Syndrome Néphrotique
Atteinte glomérulaire : protéinurie massive supérieure à 3 g/24 h, hypoalbuminémie, oedèmes, dyslipidémie
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- Incidence estimée à quelques cas pour 100 000 habitants par an, plus fréquente chez l'enfant pour la néphrose lipoïdique
- Âge typique
- Enfant : pic entre 2 et 6 ans (LGM). Adulte après 40 ans : GEM, néphropathie diabétique, amylose
- Mortalité
- Mortalité faible si prise en charge adaptée, liée aux complications thromboemboliques et infectieuses
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
Sans traitement : oedèmes persistants, risque de thrombose, infections et IRC progressive. Avec traitement : rémission fréquente des LGM de l'enfant sous corticoïdes, mais rechutes possibles. Chez l'adulte, le pronostic dépend de l'étiologie et de la réponse au traitement.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Protéinurie des 24 h (ou rapport protéinurie/créatininurie)
Protéinurie supérieure à 3 g/24 h (critère diagnostique)Expliquer le recueil des urines de 24 h au patient, vérifier la complétude du recueil. Transmettre les résultats au médecin.Albuminémie et protidémie
Albumine inférieure à 30 g/L (critère diagnostique), forme sévère si inférieure à 20 g/LPrélever sur prescription médicale. Alerter le médecin si albumine basse (risque thromboembolique majeur). Transmettre les résultats au néphrologue.Créatininémie et DFG estimé
DFG normal au début, diminué si atteinte glomérulaire avancée. Créatinine variable selon l'étiologiePrélever sur prescription médicale, surveiller la tendance entre les bilans. Alerter le médecin si créatinine croissante ou DFG en baisse.Ponction-biopsie rénale (PBR)
Indispensable chez l'adulte pour le diagnostic étiologique. Chez l'enfant : uniquement si corticorésistancePréparer le patient (bilan hémostase, groupe sanguin, décubitus dorsal 6 h après le geste). Alerter le médecin si douleur lombaire ou hématurie macroscopique post-biopsie. Surveiller les constantes pendant 6 h.Phase aiguë
Éducation
Régime hyposodéRégime pauvre en sel selon la prescription diététique : pas de sel ajouté, limiter les plats transformés, lire les étiquettes. Apports protéiques normaux (ne pas restreindre les protéines).Jusqu'à rémission complète
Traitement de fond
Actif
IEC antiprotéinuriquesInhibiteur de l'enzyme de conversion sur prescription médicale. Réduction de la protéinurie par diminution de la pression capillaire glomérulaire. L'IDE surveille la PA et la tolérance.Au long cours
Support
DiurétiquesFurosémide sur prescription médicale, voie orale ou IV selon la sévérité. En cas d'anasarque : perfusion d'albumine associée au diurétique sur prescription.Selon oedèmes et bilan hydrique
Actif
Corticothérapie (traitement de première intention)Corticoïdes sur prescription médicale selon le protocole du néphrologue. Surveillance IDE : poids quotidien, PA, glycémie capillaire, BU quotidienne (disparition protéinurie signifie rémission), humeur et appétit.Plusieurs mois selon le protocole
Actif
Immunosuppresseurs (2e ligne)Immunosuppresseurs sur prescription médicale, réservés aux formes corticodépendantes ou corticorésistantes. L'IDE surveille la tolérance et les signes infectieux.Selon le protocole du néphrologue
Actif
Anticoagulation préventiveAnticoagulant à dose préventive selon la prescription si hypoalbuminémie sévère. L'IDE surveille les sites d'injection, les signes de saignement et les signes de thrombose.Tant que l'hypoalbuminémie persiste, ou selon la prescription si thrombose avérée
Éducation
Supplémentation et hygiène de vie sous corticothérapieSupplémentation en vitamine D et calcium sur prescription pour prévenir l'ostéoporose. Conseils hygiéno-diététiques si prise de poids cortisonique.Toute la durée de la corticothérapie
Thromboses veineuses (TVP, thrombose veine rénale, EP)
Complication fréquente : hypercoagulabilité par perte urinaire d'antithrombine III et de protéine S. Thrombose de la veine rénale : complication spécifique du SNPrévention
Anticoagulation préventive si hypoalbuminémie sévère selon la prescription, mobilisation précoce, bas de contention, hydratationSignes d'alerte
Douleur unilatérale du mollet (TVP) · Lombalgie brutale avec hématurie (thrombose veine rénale) · Dyspnée brutale avec douleur thoracique (EP)
Infections sévères
Pneumonie à pneumocoque, péritonite spontanée (enfant), cellulite. Déficit immunitaire par perte urinaire d'IgGPrévention
Vaccination anti-pneumococcique et anti-grippale. Antibiothérapie précoce si fièvre selon la prescriptionSignes d'alerte
Fièvre élevée · Toux avec dyspnée (pneumopathie) · Douleur abdominale avec défense (péritonite)
IRC progressive
Évolution possible selon l'étiologie, surtout si GSFS ou GEM non traitées. LGM : IRC rarePrévention
Traitement étiologique précoce et adapté, traitement néphroprotecteur au long cours, contrôle strict de la PASignes d'alerte
Protéinurie persistante malgré le traitement · Créatininémie progressivement croissante · DFG en baisse progressive
Corticodépendance et corticorésistance
Corticodépendance : rechute à la décroissance des corticoïdes. Corticorésistance : absence de rémission malgré un traitement bien conduitPrévention
Décroissance progressive des corticoïdes (jamais d'arrêt brutal), immunosuppresseurs d'épargne cortisonique si rechutes fréquentesSignes d'alerte
Rechute à chaque décroissance des corticoïdes · Protéinurie persistante malgré plusieurs semaines de traitement · Effets secondaires cortisoniques cumulés
Surveillance prioritaire
Poids et oedèmes
Quotidienne (même heure, même balance, même tenue) · Stabilisation puis perte de poids progressive, régression des oedèmes
Alerte
Protéinurie des 24 h (ou BU quotidienne)
BU quotidienne, protéinurie des 24 h hebdomadaire puis mensuelle · Décroissance progressive de la protéinurie vers la rémission
Alerte
Albuminémie
Hebdomadaire en phase initiale, puis mensuelle · Remontée progressive vers les valeurs normales (rémission)
Alerte
Créatininémie et DFG
Mensuelle (plus fréquent si IEC ou IRC) · Stabilisation de la fonction rénale
Alerte
Rôle IDE détaillé
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.