Dermatologie

Urticaire

Plaques qui démangent, parfois avec gonflement de la peau ou des lèvres.

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.

Notre méthode

L’urticaire est une réaction cutanée qui donne des plaques rouges ou rosées qui démangent, apparaissent et disparaissent vite, parfois avec un œdème. Les lésions peuvent revenir par poussées. En pratique, l’IDE repère l’évolution, recherche un déclencheur possible et transmet rapidement les signes de gravité.
Prévalence
Affection fréquente, rencontrée sous forme aiguë ou chronique.
Âge typique
Peut toucher l’enfant comme l’adulte.
Mortalité
La plupart des formes sont bénignes, mais une réaction allergique grave ou un œdème de la gorge impose une prise en charge urgente.

Précoces

Signes précoces

Plaques prurigineusesPlaques rouges ou rosées, surélevées, qui démangent et peuvent changer de place.
Lésions fugacesLes lésions apparaissent puis disparaissent rapidement, souvent sans laisser de trace.

Évolutifs

Signes évolutifs

Œdème du visageGonflement des paupières, des lèvres ou du visage, parfois associé à l’urticaire.
Poussées répétéesReprise des plaques sur plusieurs jours ou semaines, avec symptômes qui reviennent par épisodes.

Gravité

Signes de gravité

Gêne respiratoireEssoufflement, respiration sifflante ou difficulté à reprendre son souffle.
Gorge qui gonfleSensation de gorge serrée, voix qui change ou difficulté à avaler.
MalaiseMalaises, faiblesse importante ou perte de connaissance possible dans une réaction grave.
Douleur abdominale importante avec œdèmeDouleurs abdominales marquées, parfois avec vomissements ou diarrhée, si l’atteinte est profonde.

Mécanisme

Réaction inflammatoire de la peau avec libération d’histamine.
L’histamine entraîne rougeur, démangeaisons et gonflement local.
Le liquide passe dans la peau, ce qui forme des plaques ou des papules fugaces.
Parfois, l’inflammation touche aussi plus profondément les tissus et provoque un œdème.

Conséquences

Plaques et papules prurigineuses, souvent fugaces
Gêne liée au prurit, avec grattage et sommeil perturbé
Œdème possible, surtout au visage ou aux lèvres

Évolution

Les lésions sont souvent brèves et peuvent revenir par poussées. La forme aiguë régresse le plus souvent en quelques jours ou semaines. La forme chronique peut durer plus longtemps et demande un suivi médical.
Médicaments, surtout certains antibiotiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens
Aliments pouvant déclencher une poussée chez certains patients
Infections, surtout virales
Stress
Facteurs physiques : chaleur · froid · pression · frottement ou effort

Critères diagnostiques

Plaques ou papules qui démangent
Lésions fugaces, souvent mobiles et sans trace résiduelle
Évolution par poussées
Parfois un œdème associé

Diagnostic différentiel

Eczéma : lésions plus sèches, suintantes ou croûteuses, non fugaces
Érythème polymorphe ou autre lésion fixe : plaques qui restent au même endroit
Angio-œdème sans plaques : gonflement isolé, sans urticaire visible

Examens complémentaires

Examen clinique

Plaques ou papules qui démangent, parfois avec œdème, et qui disparaissent vite.Le diagnostic est surtout clinique. L’IDE observe les lésions, leur durée et leur évolution.

Interrogatoire des déclencheurs

Recherche d’un médicament récent, d’un aliment, d’une infection, d’un facteur physique ou d’un stress.L’IDE recueille les éléments utiles à transmettre au médecin pour orienter la cause probable.

Bilan médical si forme chronique ou atypique

Examens demandés selon le contexte pour chercher une cause ou un autre diagnostic.En cas d’urticaire prolongée, atypique ou mal expliquée, le médecin peut demander un bilan complémentaire.

Actif

Antihistaminique de deuxième générationAntihistaminique H1 de deuxième génération : traitement de première intention pour calmer le prurit et les plaques. L’IDE rappelle la prise régulière selon l’ordonnance et surveille la tolérance.

Selon la prescription, de quelques jours à plusieurs semaines

Support

Éviction du déclencheur suspectSi un déclencheur est identifié ou fortement suspecté, il doit être évité avec l’accord médical. L’IDE aide à repérer ce qui a précédé la crise.

Tant que le déclencheur reste suspect ou confirmé

Support

Mesures de confortDouches tièdes, compresses fraîches, vêtements amples, éviter la chaleur et le grattage.

Pendant les poussées et au quotidien si besoin

Actif

Corticothérapie : pas de place en routineLa corticothérapie n’a pas de place dans l’urticaire chronique et n’est pas recommandée en routine : elle expose au rebond et peut aggraver l’évolution. Elle reste réservée à de rares formes aiguës sévères, sur décision médicale, et ne se substitue jamais à l’antihistaminique de deuxième génération.

Exceptionnelle et de courte durée, uniquement sur décision médicale

Support

Urgence médicale si signes respiratoiresEn cas d’anaphylaxie ou d’œdème laryngé (angioedème avec dyspnée), le traitement d’urgence est l’adrénaline injectable, sur protocole ou prescription, en parallèle de l’appel au 15. L’IDE alerte immédiatement, prépare et administre l’adrénaline selon le protocole d’urgence du service et surveille en continu.

Immédiat

Réaction allergique grave

Une urticaire peut s’intégrer dans une réaction plus sévère avec atteinte respiratoire ou malaise.

Prévention

Repérer vite les signes d’alerte et déclencher la prise en charge urgente.

Signes d'alerte

Gorge qui gonfle · Gêne respiratoire · Malaise

Œdème de la gorge

Le gonflement des voies aériennes peut gêner la respiration et devenir une urgence vitale. En cas d’œdème laryngé avec dyspnée ou d’anaphylaxie, le traitement d’urgence est l’adrénaline injectable, sur protocole ou prescription, avec appel au 15.

Prévention

Surveiller la voix, la déglutition et la respiration dès qu’un œdème apparaît, alerter sans délai et administrer l’adrénaline selon le protocole d’urgence.

Signes d'alerte

Voix modifiée · Difficulté à avaler · Essoufflement

Retentissement chronique

Les formes qui reviennent souvent peuvent perturber le sommeil, le moral et la vie quotidienne.

Prévention

Suivre l’évolution, évaluer la gêne et transmettre si le retentissement devient important.

Signes d'alerte

Fatigue · Sommeil perturbé · Irritabilité

Forme atypique prolongée

Des lésions qui durent ou qui ne ressemblent pas à une urticaire simple doivent être réévaluées.

Prévention

Signaler les lésions fixes, douloureuses ou inhabituelles pour réévaluation médicale.

Signes d'alerte

Lésion fixe · Douleur locale · Aspect inhabituel

Éviter le déclencheur suspect s’il a été identifié.
Prendre le traitement comme prescrit, sans l’arrêter sans avis médical.
Éviter le grattage et la chaleur qui aggravent souvent les plaques.
Privilégier les douches tièdes, les vêtements amples et les compresses fraîches.
Consulter en urgence en cas de difficulté à respirer ou de gonflement de la gorge ou des lèvres.

Surveillance prioritaire

Étendue des plaques et prurit

À chaque évaluation puis selon l’évolution · Plaques en régression, prurit supportable, sommeil moins perturbé

Alerte

Extension rapide des plaquesPrurit très intense malgré le traitement prescritRéapparition fréquente des lésions au même rythme

Apparition d’un œdème

Surveillance rapprochée si le visage ou les lèvres sont atteints · Absence de gonflement progressif du visage, des lèvres ou de la langue

Alerte

Gonflement des paupières, des lèvres ou de la langueSensation de gorge serréeVoix modifiée ou difficulté à avaler

Signes respiratoires

En continu si un œdème est présent ou si l’état se dégrade · Respiration libre, sans gêne ni sifflement

Alerte

EssoufflementRespiration sifflanteAggravation rapide de l’état général

Réponse au traitement et retentissement

Selon la poussée et le suivi · Amélioration des symptômes et reprise des activités habituelles

Alerte

Traitement peu efficaceSommeil très perturbéImpact important sur la vie quotidienne

Rôle IDE détaillé

Observer les plaques, leur aspect, leur extension et leur caractère fugace.
Rechercher un déclencheur récent : médicament, aliment, infection, facteur physique ou stress.
Surveiller le prurit, l’apparition d’un œdème et le retentissement sur le sommeil.

Références

Reconnaître l’urticaire · Ameli · 17 novembre 2025

Que faire en cas d’urticaire et quand consulter · Ameli · 26 février 2025

Diagnostic et traitement de l’urticaire · Ameli · 26 février 2025

Prévenir une crise d’urticaire · Ameli · 26 février 2025

Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.

Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.