Infectieux

Syphilis

Infection sexuellement transmissible bactérienne à Treponema pallidum, en recrudescence en France. Surnommée la grande imitatrice, elle évolue par stades trompeurs entrecoupés de phases latentes asymptomatiques. Le traitement de référence repose sur la benzathine benzylpénicilline G en injection intramusculaire sur prescription.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

La syphilis est une infection sexuellement transmissible bactérienne due à Treponema pallidum, un tréponème transmis par contact direct avec une lésion, par voie materno-foetale et plus rarement par voie sanguine. Surnommée la grande imitatrice, elle évolue par stades (primaire, secondaire, latent, tertiaire) séparés par des phases latentes asymptomatiques, ce qui rend son repérage difficile. Le chancre primaire, indolore, régresse spontanément sans traitement, mais cette régression ne signe jamais la guérison : l'infection poursuit son évolution. Pour l'IDE, l'enjeu est de repérer le risque et de proposer le dépistage, de prélever la sérologie sur prescription, d'administrer l'injection intramusculaire et de surveiller la réaction de Jarisch-Herxheimer, d'éduquer à la santé sexuelle et d'inciter au dépistage des partenaires.
Prévalence
En France, la syphilis n'est pas une maladie à déclaration obligatoire : sa surveillance repose sur Santé publique France à partir des données de l'assurance maladie, des CeGIDD et d'un réseau de cliniciens et de laboratoires volontaires (réseau RésIST). Le médecin ou le biologiste qui diagnostique n'a donc pas d'obligation de déclaration nominative ; l'IDE participe au dépistage et à la prévention. Les données de Santé publique France pour 2024 rapportent une recrudescence de la syphilis entre 2022 et 2024, avec environ 6 500 cas recensés par l'assurance maladie et environ 3,7 millions de personnes dépistées au moins une fois dans l'année. La hausse est plus marquée chez les femmes (particulièrement les 50 ans et plus et les 15 à 25 ans) que chez les hommes, avec un risque croissant de syphilis congénitale. Les taux de dépistage sont plus élevés dans les départements et régions d'outre-mer (Santé publique France, 2024).
Âge typique
Adulte jeune sexuellement actif, avec une prédominance chez les hommes, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). La montée récente des cas chez les femmes (particulièrement 50 ans et plus et 15-25 ans) élargit le profil et fait courir le risque de transmission materno-foetale (syphilis congénitale)
Mortalité
Pronostic favorable en cas de dépistage et de traitement précoces. En l'absence de traitement, l'évolution peut se poursuivre en silence pendant des années jusqu'aux formes tardives (atteinte cardiovasculaire, neurosyphilis) et à la syphilis congénitale chez le nouveau-né, potentiellement grave. Santé publique France ne publie pas de taux de mortalité national spécifique ; l'enjeu est surtout le retard diagnostique et les séquelles des formes tardives (Santé publique France, 2024)

Précoces

Signes précoces

Chancre syphilitique (stade primaire)Ulcération unique, indurée et surtout indolore, au point d'inoculation (génital, anal, buccal), apparaissant en moyenne trois semaines après le contact (délai possible de dix à quatre-vingt-dix jours) ; sa régression spontanée ne signifie pas la guérison
Adénopathie satelliteGanglion régional augmenté de volume, ferme et indolore, accompagnant souvent le chancre au stade primaire
Forme d'emblée asymptomatique ou passée inaperçueChancre non vu (localisation interne, vaginal, anal, buccal) ou négligé car indolore, retardant le diagnostic jusqu'aux stades suivants

Évolutifs

Signes évolutifs

Éruptions du stade secondaireRoséole syphilitique (macules roses du tronc), syphilides cutanées, plaques muqueuses buccales ou génitales, phase très contagieuse survenant quelques semaines à mois après le chancre
Signes généraux du stade secondairePolyadénopathie, fébricule, asthénie, céphalées, parfois alopécie en plaques, dans un tableau volontiers trompeur (grande imitatrice)

Tardifs

Signes tardifs

Phase latente asymptomatiqueAbsence de tout signe clinique alors que l'infection persiste, dépistable uniquement par la sérologie (latente précoce avant un an, latente tardive au-delà)

Gravité

Signes de gravité

NeurosyphilisAtteinte neurologique possible à tout stade : céphalées persistantes, troubles visuels ou auditifs, signes neurologiques focaux, troubles cognitifs ou du comportement. Recueillir les signes et transmettre au médecin sans délai pour bilan spécialisé sur prescription
Atteinte cardiovasculaire et gommes (stade tertiaire)Complications des formes tardives non traitées (atteinte aortique, lésions destructrices dites gommes) : recueillir les signes fonctionnels et transmettre au médecin pour évaluation spécialisée
Syphilis congénitaleTransmission materno-foetale chez une femme enceinte non dépistée ou non traitée, à l'origine d'atteintes néonatales graves. Repérer l'absence de dépistage prénatal et alerter le médecin pour prise en charge conjointe mère-enfant

Mécanisme

Contamination par contact direct : Treponema pallidum, bactérie spirochète, pénètre par une muqueuse ou une microlésion cutanée lors d'un rapport sexuel, ou par voie materno-foetale pendant la grossesse
Stade primaire : apparition au point d'inoculation d'un chancre, ulcération unique, indurée et indolore, qui régresse spontanément en quelques semaines même sans traitement, alors que l'infection persiste
Stade secondaire : dissémination du tréponème dans l'organisme quelques semaines à mois plus tard, avec roséole syphilitique, plaques muqueuses et syphilides cutanées, phase très contagieuse
Phase latente : disparition des signes cliniques, infection asymptomatique dépistable uniquement par la sérologie (latente précoce avant un an, latente tardive au-delà)
Stade tertiaire : après des années d'évolution silencieuse, atteinte des organes profonds (gommes, atteinte cardiovasculaire, neurosyphilis), la neurosyphilis pouvant survenir à tout stade

Conséquences

Régression spontanée trompeuse : la disparition du chancre ou des lésions secondaires fait croire à tort à une guérison alors que l'infection poursuit son évolution
Contagiosité élevée aux stades primaire et secondaire : les lésions riches en tréponèmes favorisent la transmission au partenaire
Syphilis congénitale : transmission materno-foetale responsable d'atteintes foetales et néonatales graves, évitables par le dépistage et le traitement de la mère
Atteintes tardives sévères et neurosyphilis : atteinte cardiovasculaire, neurologique et sensorielle possible faute de traitement, avec séquelles parfois irréversibles

Évolution

Sans traitement, la syphilis évolue par stades successifs entrecoupés de phases latentes asymptomatiques : le chancre primaire régresse seul, les signes secondaires apparaissent puis disparaissent, et l'infection peut rester silencieuse des années avant d'atteindre les formes tertiaires. Avec un traitement adapté sur prescription (benzathine benzylpénicilline G en injection intramusculaire pour les formes précoces et tardives, pénicilline G intraveineuse en cas de neurosyphilis), l'évolution est stoppée. Le suivi repose sur la décroissance du titre du test non tréponémique, avec une négativation attendue environ un an après le traitement d'une syphilis précoce (ameli, 2025).
Rapports sexuels non protégés : transmission par contact direct avec une lésion (chancre · plaques muqueuses) · y compris rapports oro-génitaux
Multiplicité des partenaires et pratiques à risque : partenaires multiples · chemsex · absence de préservatif augmentent l'exposition
Antécédent d'autre IST ou co-infection VIH : partage des voies de transmission et fragilisation muqueuse
Grossesse non dépistée ou dépistée tardivement : risque de syphilis congénitale par transmission materno-foetale
Appartenance à un groupe à forte incidence : prédominance chez les HSH, avec extension récente aux femmes et aux 15-25 ans
Accès au dépistage inégal : recours tardif au CeGIDD ou au dépistage prénatal malgré leur gratuité

Critères diagnostiques

Contexte évocateur : chancre indolore, éruption cutanéo-muqueuse, exposition sexuelle à risque, partenaire diagnostiqué, grossesse ou demande de dépistage IST
Confirmation biologique : sérologie associant test tréponémique (TT) et test non tréponémique (TNT), interprétée conjointement par le biologiste et le médecin
Datation du stade : primaire, secondaire, latent précoce ou tardif, tertiaire, déterminée par le médecin à partir de la clinique et de l'histoire d'exposition
PCR sur lésion au stade primaire : recherche directe du tréponème quand la sérologie peut être encore négative
Recherche des autres IST associées : dépistage VIH, hépatites B et C, autres IST proposé sur prescription en raison des voies de transmission partagées

Diagnostic différentiel

Herpès génital : ulcérations multiples, douloureuses et récidivantes, contrairement au chancre unique et indolore
Chancre mou (Haemophilus ducreyi) : ulcération douloureuse à bords irréguliers, adénopathie inflammatoire
Autres causes d'éruption cutanée : la roséole secondaire peut évoquer une virose, une allergie médicamenteuse ou un pityriasis rosé de Gibert
Autres IST ulcérantes ou ganglionnaires : lymphogranulomatose vénérienne, primo-infection VIH avec syndrome pseudo-grippal
Aphtose et lésions traumatiques buccales ou génitales : à distinguer des plaques muqueuses syphilitiques

Examens complémentaires

Sérologie syphilitique : test tréponémique (TT) et test non tréponémique (TNT)

Association d'un test tréponémique (TT, ex-TPHA) et d'un test non tréponémique (TNT, type VDRL ou RPR). Le TT confirme le contact avec le tréponème, le TNT est quantitatif et sert au suivi du titre. La sérologie devient fiable environ trois semaines après l'expositionL'IDE prélève sur prescription, applique l'identitovigilance, identifie correctement le tube et achemine au laboratoire. Il transmet le résultat au médecin sans l'interpréter seul : l'interprétation croisée TT/TNT et le diagnostic relèvent du biologiste et du médecin. Il alerte le médecin en cas de sérologie positive pour la conduite à tenir.

PCR sur prélèvement de lésion

Recherche directe de Treponema pallidum par PCR sur prélèvement d'un chancre ou d'une lésion active, utile au stade primaire quand la sérologie peut être encore négativeL'IDE assiste ou réalise le prélèvement de la lésion sur prescription selon le protocole local, respecte les conditions de transport et achemine au laboratoire. Il transmet le résultat au médecin ; l'analyse et l'interprétation relèvent du biologiste.

Suivi sérologique quantitatif (titre du TNT)

Titre du test non tréponémique (VDRL/RPR) mesuré au diagnostic puis lors du suivi ; une décroissance significative puis une négativation environ un an après le traitement d'une syphilis précoce témoignent de l'efficacité du traitementL'IDE prélève sur prescription aux dates prévues, trace le titre et le compare à la valeur précédente pour le transmettre au médecin. Il alerte si le titre ne décroît pas ou remonte, sans conclure seul à un échec ou à une réinfection.

Dépistage prénatal de la syphilis

Sérologie syphilitique obligatoire au premier examen prénatal, dans le cadre des examens médicaux obligatoires de la grossesse (R.2122-2 CSP), pour prévenir la syphilis congénitale (ameli, CNGOF)L'IDE, en lien avec la sage-femme et le médecin, s'assure que le dépistage prénatal obligatoire a été réalisé, prélève sur prescription et transmet le résultat. En cas de positivité chez une femme enceinte, il alerte le médecin sans délai pour une prise en charge conjointe mère-enfant.

Actif

Benzathine benzylpénicilline G en syphilis précoce (traitement de référence)Pour la syphilis précoce (primaire, secondaire, latente précoce), le traitement de référence sur prescription médicale est la benzathine benzylpénicilline G retard, 2,4 millions d'unités en une injection intramusculaire unique. L'IDE prépare et administre l'injection sur prescription, vérifie l'absence d'allergie connue à la pénicilline transmise par le patient et surveille la tolérance après l'injection.

Injection unique sur prescription

Actif

Benzathine benzylpénicilline G en syphilis tardivePour la syphilis tardive (tertiaire non neurologique, latente tardive), le schéma de référence sur prescription est la benzathine benzylpénicilline G 2,4 millions d'unités en intramusculaire, à raison d'une injection par semaine pendant trois semaines. L'IDE administre chaque injection sur prescription, trace les dates et surveille la tolérance à chaque séance.

1 injection par semaine pendant 3 semaines sur prescription

Actif

Pénicilline G intraveineuse en cas de neurosyphilisLa neurosyphilis relève d'une hospitalisation avec pénicilline G intraveineuse, 20 millions d'unités par jour pendant 14 jours sur prescription. L'IDE administre et surveille la perfusion selon prescription, assure la traçabilité et transmet toute anomalie de tolérance ou tout signe neurologique nouveau au médecin.

14 jours en hospitalisation sur prescription

Actif

Doxycycline en cas d'allergie à la pénicilline (hors neurosyphilis)En cas d'allergie à la pénicilline et en dehors de la neurosyphilis, une alternative par doxycycline 200 mg par jour par voie orale peut être prescrite (14 jours pour une forme précoce, 28 jours pour une forme tardive). Chez la femme enceinte, cette alternative n'est pas une solution de repli : la doxycycline ne peut pas être recommandée en cas de syphilis pendant la grossesse, et une allergie suspectée à la pénicilline conduit à un bilan allergologique rapide puis, si elle est confirmée, à discuter une induction de tolérance avec l'allergologue (HAS, 2025). L'IDE recueille et transmet toute allergie médicamenteuse au médecin, signale une grossesse en cours, administre selon prescription et éduque à l'observance quotidienne.

14 jours (forme précoce) ou 28 jours (forme tardive) sur prescription

Support

Surveillance de la réaction de Jarisch-Herxheimer après injectionDans les vingt-quatre heures suivant l'injection, une réaction de Jarisch-Herxheimer peut survenir (fièvre, frissons, céphalées, myalgies) par lyse massive des tréponèmes ; elle est le plus souvent bénigne et transitoire, sauf dans quatre situations où elle ne l'est pas : grossesse, neurosyphilis, syphilis oculaire et syphilis congénitale, pour lesquelles l'hospitalisation du début de traitement se discute (HAS, 2025). L'IDE informe le patient de cette possibilité avant l'injection, surveille les constantes après l'administration, applique le traitement symptomatique prescrit (paracétamol) et alerte le médecin en cas de signe inhabituel ou de mauvaise tolérance.

Surveillance dans les heures suivant chaque injection

Éducation

Dépistage et traitement des partenaires, éducation à la santé sexuelleLa prise en charge inclut le dépistage et le traitement des partenaires sexuels et l'éducation à la prévention. L'IDE incite le patient à informer et à orienter ses partenaires vers le dépistage, éduque à l'usage du préservatif, oriente vers le CeGIDD et accompagne sans stigmatisation, dans le respect du secret professionnel.

Tout au long de la prise en charge

Neurosyphilis

Atteinte neurologique par le tréponème, pouvant survenir à tout stade de la maladie et se traduire par des céphalées persistantes, des troubles visuels ou auditifs, des signes neurologiques focaux ou des troubles cognitifs. Elle impose une prise en charge hospitalière par pénicilline G intraveineuse.

Prévention

Dépistage et traitement précoces sur prescription, recueil IDE des signes neurologiques et sensoriels au cours du suivi, transmission médicale sans délai en cas de plainte évocatrice.

Signes d'alerte

Céphalées persistantes inhabituelles · Troubles visuels ou auditifs récents · Troubles cognitifs, du comportement ou signes neurologiques focaux

Syphilis congénitale

Transmission materno-foetale de Treponema pallidum chez une femme enceinte non dépistée ou non traitée, responsable d'avortement, de mort foetale ou d'atteintes néonatales graves. Sa prévention repose sur le dépistage prénatal et le traitement de la mère.

Prévention

Vérification IDE, en lien avec la sage-femme et le médecin, que le dépistage prénatal obligatoire a été réalisé ; alerte médicale en cas de sérologie positive chez la femme enceinte pour prise en charge conjointe mère-enfant.

Signes d'alerte

Absence de dépistage prénatal documenté · Sérologie syphilitique positive chez la femme enceinte · Contexte d'exposition à risque pendant la grossesse

Atteintes tardives du stade tertiaire

Complications des formes non traitées après des années d'évolution silencieuse : atteinte cardiovasculaire (aortite), lésions destructrices dites gommes, atteintes viscérales. Pronostic marqué par des séquelles parfois irréversibles.

Prévention

Repérage du risque et incitation au dépistage même en l'absence de symptômes, éducation au fait que la régression des lésions ne signe pas la guérison, orientation vers le médecin pour traitement adapté sur prescription.

Signes d'alerte

Signes fonctionnels cardiovasculaires nouveaux · Lésions cutanéo-muqueuses destructrices · Altération de l'état général chez un patient à risque non traité

Comprendre que la régression des lésions ne signifie pas la guérison : expliquer que le chancre indolore et les éruptions disparaissent spontanément alors que l'infection poursuit son évolution, et que seul le traitement prescrit guérit la syphilis
Suivre l'intégralité du traitement et du suivi : reformuler l'importance de réaliser l'injection ou le traitement complet sur prescription et de venir aux prélèvements sérologiques de contrôle pour vérifier l'efficacité
Reconnaître la réaction de Jarisch-Herxheimer : informer qu'une fièvre avec frissons, céphalées ou courbatures peut survenir dans les heures suivant l'injection, qu'elle est le plus souvent bénigne et transitoire, et qu'il faut contacter le service en cas de signe inhabituel
Informer et orienter les partenaires vers le dépistage : expliquer l'intérêt d'inciter les partenaires sexuels à se faire dépister et traiter pour interrompre la transmission, dans le respect de la confidentialité
Utiliser le préservatif et se faire dépister largement : reformuler l'usage du préservatif et l'intérêt d'un dépistage des autres IST (VIH, hépatites B et C), en orientant vers le CeGIDD pour un accès facilité et gratuit
Dépister pendant la grossesse : rappeler à la femme enceinte l'importance du dépistage prénatal de la syphilis pour prévenir la transmission au foetus, et l'orienter vers le médecin ou la sage-femme

Surveillance prioritaire

Tolérance post-injection et réaction de Jarisch-Herxheimer

Après chaque injection sur prescription : surveillance sur place pendant au moins trente minutes pour ne pas méconnaître une réaction allergique, puis vigilance dans les vingt-quatre heures qui suivent (HAS, 2025) · Constantes stables (température, pouls, pression artérielle), absence de signe d'allergie immédiate ; une fièvre isolée avec céphalées et myalgies dans les heures suivantes évoque une réaction de Jarisch-Herxheimer, à tracer et à transmettre, bénigne hors grossesse et hors formes neurologiques, oculaires ou congénitales

Alerte

Signes d'allergie immédiate (urticaire, prurit, gêne respiratoire, malaise) après l'injection : appliquer la conduite d'urgence de l'établissement et alerter le médecin sans délaiFièvre élevée, frissons, céphalées ou myalgies dans les heures suivant l'injection : tracer, appliquer le traitement symptomatique prescrit et transmettre au médecinPersistance ou aggravation des symptômes au-delà du caractère transitoire attendu : transmettre au médecin pour réévaluation

Suivi sérologique du titre (test non tréponémique)

Selon prescription : prélèvement au diagnostic puis aux dates de contrôle du suivi (décroissance attendue, négativation environ un an après une syphilis précoce) · Titre du TNT (VDRL/RPR) en décroissance significative après traitement puis négativation environ un an après une syphilis précoce ; toute stagnation ou remontée du titre est tracée et transmise au médecin

Alerte

Titre du TNT qui ne décroît pas ou qui remonte au suivi : transmettre au médecin pour recherche d'échec, de réinfection ou de neurosyphilisContrôle sérologique non réalisé à la date prévue : reprendre contact avec le patient, repérer les freins et reprogrammer avec le médecinRéapparition de signes cliniques (lésions, signes neurologiques) pendant le suivi : recueillir et alerter le médecin sans délai

Prévention de la transmission et dépistage des partenaires

À chaque contact de suivi et lors de l'éducation à la santé sexuelle · Partenaires informés et orientés vers le dépistage, autres IST dépistées sur prescription (VIH, hépatites B et C), usage du préservatif compris et reformulé par le patient

Alerte

Partenaires non dépistés malgré l'incitation : renforcer l'éducation, proposer l'orientation vers le CeGIDD et transmettre au médecinRapports non protégés poursuivis pendant la phase contagieuse : reprendre l'éducation à la prévention et à l'abstinence des rapports jusqu'à cicatrisation selon avis médicalGrossesse en cours sans dépistage prénatal documenté : alerter le médecin et la sage-femme pour organiser le dépistage sans délai

Rôle IDE détaillé

Recueillir les facteurs d'exposition dans un entretien de repérage du risque : rapports non protégés, partenaires multiples, chemsex, antécédent d'IST, partenaire diagnostiqué, grossesse
Repérer les signes cliniques accessibles : ulcération génitale, anale ou buccale indolore, éruption cutanée, plaques muqueuses, adénopathies, à recueillir et transmettre au médecin
Recueillir les allergies médicamenteuses connues, notamment à la pénicilline, et les transmettre au médecin avant toute prescription de traitement
Évaluer le contexte de vie et les freins au dépistage et au suivi (accès aux soins, information des partenaires, grossesse) pour adapter l'accompagnement

Références

Recommandations de prise en charge des personnes ayant une syphilis (recommandation de bonne pratique, validée par le Collège le 10 avril 2025) · HAS · 2025

Syphilis : symptômes et diagnostic · ameli (Assurance Maladie) · 2025

Syphilis : définition, évolution et transmission · ameli (Assurance Maladie) · 2025

Traitement de la syphilis · ameli (Assurance Maladie) · 2025

Syphilis : données de surveillance et épidémiologie · Santé publique France · 2024

Infections sexuellement transmissibles bactériennes : surveillance et données nationales · Santé publique France · 2024

Pilly Étudiant 2023, Item 162 : Infections sexuellement transmissibles · CMIT · 2023

Recommandations pour la pratique clinique : suivi de la grossesse (dépistage prénatal des IST) · CNGOF · 2023

Article R.4311-4 du code de la santé publique : rôle propre infirmier (décret n° 2025-1306, en vigueur au 30 juin 2026) · Légifrance · 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.