Spondylarthrite ankylosante
Rhumatisme inflammatoire chronique axial : sacro-iliite, rachialgies inflammatoires, HLA-B27, enthésites, rééducation quotidienne
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- 150 000 à 200 000 personnes touchées en France
- Âge typique
- Début avant 45 ans dans la grande majorité des cas, pic entre 20 et 30 ans
- Mortalité
- Pas de surmortalité directe si prise en charge adaptée
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
IRM des sacro-iliaques
Oedème osseux en séquence STIR (inflammation active précoce)Préparer le patient selon protocole IRM (contre-indications, retrait des bijoux). Transmettre les résultats au rhumatologue pour orientation diagnostique précoce.Radiographie du bassin
Sacro-iliite bilatérale (érosions, sclérose, ankylose)Accompagner le patient à la radiologie. Transmettre les résultats au rhumatologue pour évaluation des critères de New York.HLA-B27
Positif chez environ 80 à 90 % des spondylarthrites ankylosantes (60 à 90 % pour l'ensemble des spondyloarthrites)Prélever sur prescription médicale. Transmettre les résultats au rhumatologue. Alerter le médecin si contexte clinique très évocateur avec HLA-B27 négatif (diagnostic non éliminé).Bilan inflammatoire (CRP, VS)
CRP modérément élevée dans environ la moitié des casPrélever sur prescription médicale. Transmettre CRP et VS au rhumatologue. Alerter le médecin si CRP nettement élevée (poussée sévère ou infection intercurrente).Radiographie du rachis de profil
Syndesmophytes, squaring vertébral, ankylose (colonne bambou)Accompagner le patient à la radiologie. Transmettre les résultats au rhumatologue pour évaluation de la progression de l'ankylose rachidienne.Phase aiguë
Actif
AINS en continu sur prescriptionPrise régulière à dose anti-inflammatoire pendant les phases actives, avec protection gastrique (IPP) en cas de facteurs de risque digestif. Seul traitement symptomatique validé en première intention.Phase active
Traitement de fond
Actif
Anti-TNF sur prescription spécialiséeIndiqués si BASDAI supérieur ou égal à 4 malgré AINS bien conduits. Bilan pré-thérapeutique obligatoire : quantiféron, sérologies hépatites, radiographie thoracique.Au long cours
Actif
Anti-IL17 sur prescription spécialiséeIndiqué si échec ou contre-indication aux anti-TNF. Précaution : contre-indiqué si maladie de Crohn active.Au long cours
Support
Rééducation quotidienneExtension du rachis, ampliation thoracique, natation dos crawlé. Mesure thérapeutique indispensable à vie pour prévenir l'ankylose.A vie
Spécialisé
Chirurgie sur décision spécialiséeProthèse totale de hanche si coxite destructrice. Ostéotomie de redressement si cyphose majeure invalidante. L'IDE prépare le patient et le bilan préopératoire.Ponctuel
Ankylose rachidienne (colonne bambou)
Fusion vertébrale progressive en cyphose. Perte de mobilité du rachis, impossibilité de tourner la tête dans les formes évoluées.Prévention
Rééducation intensive quotidienne dès le diagnostic, anti-TNF précoces si maladie activeSignes d'alerte
Diminution progressive de l'indice de Schober · Limitation de la rotation cervicale · Syndesmophytes à la radiographie
Uvéite antérieure aiguë
Complication extra-articulaire fréquente. Épisodes récidivants unilatéraux. Risque de synéchies et de cécité si traitement retardé.Prévention
Éducation du patient aux signes d'alerte, consultation ophtalmo en urgence dans les 24 heuresSignes d'alerte
Oeil rouge douloureux unilatéral brutal · Photophobie et larmoiement · Baisse d'acuité visuelle
Fracture du rachis ankylosé
Le rachis ankylosé se fracture comme un os long rigide sur traumatisme minime, avec risque majeur de compression médullaire et de tétraplégie.Prévention
Éducation sur la fragilité du rachis ankylosé, consultation en urgence après tout traumatisme même minimeSignes d'alerte
Douleur rachidienne brutale après un choc · Signes neurologiques (paresthésies, déficit moteur) · Déformation rachidienne nouvelle
Coxite destructrice bilatérale
Atteinte fréquente des hanches entraînant une destruction progressive. Prothèse de hanche souvent nécessaire chez le sujet jeune.Prévention
Dépistage clinique régulier, radiographies de suivi, traitement anti-inflammatoire précoceSignes d'alerte
Douleur inguinale uni ou bilatérale · Boiterie à la marche · Limitation progressive de la mobilité des hanches
Surveillance prioritaire
Activité de la maladie (BASDAI)
Mensuelle en phase active, trimestrielle si stable · BASDAI < 4, CRP dans les normes
Alerte
Mobilité rachidienne (indices métrologiques)
Semestrielle (Schober, distance doigts-sol, rotation cervicale, ampliation thoracique) · Stabilité des mesures, pas de limitation progressive
Alerte
Tolérance des AINS au long cours
Créatinine semestrielle, surveillance digestive et tensionnelle · Fonction rénale stable, pas de symptômes digestifs, TA normale
Alerte
Dépistage des manifestations extra-articulaires
Éducation du patient, consultation ophtalmo annuelle si antécédent d'uvéite · Absence d'uvéite, de psoriasis évolutif ou de MICI
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.