Syndrome de détresse respiratoire aiguë
Atteinte inflammatoire pulmonaire aiguë sévère avec hypoxémie réfractaire et opacités bilatérales, survenant en contexte de sepsis, pneumonie grave ou agression systémique.
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Il n'existe pas à ce jour de registre national français dédié au SDRA. À l'échelle internationale, l'étude multicentrique LUNG SAFE (50 pays) citée par la SRLF retrouve le SDRA chez environ 10,4 % des admissions en réanimation et 23,4 % des patients ventilés (SRLF RFE 2019). Le SDRA reste en France une cause majeure d'insuffisance respiratoire aiguë grave en réanimation.
- Âge typique
- Tout âge. Risque accru chez les patients fragiles, immunodéprimés ou déjà sévèrement atteints.
- Mortalité
- Mortalité hospitalière internationale d'environ 40 % dans LUNG SAFE, pouvant dépasser 45 % dans les formes sévères (SRLF RFE 2019). Le pronostic dépend de la cause, du degré d'hypoxémie, des défaillances associées et de la précocité de la ventilation protectrice.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Évolution rapidement défavorable si la cause et l'hypoxémie ne sont pas contrôlées. En cas d'amélioration, la récupération reste longue avec retentissement respiratoire, musculaire et psychologique durable après la phase aiguë.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Gazométrie artérielle
Mesure la pression partielle en oxygène (PaO2), le rapport PaO2 sur FiO2 qui sert à la classification de Berlin, la PaCO2 et l'équilibre acido-basique.Prélèvement effectué sur prescription ; l'IDE prépare, assure la compression, transmet le tube au laboratoire et remet le résultat au médecin qui l'interprète.Radiographie thoracique ou scanner
Montre des opacités pulmonaires bilatérales non expliquées par un épanchement ou un nodule ; le scanner précise l'étendue des lésions et recherche la cause.L'IDE prépare le patient et l'installation dans le respect de la stabilité hémodynamique et respiratoire ; l'interprétation relève du médecin.Échocardiographie
Évalue une participation cardiaque associée et permet d'écarter un œdème pulmonaire purement cardiogénique.Examen réalisé par le médecin, souvent au lit du patient ; l'IDE assure l'installation et la surveillance pendant l'examen.Bilan biologique orienté
Numération, ionogramme, créatinine, lactate, marqueurs inflammatoires, hémocultures et prélèvements respiratoires selon la suspicion étiologique.Prélèvements réalisés sur prescription, acheminés dans les délais et tubes requis ; les résultats sont transmis au médecin.Support
Ventilation protectriceModalité ventilatoire prescrite par le réanimateur. L'IDE vérifie la concordance des réglages prescrits, surveille les alarmes du respirateur, la tolérance clinique et l'intégrité du circuit ventilatoire.Tant que dure le support ventilatoire
Support
Décubitus ventralManœuvre spécialisée réalisée sur prescription médicale en équipe de quatre à cinq soignants avec check-list. L'IDE prépare le retournement, sécurise la sonde d'intubation, les cathéters et les drains, protège les points d'appui et surveille la tolérance pendant et après la séance. La protection des yeux fait partie de cette préparation et s'oublie facilement : la position ventrale est un facteur de risque reconnu de lésion de la cornée, et chez le patient de réanimation intubé et ventilé il faut probablement employer un gel aqueux ou une chambre humide plutôt que des larmes artificielles (RFE SFAR-SFO-SRLF 2016).Séances prolongées selon prescription
Support
Sédation et curarisationTraitements administrés sur prescription médicale. L'IDE prépare, administre, surveille la profondeur de sédation, l'adaptation au ventilateur et les complications liées à l'immobilisation (escarres, thromboses, atrophie musculaire).Selon l'évolution et la prescription
Actif
Traitement de la causeAntibiothérapie sur prescription si origine infectieuse, réanimation du sepsis, drainage d'un foyer, traitement spécifique selon la cause identifiée. L'IDE prépare, administre et surveille les traitements prescrits.Selon l'étiologie et la réponse clinique
Support
Techniques spécialisées : oxygénation par membrane extra-corporelle (ECMO)En cas de SDRA sévère réfractaire malgré l'optimisation ventilatoire et le décubitus ventral, l'ECMO veino-veineuse est discutée en centre expert sur décision multidisciplinaire. L'IDE assure la surveillance rapprochée du circuit, des cathéters et de la tolérance hémodynamique et hématologique.Selon décision spécialisée et évolution
Support
Prévention des complications de réanimationSoins de bouche, prévention thromboembolique sur prescription, surveillance cutanée rapprochée (risque d'escarres en décubitus ventral), mobilisation précoce en lien avec la kinésithérapie, nutrition entérale adaptée.Tout au long du séjour
Pneumothorax sous ventilation
Complication grave de la ventilation mécanique, favorisée par les pressions élevées et la fragilité du parenchyme. Peut être compressif et engager le pronostic vital.Prévention
Ventilation protectrice (volumes et pressions limités), surveillance continue des paramètres ventilatoires, repérage immédiat d'une désaturation brutale avec asymétrie thoracique.Signes d'alerte
Désaturation brutale · Hypotension · Abolition unilatérale du murmure vésiculaire · Augmentation brutale des pressions ventilatoires
Pneumonie acquise sous ventilation
Infection pulmonaire nosocomiale survenant après plus de 48 heures de ventilation mécanique ; complication fréquente et grave.Prévention
Soins de bouche réguliers, position demi-assise à trente degrés quand le décubitus ventral n'est pas indiqué, aspiration des sécrétions sur protocole, hygiène stricte du matériel respiratoire.Signes d'alerte
Fièvre · Sécrétions trachéales purulentes · Aggravation respiratoire · Élévation des marqueurs inflammatoires
Escarres en décubitus ventral
Lésions de pression aux points d'appui spécifiques du décubitus ventral (front, pommettes, menton, crêtes iliaques, genoux, dos des pieds).Prévention
Installation minutieuse avec protections dédiées, changements de position de la tête toutes les deux à quatre heures, surveillance cutanée à chaque intervention, matelas adapté.Signes d'alerte
Rougeur persistante · Douleur localisée à la détumescence de la sédation · Altération cutanée visible
Défaillance multiviscérale
Le SDRA s'intègre souvent à une maladie critique avec atteinte rénale, hépatique, hématologique ou neurologique associée.Prévention
Surveillance rapprochée de tous les paramètres vitaux et biologiques, alerte précoce sur toute aggravation, traçabilité rigoureuse pour l'équipe médicale.Signes d'alerte
Oligurie · Troubles de conscience · Instabilité hémodynamique · Élévation des lactates
Surveillance prioritaire
Oxygénation et ventilation
Continue en réanimation · Saturation pulsée en oxygène (SpO2) entre 88 et 95 % ou conforme à la cible prescrite ; paramètres ventilatoires affichés conformes aux réglages prescrits (volume courant, pression expiratoire positive, pression de plateau) ; absence d'alarme répétée.
Alerte
Tolérance hémodynamique
Continue ou très rapprochée selon le monitorage en place · Pression artérielle systolique supérieure ou égale à 90 mmHg ou pression artérielle moyenne supérieure ou égale à 65 mmHg ; diurèse supérieure ou égale à 0,5 mL/kg/h ; absence de marbrures ; lactates en baisse.
Alerte
Tolérance du décubitus ventral
Très rapprochée pendant la manœuvre et toutes les heures ensuite · Amélioration de l'oxygénation dans la première heure ; absence de déplacement de sonde, cathéter ou drain ; points d'appui préservés (front, menton, crêtes iliaques, genoux) ; yeux protégés et libres de toute compression, l'absence de compression du globe se contrôlant à chaque repositionnement de la tête (RFE SFAR-SFO-SRLF 2016) ; séance d'au moins seize heures selon prescription.
Alerte
Complications de réanimation
Continue pour certaines (pneumothorax), quotidienne pour les surveillances cycliques · Absence de pneumothorax, de pneumonie acquise sous ventilation, de lésion cutanée de grade deux ou supérieure et d'aggravation d'une défaillance d'organe.
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Prise en charge du SDRA de l'adulte à la phase initiale, recommandations formalisées d'experts · SRLF · 2019
Protection oculaire en anesthésie et réanimation, recommandations formalisées d'experts (R2 patients de réanimation intubés et ventilés, position ventrale comme facteur de risque de lésion cornéenne) · SFAR / SFO / SRLF · 2016
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.