelviennes chroniques invalidantes, retentissant sur la qualité de vie et la sexualité.Prévention
Éducation IDE au traitement complet et au suivi, écoute de la patiente et orientation vers le médecin en cas de douleurs persistantes après la guérison de l'épisode aigu.Signes d'alerte
Douleurs pelviennes au-delà de l'épisode aigu · Dyspareunie persistante · Retentissement sur la vie quotidienne
Abcès tubo-ovarien et pelvipéritonite
Formes compliquées de l'IGH marquées par une collection annexielle ou une infection du péritoine pelvien, imposant une prise en charge hospitalière, parfois chirurgicale.Prévention
Repérage IDE des signes de gravité (douleur intense, fièvre élevée, altération de l'état général), surveillance des constantes et alerte médicale sans délai pour décision d'hospitalisation.Signes d'alerte
Douleur pelvienne intense avec défense · Fièvre élevée et frissons · Absence d'amélioration ou aggravation sous traitement
Surveillance prioritaire
Douleur pelvienne et évolution des leucorrhées
À chaque contact et lors de la réévaluation à J3-J5 sur prescription · Diminution attendue de la douleur et des leucorrhées sous traitement bien conduit ; toute aggravation ou absence d'amélioration à J3-J5 est transmise au médecin
Alerte
Température et état hémodynamique
Selon prescription, plus rapprochée en cas de forme fébrile ou de doute de complication · Température inférieure à 38,5 °C, fréquence cardiaque inférieure à 100 bpm, pression artérielle stable ; fièvre élevée, tachycardie ou hypotension sont transmises sans délai
Alerte
Observance de l'antibiothérapie et traitement du partenaire
À chaque contact tout au long du traitement · Antibiothérapie prise en totalité jusqu'au terme prescrit, partenaire traité et dépisté, rapports protégés ou suspendus ; tout écart est repéré et transmis au médecin
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Choix et durées d'antibiothérapie dans les infections génitales hautes non compliquées · HAS · 2024
Infections génitales hautes : recommandations conjointes pour la pratique clinique · CNGOF, SPILF · 2018
Salpingite : définition, causes, symptômes, traitement et prévention · Assurance Maladie · 2024
Infections sexuellement transmissibles : surveillance et données · Santé publique France · 2024
Recommandations de bonne pratique en pathologie infectieuse · SPILF · 2024
Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.