Traumatisme crânien (TC)
Lésion cérébrale traumatique par choc direct ou décélération, classée selon le score de Glasgow
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
- Prévalence
- En France, environ 150 000 hospitalisations par an pour traumatisme crânien (Santé publique France, synthèse épidémiologique 2016), avec une répartition bimodale et une baisse sur la période 1996-2014 liée aux politiques de sécurité routière.
- Âge typique
- Pic bimodal : adultes jeunes 15 à 25 ans (accidents de la route, sports) et personnes âgées de plus de 65 ans (chutes).
- Mortalité
- Environ 8 000 décès par an en France liés aux TC et plus de 30 000 personnes vivant avec des séquelles sévères (Santé publique France 2016). Un quart des TC hospitalisés sont sévères, avec pronostic réservé et séquelles cognitives ou motrices fréquentes chez les survivants. Le TC léger a une mortalité faible mais peut laisser un syndrome post-commotionnel.
Précoces
Signes précoces
Évolutifs
Signes évolutifs
Tardifs
Signes tardifs
Gravité
Signes de gravité
Mécanisme
Conséquences
Évolution
TC léger : récupération complète habituelle, syndrome post-commotionnel possible. TC modéré : récupération variable, séquelles possibles. TC sévère : réanimation prolongée, rééducation longue, séquelles cognitives et motrices fréquentes.Critères diagnostiques
Diagnostic différentiel
Examens complémentaires
Score de Glasgow (GCS)
Score sur 15 : ouverture des yeux, réponse verbale, réponse motrice. TC léger 13 à 15, modéré 9 à 12, sévère inférieur ou égal à 8Évaluer et documenter le Glasgow toutes les 15 à 30 min en phase aiguë. Alerter le médecin immédiatement si aggravation de 2 points ou plusScanner cérébral sans injection en urgence
Recherche d'hématomes, contusions, oedème, fractures. Normal dans la majorité des TC légersPréparer le patient (retrait des bijoux, recueil des antécédents et des allergies), accompagner l'examen et transmettre les résultats au médecin pour décision thérapeutiqueBilan biologique d'urgence
NFS, plaquettes, hémostase, groupe sanguin et RAI, glycémie capillaire, alcoolémie si suspicionPrélever sur prescription médicale. Transmettre les résultats au médecin pour interprétation et adaptation thérapeutiqueMonitoring PIC et PPC en réanimation (TC sévère)
Valeurs de PIC et PPC affichées en continu sur le scope de surveillance, évolution à tracer par l'IDE selon le protocole du serviceSurveiller les valeurs affichées, vérifier la cohérence avec l'état clinique, tracer l'évolution sur la feuille de surveillance et alerter le médecin selon les seuils prescrits ou le protocole du serviceSupport
Prise en charge initiale préhospitalièreLibérer les voies aériennes, maintenir l'axe tête-cou-tronc et poser un collier cervical dès suspicion de traumatisme rachidien associé, oxygénothérapie pour maintenir la SpO2, mise en place du scope.Phase aiguë urgence
Support
Protection des voies aériennes (TC sévère)En cas de Glasgow inférieur ou égal à 8, risque majeur d'inhalation. L'IDE protège les voies aériennes, prépare le matériel d'intubation et assiste l'intubation orotrachéale sur décision médicale. Sédation administrée sur prescription médicale.Phase aiguë réanimation
Support
Position proclive et mesures généralesInstallation en proclive à 30 degrés, tête dans l'axe tête-cou-tronc et sans compression jugulaire : c'est le retour veineux cérébral libre qui fait baisser la PIC, pas l'angle seul. Nursing minimal, environnement calme et faible luminosité.Toute la phase aiguë
Actif
Osmothérapie sur prescription médicaleAdministrer sur prescription médicale (mannitol ou sérum salé hypertonique) pour réduire l'HTIC. L'IDE surveille la tolérance et la natrémie.Selon PIC
Actif
Antiépileptiques sur prescription médicaleAdministrer les antiépileptiques sur prescription en cas de crise avérée ou d'indication ciblée (la prophylaxie antiépileptique primaire systématique n'est pas recommandée, SFNC 2025). L'IDE surveille la récurrence des crises convulsives et les effets indésirables.Selon prescription médicale
Spécialisé
Évacuation chirurgicale d'hématomeÉvacuation d'hématome extradural ou sous-dural sur décision neurochirurgicale. L'IDE prépare le patient pour le bloc, le dossier et le transfert.Urgence
Hématome extradural en expansion
Hématome artériel à expansion rapide. Intervalle libre lucide typique : amélioration transitoire puis aggravation brutale. Urgence neurochirurgicale absoluePrévention
Surveiller le Glasgow toutes les 15 min en phase aiguë. Alerter le médecin si aggravation de 2 points ou plus. Informer l'entourage des signes imposant le retour aux urgencesSignes d'alerte
Aggravation du Glasgow après amélioration transitoire · Céphalées croissantes · Mydriase unilatérale homolatérale
HTIC et engagement cérébral
Oedème cérébral progressif entraînant une élévation de la PIC, ischémie puis engagement. Principale cause de mortalité du TC sévèrePrévention
Installer en position proclive à 30 degrés. Alerter le médecin si triade de Cushing ou Glasgow décroissant. Administrer l'osmothérapie sur prescriptionSignes d'alerte
Céphalées croissantes et vomissements répétés · Glasgow décroissant · Triade de Cushing (HTA et bradycardie)
Épilepsie post-traumatique
Convulsions précoces ou tardives après TC. Facteurs de risque : contusions cérébrales, hématomes, Glasgow basPrévention
Administrer les antiépileptiques sur prescription en cas de crise avérée ou d'indication ciblée (la prophylaxie antiépileptique primaire systématique n'est pas recommandée, SFNC 2025). Surveiller les crises (caractère, durée, conscience) et les transmettre au médecinSignes d'alerte
Crises convulsives tonico-cloniques · Crises focales motrices ou sensitives · Crise prolongée de plus de 5 min
Syndrome post-commotionnel prolongé
Symptômes persistants au-delà de 3 mois après un TC léger : céphalées chroniques, troubles de concentration et de mémoire, fatigue, irritabilitéPrévention
Repos cognitif strict 24 à 48 heures après le TC. Reprise progressive des activités selon tolérance. Orienter vers le neurologue si troubles persistantsSignes d'alerte
Céphalées quotidiennes · Difficultés de reprise du travail ou des études · Fatigabilité et intolérance au bruit
Surveillance prioritaire
Score de Glasgow et état neurologique
Toutes les 15 minutes les 2 premières heures, puis toutes les 30 minutes pendant 6 heures, puis toutes les heures pendant 48 heures · Glasgow noté sur 15 (ouverture des yeux 1 à 4, réponse verbale 1 à 5, réponse motrice 1 à 6), stable ou en amélioration progressive, aucune baisse de 2 points ou plus entre deux mesures
Alerte
Pupilles et réflexes protecteurs observables
Toutes les 30 minutes les 6 premières heures, puis toutes les heures pendant 48 heures · Pupilles de taille normale, symétriques et réactives à la lumière (photomoteur), réflexe de toux présent à l'aspiration chez le patient intubé, clignement palpébral conservé lors des soins
Alerte
Paramètres hémodynamiques et respiratoires
Scope continu : PA, FC, SpO2, FR. Glycémie capillaire toutes les 2 à 4 heures selon prescription · PAS supérieure à 110 mmHg (TC grave), SpO2 supérieure à 94 %, FR 12 à 20/min. Glycémie et température surveillées selon prescription ou protocole, avec signalement au médecin de toute hypoglycémie, hyperglycémie persistante, fièvre ou hypothermie
Alerte
Rôle IDE détaillé
Références
Prise en charge neurochirurgicale des traumatismes cranio-encéphaliques de l'adulte et de l'enfant à la phase initiale (RPP) · SFNC + SFAR · 2025
Prise en charge des patients présentant un traumatisme crânien léger de l'adulte (RPP SFMU) · SFMU · 2022
Épidémiologie des traumatismes crâniens en France et dans les pays occidentaux (synthèse bibliographique) · Santé publique France · 2016
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.