Dialyse péritonéale
Réaliser un échange de dialyse péritonéale en asepsie stricte et accompagner le patient vers l'autonomie
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical.
Prérequis
Patient
Matériel
IDE
Évaluation et inspection de l'orifice
5 minPréparation aseptique
5 minIDE
Drainage du dialysat usé
15-20 minIDE
Contrôle du dialysat drainé
3 minInfusion du nouveau dialysat
10-15 minDéconnexion et protection du cathéter
5 minÉvaluation post-échange
5 minTraçabilité et éducation
5 minRéaliser une connexion sans masque ou sans friction hydroalcoolique
Masque pour le patient ET le soignant, SHA avant et après, manipulation en système clos, environnement sans courant d'air
Pourquoi
Chaque rupture d'asepsie expose à la péritonite, complication majeure qui peut entraîner la perte du cathéter et le passage en hémodialyse
Ignorer un dialysat trouble en pensant que c'est transitoire
Prélever immédiatement le dialysat pour culture et numération, alerter le néphrologue, ne jamais attendre l'échange suivant pour confirmer
Pourquoi
Le dialysat trouble est le signe le plus précoce de péritonite. Tout retard diagnostique aggrave l'infection et compromet la membrane péritonéale
Réchauffer le dialysat au micro-ondes ou en l'immergeant dans l'eau (bain-marie)
Utiliser exclusivement une plaque ou une poche chauffante dédiée (chaleur sèche). Vérifier la température à 37°C avant infusion
Pourquoi
Le micro-ondes crée des zones de surchauffe qui altèrent la membrane ; l'immersion dans l'eau expose à une contamination du site de connexion. Les résumés des caractéristiques du produit imposent la chaleur sèche
Ne pas adapter la hauteur du plan de travail pour la préparation aseptique
Utiliser un plan de travail à hauteur adaptée. S'asseoir si possible. Organiser le matériel à portée de main
Pourquoi
La connexion et la préparation durent 15-20 minutes et nécessitent une position stable. Travailler penché augmente le risque d'erreur d'asepsie
Ne pas respecter l'intimité du patient lors de l'inspection de l'orifice abdominal
Fermer la porte ou le rideau, découvrir uniquement la zone nécessaire, être attentif aux réactions émotionnelles du patient
Pourquoi
Le cathéter abdominal est un élément intime que le patient peut percevoir comme une altération de son image corporelle
Ne pas évaluer la constipation du patient avant de diagnostiquer un problème de drainage
Interroger le patient sur son transit. Traiter la constipation avant de suspecter un problème mécanique du cathéter
Pourquoi
La constipation est la cause la plus fréquente de drainage insuffisant : les selles compriment le cathéter dans le petit bassin
Mnémo
POCHE : Péritoine protégé par l'asepsie stricte, Observer l'aspect du dialysat, Connexion avec masque et SHA, Hydrique (peser avant et après), Éduquer le patient vers l'autonomie
Surveiller
Paramètres
Transmettre et noter
Objectifs
Indications
Contre-indications
Péritonite
Conduite
Prélever le dialysat pour culture et numération avant toute antibiothérapie, alerter le néphrologue en urgence
Infection de l'orifice du cathéter
Conduite
Prélèvement bactériologique, soins locaux renforcés, alerter le néphrologue pour antibiothérapie
Drainage insuffisant
Conduite
Repositionner le patient, vérifier l'absence de coudure, évaluer la constipation, alerter le néphrologue
Fuite de dialysat
Conduite
Alerter le néphrologue (qui peut réduire le volume des échanges prescrit), évaluer la nécessité d'une réparation chirurgicale
Références
Recommandations de l'ISPD sur la péritonite : prévention et traitement (mise à jour 2022) · RDPLF (traduction française ISPD) · 2022
Recommandations de l'ISPD sur les infections liées au cathéter (mise à jour 2023) · RDPLF (traduction française ISPD) · 2023
RCP PHYSIONEAL, solution pour dialyse péritonéale (réchauffement, mode d'administration) · ANSM (BDPM)
Contenu pédagogique destiné aux étudiants infirmiers. Ne remplace pas un avis médical professionnel ni les protocoles institutionnels en vigueur.
Les recommandations évoluent. Se référer systématiquement aux sources officielles (HAS, ANSM, RCP, sociétés savantes) et aux protocoles de l'établissement avant tout acte de soin.